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L'année 1650, si funesto à la Xouvelle-France

,15. Quel fut le sort de la bourgade de Saint- Jean pre'sque toute eomposée de Hurons fugitifs ? — 16. Que causa dans la colonie la destruction de la nation baronne?

1, Comment finit l'année 1650, si faneste à la Nouvelle -France par la destruction des Hurons ? -

1652] DE LAUZOX. 61

par la dcsti-uction des Hurons, se termina par la nomination do 31. de Lauzon comme gouverneur-général, en rcmplacemcTit de M. d'Aillcboust. 31. de Laiizon n'arriva à Québec que le 14 octobre 1G51. accompagné de deux de ses fils. Il trouva la colonie dans un état d'extrême faiblesse et rudement harcelée par les Iroquois, que leurs grands succès sur les Hurons avaient enhardis.

2. Le 18 juin 1651, une nombreuse bande d"Iroquois, ayant attaqué quelques Français à la Pointe Saint-Charles, près do Villemarie, 31. do 3taisonneuve envoya aussitôt du secours sous la conduite de Charles Le 3Ioine. Les Iroquois laissèrent morts sur la place, vingt-cinq ou trente des leurs, indépendamment des blessés, qui furent emportés ou qui prirent la fuite; tandis que les colons n'eurent que quatre hommes bles>:és.

3. Le 2G juillet suivant, les Iroquois assiégèrent l'hôpital de Yillemarie; mais le major Lambert Closse, qui s'y trouvait en garnison avec 16 hommes, le défendit depuis six heures du matin jusqu'à six heures du soir, contre 200 Iroquois, qui furent obligés de se retirer honteusement devant cette poignée de braves.

4. L'année suivante, la colonie fit une perte bien douloureuse, dans la personne de 31. du Plessis-Eochart, gouverneur des Ïrois-Rivières, qui fut tué avec quinze de ses hommes dans un engagement contre un partie d'Iroquois. C'était le plus douloureux échec qu'eussent encore reçu les Français dans leurs guerres contre les Iroquois.

Comme le Père Euteux remontait le Saint-3Iaurice pour se rendre chez les Attikamègues, il fut massacré avec ses conducteurs par des Iroquois. Le Père Buteux fut le septième Jésuite qui tomba sous les coups des ennemis de la foi.

2. Que fit une nombreuse bande d'Iroquois. le IsJ juin 1651? — 3. Que fcrent-ils le 26 juillet suivant? — 4. Quel.e douloureuse perte fit la colonie en 1652? Qu'arriva-t-il au Père Buteux, comme il remontait le Saint-Maurice?

5. Vers la fin d'août 1653, cinq cents Agnicrs s'approchèrent des Trois- Rivières et tinrent ce poste bloqué pendant quelque temps. Le 6 novembre suivant, ils demandèrent la paix, qui leur fut accordée.

6. M. de Maison neuve, qui avait été obligé d'aller en Franco demander un renfort devenu nécessaire, fut de retour au Canada le 27 septembre 1653, avec une recrue de cent hommes, levée dans l'Anjou, le Maine, le Poitou et la Bretagne. Il ne voulut conduire avec lui que des hommes jeunes, robustes et courageux, tous propres au métier des armes, exercés chacun dans quelque profession nécessaire ou utile au nouvel établissement, tous sincèrement catholiques. Il exigea de plus qu'ils fussent gens de bien et de mœurs irréprochables, afin qu'ils ne gâtassent pas le reste du toupeau : en quoi, est-il dit, il a parfaitement réussi.

7. Villemarie ne devint réellement colonie, qu'après l'arrivée de la recrue dont on vient de 2:)arler. Cette recrue, la plus nombreuse et la mieux composée qu'on y eut vue jusqu'alors, fut, à proprement parler, le commencement de l'établissement solide de cette colonie. Jusqu'à ce moment, on n'y avait eu qu'un poste militaire, le fort étant la dem.eure ordinaire de tous les habitants du lieu,

8. Dans l'été de 1656, M. de Lauzon, se voyant avancé en âge, et comprenant qu'il ne convenait plus aux circonstances dans lesquelles se trouvait la colonie, prit le parti de retourner en France. Il établit, dans le gouvernement de la colonie, son fils, de Lauzon-Charny, en attendant l'aiTivée de son successeur. Mais, quelque temps après, celui-ci voulant aller re joindre son père en France, nomma M. d'Ailleboust, ancien gouverneur, pour commander dans la colonie jusqu'à l'arrivée du successeur de son père.

5. Que firent 500 Agniers, vers la fin d'août ItôS? Continuèrent-ils leur agression? — 6. Quand M. de Maisonneuve fut-il de retour au Canada? — 7. Quand Villemarie devint-elle réellement colonie ? — 8. Quel parti prit M. de Lauzon, se voyant avancé en ûge ?

1658] ^ d'ap.gensox. 63

9. M. de Lauzon evit pour successeur le vicomte d'ArgensoTî, nommé le 26 janvier 1657, mais qui ne put arriver à Québec que le 11 juillet 1658. 11 fut reçu avec tous les honneurs dus à son rang par ^S. d'Ailleboust, qui se retira ensuite à ^Montréal, où il mourut en 1660.

10. Une nouvelle recrue d'ouvriers évangéliques avait précédé au Canada ^I. d'Argcnson. Elle était composée de quatre ecclésiastiques pour la mission de Villemarie, envoyés par le vénérable M. Olier, fondateur du séminaire de Saint-Sulpice. Ces Messieurs étaient Gabriel de Quey,lus. Souart, Galinier, prêtres, et Dollet, clerc. M. de Queylus était muni des pouvoirs de grand-vicaire, que lui avait accordés Tarchcvêque de Eouen. Après avoir installé ses compagnons à Villemarie, M. de Queylus vint se fixer au chef-lieu de la colonie.

Avant le départ de ces messieurs pour le Canada, la Compagnie de Montréal avait cédé au Séminaire de Saint-Snlpice la propriété et la conduite de l'île, yjour le temporel aussi bien que pour le spirituel; mais cette cession ne fut effectuée dans les formes qu'en 1663.

Toute la colonie, dit le P. de Charlevoix, fut charmée de voir un corps accrédité, puissant et fécond on excellents sujets, se charger de défricher et de faire peupler une île, dont les premiers possesseurs n'avaient pas poussé l'établissement autant qu'on avait d'ab(5rd espéré.

11. Le lendemain de son arrivée à Québec, M. d'Argenson apprit que des Algonquins venaient d'être massacrés par les Iroquois, sous le canon du fort. Il poursuivit aussitôt les assassins, à la tête de 25U hommes ; mais il ne put les rejoindre.

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