SUISSE
la France, de rAutriclie et du pape. De 151^ à 1530, les Grisons avaient soumis ou obtenu la Yalteiine, et pendant la guerre de Trente-Ans, l'Espagne leur fit en vain la guerre pour la leur ravir; entin, en 1648, à la paix < e Weàtphalie, le corps helvétique fut définitivement reconnu par l'Autriche et par l'Europe entière comme une puissance indépendante de l'empire.
6. Le protestantisme avait été introduit en Suisse dès 1519 par Zwingle — à Zurich—, puis par Calvin — à Genève — , et bientôt une partie de la Suisse quitta le catholicisme; de là nombre de petites guerres locales jusqu'en 1712, époque qui fixa l'état respectif des deux religions dans les 13 cantons. La Suisse fut depuis tranquille, jusqu'à la révolution française. Alors surgit un parti qui voulait une démocratie universelle, Tunité de la Suisse, l'abolition de la distinction de cantons souverains et de sujets, et pour en venir là, l'intervention française.
7. Bonaparte, après le traité de Campo-Formio (1797), envoya Brune en Suisse pour opérer la révo-
, qui lut connrmee pî
(9 sept.), mais qui fut remise en question par la deuxième coalition contre la France (1799, etc.). Après plusieurs changements successifs, et l'établissement provit-oire de plusieurs constitutions éphémères, Bonaparte força les Suisses (1803) à recevoir une organisation nouvelle, fédérative, sans inégalités ; ce fut celle en 19 cantons. En 1815, ces 19 cantons furent portés à 22.
8. La révolution de 1830, en France, a eu son contre-coup en Suisse ; tout se borna d'abord à la séparation du canton de Bâle en 2 cantons, Bâle-Yille et
6. Quand le protestantisme fut-il introduit en Saisse ? Quel mouvement eut liea à l'époque de la révolution française ? — 7. Que fit Bonapar'e après le traité de Campo-Formio, touchant la Suisse? Que fit-il ca 180.S ? Combien la Suisse eut-elle de cantons eu 1815 ? —8. Quel euet eut sur la suisse la révolution françaiw de 1830? Qut s'y passa-t-il en ISS-'i ? en 1840 ? en 1847 ?
2S'l HISTOIRE MODURXE.
Bâle-Campngne, 1S33. La révolution du Valais, en 1840, les troubles du Tessin, en 1841, de Genève, en 1846, prouvèrent la foi-c*e du parti démocratique. En 184T, se forma le Sonderbund, ligue catholique et aris-. tocratiquc qui dura peu ; dès lors la démocratie triompha.
1. Les principaux Etats de rilalie, à la chute de l'empire grec, étaient: Milan, Gènes, Venise, Florence, Eome, et le ro^^aume de ISTaples. Il semblait au premier abord que la richesse et les beaux-arts eussent pris pour asile cette belle contrée. Les jouissances y étaient délicates et raffinées, les mœurs douces en apparence. Mais ces brillants dehors cachaient mal la faiblesse de l'Italie. Les guerres, sans être sanglantes, étaient continuelles; les petits tyrans fourmillaient du nord au sud; dos bandes do soldats mercenaires, nommés condottieri, entretenaient la guerre qui les faisait vivre, et désolaient les campagnes par leurs brigandages en temps de paix.
2. L'Italie, malgré les efforts du pape Jules II, (1503-1513), ne put se soustraire entièrement au joug de l'étranger. La France et l'Espagne se disputèrent ce beau pays; Charles VIII, Louis XII et François 1er, rois de France, essayèrent inutilement de l'asservir; l'Espagne l'emporta : maîtresse du royaume des Deux-Siciles dès 1505, elle fit du duché de Milan une de ses provinces (1540), et, tenant ainsi l'Italie au nord et au sud, elle en organisa le reste à son gré; Venise seule resta indépendante.
3. Le XVIIe siècle ôta à l'Espagne un peu de cette prépondérance; le XVIIIe la lui ravit presque entièrement : le Milanais et les Leux-Siciles passèrent entre les mains de l'Autriche (1706-1721); mais, de
1. Que s étaient, à cette époque, les priricpptix Etats de l'Italie? — 2. Qu'essaya le pape Jules II ? Quels pays se disputèrent l'Italie ? Lequel l'emporta ? Quel état conserva son indépenda: ce ? — 3. A qui passèrent le Milanais et les Dftux-Sicileî, au XVIIIe sièc'e?
1731 à 1735 et 1738, doux lignes cadettes de la maison de Bourbon d'Espagne obtinrent, l'une, Parme, l'autre, les Deux-Siciles, à la condition toutefois que jamais CCS états ne seraient réunis à la couronne espa-
gnole.
