LÉGISLATION DE SOLON A ATHÈNES
1. Le gouvernement d'Athènes eut à subir de plus grandes vicissitudes que celui de Sparte, et ne reçut que plus tard sa législation.
2. Codrus, roi d'Athènes, étant mort (1045), des archontes ou gouverneurs eurent l’autorité; mais leur puissance trop limitée ne put longtemps empêcher les plus graves désordres. Le peuple était irrité de l’abus que la noblesse faisait de ses priviléges et de la cruauté des créanciers envers leurs débiteurs. L’archonte Dracon fut chargé d’établir une législation régulière; la sévérité de ses lois les fit rejeter. Il était temps que Solon parût et vint donner aux Athéniens une constitution durable.
3. Solon, descendant de Codrus, déjà renommé comme guerrier et poëte, se concilia tous les partis en faisant rendre la liberté aux débiteurs et en garantissant les dettes aux nobles. Sa législation fut un
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3. le quoi Lycurgue s’ocoupa-t-il spécialement dans sa législation ? —4. Comment voulut-il que les enfants fussent élevés? Que fit-il après avoir publié ses lois ?
1. Lu’eut à subir le gouvernement d'Athènes ?—2. Qu’étaient les arehontes ? Quelle mission reçut Dracon ? —3. () r’était-0e que Bolon? Que dire de sa législation ? Qu’était-ce que le tribunal de l’Aréopage ?
1? Queft-il au monnaies d’or
mélange habile d'aristocratie et de démocratie. 1] divisa les citoyens en quatre ordres, suivant leurs ri. chesses. Les archontes furent soumis à la surveillance du tribunal tout-puissant de l’Aréopage, chargé de con. tenir l'ambition des riches et d'arrêter les empiètements du peuple; les lois devaient être discutées par un sénat de quatre cents membres et adoptées par le peuple. Par des mesures pleines de prudence, Solon encouragea le travail, le patriotisme et la piété filiale. Mieux inspiré que Lycurgue, il respecta les droits de la nature et Àe l'humanité; il se garda bien surtout d'interdire la littérature et les arts à un peuple doué de l'intelligence la plus vive, de l'imagination la plus féconde et du goût le plus délicat.
4. Solon fit jurer aux Athénions d'observer ses lois; puis il abdiqua ses fonctions de législateur et fit de grands voyages en Asie et en Afrique, laissant partout le souvenir de ses vertus. 1l mourut à l’âge de quatre-vingts ans, à la cour du roi d'Égypte, où il s'était retiré.
5. Lycurgue et Solon furent les deux plus grands législateurs de la Grèce: le premier jeta ies fondements de la gloire et de la puissance de Sparte; le second affermit la constitution d'Athènes, et rendit cette ville la plus florissante et la plus civilisée du monde ancien. Mais, comme ces deux hommes de génie avaient alfuire à des peuples de mœurs et de caractères différents, leurs institutions offrent les contrastes les plus extraordinaires et les plus curieux: * Lycurgue vit que son pays suffisait à la nourriture de ses habitants, et il en bannit tout commerce et tout étranger; Solon dut chercher à neutraliser les arts et l'industrie sur le sol aride de l’Attique.. Lycurgue, dans un gouverne ment de rois, put faire ce qu'il voulut; Solon, dans un gouvernement populaire, dut faire ce qu’il put. Le
remier avait à diriger un peuple grossier et habitué à la tyrannie patricienne ; celui d'Athènes, qui avait déjà passé par plusieurs révolutions, voyait ce qui lui
4. Quelle fut la fin de Solon ?—-5. Établisses un parallèle entre Lyourgue et Solon.
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était le plus avantageux et avisait aux moyens de l'obtenir, Lycurgue, d’un naturel austère, soumit les murs aux lois; Solon, d'un caractère doux, adapta les lois aux mœurs; le premier forma le peuple le plus guerrier, le second forma le peuple le plus policé. Les Spartiates, régis avec une verge de fer, éprouvèrent moins de secousses intérieures, tandis que le demisavoir politique dont chacun avait quelques notions à Athènes y multiplia les troubles civils. Les Spartiates conservèrent plus longtemps leur indépendance; mais ls Athéniens, en perdant la leur, conservèrent l’empire des lettres, des sciences et des arts; d’ailleurs ils supportèrent l’infortune avec dignité; tandis que les Spartiates, une fois vaincus, tombèrent dans l’abattement, comme une nation sans passé et sans avenir,
6. Après le départ de Solon, l'habile et ambitieux Pisistrate (660), profita des querelles toujours renaissantes de la noblesse et du peuple pour s'emparer du pouvoir absolu. Exilé deux fois, il se maintint au pouvoir appuyé par le parti populaire. Flattant avec art les goûts des Athéniens, il réunit en aorps d'ouvrage les œuvres d'Homère, jusque-là chantées sans suite par les rapsodes; il encouragea les lettres et séduisit tout le monde par sa modération, sa clémence et sa libéralité; mais ses fils Æipparque et Hippias, qui lui succédèrent, n'imitèrent pas sa conduite, ct furent chassés par le peuple qui reprit l'autorité (510).