En 1656, un certain nombre de Quakers, fuyant
10. CommcKt la colonie du Massachusetts fut-elle alors divisée 7 — 11. Comment fut nommée la confédération qui se forma vers oo temps dans a Nouvelle-Angleterre ? Comment fut-elle composée? —12. Quel était le but de cette confédération? Comment fut-ello vue en Angleterre ? — 13. Qu'eut lieu en \tlt& dans la Nouvelle-Augletorro ? Quelle loi y fut passée ? ^
812 HTSTOTRE VODER.YE.
la persécution exercée contre eux en Angleterre, vinrent chercher un iisilc dans la Xouvelle-Angleterre ; mais la nouveauté de leur culte offensa grandement les ministres de l'Eglise établie; en consé^juenee, ils furent Jetés dans les prisons, puis expulsés à la première occasion. Une loi fut alors passée prohibant rémigration de Quakers au Massachusetts, et défendant, sous peine de mort, le retour de ceux qui en auraient été bannis. Par suite de ces cruelles proscriptions, plusieurs d'entre eux, bien qu'inoffensifs. furent pendus.
14. Les Quakers ne furent pas mieux traités dans le Connecticut. Une loi fut passée, qui soumit le contrevenant à l'emprisonnement avec travaux forcés, et à avoir la langue percée avec un fer chaud.
15. En 1626*, une expédition de Suédois et de Finlandais avait pénétré dans la baie de la Dolaware, et y avait fondé la ville de Christina, en l'honneur de la tille du roi Gustave- Adolphe. Cette colonie vécut d'abord en bonne intelligence avec sa voisine la colonie hollandaise, J\^oureaux Pays-Bas; mais, dès qu'elles s'accrurent en richesses et en population, les rivalités commencèrent à éclater entre elles. Les Hollandais s'emparèrent de cet établissement suédois, en 1651. Après que les Anglais en furent devenus maîtres, en 166-1. il fit partie de la Nouvel le- York.
16. Vers 1632, Sir G-eorges Calvert, lord Baltimore, personnage distingué qui avait été secrétaire d'état sous le règne de Jacques 1er d'Angleterre, obtint du roi Charles 1er la concession de tout le territoire s'étendant entre le cours du Potomac et le 40e degré de latitude nord. Sir Georges étant mort, l'octroi p:i.— a à son fils aîné, Cécil Calvert, qui hérita des titres do son père. Léonard Calvert, frère de Cécil, y conduisit, l'année suivante (1683), une expédition d'environ deux cents hommes, et aborda à l'embouchure du Po-
14. Quelle loi fut aussi papsée dans le Ooiineeticut ? — 15. Quel'^ le colonie se foruia-t-il en 1626 ? — 16. Vuelle autre colonie fut fondée en 16.'ii5 ? Que sait-on de Lord Ealtiinore ? Quel était lespril des premiorâ colons do Maryland T
ÉT.VTS-UNIS.
toniac. La nouvelle colonie reçut le nom de M^yland (terre de Marie), en Thonneur de Henriette Marie épouse de Charles 1er et fille do Henri I\ . Calvert, gentilhomme instruit et très-libéral, professait la religion catholique, alors persécutée e^i Angleterre: les premiers colons étaient catholiques comme lui. Bientôt, grâce aux sages principes de tolérance de ce gentilhomme, des gens de toutes religions vinrent s'établir sous sa protection, et la population du nouvel établissement s'accrut rapidement. Cet Ltat fut le premier du monde qui jouit d'une entière liberté religieuse. ^ -r > i i -d i
17. La charte accordée par Charles 1er a lord iiaitiraoro le reconnaissait, lui et ses héritiers, comme seigneurs et propriétaires du territoire, et de tout ce qu il produirait, sauf un cinquième de tout l'or et l'argent qu'on y découvrirait, et qui était réservé à la couronne. Lord Baltimore obtint, en faveur du peuple do sa colonie, l'exemption de toute taxe et la jouissance des droits accordés à tout sujet anglais.
18. Calvert, dit Bancroft, mérite d'être place parmi les plus sages et les plus philanthropes législateurs de tous les âges. Il fut le premier, dans l'histoire du monde chrétien, qui chercha à assurer la sécurité et la paix religieuse en pratiquant la justice, sans avoir recours au pouvoir. II maintint la liberté de conscience et l'égalité de toutes les sectes chrétiennes. . ,
19. La Nouvelle- Jersey fut d'abord .colonisée par de-^ Hollandais et des Suédois. Quand Charles II céda la Nouvelle- York à son frère, le duc d'York (1664) tout le territoire entre l'Hudson et la Dcla^vare fut compris dans la concession. La région formant le pré>ent état de la Nouvel le- Jersey fut vendue à lord Berkeley et à Sir Georges Carteret. En 1674, lord Bei-keley disposa de sa portion en faveur de deux
17. Qu'obtînt lord Baltimore pour ses colons V— 18. Quel éloge Bancroft fait-il de Calrert ou lord Baltimore ?— 19. Par q^i ^^ Nouvelle- Jeriey fut-elle colonisée? Que fit lord Berkeley, en 16.4 . Qui devint propriétaire de la Xouvelle-Jcrsoy ? ^
su HISTOIRE MODERNE.
Quakers anglais; et, en 1682, Guillaume Ponn et onze aut)-es Qutikers devinrent propriétaires du reste de cette province, qu'ils acheter ;nt de Sir Georges Carteret.
20. En 16G9, une colonie, conduite par Guillaume Sayle, jeta les fondements de la ville de Charieston, Caroline du Sud, après avoir obtenu de Charles II l'octroi de ce lieu avec une grande étendue de territoire. En 1T29, cette vaste concession de pays fut divisée en deux territoires distincts, appelés Caroline du Nord et Caroline du Sud; et, bientôt après, en 1732, on en détacha une autre partie pour en faire la Géorgie, que l'on a nommée ainsi, en l'honneur du roi Georges II. Un établissement y fut commencé immédiatement après sur la rivière Savannah, sous la direction du général Oglcthorpe.
21. Le célèbre Guillaume Penn, fils de l'amiral anglais de ce nom, ayant embrassé de bonne heure la doctrine des Quakers, partagea largement la pjersécution qui sévissait contre eux en Aiigleterre. Xe pouvant endurer plus longtemps cette conduite intolérante et injuste, Penn résolut d'aller chercher dans le Nouveau-Monde un asile contre l'oppression de l'Ancien-Monde, Alors il s'adressa à Charles II, qui, en considération d'une somme d'argent due à son père par la couronne, lui accorda une charte avec la concession d'une grande étendue de pays en Amérique, comprenant le présent État de Pennsylvanie.
22. La première colonie arriva dans le pays, en 1681, et commença un établissement au-delà du confluent des rivières Dehnvare et Schuylkill. Au mois d'octobre de l'année suivante, Penn arriva dans la colonie, accompagné de deux mille colons, la plupart Quakers
20. Quand furent jetés les foûdeireiits de la ville de Charleston? Comment tut divisée cette vaste concession de pays, en 1729 ? Qu'estce que la Géorgie, et | ourquoi fut-elle ainsi nommée?— 21. Que lit le célèbre Guillaume Penn pour éviter la persécution qui sévistiait contre les Quakers ? Que reçut-il de Charles II à qui il e'< tait adressé? — 22. Q atid arriva dans le pays la première colonie de* Quakers, et oii s'établit-elle ? Quand Penn arriva-t-il dans la colonie accompagné de deux mille coloriS, et quelle vlllu fonda-t-il '.'
comme lui-mpme, et, en 1683, il jeta les fondements de la ville de Philadelphie.
23. La Virginie, la Xouvelîe-York. le Massachusetts, la Delawîire, le Coimecticut, le Maryland, Ehode-Island, le Xew-Harapshire, la Xoiivelle-Jersey, la Caroline du Xord, la Caroline du Sud, la Pennsylvanie et la Géorgie, furent les treize Etats primitifs qui se révoltèrent contre le gouvernement de la Grande- Bretagne, en 1775.
SECTION II
Depuis la guerre avec les colonies françaises du Canada, en l'ÏD-t, Jusqu'à la Révolution, en 1775.
