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CHAPITRE IV

De lit seconde adminhtrcktion d^ M. de Frontenac^ à la ] aix de Ryswick (1689-1697)

SOMMAIRE

1. M. de Fronteiicac arrive à Québec — 2. Destruction du fort Frontenac. — 3, Expélition des Abénaqnis dan-; la Xourell -Angleterrt-, et de M. d'Iberviile à la baie <lHud.-on. — 4. Expédition dana la Nouvelle-York et dans la Nouv. Ile-Angleterre. — 5.-4». Siège de Québec par Phipp>. — 6. Attaqu ; de Montréal manquée. — <!. Nouvelles incurs ons djs Iroq'.iois. — 8. Mission du sieur ée Oourtem.mche. — 9. Combat de la Prairie. — 10. Attaque de Plaisance.— 11. Prise d« fort Sainte-Anne par les Anglais à la baie dHiidson. — 12. 13. Prise du fort Nelson dans la baie d'ELudson. — 15. Expédition du comte de Frontenac contre les Irnquois. — 16. 17. 18. Exploits de d'Iberville.--19. 20. Paix de Eyswick.

1 Le marquis de Denonville eut pour successeur le comte de Frontenac. Celui-ci arriva à Québec, le 12 octobre 1G89. Le 27 du même mois, M. de Frontenac alla visiter Montréal, qui venait d'être ravagé par les Iroquois.

10, Quelle était la population française du C inada, en 1688 ? ]. Quel fut lo successeur du marquis de Denonville? Où alla M. de Fronienac, lo 27 du môme m-jis ?

2. Ayant appris que il. de Denonvlile avait donné Tordre de raser le fort Frontenac ou Cataracoui, le nouveau gouverneur fit préparer en toute diligence un convoi de vingt-cinq canots, pour porter le contreordre au commandant de Varennes. Le convoi venait de quitter Lachine. lorsqu'on vit arriver la garnison du fort, qui l'avait fliit sauter, après avoir détruit les vivres et les munitions. On conçoit assez tout le chagrin que dut ressentir ]\I. de Frontenac, en apprenant cette nouvelle qui renversait tous ses projets futurs par rapport à ce poste fortifié.

3. La campagne de 1689 ne fat pas malheureuse dans toutes les parties de la Xouvelle-France; car les AbénaquiS; alliés des Français, firent subir aux Anglais, dans l'Acadie, un échec assez humiliant; et d'Iberville et ses compagnons soutinrent l'honneur du drapeau français dans la baie d'Huds^on.

Les Abénaquis enlevèrent aux Anglais quatorze petits forts assez bien munis, tuèrent plus de deax cents personnes, et rapportèrent un butin considérable.

A k baie d'JŒudson, d'Iberville prit sur l'ennemi deux navires avec toute leur charge, en conduisit un à Québec, et remit l'autre à son frère, Paul de Mar'court, à qui il confia les ports du fond de la baie.

4. Pour se conformer aux intentions de Louis XIV, Id comte de Frontenac porta la guerre dans la Xouvelle-York et dans la Xouvelle-Angleterre, durant l'hiver do 1689-90. Il divisa son expédition en trois partis qui tombèrent sur les Anglais par trois endroits à la fois.

Le premier parti, composé d'un peu plus de 200 Canadiens et vSauvages, sous les ordres de Lemoyne de Sainte-Hélène et de d'Aiileboust de Mantet, étfli<-

2 Quel parti prit le nouveau gouverneur, en apprenant que M. de Denonville avait donné l'ordre de faire raser le fort Frontenac? — cf. La campagne de 1689 fut-elle malheureuse dans toute* les parties de* la Nouvelle-France ? — 1. Que fit le comie de Frontenac, pour se cout'ormep aux intentions de Louis XIV ? Comment divisa-t-il l'expé» dition ? Quel «n fut le euocès ?

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dirigé sur îa Xouvellc-York. Il arrira io 18 février, vers onae heures du soir, devant Corlnr. Ce bourg, habité presque exclusivement par des Hollandais, renfv^rmait plus de 80 maisons, et formait un carré long, fermé avec des palissades. L'attaque avait été remise à deux heures du matin, lorsque le sommeil serait le plus profond; mais le froid était devenu si intense qu'il fit changer de résolution : on marcha à l'heure même. G-ardaut un profond silence, les Canadiens ])énétrèrent dans le bourg et le parcoururent dans toute sa lonp^ueur. Le signal de l'attaque donné, toutes les maisons furent assaillies et bientôt la rési?> tance fut écrasée. Un petit fort fut emporté et tous les soldats qui le défendaient y furent tues. Soixante personnes, hommes, femiaes et enfants périrent dans la chaleur du combat, qui dura environ deux heures; on brûla quelques maisons, et l'on fit bon nombre de prisonniers.

