T99] PRESCOTT
pour la troisième fois, en qualité de gouverneur-général. Il était muni d'amples instructions qui autorisaient le gouverneur à nommer un nouveau Conseil exécutif composé de neuf membres, dont deux Canadiens, et qui permettaient aux séminaires et aux coni" munautés religieuses de se perpétuer, suivant les règles de leur institution.
8. Les principaux travaux do la session de 1795,, furent : 1^ le règlement des rentes et autres charges seigneuriales ; 2'^ la légalisation du numéraire qui avait cours dans le pays; et 3° la conversion de la monnaie sterling en cours du pays.
9. Lord Dorchester eut pour successeur, dans l'été de 1796, le général Prescott. Ce dernier ouvrit le second Parlement provincial le 24 janvier 1797. M, Panet y fat de nouveau élu président.
Pendant le gouvernement du général Prescott, un traité d'amitié, de commerce et de navigation, fut passé entre l'Angleterre et les Ëtats-Unis, concernant la province du Canada.
A l'occasion de la réélection de M. Panet, comme président de la Chambre d'Assemblée, on remarqua que des défections s'etaient'proluites dans les rangs des Canadiens. ^L^L. de Bonne et de Lanaudière, par exemple, animés do sentiments peu honorables, votèrent en cette circonstance avec le parti anglais. Il n'est que juste de reconnaître, cependant, que le peuple s'était efforcé, aux élections précédentes, de rejeter les membres qui avaient voulu proscrire la langue française.
10. Le général Prescott fut remplacé, en juillet 1799, par Robert-Shore Milnes, en qualité de lieutenantgouverneur. Ce fut pendant l'administration de celuici que la couronne, malgré la réclamation de la Chambre, s'empara définitivement, en 1800, des biens
8. Quels furent les principaux travaux de le session de 1795 ? — 'à. Par qui fut remplacé lord Dorchester? Quand et pourq^uoi fut ouvert le second Parlement provincial ? Quel principal év<<nement eut lieu pendantle gouvernement du général Prescott?— 10. Par qui fut remplacé le général Prescott? Que remarqua-t-on avec peine à l'ncoa- •lon de la réélection du président?
des Jésuites. A Robert-Shore Milncs. succéda Thonorable Thomas Dunn, président du Conseil exécutif.
11. En 1805, paraissait le Mercury. Cette feuille soutenait qu'il était temps que le Canada fut Anglais. L'année suivante, les Canadiens fondaient à Québec, un nouveau journal, le Canadien, pour défendre leur langue et leurs institutions. L'apparition de cette dernière feuille marqua l'ère de la liberté de la presse en Canada.
Dans le district de Montréal, on s'opposait à certaines clauses de la loi des chemins ; les corvées étaient devenues fort onéreuses, et le peuple ne portait tout naturellement qu'une médiocre afîection au gouverneur et à ses créatures. Toutefois, en dépit de l'appel fait aux Canadiens par M. Adet, ambassadeur de France aux Etats-Unis, pour les engager à embrasser la cause républicaine, ce mécontentement ne dégénéra point en hostilité ouverte, et rien n'autorisait le gouverneur à prendre les mesures de répression dont il crut devoir faire usage pour effrayer le peuple.
Attiré à Québec par un charpentier de navire du nom de Black, un enthousiaste américain, nommé McLane fut accusé d'avoir comploté la perte du Canada, et, pour ce crime imaginaire, on le condamna à mort. 11 fut exécuté avec un grand appareil militaire, dans un endroit élevé de la ville, et par cela même visible de loin, afin sans doute de jeter une profonde terreur au sein du peuple.
12. Le 21 octobre 1807, arrivait à Québec, en qualité de gouverneur-général. Sir James Craig, militaire de quelque réputation, mais administrateur despotique, rempli de préjugés contre les Canadiens et leur religion.
13. L'année suivante, la Chambre ayant voté, à la majorité de 22 contre 2, un acte par lequel les juges
11. Quels journaux parurent pour la première fois à Québec, en 1806 et 1805? Comment fonctionnait la loi de chemins, à M» ntréal ? — 12. Quel nouveau gouverneur-gén- rai arrivait à Québec, le 21 octobre 1807? Quel fut le sort de McLane? — 13. Que se passa-t-il en 1808 ?