1 Les colonies Anglo-Américaines luttèrent contre bien des difficultés, et les événements de leur hi.-toire primitive portent un caractère de grande ressemblance. Le traitement, qu'en maintes circonstances, les Indiens, légitimes possesseurs du sol, reçurent des aventuriers européens, suscita chez ce peuple sauvage un esprit d'hostilité et de vengeance qui devint l'occasion d'une grande effusioo do sang et de cruauté. Ce fut particulièrement dans la Nouvelle- Angleterre, que la conduite des colons envers les Indiens fut injuste et raj^ace.
2. Uîie autre source féconde de troubles fut le y(\\ sinag j des colonies françaises du Canada. Les Français, en fondant leurs premiers établissements dans la Louisiane, avaient formé le projet de les unir à ceux du Canada par une chaîne de postes intermédiaires le long des rives du Mississipi. Ils regardaient comme leur ap lartenant les vallées fertiles qu'arrosent les eaux de ce fleuve, et revendiquaient leur droit de possession jusqu'à la chaîne des Aj)alaches.
23. Quel" sont es Etats primitifs qui se révoltèrent coutre le gouvornement de la Grande-Bretague, eu 1775 ?
1. Que eait-on de- colonies Anglo-Améric lines ? comment traité reiit-fciles les Indiens? — 2. Qu'est-co q^ui fut pour elles une autre
lie» do troubles ?
Leur plan do fortifications, s'étendant de la Xouvello- Orléans jusqu'aux grands lacs, entourait les colonies anglaises d'un arc dont elles constituaient en quelque sorte la corde, et les rendait maîtres des communicallons avec l'intérieur.
3. Les Anglais établis sur le littoral do l'Atlantique prolongeaient aussi leurs prétentions vers l'ouest d'une manière illimitée. Le projet des Français excita, en conséquence, les plus vives appréhensions en Angleterre et dans les colonies. La rivalité des deux nations amena bientôt le fléau de la guerre dans les vastes régions dont elles se disputaient la possession. Les colonies anglaises renfermaient à cette époque ])lus d'un million d'habitants, tandis que la popula^ tion des établissements français n'excédait pas cinquante-deux mille âmes.
4. En 17-19, une société se forma à Londres, sous le nom de compagnie de lOhio, et obtint du gouvernement une charte lui accordant 600000 acres de terre pour y établir des relations de commerce avec les Indiens. En 175 1, cette Compagnie envoya explorer le territoire nouvellement concédé. Les Français, regardant ces "^ontatives d'établissement comme une invasion do leurs possessions, s'y opposèrent, et bientôt après, arrêtèrent quelques maichands anglais qu'ils retinrent prisonniers.
5. A cette nouvelle, le gouvernement colonial de la Yirginie protesta contre la conduite des Français, et envoya par le jeune Gcoi'ges Washington (le même qui, par la suite, joua un si grand rôle dans les événements de cette contrée) un message au commandant du fort Duquesne, — aujourd'hui la ville de Pittsburg — , pour se plaindre de ces arrestations, le sommant en même temps d'évacuer sur-le-champ le territoire, comme appartenant à sa majesté britannique.
3. Quelle était à cette époque la population des colonies anglaises et celle des colonies françaises ? — 4. Qu'était-ce que la compagnie de rOhio, et qu'oLtint-^îlle ? — 5. Que fit le g>>uvcrneme',it de la Vir- ^ ginie, à la nouvelle de l'arrestation de marchands anglais ?
6. La réponse n'ayant pas été satisfaisante, le?? hostilités commerscèrent presque aussitôt. Alors Washington fut fait colonel d'un régiment de Yirginiens. Dos troupes furent levées par toute la colonie ; des forces navales et de terre arrivèrent d'Angleterre, et des expéditions fuient dirigées contre la Xouvelle- Écosse, la Pointe à la Chevelure et ZS'iagara (1755).
7. Cette même an.iée fut méraorable par l'expédition contre le fort Duquesne. Elle était commandée par le général anglais, Braddock, qui, outre deux régiments réguliers, avait aussi le régiment des troupes coloniales, sous Washington. Par Timprudencc ou l'insouciance de Eraddock, l'expédition fut très-maiheureuse, l'armée ayant été mise en pleine déroute par les Français et les Indiens. Braddock lui-même fut tué, et il ne fallut rien moins que le courage distingué et le sang-froid de Washington pour sauver l'armée d'une ruine complète. Les autres expéditions n'eurent aucun résultat important.
8. Les campagnes de 1756 et 1757 furent sans résultat pour les généraux anglais; mais ensuite, le célèbre Guillaume Pitt (lord Chatham) étant devenu premier ministre de l'Angleterre, la guerre prit un aspect plus prononcé. En 1758, Louisbourg et le fori Duquesne tombèrent devant les forces britanniques coloniales, et le courant du succès se déclaras! fortement en leur faveur, que, l'année suivante, Québec et tout le Canada furent conquis. Ticondéroga et la Pointe à la Chevelr.re furent pris également. L:i guerre se termina par le traité de Paris, en 176.3. Les Français avaient perdu le Canada, l'Acadie, l'île du Cap-Breton, et ne conservait que la Louisiane et la Nouvelle-Orlér.ns. Les généiaux anglais, qui se distinguèrent le plus dans cette guerre, furent le célèbre
C. (juel fut le résultnt de l'arrestation des marchands anglais? — 7. En quoi l'ann^'e \7ùô fut-elle mémorable? — 8. Que sait-on des campagues de 1756 et 17ô7? t^ue produiïit dans Icè colonies l'arrivée au mini.'t'>re de Wil.iam Pitt? Qu'est-ce oui eut lieu en 17.">S et en 17ô'J? Qu'cst-ce qui termina la guerre? Que s étaient le» généraux an^^lais les plus distingués ? Quel était le principal général français ?
TTolfe, qui tomba an moment de la victoire devant Québec, et Amher-t. Le général français, Montcalm, le gran l rival de Wolfe, tomba aussi blessé mortellement à la défense de Québec.
9. C'est A dater de cette époque que commcn'?a la mésintelligence entre le gouvernement anglais et ses colonies. Ce^ dernières ayant acquis un accroissement considérable, le gouvernement se crut par là autorisé A les charger de nouveaux impôts, et, malgré des repié-entations réitéiées, dont Fi-anklin lut plusieurs fois l'interprète, des droits onéreux furent établis dès 1765 sur le timbre, le papier, le verre, le thé, etc. La fermentation fut bientôt générale, et, en 1773 Boston donna le premier signal de la révolte.
10. Les choses en étaient venues à une crise. Les Ainéricains virent et comprirent l'attitude menaçante du gouvernement; et la grande responsabilité qui pesait sur eux. Mais, pleins de confiance dans la justice de leur eau e, et, déterminés à la maintenirdevant le monde, lis se préparèrent résolument au grand événement qui apj)rochait rapidement.
SECTION m.
JRévoIution américoJne. — Depuis le commencement des hostilités, en 1775, jusqu'à la reconnaissance de C indépendance des États-Unis^ en 1783.
1. Lorsqu'il fut devenu manifeste que le gouvernement se préparait à des mesures de coercition, les Américains se déterminèrent à convoquer un congrès des dilTérentes colonies, atin d'aviser aux moyens d'aflirmer et de défendre leurs droits contre les empiétements de la Grande-Bretagne. Ce jilan, conçu dans le Massachusetts, fut rapidement adopté par toutes les colonies, la Géorgie exceptée ; les délég: es se réunirent
9. Que se passa-t-il d ns les colnuiea, .iprès la guerre ? — 10. Oîi en étaient alors les atfaires, et quelle était la détermination de^* Américains ?
1. Quelle résolution prirent les Amér'cains? Que devint le plan formé dans le Massachusetts? Que ût le Congrus continental ?
à Philadeipûie, lo 5 septembre 1TT4. Cette assemblée, compostée de cinquante-cinq membres, fut nommée Congrès continental. Après s'être organi>é, le Congrès proclama solennel dément les droits et franchit«es des colonies, suspendit toutes relations commerciales avec la Grande-Bretagne, et vota plusieurs :idresses, une au roi, une autre au peuple anglais, et une troisième aux colonies. Des proclamations lurent aussi adressées aux habitants du Canada, de l'Acadie et des Florides, pour les inviter à s'unir à la Confédération américaine.