Le second parti, formé aux Trois-Eivières, ne comptait que vingt-huit Canadiens et vingt-quatre Sauvages. Le brave Hertel le commandait. Après une marche de deux mois, Hertel arriva à Salmon-Falls, village anglais défendu par une maison fortifiée et par deux forts de pieux. Tout fut sur-le-champ emporté d'assaut. Trente des assiégés furent tués ; les autres, au nombre de cinquante-quatre, restèrent prisonniers. Les vainqueurs ne perdirent qu'un canadien. Le soir du même jour, averti que deux cents Anglais s'avançaient pour lui couper la retraite, Hertel se mit en bataille sur le bord d'une rivière, à la tète du seul pont fort étroit qu'il fallait passer pour aller à lui. Ses soldats tinrent forme, tuèrent sept des ennemis, en blessèrent dix, et forcèrent les autres à se retirer.

Le troisième parti, organisé à Québec et commandé par M. de Portneuf, était composé de Canadiens, d'une compagnie de réguliers tirée de l'Acadie, et de quelques Abénaquis. Il fut dirigé sur Casco, à l'embouchure de la rivière Kénébec, où il arriva à la fin de mai. Cette expédition ne fut pas moins heureuse que les autres. Le grand fort de Casco, bien fourni de

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munitions et monté de huit pièces de canon, ainsi que ':(uatre autres petits forts, tombèrent bientôt au pouvoir de Portneuf. Les fortifications de cette place furent rasées, et les habitations réduites en cendres, à deux lieues à la ronde.

6. Ces incursions dans la Xouvclle- Angleterre et dans la Nouvelle- York, loin d'intimider les habitants de cea provinces, les portèrent à faire des efforts vigoureux pour chasser les Français du Canada. Pour y parvenir, les provinces anglaises armèrent une flotte de sept vaisseaux, qu'elles confièrent au chevalier Phipps. Cette flotte fit voile pour l'Acadie au mois de mai 1690, et s'empara de Port-Eoyal, de la Hève, ie Chédabouctou et de presque tous les postes que 'es Français y avaient.

6. La même année 1690, les colonies anglaises mi- /ent en mer une seconde flotte de trente-cinq voiles, portant 2000 hommes de débarquement, sous le commandement de l'amiral Phipps, pour faire la conquête de toute la Nouvelle-France. Cette flotte parut devant Québec, le 16 octobre. Elle y rencontra une'si vigoureuse résistance, qu'après quatre jours de bombardement, elle dut rebrousser chemin, après avoir perdu 600 hommes, 10 vaisseaux, boaucoupde canons et de munitions de guerre ; et, pour comble de disgrâce, Phipps perdit presque le reste do sa flotte en redescendant le fleuve.

Le mouvemeiit que devait opérer les Anglais était celui-ci : pendant que leur flotte assiégerait Québec, le général AVinthx'op, à la tète de 3000 Anglais et Iroquois, devait attaquer Montréal: mais la tentative échoua.

7. Pendant l'été de 1690, les Iroquois firent plusieurs incursions dans la colonie, et tuèrent un grand nombre d'habitants et de soldats, avec plusieurs officiers

5. Quel effet produisirent ces incursions d^ns la Nouvelle-York et ^ lans la Nouvelle-Angleterre? — 6. Que firent encore les colonies anglaises, la même année 1690? Quand parut la flotte ennemie devant Québec? Comment y fut -elle rejue ? — 7. Que firent les Iroquois pendant l'été ae 1690?

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de mérite. Le comte do Frontenac fit tout ce qu'il put pour arrêter leurs courses; mais la faiblesse de ses ressources ne lui permit pas de poursuivre plus rigoureusement ces ennemis irréconciliables des Français.

8. Après le revers de la flotte anglaise devant Québec, le sieur de Courteraanche reçut la mission d'aller en informer les Hurons et les Outaouais, ranimer leur esprit guerrier. Il fallait du courage et une grande habileté pour passer, accompagne de dix hommes seulement, à travers toutes les bandes iroquoises.

