DUQUESNE DE MENNE VILLE
7. Afin de repousser les Français de la vallée de l'Ohio, le gouverneur de la Virginie leva un régiment et eu donna le commandement à Georges Washington, avec la commission de lieutenant-colonel. Celui-ci partit au mois d'avril 1754, à la tête de deux compagnies pour aller occuper le territoire contesté.
8. Inlormé de cet événement, M. de Coi/trecœ :r, qui commandait au fort Duquesne, 'dépêcha M. do Jumonviile pour sommer "Washington de se retirer. Mais, alin de protéger son envoyé contre les Sauvages ennemis, M. de Contrecœur lui donna une escorte de trente-quatre hommos, presque toas Canadiens. Le 28 mai au matin, ils se virent cernés par les troupes de Washington, qui firent feu sur eux. De Jumonviile tomba avec neuf des siens, quoiqu'il portât un pavillon de parlementaire ; le reste de l'escorte fut fait prisonnier, excepté un seul qui se sauva et alla en porter la nouvelle au fort.
Cette déplorable affaire souleva une immense indignation partout où il y avait des Français. Le caractère si noble de Washington ne permet pas de supposer, pour un instant, qu'il ait eu l'intention de proUter d'un guet-à-pcns. Mais, jeune encore, et concevant des inquiétudes sur le fort Nécessité, au milieu de la solitude, il n'eut probablement pas la force de retenir ses troupes indisciplinées.
9. A la nouvelle de la fin déplorable de Jumonviile et de son escorte, M. de Contrecœur envoya, le 28 juin, M. de Viliiers, frère de Jumonviile, avec 600 Canadiens et 100 Sauvages, venger la mort de son ii-èro et repousser l'ennemi. Il attaqua si \ngoureusement le fort Nécessité, qui était défendu par 500 Anglais et neuf pièces de canon, qu'au bout de dix heures, do combat, AYashington capitula. Les assiégés eurent 90 hommes tués ou hors de combat.
7. Quelles mesures prit le gouverneur de la Virginie pour repousser les Français ? — 8. Que lit M. de Contrecoeur, dès qu'il eut été iniortné de cet événement? — 9. Que fit -il encore, à la nouvelle de la fia déplorable de son envoyé ?
M. de Yilliers n'eut que deux hommes tués et soixantôdix blessés.
10. Au printemps de 1Î54, les gouvernements français et anglais, afin de soutenir leurs colonies respectives, mirent chacun une escadre en mer; elles arrivèrent presque en même temps sur les bancs de Terre-Neuve. Les vaisseaux VAlcide et le I/ys, que les brouillards séparèrent de l'escadre française, furent pris par l'escadre anglaise, après une vive résistance. Le comte de Rostaing fut tue sur VAlcide. M. Rigaud de Yaudreuil et bon nombre d'officiers, avec huit compagnies de troupes régulières, restèrent prisonniers.
11. A l'arrivée du général Braddock en Virginie, en 1755, les Anglais arrêtèrent qu'on attaquerait le Canada par quatre endroits à la fois. Le premier corps expéditionnaire devait être commandé par Braddock, qui marcherait contre le fort Duquesne; le second, par Shirley, contre Niagara ; le troisième, par Johnson, contre le fort Saint- Frédéric; enfin, le quatrième, par Monkton, contre l'Acadie.
12. Monkto.i, à la tète de 3000 hommes, s'empara de tous les établissements français, en Acadie. La conduite des Anglo-Américains, dans cette campagne fut indigne d'une nation civilisée. Les généraux attirèrent les malheureux Acadiens dans un piège à Grand-Pré, les y firent prisonniers, embarquèrent pèle-mèle, hommes, femmes et enfants, et les dispersèrent dans les différentes colonies, de Boston à la Caroline du sud, les abandonnant ainsi, sans pain et bans protection, dans une terre étrangère. Ils voulaient, par un si indigne traitement, punir les Acadiens, et de leur attachement à la France, leur mèrepatrie, et de leur fidélité inviolable à la religion catholique.