2. Le gouvernement britannique ayant reçu la nouvelle de ce qui se passait dans les colonies, résolut de sévir avec rigueur. Il déclara le Massachusetts rebelle, et étendit ses mesures répressives aux autres colonies de la Xonvelie-Ani^leterre. L'armée fut aucmentée de dix mille hommes, forces regardées comme suffisantes pour comprimer la sédition. Pendant ce temps, les Américains, perdant tout espoir d'obtenir justice de la métropole, préparaient avec ardeur leurs moyens de résistance. Des fabriques d'armes et des mairasins furent établis dans le Massachusetts, la Pennsylvanie et le Maryland ; de toutes parts on leva et l'on organisa des milices, et la contrée entière retentit des préparatifs de guerre. La crise était jîroche.
3. Averti par ses émissaires qu'un magasin d'armes et de ni imitions avait été établi A Concord, le général Gac^e résolut d7?n lever ces approvisionnements, et, le 18 avril 1775, il détacha le lieutenant-colonel Smith et le major Pitcairn à la tète de huit cents grenadiers. Lorsque ces troupes arrivèrent à Lexington. elles trouvèrent un petit corps de milice sous les armes. Le Major Pitcairn, qui commandait l'avant-garde, les somma de mettre bas les armes, et, sur leur refus, ordonna de faire feu sur les rel elles. La milice se re-
2. Comment fuf rer-ue du gouvernement britannique la nouvelle de ce qui fb passait dans le? colonies ? Quelle attitude prirent décidément les Américains? — 3. Qu'arriva-t-il le 18 avril 1775? Que se bUi-pa-t-il à Lexington ? à Concord ?
320 msxoiiiE modernï:.
tira après avoir laissé sur la place huit hommes tués et un grand nombre de blessés. Cô fut là le premier sang versé dans la lutte pour Tindépendance. Les troupes s'avancèrent alors jusqu'à Concord et détruisirent les approvisionnements. A son retour àLexington, le colonel Smith fut attaqué par un corps de milice nombreux et mis en déroute. Les Ans^lais étaient m'énacés d'une destruction complète, quand survint un renfort de deux mille hommes d'infanterie envoyé par le général Gage, et qui arriva à temps ]jour sauver *lcs débris de ce corps et protéger Ea retraite.
4. Ce premier combat de la révolution devint lo signal de la guerre, et fut dune grande importance })our les destinées américaines. Par toutes les colonies, les Américains s'emparèrent, pour leur usage, des forts, des magasins du gouvernement et des arsenaux. ] Is organisèrent immédiatement des forces régulières, réunirent une armée considérable dans le voisinage de Boston, et envoyèrent des expéditions contre les forts de Ticonderoga et de la Pointe à la Chevelure, qui se rendirent sans résistance. Ces deux forts donnèrent aux Américains plus de deux cents ])ièces d'artillerie et une grande quantité de munilions de guerre.
5. Au mois de mai 1775, le second Congrès continental s'assembla à Philadelphie, et adopta le nom de Colonies-Unies, Vers le même temps, les généraux llowe, Clinton et Burgoyne amenaient à Bo*^ton des renforts d'xlngleterre. Eésolus de déloger de Boston l'armée anglaise, les Améncains prirent posiîioii sur une éminence appelée Bunker's Hill, et y élevèrent des retranchements dans la nuit du 10 juin. Au point du jour, l'ennemi découvrit leurs opérations ; nmis k'^ A nu-ricains continuèrent leurs travaux malgré \v \'v\\ bion nourri d'une nombreuse et puissante artillerie. Le général Howe s'avança à la tète de
•i. Quel fut l'effet de la bataille de Lcxington dans les colonies ? — ô. Que se p;i.ssa-t-U eu mai 1775 ? Rapportez la bataille de Buukcrs Ilil!. Qi.ell»' pKrtc >^on^ib!e y firent les Am<5r«îains ?
ÊTATS-UxNIS. 321
trois mille troupes régulières, sur la position qu'occupaient les Américains, qui n'étaient que quinze cents environ. Lorsque l'ennemi fut à environ soixante pas, les Américains firent un feu des plus terribles, qui porta la destruction et le désordre dans les lignes anglaises ; revenus à la charge, les Anglais furent de nouveau repousses en dé-ordre; mais les retranchements attaqués sur plusieurs points à la fois, et battus par le feu des vaisseaux, furent enfin emportés à la baïonnette. Les Américains, après une défense acharnée, se replièrent en bon ordre vers l'isthme de Charlestown. Les Anglais restaient maîtres du champ de bataille, mais la victoire leur coûtait cher; ils y avaient perdu 105-i hommes, tant tués que blessés, et les Américains 453. La perte la plus douloureuse pour ceux-ci, fut celle d'un ardent et patriotique officier, le général "Warren, qui tomba au p)lus fort de l'engagement.
6. En attendant, le Congrès prenait des dispositions énergiques ; il ordonna la levée et l'équipement d'un corps de vingt mille hommes, et procéda à l'or-
fanisation de l'armée. Georges Washington, memre du Congrès et délégué de la Virginie, réunit tous les suffrages et o tint le commandement en chef de l'armée américaine. Cet homme, vraiment grand et bon, dont l'élévation d'esprit, le jugement sain et les principes purs, joints à une intelligence rare, inspiraient aux patriotes la plus haute confiance, accepta la position responsable à laquelle il était appelé, et commença immédiatement à en remplir les devoirs. Il arriva à Cambridge le 2 juillet 1775, ot y étabh't 8on quartier général.
7. Quelques mois plus tard, les Américains essayèrent de s'emparer du Canada. Un corps de trois mille hommes sous le commandement du géné/al Schuyier
6. Qre fais lit alors le Congrès ' Qui fut nommé commandant en chef? Que sait-on de Washington? — 7. Quele tentative fut faite vers la fin de 1775? Qui commindait l'expédition et commeni futolle conduite? Quel renfort ro,ut Montgomery durant Québw? Quel fut la résultat de la campagne contr* Québ^o ?
et de ^fontgoraory, général en ser-ond, descendit par le lac Champhiin dans la rivière Sorel et captura les forts Chambly et Saint-Jean. Le général Schuylcr étant tombé malade, Montgomerj prit le commandement en chef des troupes, et tse porta rapidement sur Montréal avec un fort détachement, l.e gouverneur Carleton, incapable de lui résister, quitta la vide, or Montgomery y fit son entrée le jour suivant ; le général américain y laissa une garnison et marcha rapidement sur Québec. Au mois de novembre, Montgomery reçut devant Québec un renfort d'environ mille hommes sous les ordres du colonel Arnold — officier brave, mais sans principes — .Après f^iro demeurés quelque temps devant la ville, et désespérant de pouvoir en faire le siège, les Américains résolurent d'en essayer l'assaut. En conséquence, le 31 décembre, de grand matin, et pendant que des tourbillons de neige obscurcissaient l'air et rendaient la vigilance de l'ennemi moins active, l'attaque eut lieu sur trois points différents, mais sans succès; elle fut fatale au brave Montgomery, qui tomba avec plusieurs de ses officiers. Après cet événement, les Américains furent défaits sur tous les points et obligés d'évacuer bien vite b Canada.
8. Alors que se poursuivait la malheureuse expédition au Canada, Washington investissait Boston. Il résolut, pendant l'hiver de 1776, de chasser les Anglais de cette ville, et, pour cet effet, le 4 mars, il érigea une batterie sur les hauteurs de Dorchester, qui commandaient la ville. Le général Howe, n'ayant pu déloger les Américains de leur position, fut îi la fin obligé d'évacuer Boston, et "Washington y fit son entrée en triomphe le 17 mars. .
9. Au commencement de la lutte, les Américains n'avaient défondu que leurs droits comme sujets britanniques, mais les mesures hostiles de la métropole
8. Que faisait Washington pendant l'expédition au Canad»^ ? Que le détermination prirent les Américains pendant l'hirer de 1776 ? — 9. Qnel avait été l'objet de leur lutte jusqu'ici / A quoi se dûtermjnèrent-ils ensuite ? Que se passa-t-il le 7 juin au Congrès? Qui fut chargé de préparer l'acte de la Déclaration d' irMpendariee f
ÉTAXS-U-NIS. 323
ies déterminèrent à prendre une position élevée. Voyant qu'il ne leur restait d'autre alternative que celle d'une liberté absolue, ou d'une sonraission sans condition, ils résolurent de rompre entièrement les liens qui les unissaient à la mère-j)ati'ie et de revendiquer leur indépendance. Le 7 juin, Henri Lee, de la Virginie, secondé par John Adams du Massachusetts, fit au Congrès la proposition de proclamer d'une manière solennelle l'indépendance des colonies américaines. Une commission, composée de Franklin, John Adams, Jefiérson, Livingston et Sherman, fut nommée pour préparer l'acte de la Déclaration d'ind''pendance. Cet acte fut, après un court débat, résolu et signé par tous les membres du Congrès, le 4 juillet
10. Après avoir ainsi renoncé à toute allégeance, et, avec elle, à tout espoir de réconciliation, les Américains avaient besoin de toutes leurs forces et de tout leur génie pour maintenir leur grande et sublime position ; les événements du reste de l'année 1776 prouvent qu'ils .-entaient la haute responsabilité qui reposait sur eux.