9. Au commencement de mai 1691, mille Iroquois vinrent établir leur camp à l'embouchure de la rivière des Outaouais, et, de \è, se répandirent dans les environs-dô Montréal. M. de Callières, gouverneur de cette place, assembla aussitôt sept à huit cents sauvages, lesquels, joints à une poignée de Français, soutinrent une rude attaque à la Prairie de la Madeleine, et parvinrent à mettre l'ennemi en déroute. Dans ce combat, le sieur de Yarennes 7 fit des prodiges de valeur,

D'autres partis d'Iroquois, parmi lesquels se trouvalent des Anglais, pm-coururent le pays, depuis Eepentignj jusqu'aux îles du lac Saint-Pierre, faisant partout des dégâts considérables, et exerçant des cruautés inouïes sur les Français qui tombaient entre leurs mains.

10. En septembre 1692, une escadre anglaise de cinq vaisseaux attaqua Plaisance, dans l'île de Terre- Neuve: cette place n'avait que 50 hommes do garnison, avec un mauvais fort et aucune munition. La canonnade dura cinq heures, mais avec si peu de succès, que l'escadre dut renoncer à son entreprise.

8. Quelle mission reçut le sieur de Courtemanche, après le revers de la flotte anglaise devant w«ébec?— 9. Que se passa-t-il au corn* mencement de mai 1691? Q;:e Et M. de Callières, g.uverneur de Montr<5alî— 10. Que fit une escadre ang aise de cinq vaisseaux en 8«ptembro 1692? ^

^^ firSTOIRE DU CANADA. [1696

^ 11. Au printemps de 1693, trois navires anHuis 8 emparèrent du fort Sainte-Anne, dans la baie

auxquels on fit 1 honneur d'en opposer quarante.

1^. -Le gouvernement français ne laissait pas aux milices canadiennes le temps de respirer. On rencontrait par petites bandes, sur tous les points de lAmenqiie du î^ord, ces vigoureux enfants de la i^^ouvelIe-France, poursuivant les Anglais jusque dans leurs forts les plus reculés. J i "^

rJL\^' ^•^^^' ^!%^7il^e, accompagné de ses deux frères, Sengnj et Chatcauguay, et de 120 Canadiens, enleva aux Anglais le fort Nelson, dans la baie d'Hud-

son.

14. L année suivante, les Iroquois pénétrèrent dans la colonie par plusieurs points. Une de leurs bandes fut complètement défaite près de Boucherville par des volontaires canadiens et quelques soldats français, commandes par M. de la Durantaye

la. Au printemps de 16^6 M. de Frontenac entreprit une grande expédition contre les Iroquois. A 1 approche des français, ce3 barbares se Retirèrent dans les bois. Pour s'en venger, les Français brûlèrent le fort et les villages du canton d'Onneyput et délivrèrent une trentaine de prisonniers. Après cette expédition, l'armée reprit le chemin du Canada.

Ib. Fendant que :M. de Frontenac ravarreait le pays des Iroquois, d'Iberville enlevait aux An-Iais un vaisseau de 24 canons, sans perdre un seul homme, ^S^2"rP^f,°,^^^' par capitulation, le fort de Pemquid.

li. Vei Acadie, d'Iberville se rendit à Terre Xeuve ou, vers la tin de novembre de la même année, il en-

K •^'^?i?^i'"*'o''\^"'"l''^ ^^' Anglais, au printemps de 1693, dans la baie d'Hud9on?--12. Quelle était la conduite de. milices canadfennes Te» ce temps-là ?-13. Quel succès eurent les Français, dans [a baîe d Hudson en 1694? M Que firent les Iroquois rannée suivante ?-!! JO. yu entreprit M. de Frontenac, au printemps ^e 1696? Que i rent Je» Iroquois, à l'approche des Français ?-16. Pendant que M. de tV«°i ''J^T^^.!*'' '^ ^^^' ^^' Iroquois, que se pa sait-il en d'au- Ue9heuxdela.NouTelle-France?-17. Où se rendit M. d'IberrUle,

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leva acix Anglais le fort et la ville de Saint-Jean, avec presque tous les postes qu'ils avaient dans Tile; et fit, avec une poignée de braves Canadiens, six ou sept cents prisonniers.