4. Les guerres de la révolution française, et surtout de l'empire, changèrent pour quelque temps la face de l'Italie. En 1801, la Savoie et le Piémont furent réunis à la France. Le Milanais, enlevé à l'Autriche, forma la république Cisalpine. L'Autriche fut indemnisée par la cession de Venise et de ses états en terre-ferme. Un prince d'Espagne reçut le royaume d'Étrurie. En 1805, après la bataille d'Austerlitz, et par suite, du traité de Presbourg, Venise et la terrefeime furent réuniesà la république Cisalpine qui porta dorénavant le nom de royaume d'Italie ; Gènes fut incorporée à l'empire français ; le royaume de Is'aples fut enlevé au roi Ferdinand IV, qui ne garda que la Sicile, et fut donné pur Napoléon, d'abord à. Joseph son frère (1806), puis cà Murât, son beau-frère (1808). La reine d'Étrurie abdiqua (1807), et ses états agrandirent l'empire français ; en même temps une partie des États de l'église vint accroître le royaume d'Italie, qui s'enrichit encore duTyrol méridional (1809), tandis que Rome même et tout ce qui restait des Etats Pontificaux furent enlevés au vénérable pape Pie VII pour faire partie de l'empire français.
5. Ainsi, hormis la Sicile, qui conservait les Bom*bons de Naples, et la Sl^rdaigne, qui resta à la maison de Savoie, toute l'Italie obéit à Napoléon à quatre titres difiérents : tout le nord-ouest jusqu'au Garigliauo fut censé empire français; tout l'est et les légati ns formèrent son royaume d'Italie, administré pour lui par Eugène son beau-fils, en qualité de vicel'oi : Alurat, son beau-frère, posséda le royaume de Naples.
— 1. wi- eis changements eurent lieu en ISOl. — 5. Que rçgtiiit-il d« l'Italie aux anciens souverains?
Ne
6. A]jrès les événomciits de 1814, l'acte du Congrès do Vienne (1815) rendit au pape toits ses états; à la maison de Savoie, la S:iVoio, le Piémont^ Xice, plus Gènes; à l'Autriche, le 31ilanai<, plus Venise, 'qui formèrent le royaume Lomîjard-Vénitiën. et djonna à deux princes autrichiens la Toscane et M dène ; à Îlarie-Louise, le duché de Parme, jlarat garda tapies un instant; mais on lé lui reprit pendant les cent jours, pour le rend]-c à Ferdinand IV:
7. En 1S48, le royaume Lombard-Vénitien s'insurgea contre l'Autriche; la.SicUô se .sépara de Naples; Naples et la Sardaigne î*eourent des constitulions ; Eomo et la Toscane s'érigèrent Qn républiques ; mais dès 1840 tout rentra dans l'ordre accoutumé : nnc armée française venait de rétablir Tautonté pontiticale à Piome, et le vénérable pape Pie-ÎX y rentra le 12 avril 1850, sous la protection tle la France.
8. En 1850, à la suite des victoires remportées par les Français sur les'Autrichie'ns; à Montébèllo, à- Magenta et à Solférino, le Milanais fat cédé par l'Autriche, puis annexé au Piémont ; celui, ci suï-cita bientôt après un soulèvement dans l'Italie centr-aîe, et, par suite, s'annexa, sous le couvert d'un prétendu suffrage universel, les duchés de Parme et de'Modène ainsi que la Toscane. Le 17 mars 1860, le roi de Piémont, Victor-Emmanuel, prit je titra de roi d'Italie. Le 24 du même mois, la Savoie et le comté de Nice furent cédés à la France^ Le 6 mai, Gai ibaldi', à la tête de bandes de flibustiers, s'embarqua à Gênes sous la piotection du Piémont:, et débarqua en. Sicile où il souleva les populations contre le souverain légitime, après quoi il s'empara de cette île qu'il devait bientôt après passer, ainsi que tapies, au roi de Piémont. Pendant ce temps," les armées^d'e Victor-Emmanuelenvahibsa'ient, sans déclaration de guerre", les
6. Comment l'Italie fut-e!le'divis<'e au Congrès de 1S15?— 7. Quels cvoneinents eurent lieu en 1S4S V Quand le paj.e rentra-t-il à Rume .' —S. Que se paasa-t-il en 18â9 ? Quels fure.it les principaux événe* monts de- 1860 ? Qu'est-ce qui eut lieu en 1866 ? Quelle œuvre d'iniquité consomma le gouvernement de Victor- Emmanuel, en 1870 ?