11. Le 28 juillet, un fort érigé sur l'île Sullivan, près de Charleston, Caroline du Sud, fat attaqué par une escadre anglaise sous ies ordres de l'amiral Sir Peter Parker; mais le feu de ce fort, où commandait le vaillant colonel Moultrie, causa de si grands doni mages à cette escad*re, qu'elle abandonna son entreprise. Ce fort fut nommé fort Moulrrie.
12. Le général Howe, en quittant Boston, s'était rendu avec ses troupes à IJalifax pour y attendre l'arrivée de l'escadre anglaise, et se diriger de là vers Kew-York. Was^hington avait prévu ce mouvement, et, après avoir pourvu à la sûreté de Boston, ii s'avança en toute hâte vers Xew-Yoïk avec son corps d'armée.
10. Que filent les Américnins, après cette soiennelle r<5.-o!iuio . ? — 11. Que ge passa-t-il le 28 juilet?--12. Qu'avat fait le g^-néral Howe, en quittant Boston ? Que fit. dins le inê ne temps, le .-ônéral Washington? Que se pasaa-t-il le 27 août? Que fit Wasi) û^too dans la nuit du 29 août?
Howe, ayant reçu un renfort de vingt mille hommes de la flotte britannique, commandée par son frère, l'amiral lord Howe, après avoir essayé, mais en vain, de régler par la négociation, les ditiérends entre les belligérents, se prépara A écraser le gérjéral américain. Le 27 août, une bataille fut livrée à Long l^land, dans laquelle une partie de l'armée amer caine. sous les généraux Putnam et Sullivan, fut défaite. Wa^hington, apercevant le danger où il se trouvait par suite de l'issue malheureuse de cet engagement, résolut d'abandonner Long Island ; en conséquence, dans la nuit du 29 août, il effectua, à la faveur d'un brouillard épais, une retraite admirable en face de l'armée anglaise, qui n'était qu'à un quart de mille de distance.
13. Au mois de septembre, Xew- York fut évacuée par les Américains, et le 28 octobre, eut 1 eu à VTh te Plains un engagement très-meurtrier, mais peu décisif. Le fort Washington, sur le Hudson, fut pris par les Anglais, et sa garnison, qui était de deux mille hommes, fut faite prisonnière. Le général Washington, ayant traverse le Hudson, retraita vers le Xew- .Ter>ey, par Xewark, Xew-Brunswick, Princeton et Trenton : pu's il traversa la Lelaware et se trouva dans la Pennsylvanie, tout le temps poursuivi de près par les Anglais sous lord Cornwallis qui, arrivé a la Delaware, arrêta sa marche et pjrit ensuite ses quartiers d'hiver.
14. La cause américaine parut alors dans un état désespéré, qui fut suivi de nombreuses défections. Quelques hommes soutenaient seuls avec unef -rmeté inébian'able, la fortune chancelante de l'Amérique, f léférant la gloire de sticfomber en détendant leur patrie, à la honte de l'abandonner aux mains de ses oppi-esseurs. Pour comble de dé>aslres, le général Lee avait été fait prisonnier à Ba.>kenridge, et JKhode- Island était tombée au pouvoir de- Anglais.
^3. Qu'est-oe oui eut lieu a|Tès révacuation de Xew-York ' Pir qui f I t pr 3 le f'.rt Wash ngton V Quel p 'ti pr t le géiiéral Waeîjicgton ? — 4A. OU eu écait aior« ka oauM auiérH^aiDe '!
ÉTATi-^NIS. 325
15. ]!klais la grande âme de Washington demeurait ferme et inébranlable au milieu de cette terrible situation ; il se détermina donc à frapper un coup hardi. Dans la nuit du 25 décembre, il traver.-<a la£)olaware bien qu'obstruée par des glaces liottantes. surpriî Tennemi à Trenton et le mit en déroute. Le colonel iîahl tit de vains ettortspour rallier ses troupes. L'attaque soudaine et imprévue des Américains avait jeté l'épouvante dan^i le camp, et toute l'artillerie ennemie tomba entre les mains des coloniaux qui firent aussi près de mille pi-isonniers.
16. Le bruit de cette victoire releva le courage et l'ardeur des Américains, et de nombreux corps de miliciens vinrent de toutes parts se joindre à l'ai mée. AYashington se porta ensuite en toute hâte sur Princeton, o\i, le 3 jtmvicr 1777, il défit un autre corjts de troupes anglaises, après quoi il regagna le Xew- Jersey, observant les mouvements de l'ennemi, interceptant ses convois, et attaquant les détachements isolés. Cette campagne lui mérita le surnom de Fabius américain.
17. La campagne de 1777 allait s'ouvrir î?ous de meilleurs auspices, mais avec une grande supériorité du côté des Anglais ; le général Howe avait toujours sous ses ordres environ trente mille soldats, et Washington avait à peine sept mille hommes à lui opposer: toute sa cavalerie consistait en 130 chevaux. Les manœuvres habiles du général Washington empêchèrent l'ennemi de se porter sur Philadelphie par terre : et Howt' fut obligé de changer ses plans.
18. Le 5 juillet, il embarqua ses troupes à btaten- Island, entra dans la baie de la Chesapeake, et. débarquant près de l'embouchure de la rivière Elk, i! marcha sur Philadelphie. Washington chercha à l'a;rètcr avec des forces bien inférieures. Le 11 septeri; bre, les deux armées se rencontrèrent sur les bord •
15. Qne'le fut l'attitude de Washington dans ce nuMr eut critique V (Juelle do terrai nation } rit-il, et conimeut l'accompht-il ? — 16. Que produisit sur lea Américains la victoire de Trenton ? — '17. Quel aspect offrait l'ouverture de la campagne de 1777 ? — IS. Que sait-oi; d« la bataille de BraDdj~wiue '! ^-
325 HiSTOiaa modernï.
du Brandywine; les Américains soutinrent d'abord le choc avec intrépidité; mais, accablée par le nombre, ils lâchèrent pied sans que eurs chefs pussent parvenir à les rallier. Dans ce combat, deux étrangers éminents serva'ent sous les couleurs américaines, — le marquis de Lafayette, de France, et le comte Pulawski, de Polog'ne; le premier y fut blessé.
19. Après cette victoire, le généi-al anglais se dirigea vers PhiUtdelphic, où il fit son entrée le 26 septembre. Howe étab.it son quartier général à G-ermantown. Le 4 octobre, Washington, ayant tenté de surprendre le détachement anglaisa Germantown, fut repous^^é avec une perte de douze cents hommes tant tués et blessés que prisonniers; celle des Anglais fut beaucoup moi mire. Quelques jours après ce combat, le général Howe vint prendre ses quartiers d'hiver à Philadelphie.
20. Pendant que ces événements se passaient dans les Etats du centre, des faits importants avaient lieu sur le> frontières du nord. Au mois de juin, une armée anglaise de sept mille hommes, sans y comprendre un corps considérable d'Indiens, envahit les Etats du côté du Gatiada. Cette armée était commandée par le général Buj-goyne, qui marcha sur Albany par la voie du lac Champlain. Il fut assez heureux jusqu'à son arrivée .-î la rivière Hudson ; mais là finiront ses succès. Le 16 août, un détachement de son armée fut défait à Bennington, par un corps de milices sous les ordres du général Stark.
21. Buri;oyne, ayant traversé l'Hiidson, alla camper à Saratoga, distant de quelques milles du camp améiicain. Le général G-a tes, qui venait d'être nommé au commandement de l'armée américaine du Nord, se prépara à soutenir une attaque. En effet, le 19 septembi'e, Burgoyne l'attaquaà Stiilwater; la lutte fut
U, Qu'arriva-t-il après la prise de Phiadelphie? (^ui ga^nala batai'le de Germantown ? -20. Que se passait-il alors an Xord de» États ? Que sait-on de l'inrasion de Buri^iyne ? — 21. Où campa Burgoyne nprôs la bataille do Bennington? A quoi se résolut-il 1© ' 17 octobre ? ,
très-obstinée, mais sans résultat. Bientôt après, Burgojne, s'étant laissé envelopper par l'arniée américaine, se vit obligé de capituler. En conséquence, le 17 octobre, tclute son armée, qui était de six mille hommes, mit bas les armes et se constitua prisonnière, au général Gates.