18. A la fin de mai 1697, d'Iberville reçut l'ordre de se rendre dans la baie d'Hudson. Il y arriva au commencement d'août. Xonté sur un vaisseau de 50 canons, il eut, le 5 septembre, à se battre contre trois vaisseaux anglais, dont un était plus fort que le sien, et les autres, des frégates de 32 canons. Il coula à fond le premier, s'empara d'une frégate, et obligea l'autre de prendre la fuite.

19. Vers ce même temps, la cour de France communiquait à M. de Frontenac, le projet de s'emparer de- toute la Xouvelle-Angleterre; mais ce projet échoua.

20. La paix de Eyswick. qui venait d'être conclue entre les puissances de l'Europe, à la fin de 1697, mettait un terme aux hostilités engagées entre la Xouvelle-France et la nouvelle-Angleterre.

18. Où alla M. d'Iberrille, à son d-^part de l'île de Terre-Neuve? — 19. Quel projet avait été c mmuniqué, vers ce même temps, p ir la cour de France, à M. de Frontenac ? — lîO. Qu'est-ce qui vint mettre antenne aux hostilités avec la Nouvelle-Angleterre?

CHAPITEE y.

De la paix de Eyswick, à celle d'Utrecht (1697-1713).

SOMMAIRE

1. Mort de M. de Frontenac. — 2. M. de Callières, gouverneurgénéra!. — 3. Traité de paix de 1701. — 5. Mort de M. de Callières. — 6. Le maïquis de Vaudreuil.gouverneui-géaéral. — 6. Il maintient la paix avec les Iroquois. — 7. Tentativ • infructueuse des Anglais eur Port-Royal. — 8. Prise du vaisseau la Seine; Mgr. de Saint- Valier conduit en Angleterre. — 9. Nouvelle tentative dea Ang ais contre Port-Royal itifructueu-;e. — ]0. M de Saint-Ovide s'empare de Saint-Juan de Terre-Neuve. — 11. Lrs Anglais s'emparent de Pon-Royal. — 12. Nouvelle expédition des Anglais contre le Canada. — 13. Traité d'Utrecht.

1, Au mois de novembre 1698, la colonie perdit M. de Frontenac, qui mourut âgé de 78 ans.

*' M. de Frontenac, " dit de Charlevoix, " avait un grand fond de religion, et il en donna des marques publiques jusqu'à sa mort. Mais on avait de la peine à concilier la piété dont il faisait profession, avec la conduite qu'il tenait à Tégard des personnes contre lesquelles il s'était laissé prévenir. L'âcrelé de son humeur atrabilaire démentit un peu la noblesse et l'élévation de son caractère. "

2. M. de Frontenac eut pour successeur le chevalier de Callières, gouverneur de Montréal. Le nouveau gouverneur-général possédait les qualités nécessaires dans les circonstances où il se trouvait. Par sa fermeté, sa prudence et sa sagacité, M. de Callières sut tenir les Iroquois en échec; et, tinalement, les réconcilier avec les Français et avec les autres iribus sauvages.

Au mois de juin 1700, M. de La Motte Cadillac commença l'établissement du Détroit, avec cent Canadiens et un missionnaire.

1. Que, le perte fit la colonie en novembre 1698? Faites-noug 1» portrait de M. de Frontenac d'après le P. de Charlevoix ? — 2. Par qni fut remplacé M. de Frontenac ? Quand et par qui fut fondée la rilte du Détroit?

1704] DE YAUÛREUIL. 89

3. L'annéQ 1701 fat remarquable par la paix générale qui ^ut signée à Montréal avec t?outes les tribus sauvages, qui y avaient envoyé des députés. L'assemblée se tint dans une grande plaine hors de la ville; ou y fit une enceinte de 120 pieds de long sur 72 de large; les soldats furent placés tout autour; les sauvages, au nombre de 1300, étaient rangés dans l'enceinte, en très bel ordre. Les principaux officiers entouraient le gouverneur-général, qui était placé de manière à pouvoir être vu et entendu de tous.

4. Cette paix tant désirée ne fut pas de longue durée ; car, en 1703, l'Angleterre ayant déclaré la guerre à la France, les colonies américaines, soumises aux deux puissances, se brouillèrent aussi.

5. La colonie fit cette même année, une jjerte bien sensible dans lapersonnr.de M. de Callières, qui mourut à Québec le 26 mai. Le chevalier de Calliêres laissa la réputation d'habile général, d"homme intègre, et de véritable ami du pays, où il avait passé une grande partie de sa vie.