10. Que firent les gouvernements français et Anglais, au printemps de 1754 V Qu'arriva-t-il aux vaisseaur VAlcide et le Li/s ? — 11» Quel plan arrêtèrent les Anglais, en 1754, à l'arrivée de Braddi ck en Vir 'inie ? — 12. Quels furent K's succès de Monkton en Acadie ? Quelle l'ut la conduite des Anglo-Américains dans cette campa^jn© ?
1755] DUQITESNE DE MENxVEVILLE. 103
13. Le général Braddock partit de la Virginie, à la tète de 2200 hommes, pour aller reprendre le fort Nécessite. S'étant témérairement engagé dans un détilé, où l'attendait !M. de Beaujeu, qui avait sous ses ordres 1-46 miliciens canadiens, 72 soldats de marine et 650 sauvages, il y fut blessé mortellement. Plus de 1300 hommes de son armée, parmi lesquels plusieurs olftciers de mérite, restèrent sur le champ de bataille ou furent noyés dans la Monongahéla. M. de Beaujeu, tué au commencement de la bataille, fut remplacé j)ar ^I. Dumas qui déploya une grande valeur. Les restes de l'armée de Braddock furent sauvés par l'intrépidité du colonel Washington, qui se distingua dans cette rencontre, et lit comprendre ce qu'il pourrait faire un jour. Il retrouva dans cette circonstance les lauriers qu'il avait perdus à Xécesbité. Toute l'artillerie des Anglais, leurs munitions et leurs bagages, ainsi que les plans et les instructions du commandant, tombèrent entre les mains des Français, qui ne perdirent, dans cette bataille, que quarante hommes, y compris leur commandant, M. de Beaujeu.
1-i. A la nouvelle de la marche du général Johnson, à la tète de 5000 hommes, le baron Lieskau, qui était au fort Saint-Frédéric avec 3000 hommes, y laisse la moitié de ses gens, marche vers l'ennemi, et rencontre bientôt un détachement de 800 Anglais qu'il met en déroute. Voulant profiter de l'élan des biens et du désordre de l'ennemi, il pousse vers le camp de Johnson à dessein de l'enlever, mais il y est battu, perd 800 hommes, et lui-même est blessé et fait prisonnier.
15. Le général Shirley, chargé de l'expédition contre Niagara, se rendit à Chouaguen (Oswégo), et remit à la campagne suivante l'attaque du fort Niagara.
13. Que fit le général Braddock? — 14. Quelle futl'is-^ue de la campagne du général Johnsou? — 15. Que f.t Shrley, chargé de l'expédition contre Niagara ?
104 HISTOIRE Di: CANADA. [1756
CHAPITKE VIII.
De V administrai ion du marquis de Vaudreuil^ à la capitulation de Montréal (1755-1760).
SOMMAIRE
1. Le marquis de Vaudreuil, gouvern'^ur-généia'. — 2. Prise du fort Bull. — 3 Arrivée du marqiis de Mont al m, du chevalier de Lév 8, de Bougainville et de Bourlamaque. — 4.-5. Prise des forts Ont;" io, Oswégo et Wil iam-Hcr)r}^ — 6. Force de la colonie en 1758. — 7. Pri<e de Louisbourg. — 7. Prite du fort Frontenac. — 7. Le fort Dr.quesne évacué.— «. Bataille de Carillon. — 9.-19. Plan de 11 campagne de 1759. — 11 Wulfe devant Québec. — 11. Force «le l'irmée française. — 12.-13. Bataille de Montmorency.— 14. Destruction des forts Caril on et Saint-Frédéric. — 15. Woife gravit les hauteurs de Qu bec. — 17. Bataille d s plames d'Abiaham. — 16.-17. Mort de Wolfe et dj Montcalm. — 18. Le chevalier de Lévis prend !e commandement de l'armée. — 18 Cipitulation de Q lébec. — 20.-21. Bataille de Sainte-Foye. — 22. Invc'btisst-m<-nt de Québec par de Lévis. — 24. Forces des Anglais devant Montréal. — 25. R-^dviition de cette ville. — 26. Principaux articles de la capitulât on.
