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CARLETON

5ées, près des grands lacs ; mais les Sauvages ayant été battus à B.ishj-Eun, près de Pittsburg, et, ayant éprouvé plusieurs autres échecs, demandèrent la paix, qui leur fut accordée à Chouaguen, en 1766.

12. La population canadienne était surtout occupée, en 1T66, de l'arrivée du nouvel évéque de Québec, Mgr. Jean Olivier Briand, qui s'était fait sacrer en France. L'Église du Canada était sans évèque depuis la mort de Mgr. de Pontbriand, en 1760.

13. Le général Murray fut remplacé, dans le gouvernement général du Canada, par le général Carieton, en 1766. A son arrivée à Londres, le général Murray mit devant les yeux des ministres le recensement qu'il avait fait faire en 1765, pour prouver qu'il n'y avait pas en Canada un protestant contre 150 catholiques, et que, par conséquent, il était de la dernière injustice d'exclure ces derniers du gouvernement. Les commissaires chargés do conduire l'investigation, firent rapport, en 1767, que les accusations portées contre le général Murray étaient inal fondées ; mais son acquittement ne le fit point revenir au Canada.

14. Peu après l'arrivée de Carleton, l'Angleterre suivit, à l'égard des Canadiens, une politique plus jasto et plus libérale. Elle commença par suspendre l'exécution des instructions royales qui ordonnaient d'expulser du pays tous les habitants qui refuseraient de prêter le serment du test, et qui n'étaient rien moins que l'expulsion du j^ays de tous les Canadiens, ceuxci étant tous catholiques.

15. Ce changement dans la politique de l'AnglcteiTe fut occasionné par la crainte que l'attitude menaçante des autres colonies lui inspirait, à savoir, de perdre toute l'Amérique du Xord. Cette attitude des anciennes colonies de l'Angleterre provenait d'une loi

12. Quel objet surtout occupait alors la population canadienne? — 13. Par qui le général Murray fut-il remplacé dans le gouvernement du Canada? Que fit-il .à son arrivée à Londres? — 14. Quelle politique suivit l'Angletcrro à l'égard des Canadiens, peu après l'arrivée de Carleton ? — 10. Quel fut la cause de ce changement?

118 HISTOIRE DC CA>'ADA. flTT-i

sur le timbre et du pouvoir que la métropole b'arrogeait de les taxer sans leur consentement, au moyen de la rcjnésentation

CIIAPITEE II.

De VActe de Qiiébpc, à VActe constitutionnel (1774-1791).

SOMMAIRE

1. 4. Acte de Québec. — 5. Lee Canadiens repouisseut les offre» du parti révolutionnaire. — 6. Commencement des hostilités. — B. 7. Reddition des forts Carillon, Saint-Frédéric, Chambly et Saint-Jean. — 8. Montsromery marche sur Montréal. — 8. Fuite de Carleton.— 9. 10. Reddition de Montréal.— 11. 12. Mont^omery assiège Québec. — 13. Retraite de l'armée américaine. — 14. Legénéral^urgoyne. — 15. 16. Défaite du général Thompson. — 17. Combat naval sur le lac Champlain. — 18. Expédition dn o:énéral Burgoyne. — 19. Administration de Carleton. — 20. 21. Despotisme de Haldimand. — 25. Traité de 1783. — 28. Arrivée de lord Dorchester. — 30. Constitution de 1791. — 31. Population du Canada.

1. A la nouvelle du mouvement insurrectionnel des colonies, le Parlement anglais se hâta, en 1774, de voter une loi appelée Acte de Québec, pour réorganiser le gouvernement de la province de Québec. Cette nouvelle loi reculait les limites données à cette province, dix ans auparavant; elle conservait aux catholiques les droits que leur avait garantis la capitulation de Monli-éal, et les dispensait du serment du test] elle rétablissait les anciennes lois civiles, avec liberté de tester de tous ses biens, et confirmait l'usage des lois criminelles anglaises; enfin, elle étabiis.-ait un Conseil législatif devant être composé au moins de 17 membres, et de 23 au plus, catholiques ou protestants.