22. Ce succès, l'un des plus beaux qu'eût encore obtenus le parti améi-icain, remplit de joie le cœur de tous les patriotes. Outre la confiance qu'il inspirait au peuple, il lui donnait une artillerie nombreuse, des équipages et des armes de toute espèce, et aidait puissam aient à décider, à la cour de France, Talliance que les commissaires américains y sollicitaient depuis quelque temps. Les négociations étant conclues, le 6 février 1778. un traité d'alliance fut signé entre la France et les États-Unis.
23. Durant l'hiver de 1778, la situation de Varmée américaine campée à Valley-Forge, fut des plus pénibles, la disette faisait tous les jours des progrès et les vêtements manquaient au plus grand nombre, mais le patriotisme des Américains se soutint contre toutes les privations, et ils se remirent en campagne avec un courage non moins grand. Le général Howe venait d'être remplacé au commandement par Sir Henri Clinton. Aj^ant reçu Tordre de concentrer ses forces à New-York, Clinton évacua Philadelphie, traversa la Delaware et marcha vers cette ville. TTashington se mit aussitôt à sa poursuite, et, le 28 juin, un engagement eut lieu à Monmouth oîi les Anglais éprouvèrent des pertes sérieuses. Le général Clinton poursuivit ensuite sa marche vers Xew-Torket y arriva heureusement.
24. Au mois de juillet, une escadre française, sous les ordres du comte d'Estaing, arrivait à l'entrée de la Delaware ; elle portait six mille marins et soldats, que la France envoyait au secours des Américains.
22. Quel effet produisit ce succès dans le pays? — 23. Quel était l'état de l'arinée américaine pendant l'hiver de 177S ? Que -e passat-il au printemps ? — 24. Qu'est-ce qui arriva dans la Delaware en juillet ? Quel fut le dernier événement de l'année 1778 ?
328 KISTOIEE MODERNE.
Le seul événement important pour le reste do l'année, fat l'expédition envoyée par Clinton contre la Géorgie, dans laquelle les Anglais, après avoir défuit les Américains, prirent possession de Savannah, le 3 décembre.
25. Durant l'année 1T79, les opérations de la guerre avaient été transportées des Ëtatsdu -Nord et du centre dans ceux du Sud de l'Union, et les Anglais semblèrent s'attacher plutôt à ruiner qu'à soumettre cette malheureuse contrée. Le seul événement de quelque importance dans le Xord, fut la prise, par les Anaéricains, sous le généralWayne, du fortde .Stony- Point, sur le Hudson. Dans le Sud, les troupes françaises et américaines, ayant essayé de reprendre la ville de Savannah, furent défaites avec une perte de plus de mille homm.es. Parmi les noorts, se trouva le brave comte Puluvï^ski. qui était au service des États- Unis.
26. A l'ouverture de la campagne de 1780, les ti-oupes anglaises évacuèrent Ehode-Island. Sir Henri Clinton et Lord Cornwallis entreprirent une expédition contre Charleston, capitae de la Caroline du Sud, et, le 17 mr^i, après un siège de six mois, cotte ville fut obligée de capituler; les Anglais se répandirent ensuite dans cette province.
27. Le général Gates, qui venait de recevoir le commandement de l'armée du Sud, arriva en juillet au camp américain, dans la Caroline du Sud, et ré feolut malheureusement d'enf]:a£i:er une action «renéraie. Le 16 août, un combat eut lieu près de Camden, dans lequel les Américains furent complètement défaits par les Anglais, sous lord Cornwallis. Les pertes des Américains furent considérables. Au nora- Dre des morts fut le baron de Kolb, officier prussien au service des États-Unis. Le 10 juillet, une seconde
25. Où fut le principal théâtre de la guerre pendant l'année 1779 ? Que r.t le général Wajne ': — 26. Qu'entreprirent Clinton et Cornwallis '! Quel en fut e résultat? — 27. Que fit !e général Ga'e?'.' Que se passa-t-il le 16 août? Qu'est-oe qui eut lieu à Xew-Por: a? mois de juillet".'
:éTATt?5LB. Z29
escadre françaîse entra à New-Port, et y débarqua le comte de Eochambeau avec un oorps de six mille hommes.
28. Cette année fut surtout remarquable par la trahison du o-énéral Arnold. Le général Washington, ayant dû se rendre à Hartford, Connecticut, pour y avoir une entrevue avec le comte de Kochambeau, laissa au général Arnold, en son absence, le commandement du poste important de West-Point, ignorant qu'en agissant ainsi, il livrait, entre les mains d'un traître la fortune de la république naissante, Arnold était brave, mais dissijé et prodigue. Sa conduite arbitraire daiis le commandement de Philadelphie, qui lui avait été confié, fit porter contre lui dos plaintes graves, et il fut traduit devant une cour martiale ; ses juges, en souvenir de sa gloire militaire, se con entèrent d'une répriman le sévèi-e. Arnold se retira humilié. Dès ce moment, il prit kk coupable résolution de se venger; en conséquence, il ouvrit des relations avec Sir Henri Clinton, à l'effet de livrer au gouvernement britannique TVest-Point et toute sa garnison. Cet infâme projet, qui était à la veille de s'accomplir, fut providentiellement découvert et traversé. Cependant, le traître s'échappa et reçut, en récompense de son infamie, le brevet de brigadiergénéral dans l'armée anglaise. L'infortuné m:!Jor André, de l'armée britannique, qui avait rempli l'office d'intermédiaire entre Arn )ld et Clinton, ayant été arrêté par les Américains, fut condamné comme espion, puis exécuté.
29. La campagne de 1781 s'ouvrit par une expédition sous les ordres d'Arnold, qui fit une descente sur les côtes de la Virginie, et commit de grandes déprédations. Après la défaite de Gates, le général Greene fut nommé au commandement de l'armée du Sud. La situation commença dès lors à y devenir plus rassurante. Le 18 janvier, le général Morgan
28. Par quoi l'année 1780 fut-elle renaarquable ? Rapportex les circon?tance^ de la trahison 'i'Arnold. — 29- Que^Ues t'upeflt loi principales opérations de l'année 1781 ?
330 HISTOIRE ilODEENE.
remporta une brillante victoire près deCowpens, sur le co onel anglais, Tai-lton. Le 15 mars, une autre bataille eut lieu à Guilford, dans la Caroline du Nord ; les Anglais y furent victorieux, mais perdirent beaucoup de monde.
30. En septembre, le général Grecne obtint à Eutaw-Springs une importante victoire sur les Anglais commandés par le colonel Stuart. Lord Cornwallie, après la bataille de Guilford, avait pénétré dans la Virginie, et, ayîuit concentié ses forces à Yorktown, il s'y fortifia. Washington, qui, depuis quelque temps, îimusait Clinton, en feignant une attaque sur Xew- York, quitta soudainement son camp à AYhite-Plains. marcha vers le Sud et arriva bientôt devant Yorktown après avoir reçu en chemin un renfort considérable sous les ordres du marquis de Lafayettc.
3L Le comte de Grasse venait de débarquer un corps de troupes françaises pour coopérer avec les Américains commandés par ^^ashington. L'armée franco-américaine s'élevait à 16000 hommes. Le siège de Yorktown fut aussitôt commencé et poursuivi avec tant de vigueur, que lord Cornwallis, no pouvant prolonger sa ré.sistance, négocia les termes d'une capitulation qui fut signée le 19 octobre. Les troupes anglaises sortirent l'arme au bras, enseignes déployées, et allèrent déposer leurs armes devant les j-angs de l'aririée victorieuse. La garnison fut prisonnière des Etats-Unis, et, suivant les conventions, les vaisseaux anglais devinrent le partage de la flotte française. Les Anglais avaient perdu sept cents hommes environ, et le nombre des prisonniers de guerre était de six mille cinq cents.