1. Le marquis Buquesne eut pour successeur dans le gouvernement général du Canada, le marquis de Vaudreuil, gouverneur de la Louisiane. Les lettres de ce dernier, datées du 1er janvier 1755, furent enregistrées à Qaébec, le 13 juillet de la même année.
M. de Vaudreuil était aimé dans la province, car il y était né et y avait passé une partie de sa jeunesse; aussi les Canadiens le virent- ils arriver avec un senbible plaisir.
2. En mars 1756, M. de Vaudreuil envoya le sieur de Léry avec 166 Canadiens, 93 soldats de .marine et 82 Sauvages, s'emparer du fort Bull, qui fut en effet enlevé en moins d'une heure et demie. Dans le même temps, le gouverneur faisait faire quelques travaux dans l'importante position de Carillon, atiu de protéger les approches du fort Saint-i'rédéric.
1. Quel fi't le •uccessenr du uiar^uii Duquesnc ? — 2. Que fit M. de Vaudreuil, en mars 1756 V
1757] DE VAUDREUIL — M0NTCAL3I. 105
3. Au printemps de 1756, arrivèrent de France avec le marquis do ^lontcalm, qui venait remplacer le baron Dieskau au commandement de l'armée, plusieurs officiers de méiite, entre autre-^, le chevalier de Lévis, depuis duc de Lévis et maréchal de France, de Bougainville et de Bourlamaque. Il arriva aussi un bataillon du régiment de la Sarre, et un autre du régiment de Eoyal-Roussillon.
4. Le 15 aoiit 1756, les Français, commandés par Montcalm, s'emparèrent des forts Ontario et Chouaguen. 1600 prisonniers, 113 bouches à feu, 5 bâtiments de guerre, 200 bateaux, avec d'immenses approvisionnements d'armes et de vivres, tombèrent en leur pouvoir. Les Anglais eurent 150 tués ou bles^^és, et les Français, 30.
Épuisé par la famine et miné à l'intérieur par l'inconduite des administrateurs, le Canada ne pouvait résister longtemps aux forces considérables que l'Angleterre ne cessait d'envoyer en Amérique. En 1757. la colonie ne reçut de France, pour tout secours, que 1500 hommes, tandis que les colonies anglaises en reçurent 10000 de leur métropole.
5. Dans la même année, les Français, sous la conduite de Montcalm, s'emparèrent aussi du fort George ou William-Henry, établi à la tète du lac Saint-Sacrement. La garnison anglaise se défendit avec bravoure ; mais, au bout de six jours, ayant perdu tout espoir d'être secourue, et voyant ses munitions presque épuisées, elle capitula. Dans l'impossibilité de nourrir les prisonniers, au nombre de 2300, Montcalm se décida à les renvoyer, à condition de ne pas servir contre la France avant dix-huit mois.
Malheureusement, cette belle victoire fut tachée pnr la conduite barbare des Sauvages alliés des Fi-ançuis. qui pillèrent et tuèrent un grand nombre de prisonniers anglais. Ceux-ci n'eussent pas dû se mettre eu
3. Quel secours la colonie reçut-eUe de France, au printoinpe de 176fJ?— 4. Quelle victoire les Français, commandes par Montcalm, remportèrent-ils à Chouaguen, en 1756? — 5. Quels succès les Français eurent-ils en 1757 ?
route avant l'arrivée de l'e>corte qui avait ordre de les protéger contre les attaques des Sauvages. Ces derniers étaient donc seuls responsables de la violation du droit des gens; on ne peut attribuer cet acte fii déplorable de cruauté qu'à leur insatiable férocité, à leur indépendance et à leur haine pour les Anglais. Ceux-ci. toutefois, avaient eu le tort de donner du rhum à ces barbares, malgré les représentations expresses des généraux français.
6. Montcalra, au printemps de 1758, n'avait que 6000 hommes à opposer aux 40000 que les Anglo- Américains venaient de mettre à la disposition du général Abercromb}-, qui pouvait, de plus, compter sur un corps de réserve de 20000 miliciens.
7. Cette même année, 17.58, les Français perdirent Louisbourg et toute l'îld du Cap-Breton, l'île de Saint- Jean, les forts Frontenac et Duquesne.