États dô l'Église, et tombaient inopinément sur une part e de la petite troupe pontificale, à Castelfidardo, et en faisaient un massat-ro horrible. Ensuite, l'Ombrie et la marche "cl'Ancône furent incorporées au nouveau royaume d'Italie, et on no laissa au pape que Eomo avec ses environs. En 1866, l'Autriche céda Véni.te au royaume d'Italie. Enfin, en octobre - ISTO, le gouvernement de Yictor-Emmanuel consomma ses œuvres d'iniquité en s'emparant sans raison et contre toute justice du reste des États de l'Église.
TUEQUIE. ■
1. Après la prise do Constantinople, Mahomet II se croyait déjà maître de tout L'Occident, et se faisait appeler avec orgueil le dominateur des deux mers et des deux, parties du monde. Il fit avancer ses bataillons victorieux contre l'Europe, mais l'échec qu'il essuya devant Belgrade lui apprit qu'il n'avait plus affaire à des soldats énervés comme les Grecs ou les Asiatiques. Il soumit cependant le reste de toute la péninsule grecque, la Caramanie, l'empire de Trébizonde (1461), la Bosnie, laYalachie (1463), la Petite- Tartarie, et pénétra jusqu'en Italie.^
2. La Turquie grandit encore sous Sélim I, qui rédnjsit en provinces ottomanes la Syrie, la Palestine, rÉ cypte (1511), prit la Mecque et acquit Alger(l 520). KSolimuLi II y ajouta, en Asie, l'Aidjézireh, partie de l'Arménie, d'". Kourdistan, de l'Arabie; en Europe, partie de la Hongrie, la Transylvanie, l'Esclavome, la Moldavie ; il enleva Pihodes aux chevaliers de Saint- Jean (1522), après un siège mémorable, et vint camper devant Tienne (1529).
3. Pour s'assurer la domination de la Méditerranée, Soliman avait équipé une flotte de trois cents
1. Que se proposa Mahomet II, après la prise de Constantinople ? Oïl e3suya-t-il un échec ? Quelles furent ses conquêtes ? — 2. Quels paya C'inquirent Sélim I et Soliman II ? — 3. Avec quelles forces Soliman attaqua-t-il Rhodes ? Que devinrent les cheyaliers de Saint- JeaD; après la prise de Rhodes ?
' 288 mSTOIEJE MODERNE. ^
voiles, et avait dirigé lui-même une armée de trois cent mille hommes contre l'ile de Rhodes. Les chevaliers de Saint-Jean, qui l'occupaient, avaient vu échouer sous leurs remparts les efforts de Mahomet il, le conquérant de Constantinople. Villiers de l'Ilc- Adam, leur grand-mailre, s'était préparé à une vigoureuse résistance. Quoique les Turcs eussent à leur disposition une artillerie redoutable, ils ne purent h'emparerde la place qu'après onze assauts et six mois de siège. L'Ilc-Adam ne consentit à capituler que quand^la ville n'était plus qu'un monceau de ruines. Il se retira avec ses chevaliers sur le rocher de Malte, qu'ils devaient immortaliser par d'autres exploits.
4. Sélim II prit l'île de Chypre aux Vénitiens, conquit Tripoli (1556) et Tunis (1573) ; mais, à la même époque, la marine turque était anéantie à la bataille do Lépante (1571) ; c'est de ce dernier événement que date la décadence de l'empire ottoman. Cette décadence ne marcha que lentement d'abord : malgré les fréquentes révolutions de palais — surtout de 1618 à 1622 — , malgré quelques pertes en Hongrie (1595- 1608), la Turquie obtint encore d'importants avantai^cs : la guerre de Choczim lui donna quelques districts de la Poloo;ne. Ibrahim commença la guerre de Can-
■ die, qui finit par la conquête de cette île sous Mahomet IV (1669) ; mais, à partir de cet instant, la décadence marcha rapidement.
5. Les trois régences (Alger, Tunis, Tripoli) et même rÉ2:vpte devinrent alors presque libres de fait. La grande guerre de 1682 à 1699, que termina la paix de Carlowitz. arracha presque toute la Hongi'io aux Turcs ; le traité de Passarovitz leur ôta et Temesvar et partie de la Servie, que toutefois ils recouvrèrent par la paix de Belgrade (1740). Les Russes, avec lesquels ils sont en lutte depuis 1672, ont commencé à ob-
4. Que sait-on de Solim II ? Quelle céllbre bataille navale eut Hou eous son règne ? Quand commença la deoadence do la Turquie ? Quelle conquête fit-elle sous Mahomet IV ?— 5. Que termina la paix do Carlowitz? Depuis quand !a Turquie est-elle en guerr© avec 1» liuEsie ? (^