32. Cet événement, le plus remarquable de la guerre de l'Indépendance, après la reddition de Burgoyne, remplit les Américains d'une grande joie, et eut tous les résultats qu'on pouvait en attendre ; le peu-
30. Que se passa-t-il en septembre 1781 ? Où Cornwallis se fortifia-t-il? Que lit alors Washington? 13. Quelles étaient les forcei franco-américaines devant i'orktown ? Quand cette dernière tombat-eUe ? 32. Quel fut l'effet de la r«;daitioû de Yorktown ?
^TATS-TJNIS, 331
pie et le gouvernement anglais furent convaincus qu'il devenait impossible désormais de réduire les Etats-LViis i^ous la domination de la Grande-Bretagne. Aussi, bientôt la Caroline du Sud et la Géorgie furent-elles évacuées, et les Anglais n'occupèrent plus que Xew-York. Le comte de iiochambeau retourna en France avec ses troupes, et le Congrès s'apprêta à licencier une partie de l'armée.
33. Entin, une convention préliminaire, qui mettait un terme aux hostilités entre l'Angleterre et l'Amérique, fut signée le 30 novembre, par les plénipotentiaires des deux |)uissances. Dans cette convention, l'Angleterre reconnaissait formel lemejit la liberté, la souveraineté et l'indépendance des États-Unis. Le traité définitif fut signé à Versailles le 3 se]-)tembro 1783, par Adams, Franklin, Jay et Laurens, pour les États-Unis, et par M. Oswald, pour la Grande-Bretagne.
SECTION IV
Depuis la reconnaissance de Vindépendance américaine, en 1783, jusqu'à la guerre de 1812.
1. La guerre entre l'Angleterre et les Etats-Unis avait duré plus de sept ans. D'après les rapports officiels, l'Angleterre avait perdu 42000 soldats en Amérique, et la dette publique s'était augmentée de quatre cents millions depiasti-es. Les Etats- Lnis avaient perdu près de 70000 citoyens, et les ravages de la guerre, l'incendie des villes, etc., avaient occasionné une perte incalculable.
2. Les treize États qui venaient de secouer le joug de l'Anirleterre avaient toujours eu une existence et un gouvernement à part ; jchacun d'eux avait des intérêts particuliers qui leur faisaient repousser une union comjjlète. Le besoin fit seul prévaloir le prin-
33. Que se pas?a-t-il le 30 novembre ? Quand et où le traiti définitif fut-il Bigné ?
1. Combien de ternyjs avait duré la guerre de l'ind'peodance ? QueUey furent les pertes des deux côtés V — 2. Quel était alors l'état des affaires dans les colojiies ?
332 HISTOIBE MODEHNE.
cipe de l'union, et tant que dura la guerre avec la métropole, le lien commun subsista. Mais dès que la paix fut conclue, la nécessité d'une nouvelle législation se fit sentir. Il fallait un revenu public, il fallait payer les dettes contractées à l'étranger pendant la guerre de l'indépendance. Chaque colonie était devenue une république indépendante, et le Congrès, condamné à la fiiiblesse par sa constitution ello-mèmo n'était plus obéi.
3. Pour mettre un terme à cette situation pénible, les assemblées législatives de la Virginie et duMaryland convoquèrent à Annapolis, en 1786, une convention des divers Etats, afin de s'entendre sur les mesures nécessaires au bien public. Trois États seulement se rendirent à cette convocation. La convention ne put en con-équence prendre aucune mesure importante; elle fut le prélude de celle qui suivit, une nouvelle convocation fut faite à Philadelphie pour le mois de mai 1787.
4. Georges Wa>bington, qui parut à cette convention comme délégué de la Virginie, en fut unanimement élu président. Après de longues délibérations, la nouvelle Constitution fédérale fut acceptée par le Congrès et pai" onze des Etats, puis proclamée définitivement en 1788. Elle devint dès lors la Constitution des Etats-Unis. Les deux Etats dissidents, la Caroline du Noi'd et Phode-Island, l'acceptèrent plus tard: le premier, en 1789, et le second, en 1790.
5. Le nouveau gouvernement n'enti-a en fonctions qu'en 1789, après deux ans d'interrègne. Les membres du sénat et de la chambre des représentants, élus en vertu de la nouvelle Constitution, se réuniront à Pi:)iladelphie vers les premiers jours d'avril, et proc^ dèrent à l'élection du ]~rési icnt. Georges AYashington fut proclamé à l'unanimité, et John xVdaras, qui, après
3. Que fit-on pour remédier à la situation pénible oh se trouvait le pays ? Où la première convention des délégués se r unit-ele ? Oii fut convoquée la seconde ? — 4. Que tit-on po r remédier aux difficultés du moment ? Quel en fut le résultat? — 5. Quand le ncuveau gouvernement entra-t-il en fonctions, et quel en fut le premier président ?
ÉTATS-UNIS. 33â
lui, aTait réuni le plus de suffrages, fut élu vice-président.
6. Lorsque ce grand citoj^en reçut la nouvelle da son élection au premier rang de la république, il était retiré à sa ferme de Mont-Yernon, où il goûtait les douceurs de la vie privée. Il accepta avec reconnaissance cette nouvelle preuve de l'estime et de l'attachement de ses concitoyens, et se rendit à Philadelphie, accompagné, sur sa route, par les milices et les habitants des Etats qu'il ti'aversait.
T. Toutes les fonctions du nouveau gouvernement furent données à des hommes d'un mérite et d'un patriotisme reconnus, et la nouvelle administration conquit une grande popularité. Le premier soin du Congrès fut de fonder un revenu national. Il établit des droits d'importation, ainsi que des droits sur le tonnage et la navigation ; il organisa les corps préposés A la perception des droits de douane et autres, qui avaient pour objet d'accroître les revenus de TÈtat. L'année suivante (1T90), une guerre indienne vint désoler les établissements au nord-ouest de TOhio. Après bien des combats et beaucoup de sang versé, cette guerre fut terminée par le général Wajne, qui, ayant mis en pleine déroute les Indiens, conclut avec eux un traité de paix, à Greenville, en 1795.
8. Avant la conclusion de la guerre indienne, les révolutionnaires français, qui se trouvaient au milieu des convulsions violentes qu'ils avaient eux-mêmes fait naître en Europe, vinrent demander du secours aux Ëtats-Unis Mais la sage politique de Washington sut faire échouer tous les actes tendant à entraîner 1 Union dans une guerre avec un pouvoir européen quelconque. La stricte neutralité qu'il observa, rencontra une vive opposition de la part du parti démocratique. A l'expiration de son second terme, ce
6. Où ^tait Washington quand il fut élu?— 7. Quel fut l'eflFet de la nouvelle Constitution ? Quelle guerre la républii^ue eut-elle à foutenir da 17.0 à 1795 ? — 8. Que tentèrent les révolutionnaires français auprès du gouvernement d«! État«-Uniâ? Ok Waghington se retira-t-il ? Quand mourut-il ?
334 HISTOIRE SIODERNE.
grand homme ne voulut pas accepter sa réélection à 1 la présidence; il ee retira à Mont-Yernon pour y pas:?er dans le repos de la vie privée le reste de ses jours. Washington mourut deux ans après, le 14 'décembre 1799, dans la soixante-huitième année de son âge. 11 fut toujours le citoyen le plus désintéressé et le plus dévoué à sa patrie, et sa mémoire sera bénie à jamais par les générations américaines dont il a fondé la liberté et la prospérité.
9. Le successeur de "Washington à la présidence, fut John Adams, en 1797. Sous son administration, il s'éleva de sérieuses difficultés entre les Etats-Unis et la France, provenant du refus que firent les premiers de prendre part aux luttes révolutionnaires de cette dernièi-e. Cependant, ces difficultés furent amicalement léglées en peu de mois. Beaucoup des mesures de l'administration de M. Adams rencontrèrent une vive opposition; telles furent l'établissement d'une armée permanente, l'impôt d'une taxe directe, etc.