Pendant près de deux mois, la garnison de Louisbourg, qui ne comptait que 6500 hommes, tant soldats que miliciens et Sauvages, lutta avec une incroyable énergie contre plus de 12000 soldats et marins, sous les ordres du général Amherst et de l'amiral Boscawen; et ce ne fut qu'à la veille d'un assaut impossible à soutenir, que le gouverneur de la place, M. de Drucour. crut devoir capituler.
Le fort Frontenac n'était gardé que par 70 hommes sous les ordres de M. de Noyan, qiand les Anglais s'en emparèrent; aussi, dut-il se rendre au bout de deux jours au colonel Bradstreet, qui l'attaquait avec 3000 hommes. M. de Ligneris, qui commandait au fort Duquesne, se voyant menacé par une arm e de 6000 hommes commandés par le général Forbes et le colonel Washington, brûla le fort, et se retira avec sa garnison dans celui de Machault.
6. Quelles forces Montcalm pouvait-il opposer aux Anglo-Américains, en 1758? — 7. Quelles pertes les Fraii^ais épro vèrent-ils en * 1758? Quelle fut la conduite de Louisbourg ? Par quelles forces étai» gardé le fort Frontenac quand les Anglais s'en einp ir^rrent ? Com ment les Français perdirent-ils le f(.rt Duqti.esne '.'
1758] DE VAUDREITIL — MONTCALM. 107
8. Les Français furent un peu dédommagés des pertes qu'ils venaient de fairç, par limportante victoire qu'ils remportèrent sur les Anglais, à Carillon, le 8 juillet de celte même année.
L'armée anglaise, command- e par le général Abercromby, s'élevait à 16000 hommes, dont 7000 de troupes i-égulières et 9000 miliciens. Montcalm défendait Carillon avec 3600 hommes. Les Anglais marchèrent contre les retranchements français, avec toute la confiance que donne une grande supériorité numérique. Inutilement les foudroyait-on du haut du parapet, sans qu'ils pussent se défendre ; inutilement tombaient-ils enfilés, embarrassés dans les tronçons, au travers desquels leur fougue les ^avait emportés. Enfin, après un combat opiniâtre, Abercromby battit en retraite. Il avait perdu 5000 hommes. Les Français eurent 377 hommes tués ou blessés, dont 37 officiers. Les Canadiens, partagés en quatre corps, se distinguèrent beaucoup dans cette mémorable journée.
Telle fut la célèbre bataille de Carillon, où 3600 hommes avaient lutté victorieusement, durant plus de six heures, contre 16000 soldats d'élite. Après ce terrible échec, les Anglais formèrent la résolution de chasser entièrement les Français du Canada.
9. Informé, de la détresse du Canada, l'Angleterre résolut de l'attaquer de nouveau par trois points différents. Le général Wolfe devait, de Louisbourg, se porter sur Québec, avec une flotte de 20 vaisseaux de ligne. 13 frégates et 18 bâtiments inférieurs montés par 18000 marins et portant 10000 hommes de débarquement. Le général Amherst, successeur d'Abercromby, devait descendre le lac Champlain et le Saint- Laurent avec 12000 hommes, pour se joindre à l'arraée de Wolfe. Le général Prideaux, avec un troisième corps composé de troupes régulières et provinciales, et de plusieurs milliers de sauvages, devait s'avancer
8. Les Français furent-ils un peu dédommagés des pertes qu'ils venaient de faire ? Faites le récit de la bataille de Carillon. — 9. Quel fut le plan de campagne de l'Angleterre pour l'année 1759 ?
vers les lacs et couper toute communication avec 1» Louisiane.
10. Aux 40000 hommes do troupe?, soutenus par 20000 hommes de réserves, dont disposaient les Anglais, le Canada n'avait à opposer que 5G00 réguliers, les milices et quelques bandes de sauvages. l)'après le recensement que fit alors prendre le gouverneurgénéral de toute la population mâle de IG à 60 an^. il 8e trouva que la colonie ne pouvait fournir que 15229 miliciens.