1808] BIPv JAMES CTLUQ. 129
étaient exclus des ran^s de la représentation, le Conseil rejeta la mesure. Peu do temps après, les principaux membres du Parlement étaient retranchés de la liî>te des officiers de milice. A la session suivante, le Parlement fut dissous par le gouverneur, pour avoir osé insister sur la nécessité d'un ministère responsable, et sur la liberté de discussion dans les Chambres.
14. Le nouveau Parlement se réunit à la fin de janvier 1810. Dès l'ouverture de la session, il protesta énergiquement contre le langage insultant dont s'était servi sir James Craig en prorogeant le dernier Parlement. A un amendement, par le Conseil, du bill des juges, il déclara, à la majorité des trois quarts, le si^ége du juge de Bonne vacant au Parlement.
15. Le gouverneur qui, jusque-là, avait eu peine à se contenir, cassa le nouveau Parlement, fit saisir les presses et arrêter le propriétaire du Canadien, sous accusation de haute trahison. Quelques jours aDrès, le Conseil, composé du juge Sewell, de Tevêque^protestant et des MM. Dunn, Baby, Williams, Irvine et Voung, ordonna l'arrestation des MM. Bédard, Tascbereau, Blanchet, Papineau, Laforce, et de plusieurs autres citoyens notables.
16. Malgré ces violences, les mêmes députés furent reélus. En rendant compte de ces troubles au ministère, Craig lui proposa comme moyens plus efficaces d'angliciser et de protestantiser le pays, savoir: 1*^ de changer ou de suspendre la Constitution ; 2^ de
rcndreensuitclegouverncment indépendant du peuple, en employant les biens des Sulpiciens et des Jésuites à payer les dépenses publiques ; 3^ enfin, de réserver au roi la nomination des curés dans toutes les paroisses.
14. Quand le nouveau Parlement se réunit-il ? Quels furent ses procédés ? Comment le Parlement répondit-il à l'amendement, par le Conse.l, du bill des juges ?-15. Que fit le gouverneur qui, jusquelà avait eu peine à se contenir ?-16. Quel fut le résultat des élections, après ces violences ? Quels moyens Craig proposa-t-il pour angliciser et protestantigcr le pars ? i i r
17. Lorsque lo gouvernement voulut empiéter sur les droits de l'Église. Mgr. Ple.ssis, évèque de Québec, montra une telle fermeté, que le gouverneur jugea prudent de ne rien entreprendre contre Tridniinistration religieuse du pa3^s. Mais ce qui fit surtout modifier la politique du gouvernement colonial, ce fut l'attitude menaçante des Etats-Unis.
18. Les citoyens que le gouverneur avait fait emprisonner furent alors remis en liberté sans subir de procès. La loi des juges fut adoptée et reçut la sanction royale. Enfin, Craig partit i)Our l'Europe, le 11 ruin 1811, laissant l'administration du gouvernement colonial à l'honorable Tliomns Dunn, ancien président du conseil.
CnAPITEE IL
De Varrivée de Sir George Prévost, à son départ (1811-1815).
SOMMAIRE
1. Sir George Prévost, gouverneur. — 2. Rapport du gouverneur avec le clergé. — 3.-5. Mesures adoptées par le Bas et par le Haut-Canada au commencement de la guerre. — 6.-22. Campagnes de 1812, 1813, 1814.— 23. Paix de Gand.— 24. 25. Ce qui «e passa dans les derniers temps de Sir George Prévost.
1. Sir James Craig eut pour successeur, dans le gouvernement du Canada, Sir George Prévost, alors gouverneur de la Xouvelle-Écosse; ce dernier arriva a Québec, en septembre 1811. Sir George Prévost trouva les esprits divisés à l'intérieur, et le pays menacé au dehors par les États-Unis. Il travailla alors à concilier les esprits, et à s'attacher les Canadiens
17. Quelle fut la conduite de M^r. Plessis, quand le gouvemeu.'eu t voulut empiéter sur les droits de l'Église ? Qu'est-ce qui tit surtout modifier la politique du gouvernement cukaial ? — 18. Que tit-on d«J citoyens qui aTaient été emprisonnés? Que devint la lui des jugea ? En quelle année Craig fut-il rap]ielé ?
I. Quel fut le successeur de Craig? Dans quelle situation sir Ge-rg^ Prévoet trouva-t-Jl le .Canada? Quelle conduite euiyit-il ?
tS12] filû €EOilGC PHÊVOST. 131
par une entière confiance en leur fidélité. Aussi, bientôt la plus grande sympathie s'établit elle enire ie peuple et lui.