10. M. Adams eut pour successeur Thomas Jefferson, en 1801 ; c elui-ci avait été élu par le parti républicain. Il commença son administration avec des vues bien diflei-entes de celles de ses deux pi-édécesseurs. Durant le premier terme de sa présidence, les Etats-Unis prospérèrent rapidement. M. Jefferson fut réélu en 1805. La guerre qui sévissait en Europe, en 1807, entre la Grande-Bretagne et la France, prenait un aspect qui menaçait d'entraîner les Etats- Unis dans le tourbillon. Par le décret de Berlin. Napoléon déclara en état de blocus les lies Britanniques, et interdit toute communication avec elles. Mais l'Angleterre alla plus loin, et défendit aux neutres de commercer avec les ports qui lui étaient fermés, et, par une loi du 7 novembre 1807, elle déclara tout bâ-
9. Qui succéda à Washington pour la présidence ? Que se passa-til pendant son administration ?- 10. Quel fut le successeur d'Adarns ? Que devinrent les États-Unis ?ous l'administration d« Jet'-* ferson ? Quel événement «ut lieu «nlSOT ?
timent neutre soumis an droit de visite et à l'imposition. Les lois anglaises furent suivies par le décret impérial de Milan du 17 décembre, qui déc-larait dénationalisé tout navire qui se ^erait soumis à la visite d'un bâtiment anglais, ou qui aurait payé une taxe quelconque au gouvernement britannique. Cet échange d'actes et de rèLclements riçroureux entre la France et l'Angleterre, ruinait le commerce des neutres, et, conséquemment, celui des États-Unis et leur navigation.
11. .Jefferson, ne pouvant obtenir aucun adoucissement aux mesures arbitraires de ces deux puissances, fit publier, le 1er mars 1S09, un acte qui interdisait l'entrée des ports américains à tous les vaisseaux anglais ou français, sous peine de saisie et de confiscation ; il défendait également toute importation aux Etats-Unis de marchandises anglaises ou françaises, pendant tout le temps que dureraient les mesures pri^es à leur égard. La Grande-Bretagne donnait encore, dans le même temps, un autre sujet de mécontentement aux Etats-Unis, en s'arrogeant le droit de visiter les bâtiments américains. Ce fut au milieu do. ces circonstances irritantes qu'expira le second terme de la présidence de Jefferson.
12. Madison, qui professait les mômes principes politiques que Jefferson, fut élu piésident, et entra en fonctions au mois de mars 1809. Les restrictions apportées au commerce continuèrent jusqu'en 1812; jusque-là tout accord vers un accommodement amical avec la Grande-Bretagne avait été impossible, et les sujets de plainte contre elle allaient toujours croissant. A la fin, pressé par la majeure partie de la nation, le Congrès lui déclara la guerre le 10 juin 1812. Le président fut autorisé à porter l'armée régulière à trente-cinq mille hommes, à lever les milices, à rétablir les impôts et à faire des emprunts.
11. Que fit Jeflfer:'on au mois de mars 1809 ? — 12. Quel fut le successeur de Jeffers 'D ? (juel'e fut la sitnatiou du paysjus^u'en 1812 ?
3S^ HISTOIRE MODERXE.
SECTION V
Depuisla guerre contre V Angleterre, en 1812, y?/.sgu'à celle contre le Mexique, en 1846.
1. Le gouverncTnent fédéral avait porté le nombre des troupes régulières, comme il a été dit plus haut, à trente-cinq mille hommes, et chaque État devait fournir son contingent de milices, jusqu'à concurrence de cent mille hommes. Henri Dearborn, dd Massachusetts, fut nommé major-général et commandant en chef des forces américaines. La flotte n'était comj^osée que d'un petit nombre de frégates et de bricks.
2. Les hostilités commencèrent dans le nord ; le général Hull prit le commandement de l'armée destinée à l'invasion du Canada. Les opérations des forces américaines pendant la première année de cette guerre ne furent pas heureuses. Le général Hull, après avoir essayé de pénétrer en Canada, se retira à Détroit où il se rendit honteusement aux Anglais, avec son armée, le 12 août. Le gé léral Van Renselaer fit une aut: e tentative, mais il fut battu à Quecnstown, en novembre, et obligé de se rendre. Mais, pendant que les troupes de terre se laissaient battre, le pavillon américain remportait sur l'océan de brillants succès. En août, la frégate la. Constitution, commandée par le capitaine Hull, captura la frégate anglaise la Guerrière. En octobre, la frégate les Etats-Unis, CTjmmandée par le brave Lécatur, le même qui tenta de reprendre au milieu du port de Tripoli un vaisseau américain capturé par les corsaires de la Régence, s'empara de la frégate anglaise le Maced nian. En novembre, un sloop anghiis de 22 canons fut pris par le sloop américain Wosa. de 18 canons, et, en décembre, la Constitution, commandée par Bainbridge, captura la frégate anglaise Java.
1. Qui fut nomm'^ commandant en chef des forces ampr'cijines ? — 2. (.quelles furent les principales opérationt d« terre et naraJei çle* l'année 1812 ?
3. Pendant runiiée 1S13, les armês américaines eurent alternativement des succès et des revers. Sur la fin de janvier, un détachement de huit cents hommes, commandé par le général Winchester, fut défait à Frenchtown, sur la rivière Kaisin, par le général Proctor, qui avait sous ses ordres six cents hommes de troupes régulières et mille Indiens. Au mois d'avril, le général américain Pike, prit Torli, dans le Haut-Canada, mais il fut tné par l'explosion d'une mine. En mai, Sir Georges Prévost attaqua Sacketts- Harbor, mais il en fut repoussé avec de grandes pertes par le général américain, Brown. Yers le même temps, les Américains s'emparèrent du fort Georges. Les Anglais s'étant retirés vers les hauteurs do Burlington, les généraux Chandler et Winter furent envoyés pour les attaquer; mais ils essuyèrent ime défaite complète, et furent faits tous deux prisonniers.
4. Le 10 septembre, le commodore Perry, après un combat de quatre heures, avec neuf voiles et cinquante-quatre canons, obligea la flottille anglaise sur le lac Erié, forte de six voiles et de soixante-trois canons, de se rendre à discrétion. En octobre, le général américain, Ilarrison, défit complètement à Moravian- Village, le général Proctor. Dans cette bataille, fut tué le célèbre Técumseh, grand chef indien, qui commandait les sauvages de l'Ouest.
5. A la suite de ces succès, l'armée du centre se réunit à celle du nord, et marcha sur Montréal. Le général Wilkinson, qui commandait l'armée du centre, fut complètement défait, le 11 novembre, à Christler's-Farm, par le colonel Morrison. Il se retira ensuite à French-3Iills, oii il prit ses quartiers d'hiver. Le général Hampton, commandant l'armée du Xord, forte de sept mille hommes, s'était mis en mouve-
3. Quo sait-on des armes américaines ponr l'année 1813 ? Racontez-nous les événements qui eurent lieu dans les mois dejanvrèr, arril et mai. — i. Que fit le commodore Perry, le 10 septembre ? Que fit H&rrisoD, au mois d'octobre ? — 5. Que firent les Américains à la suite de leurs succès ? Qui gagna les batailles de Cbristler's-Farm et de Chdteauguay '! ,^
S38 HIRTOHIE MODERNE,
ment pour opérer sa jonction avec Wilkinson ; mais il avait dû se retirer précipitamment devant un détachement de 300 Canadiens, à Châteauguay, commandé par le colonel de Salaberry, qui lui fit*^essuyer d'assez gi-andcs pertes.
b*. Les Anglais furent plus heureux sur l'Océan que l'année précédente. La frégate la Chesapeake, commandée par le capitaine Laurens, fut obligée de baisser pavillon devant la fiégate anglaise Shannon. Le brick r Argus, ayant perdu son capitaineiians un combat contre le brick anglais le Pélican, fut capturé par celui-ci. Au mois de septembre, le bi-ick américain Œntreprise foi'ça le brick anglais le Boxer, après un combat de quarante minutes, à baisser pavillon. Dans ce combat, es deux capitaines périrent, et furent tous deux enterrés avec les honneurs militaiies, à Portland. Ces échecs, que venait d'éprouver la marine américaine, furent compensés par de nombreuses victoires; et, dans plusieurs rencontres, des vais-eaux des Etats-Unis et même des corsaires s'emparèrent de navires anglais d'une force supéi'ieure à la leur.
7. Au printemps de 1814, les hostilités furent reprises. L'armé<" du général Wilkinson quitta ses quartiers de French-Mills au mois de mars, et reçut l'ordre d'attaquer les Anglais retranchés dans une forte position, protégée par des ouvrages en pierre, et connue FOUS le nom de Moulin de Lacolle. Les Américains furent défaits; le général Wilkinson fut honteusement destitué sur la demande du peuple, et le commandement fut donné au général Izard.