11. La flotte expéditionnaire parut devant Québec le 27 juin 1750. On avait eu soin de couvrir cette place par une suite de retranchements, sur toute la côte de Beauport, depuis la ville, jusqu'au saut de Montmorency. Les troupes y prirent position. L'armée française était d'environ 12000 hommes, dont 3500 réguliers. Le reste se composait de milices et de Sauvages. La garnison de la ville, formée de ses habitants, ne dépassait pas 650 hommes.
12. Wolfe débarqua une partie de ses troupes au bout de l'île d'Orléans; puis il envoya un détachement sur les hauteurs de la Pointe-Lévis pour bombarder la ville, et un autre à la côte du nord. Pendant le bombardement, il envoya des détachement*^ ça et là pour ravager les campagnes; mais ces dévntations n'avançaient pas cependant le but de la guerr»-.
13. Voyant qu'il ne pouvait réussir à faire sortir les Français de leurs détachements et qu'Amherst, qui devait le rejoindre par la voie du lac Champlain, ne paraissait pas, Wolfe résolut de commencer l'attaque. Il avait eu soin de faire passer le gros de son armée à l'Ange-Gardien, où il fit élever des batteries. Le 31 juillet, il se porta sur l'aile gauche des Français, au sautMontmorencv, et l'assaillit avec 8000 hommes
10. Quelles forces le Canada pouvait-il alors opposer aux Anglais? — 11, Quand parut la flotte de Wolfe devatt Québec ? Qu'arait-on fait pour la défense do cette place ? — 12. Oîi Wolfe débarqua-t-il ses troupes ? Que fit-il pendant le bombarCeraont de la ville ? — 13. Quel parti prit Wolfe voyant qu'il ne pouvait faire sortir les Français de leurs retranchements? Faitea le récit de la bataille de Montmo- •ency.
1T59] DE TAUDIIEUIL — 3I0XTGALM. 109
soutenus des batteries anglaises qui ouvrirent en même temps leur feu. Les Français firent des décharges si rapides et si meurtrières qu'en peu de temps les colonnes anglaises furent jetées en désordre, et que, malgré les efforts de leurs officiers, elles prirent toutes la fuite pêle-mêle pour se soustraire à la mort qui planait sur elles. Ce combat coûta à lennemi 600 hommes.,
14. Dans lo même temps, les Anglais étaient plus heureux du coté du lac Champlain et des grands lacs. L'armée formidable d'Amherst avait obligé M. de Bourl^maque à faire sauter les forts Carillon et Saint- Frédéric, et à se retrancher dans l'île aux ^oix. Sur les grands lacs, les garnisons de tous les postes se virent contraintes de se replier sur le fort do ^siagara, qui fut bientôt obligé de capituler.
15. La saison étant déjà avancée, et désespérant de pouvoir forcer les Français, lo général Wolfe résolut d'essayer de combattre le marquis de Montcalm dans une position moins avantageuse. C'est pourquoi, il remonta le fleuve jusqu'au Cap-Rouge. Dans la nuit du 12 septembre, après avoir trompé la vigilance des sentinelles françai-^^es, il débarqua ses troupes à l'improviste dans l'anse du Foulon, gravit les falaises, et, le 13 au matin, les rangea en bataille sur les plaines d'Abraham.-^
Un prisonnier de guerre du fort Xécessité (Daniel Stobo), qu'on avait laissé libre à Québec, fournit à AVolfe le plan de l'endroit oiî il lui était possible d'attaquer les Français de ce côté-là.
16. A cette nouvelle, Montcalm accourut aussitôt avec 4500 hommes. Le général Wolfe l'attendait de ])ied ferme; mais le rnai-quis de ^lontcalra, emporte par une précipitation funeste, résolut de brusquer l'attaque malgré tous les avis contraires qu'on put lui donner. IjCS Anglais étaient deux contre un ; car ils comptaient plus de 8000 hommes présents sous les
14. Que se passait-il du côté du lac Champlain et des grands lacs ? — 15. Voyant la saison avancée et désespérant ue pouvoir forcer les Français, quelle résolution prit Wolte ? Quel mouvement opéra-t-il ? — 16. Que tit Moncalm, en apprenant cette nouvelle?
armes. Le résultat était facile à prévoir. Les Anglais restèrent maîtres du champ de bataille et s'y fortitièrent. Wolfe et Montcalm tombèrent blessés mortellement durant l'action : le premier expira avant la fin du combat, et le second, le lendemain matin avec tous les sentiments d'un héros chrétien,
La perte des Français, dans cette fatale journée, s'éleva à près de 1000 hommes, y compris 250 prisonniers. Les Anglais perdirent environ 700 hommes, au nombre desquels se trouvaient les principaux officiers de l'armée.