2. Croyant le clergé mal disposé à l'égard du gouvernement, par suite des tentatives imprudentes de Craig, :Sir George Prévost travailla à regagner ses bonnes grâces, et eut plusieurs entrevues avec Mgr. Plessis. Ce prélat profita des bonnes dispositions du gouverneur pour faire reconnaître pleinement l'existence Icojalc du Catholicismci en Canada,
3. Au mois de juin 1812, on apprit que les États- Unis venaient de déclarer la guerre à la Grande- Eretagne. L'Angleterre, alors en guerre avec la France, s'aiTOgeait le droit de visiter les vaisseaux étrangers pour voir s'ils portaient quelques-uns de ses matelots déserteurs; elle prétendait même empêcher les vaisseaux américains d'entrer dans les ports du nord de la France et dans ceux des Pays-Bas, qu'elle tenait en état de blocus. Se trouvant molestés' les Américains prirent les armes pour soutenir leui-s droits, après avoir, toutefois, souficrt en silence ces avanies pendant cinq ou six ans.
4. Bien que les Chambres du Bas-Canada- eussent déjà siège pendant l'hiver. Sir George Prévost les convoqua une seconde fois, et en obtint libéralement loMt ce qu'il demanda pour la défense de la province.
5. Dans le même temps, les Chambres du Haut- Canada adoptèrent aussi des mesures pour la défense du pays. La population du Bas-Canada était a'ors do 200000 âmes, et celle du Haut-Canada, de 80000.
G. Les piemiers coups do la campagne de 1812 furent portés par l'arm ie anglaise. Le 16 juillet, une compagnie de réguliers anglais, aidés de 160 voltigeurs canadiens et de quelques Indiens, enlevait aux Amé-
2. Que 6t ûir George Piévost auprès du clergé ?— 3. Qu'apprit-on au tnuusde juin 1812? Pourquoi les États-Unis doclarèrent-ils 1. guerre à 1 Angleterre?— 4. Quelles mesures Sir George Prévost prit-U au«- " '7^: HV® '"'^^"' ^®^ chambres du uaut-Canada, dans le même temps 7 Que.Ie était alurs la population des d«ux pDvinces ?— 6. Par qui lurent portés les premiers co ips de la campagne de 1812? Kap. portez les opéraMona militaires de cette campagne.
ricains le fort Michilimakinac; et, le 25 du mémo mois, les troupes anglaises obligèrent le général américain HuU, qui s'était eafermé dans le fort de Détroit, de se rendre avec son armée, dite de l'ouest.
Peu après, l'armée américaine du centre, commandée par Van Ranselaer, fut mise en désordre par le général Sheatïc, et forcée de poser les armes à Quecnstown, au nombre de près de 1000 hommes. Le bravo général Brock, qui commandait les troupes anglaises en cet endroit, fut tué tout d'abord, en sorte que l'honneur de cette victoire revint à son successeur le général Sheaffe.
L'armée américaine du nord, commandée par le général Dcarborn, et forte do 10000 hommes, marchait sur Montréal. Ayant trouvé que le major de Salaberry s'était fortifié à la rivière LacoUe, "Dearborn envoya 1400 hommes pour forcer un de ses avantpostes; mais, arrivées au milieu de l'obscurité, les deux divisions se prirent réciproquement pour l'ennemi, et se fusillèrent si bien, que les troupes canadiennes n'eurent qu'à les laisser faire. Cette méprise détermina la retraite du général américain.
7. Les Américains étaient plus heureux sur mer; leurs frégates La Constitution et les Etats- Unis, enlevaient plusieurs frégates anglaises, après des combats sanglants.
8. Au printem])s dcl813, les Américains résolurent do pousser la guerre avec vigueur, et divisèrent encore leurs forces en trois armées.
9. Après quelques succès sur les Améric-'iins comraand.spar le général Harrison, le général Proctor fut complètement défait à Moravi an- Village, le 5 octobre. Cette victoire de Ilarrison remit les Américains en possession du territoire qu'ils avaient perdu l'année précédente, priva les Anglais des précieux services de Técumsch, grand chef qui commandait — — . — — — - — - — "»—
7. Les Américains étaient-ils plus heureux sur mer ? — 8. Que firent-ils au printemps de J81o?— 'J. Quel fut le résultat de la campagne du général Proctor ?