8. Le 6 mai, les Anglais, commandés par le général Drummond, tombèrent à l'improviste sur Oswégo, et incendièrent cette ville. Les Américains se dédommagèrent bientôt à Chippewa, où, après un combat sérieux, ils mirent l'ennemi en déroute. Drummond prit sa revanche le 25 du même mois, à Lundy's-Lane, o\x il lit un grand dommage dans les lignes
6. Que fit la marine dans cette campagne? — 7. Que se passa-t-il^ in printemps de 1814 ? —8 Par qu'fit gagnée la bataille de Chip- -rî '* co les de Lundy'8-Lane V d'Éric ?
américaines. Mais les généraux Américains, Brown et Scott, ne tardèrent pas à repousser les Anglais. Toutefois, le général Drummona, ayant reçu des renforts, vint assiéger l'armée américaine, qui s'était retirée au fort Érié; mais il en fut repou>^é avec une perte de près de mille hommes, tant tués que blessés Ou faits prisonniers.
9. Le 24 août, une armée anglaise, sous les ordres du général Eoss, débarqua à environ quarante milles de Washington, et défit le général américain Winder, à Biadensburg, sur le Potomac, entra dans la ville de Washington et en brûla lecapitoleetles principaux édifices. Quelques semaines après, legtnéral itoss essaya de s'emparer de Baltimore, mais son armée en fut repous^ée et lui-même y fut tué. Les Anglais furent alors obligés de renoncer à leurs projets et se retirèrent avec une perte considérable.
10. Pendant que les habitants de Baltimore chassaient victoricll^ement les Anglais de devant leurs murs, les Améiicains remportaient dans le Nord une victoire plus décisive. Le 11 septembre, les forces navales de l'Angleterre sur 1« lac Champlain furent complètement défaites par l'escadre américaine sous le commandement du commodore McLonough. Les forces anglaises étaient de beaucoup supérieures à celles dei Américains. Tandis que le combat était engagé enti'e les deux flottes, le général Prévost avait tenté plusieurs fois de traverser le fleuve pour attaquer les lignes américaines; mais toujours repoussé, iLbuttit en retraite après avoir perdu beaucoup de monde.
11. La supériorité acquise sur l'Océan par les vaisseaux américains se soutint pendant cette campagne. Le gouvernement anglais avait donné l'ordre aux capitaines anglais de ne pas accepter le combat à forces égales, mais do réunir des escadres pour écraser les Américains. La fiégate Essex fut prise par
9. Que fit une artnf^e sous le général Ri.as, en 1814? — 10. Que »e paasa-t-il sur le lao Champlain, le 11 septembre ?- 11. (jue fit do remarquable la marine umcricaine p' -•■■»* «otto caBB^-agne ï
340 HISTOIRE MOD«RNE.
nne flottille anglaise, Qi le Président, par une escadre. La Constitution attaqua seule deux navires anglais portant soixante-quatre canons, et les captura l'un et l'autre.
12. Depuis plusieurs mois, des négociations pour la paix avaient été entamées à Londres ; et, en effet, un traité fut signé à Gand, le 24 décembre 1814. Mais pendant le cours de ces négociations, des forces anglaises considérables sous les ordres du général Sir Edward Packenham, pénétrèrent dans la Louisiane et s'avancèrent jusqu'à la jSTouvelle-Orléans. Le général Andrew Jackson fortifia le voisinage de la ville, puis il attendit l'armée anglaise ; celle-ci commença en effet l'attaque le 8 janvier, mais el.e fut si chaudement reçue qu'elle dut battre en retraite bien vite. Elle perdit plus de deux mille hommes tant tués que blessés. Parmi les premiers, se trouvèrent les généraux Packenham, Gibbs et Keane. Ce fut le dernier événement important de la guerre.
13. M. Madison, ayant rempli l'office de Président durant deux termes, eut pour successeur, en 1817, James Monroe. L'administration de ce dernier fut tellement populaire, qu'il fut réélu à l'unanimité en 1820. Dans cette année, eut lieu le dénombrementde la population des Etats-Unis ; elle montait déjà à 9638226 habitants, dont 1538118 esclaves.
14. Le successeur de James Monroe à la présidence no fut pas élu par le peuple, à cause du trop grand nombre des candidats; le choix fut dévolu aux chambres, dont la majorité porta M. John Quincy Adams à la preinière place de la magistrature, en 1825, et M Calhoun fut nommé vice-président par les votes du peuple. Son administration n'otïre rien d'important.
15. En 1829, le général André Jackson fut élu au rang suprême de la république, en remplacement de
12. Quand eut lieu le traité de paix de Gand? Que se passa-t-il dans la Louisiane pendant le cours des nôgo^^-ations V — 13. Quel fut le successeir de M idison pour la présidence? — 14. Qui sucoda à* M. Monroe ? — 15. Quel fut le successeur de M. Adaras V Quel fut nn des actes le plus reraav'^uables de l'adm nistration du général Jack- 60 n ■'
ÉTATS- UMS. 341
M. Adnms. et M. Calhoun fut réélu vice-président. Il se montra hostile à la banque dite des Etats-Unis, et réussit à empéch r le renouvellement de sa charte qui allait bientôt expirer. Il occupa la présidence durant deux termes.
16. Le général Jackson eut pour successeur M. Martin Van Biiren, en 1837. Le nouveau président suivit la politique de son prédécesseur. Sous son administration commença la lono:ue et dispendieuse guerre contre les Indiens de la Floride, et des traités furent passés avec les Sioux et les Winnebagoes, par lesquels les Etats-Unis acquirent des titres indiens pour de grandes étendues de territoire à l'est du Mississipi.
17. Le général TTiiliam Henri Harrison succéda à M. Van Buren, an mois de mars 1844; mais il n'occupait le fauteuil de la présidence que depuis un mois quand il mourut. Il fut remjjlacé, en vertu de son office, par John Tjîer, qui avait été élu vice-président. L'administration de 3I. Tyler désappointa grandement le parti qui l'avait élu, car il mit son veto à presque toutes les mesures que celui-ci défendait, et pour lesquelles il avait lutté.
Le 4 mars 1845, !M. Tyler eut pour successeur à la Présidence, M. James K. Polk, du Tennessee.
SECTION TI
Depuis la guerre contre le Mexique, en 1S46, jusqu'à la fin de la guerre civile, en 1865.
1 L'administration de ]M. Polk a été surtout remarquable par les difficultés survenues entre la Grande-Bretao;ne et les Etats-Unis touchant les limites du territoire de l'Orégon ; par l'annexion de la Eépubli-
16. Qui est-ce qui succéda au général Jackson? Quelle politique suivit M. Van Buren ? Que s'est-il passé de plus remarquable sous son administration? — 17. Combien de temps le général Harrison occupa-t-il le fauteuil de la présidence ? Qui lui succéda ? Quelle conduite suivit M. Tyler ? Quel fat son successeur ?
1. Quels furent les principaux événements de l'administration do M. Polk?
que du Texas à celle des Etats-Unis, et par une guerre avec la Képublique du Mexique. La question de l'Oré;:on fat réglée an commencement de 1846; les limites au nord des États-Unis furent fixées au 49"^ parallèle de latitude nord. La Texas fut annexé aux Etats- Unis, en 1845, et la guerre du Mexique commença en mai 1846.
2. La guerre avec le Mexique fut la conséquence de l'annexion du Texas. Ce pays, qui avait formé une province du Mexique, s'en était séparé le 2 mars
'1836, et s'était constitué en république indépendante. Le peuple du Texas, ayant manifesté le désir d'être admis dans l'Union am.éricaine, il fut exaucé en 1845. Le Mexique, qui n'avait jamais reconnu l'indépendance du Texas, protesta hautement, et déclara que, comme cette République s'était annexée aux Etats- Unis avec des limites qui ne lui appartenaient pas originairement, et comprenait un territoire considérable qu'elle ne pourrait en aucune manière réclamer justement, toute tentative de la part des États-Unis d'en prendre possession, serait considérée comme une juste cause de g'ierre. Ce territoire en dispute était situé entre les Nueces et le Eio-Grande.
3. En septembre 1845, le général Zacharie Taylor, sur les ordres du président Poik, traversa les Xueces avec une armée d'occupation, planta le pavillon américain dans les limites en dispute; etsubséquemment, en vertu de nouveaux ordres, il marcha à travers le territoire contesté et avança jusqu'à la rive nord du Eio-Grande, vis-à-vis la ville mexicaine de Matamoras, qu'il atteignit le 28 mars 1846. Une armée mexicaine traversa aussitôt le Eio-Grande à l'effet de déloger les Américains de leur position, et dèd lors les hostilités étaient com.mencées.