17. Après la bataille des plaines d'Abraham, l'armée vaincue traversa la ville de Québec et la rivière Saint- Charles, et rentra, en grande partie, dans le camp de Beauport. M. de Yaudreuil y assembla un conseil de guerre pour aviser aux moyens qu'il convenait de prendre dans les circonstances où l'on se trouvait. Il y fut décidé qu'on se retirerait à la rivière Jacques- Cartier. Il fit avertir M. de Ramezay, commandant à Québec, que l'armée française était en marche pour le secourir.
18. A la nouvelle du résultat de la bataille des plaines d'Abraham, le chevalier de Lévis partit en toute hâte pour la rivière Jacques-Cartier, où il arriva le 17 septembre, et prit le commandement de l'armée. Il représenta au gouverneur qu'il fallait ou brûler la ville, où, par une victoire prompte, l'empêcher de tomber au pouvoir de l'ennemi. Il contremanda immédiatement la retraite q'^i avait été ordonnée vers les Trois-Bivières. Comme son avant-garde allait traverser la rivière Saint-Charles, il reçut la nouvelle do la reddition de Québec.
M. de Eamezay avait capitulé, la veille, malgré les espérances certaines d'un secours prochain, et avant
même qu'il y eût Une seule batterie de dressée coatrc
17. Où l'armée raincue se retiia-t-elle, après la bataille des plaines d'Abraham ? Quelle conduite tint M. de Yaudreuil? — 18. Que fit le chevalier de Lévi?, en apprenant le résultat de la bataille des plaines d'Abraham? Quelle représettation fit-il au gouverneur? Qneile douloureuse nouvelle apprit-il, comme son avant-garde allait traverser la rivière Saint-Charlea ?
1760] DE YAUDREUIL. 111
la place. M. de Lévis ne put contenir son indignation. Entraîné par le découragement, M. de Eaniezay avait arboré le pavillon blanc au grand etonnement des Anglais. Un seul officier, M. de Fiedmont, s'opposa fortement, devant le conseil de guerre, à la reddition de la ville. Cet événement rendait inexécutable le dessein qu'on avait formé d'attaquer les Anglais, et il fallait rebrousser chemin. Le gros de l'armée se rendit à Jacques-Cartier, où l'on commença à travailler à la construction d'un fort. On y laissa des troupes suffisantes, et l'on se rendit à ^lontréal pour s'y occuper des mo3-ens d'en etfacer la honte.
Par la capitulation, il fut stipulé que la garnison sortirait avec les honneurs de la guerre et serait embarquée pour la France, aussi convenablement que possible ; que les habitants conserveraient leurs biens, leur religion, et ne seraient pas transférés comme les Acadiens.
19. L'armée anglaise, forte encore d'environ 9000 hommes, hiverna a (Québec, où le général Murray fut laissé pour gouverneur.
20. Au printemps de 1T60, :M. de Yaudreuil réunit tout ce qui lui restait de troupes, et donna le commandement de cette armée, composée de 6000 hommes, au chevalier de Lévis, qui la lit marcher sur Québec, dans le dessein de s'en emparer.
21. Arrivé à Sainte-Foye, dans les plaines près de Québec, M. de Lévis y rencontra, le 27 avril 1760, le général Murray à la tète d'une armée égale à la sienne; l'action s'engagea aussitôt; les Français et les Anglais y montrèrent une bravoure et une ardeur H peu près égaler. Les premiers perdirent 800 hommes et les derniers près de 1500 ; mais la victoire resta aux Français.