2. Après la publication de cet Acte, les protestants du Canada en demandèrent la ]'évocaiion ; mais le

1. Quelle mesure le Parement anglais ] rrt-il, en 1774, à la nouve le du mouvement insurrectionnel de ses colonies? — 2. Que firent les ] roiestants du Cai.ada après la publ cation de cet Acte? Plut-il davantage aux. autres coloniçg anglaises de l'Amérniu© ?

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Parlement anglais rejeta leur pétition. Les autres colonies anglaises de l'Amérique en manifestèrent aussi hautement leur mécontentement, dans un congrès qu'elles tinrent à Philadelphie. le 4 septembre

3. Cet Acte, tout en rassurant les Canadiens, ne contribua pas peu à los attacher à la couronne d'Angleterre.

4. Pendant que le Congrès de Philadel]jhie exposait les griefs des colons, le général Carleton inaugurait, dans la ville de Québec, la nouvelle Constitution. ïl crut devoir ti-availler plus que jamais à b'attacher les Canadiens par des actes de faveur et de justice. Sur 23 membres du Conseil législatif, un tiers fut choisi parmi les catholiques. Plusieurs Canadiens furent aussi nommés à des charges publiques. Il n'y avait pas de temps à perdre; déjà le Congrès américain leur avait envoyé une adresse, les sollicitant de se joindre aux autres colonies, pour défendre, avec elles, leurs droits et leur liberté.

5. L'adresse du Congrès américain fit dans le pays une assez grande sensation, surtout parmi les Anglais, qui, n'espérant plus dominer exclusivement, se tirent révolutionnaires. La situation de Carleton était devenue très- difficile; mais la noblesse et le clergé, qui craignaient d'exposer leur religion et leur nationalité, en devenant partie intégrante d'une république anglaise et protestante, réus&irent à maintenir presque toute la population dans la neutralité.

6. !N'ayant pu gagner les Canadiens, le Congrès américain, informé d'ailleurs que l'Angleterre allait emplo^^er la force des armes, résolut de commencer immédiatement les hostilités. Au commencement de mai 1775, les forts Carillon. Saint-Frédéric, Cham-

iy et Saint-Jean tombaient en son pouvoir. Il

3. Quel effet produisit cet acte sur les Canadiens ?-- 4. Que faisait le général Carleton, pendant que le Cor grès de Ph ladclphie exposait les griefs des colons? — 5. Comment fut reçue, dan.< le pays, l'adresse du Congrès américain? — 6. IS'ayant pu gagner les Canadiens, quel parti prit le Congrès américain?.

120 HISTOIRE DU CASABA. [1775

nommait en même temj^s George Washington général en chef de ses armées.

7. Après ces premiers succès, le Congrès fit circuler dans tout le Canada une nouvelle proclamation, qui n'eut pas plus de résultat que la première.

8. Le général Montgomery, commandant l'arméo américaine, ne fut pas plus tôt maître du fort Saint- Jean, qu'il marcha droit sui^ Montréal, et fit occuper Soreî et les Trois-Rivières. Xe croyant pas possible de défendre Montréal, le général Carleton avait abandonné cette ville pour aller s'enfermer à Québec.

9. Quand le gouverneur arriva à Québec, il trouva la population divisée en deux camps. La cause anglaise en Canada était en ce moment dans un état presque désespéré. Si les Canadiens eussent fait cause commune avec les insurgés, c'en était fait de la puissance anglaise en Canada, et, j^robablement, dans toute l'Amérique du Xord.

10. Pendant que le gouverneur fuyait, Montréal avait ouvert ses portes à Montgomery. De cette ville, le général américain marcha sur Québec. Aux premiers jours de décembre, il parut devant les murs de cette place, à la tète de 1000 à 1200 hommes, après avoir été rejoint par le général Arnold, venu par la vallée de la rivière Kénébcc et celle de la Chaudière.

11. Dans la nuit du 30 ou 31 décembre, les Américains tentèrent d'emporter la ville d'assaut; mais ils furent si vigoureusement reçus, q^u'ils durent se retirer, après avoir perdu leur chef, le général Montgomer}', qui fut tué avec j^lusieurs des principaux officiers.

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