6. Le successeur du chevalier de Calliêres fut le marquis de Yaudreuil, gouverneur de Montréal. Le premier soin du nouveau gouverneur-général fut de maintenir la paix avec les cantons iroquois, qui se trouvaient menacés par la guerre entre l'Angleterre et la Fj-ance.

7. En 1704, les Anglais envoyèrent s'emparer de l'Acadie, une flotte de 10 vaisseaux, dont le plus gros portait 60 canons, et le plus petit 12. Cette expédition ne fut pas heureu>e pour les Anglais. La flotte partit de Boston et alla mouiller devant Port-Eoyal, où elle débarqua 1500 hommes. Il y eut quelques escarmouches assez vives, dans l'une desquelles les Anglais perdirent leur principal officier. Er.fin, ayant rencontré partout une forte résistance, l'amiral fit

3. En quoi l'année 1701 fut-elle re-uariuabie ? — t. Cette paix tant désiroe, fut-elie de longue durée ? — 5. Quelle perte fit la colonie cotte môme année ? — 6. Quel fut le ?iicoe3?e r de M. ce Calliêres ? Quel fut le premier soin du marquis de Vaudreuil? — 7. Quelle tentative firent les Anglais, en 170-i? Quelle force envoyèrent-ils? QuoUf (ut rifisue de l'expédition ?

90 HISTOIRE DU CANADA. [l'^lO

rembarquer ses troupes et se retira.

8. L'année 1705 fut malheureuse pour le Canada; les Anglais capturèrent un vaisseau français, nommé la Seine, qui portait à Québec Mgr. de Saint-Valier, successeur de Mgr. de Laval, un grand nombre d'ecclésiastiques, plusieurs riches particuliers et une cargaison estimée à un million de livres tournois. Mgr. do Saint-Valier fut conduit en Angleterre, où il fut fort bien traité. Néanmoins, on l'y retint prisonnier pendant cinq ans.

La perte qu'on venait d'éprouver, fut d'un grand avantage pour le pays, oii l'on avait jusqu'ici négligé la culture du lin. Comme on se trouvait sans toiles, par la perte de celles qu'apportait la Seine, la nécessite fit ouvrir les yeux; on sema du chanvre et du Un, qui réussirent au-delà de toute espérance, et Ton en fit usage.

9. En 1707, les Anglais, désireux de surprendre Port-Royal, mirent en mer une flotte de 25 bâtiments portant 3000 hommes. Après plusieurs combats partiels, livrés aux environs de la place, les Anglais se rembarquèrent. Port-Ptoyal dut principalement sa délivrance à 60 Canadiens qui y étaient arrivés quelques heures seuhmient avant la flotte anglaise.

10. Fiers des avantages qu'ils venaient de remporter, les Français résolurent, en 1709, de marcher contre les établissements anglais de Terre-Xeuvc. M. de Saint-Ovide, à la tète de 169 hommes, tant soldats, matelots, miliciens que sauvages, prit d'assaut Saint- Jean, entrepôt g-néral des Anglais, défendu par 900 hommes. 50 canons et trois forts considéiables.

11. Résolus de chasser les Français de l'Acadie, les Anglais envoyèrent contre cette province, en 1710, une flotte de 54 voiles, portant 3500 homme-^, sans compter les matelots sous les ordres du général Xicholson.

8. Quelle perte le Canada essuya-t-il en 17.''5? — 9. Qu'entre, rirent les Angl is, en 1707? — 10. Que firent le.- Français, fiers des avantages qu'ils venaient de rem- orter ? Quel fut le résultat de leur expédit<n? — 11. Quelle r solution prirent les Anglais, en 1710? Quelle force envoyèrent-ils contre l'Acadie ?

1711] PE VAUDEEUIL. 91

La flotte mouilla devant Port-Eojal, le 10 octobre. 31. de Subercase, qui commandait cette place, n'avait que 300 hommes à opposer aux Anglais. Il se défendit néanmoins pendant quelques jours avec vigueur, et tua beaucoup de monde aux assiégeants; mais, ne pouvant tenir plus longtemps, il capitula. La garniteon, réduite à 150 hommes délabrés, sortit du fort avec les honneurs de \ùf guerre. Port-Eoyal perdit alors son nom pour prendre celui d'Annapolis.

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