‹ Cours abrégé d'histoire [microforme]Chapitre 266 sur 309 · IRLANDE · texte numérisé non relu

IRLANDE

34. Cependant le per le irlandais s'était habitué à espérer son salut de la France, et, dans l’espoir d’être appuyé, il s'était accoutumé à la révolte. La rébellion éclata, et l’on chercherait vainement dans les annales singlantes de l'Irlande une phase aussi malheureuse que celle qui suivit cette levée de boucliers. Peut-être dit M. de Beaumont, peindrait-on d’un seul mot toutes les misères de l'Irlande à cette époque en disant que, même après la guerre, le sort du pays fut remis à l’armée. ‘Au milieu de l'insurrection la loi martiale avait été proclamée ; la rébellion était vaincue; la justice militaire ne se retira point, et l’armée anglaise, après avoir frappé ses ennemis sur le cham de bataille, les poursuivit d’arrêts de mort ont par les conseils de guerre. ”

35. Lorsque l’Angleterre avait eu peur, nous l'avons dit, elle s'était montrée moins cruelle envers l'Irlande. Dès que ses frayeurs furent passées, elle redevint sévère et cruelle. Le parlement de l'Irlande, depuis qu'il avait recouvré son indépendance, était devenu génant pour le gouvernement anglais, qui résolut de l'abolir, et cette abolition se fit par l’acte d’union, prononcé à Londres le 26 mai 1800, à une majorité de 118 voix contre 73. On a calculé que sur les 118 votants il y en avait 76 pensionnaires de l'État ou fonctionnaires publics. Qu'’a fait l'Angleterre quand elle a proclamé l'union de l'Irlande ? Elle n’a déclaré qu'une chose, c’est qu’à l’avenir toutes les lois nécessaires Aux doux pouples seraient faites par un même parlement où chacun dos pays serait représenté. Mais, en statuant pour l'avenir, elle n’a pas réformé le passé, et l'Irlande unic à l'Angleterre a conservé ses coutumes et ses lois qui lui attribuaient un parlement spécial. Une autre époque marquante pour l'Irlande, c'est l'an 1829, où fut soulevée la pr question de l'émancipation.

84. Comment l’Angleterre traita-t-elle la rébellion qui éelata alors en Irlande ?—85. Comment se fit l’abolition du parlement irlandais ?

36. Lorsque le pacte d'union parlementaire avait été établi entre l'Angleterre et l'Irlande, la première de ces puissances s'était engagée envers la seconde à abolir Îes incapacités politiques qui pesaient encore sur les catholiques irlandais. Cette abolition, Georgos III l’avait promise comme un adoucissement aux rigueurs de l’acte d'union; mais quand il s’agit de dé. clarer que le papiste romain jouirait des mêmes droits et priviléges que le conformiste protestant, la conscience du vieux monarque s’alarma, et l'engagement solennel ne s’1ccomplissait pas. M. Pitt, alors pre. mier ministre, ne pouvant tenir sa promesse, résiuno ses fonctions. L’Îrlande, quoique profondément ir. ritée de ce manque de foi, avertie par ses malheurs passés, dès lors ne recourut qu'aux moyens légaux pour faire valoir ses droits. La presse et l'association furent ses deux grands auxiliaires. Cette association, devenue si puissante sous la direction de Daniel O’Connell, s'était organisée vers l'an 1810, sous l’inspiration de John Keogh. Ce dernier la dirigea jusqu'au jour où O’Connell y parut en dominateur, non-seulement de ce comité, mais de toute l'Irlande.

37. De toutes les pensées tendant à l’affranchissement de l'Irlande, celle de l’association fut la plus féconde et la plus puissante. La presse la stimula sans relâche; le peuple convoqué dans ses meetinss s'anima à la voix de ses chefs. Ainsi la réforme s'1vança d’un pas à la fois hardi et sage.

88. Cependant l'Angleterre, toujours imprégnée de son esprit protestant, refusa l'émancipation dem:ndée à grands cris par les [rlandais. Alors l'Irlande envoya à l'Angleterre O’Connell lui-même pour la représenter au parlement. L'histoire contemporaine dit à quelle haute puissance morale est parvenu ce zélé catholique, dont la voix fut respectée et obéie par des rassemblements de plus de cent mille âmes.

36. À quoi s’était engagée l’Angleterre par le parti d'union ?— 37. Qu'est-ce qui aida le plus efficacement à l’affranchissemont de l'Irlande ?—38. Quel homme extraordinaire l'Irlande envoya-t-elle au narlement poux la représenter ?

IBLAND2. 263

La foi et l'espérance soutinrent O’Connell, et il ne

avait h À : :

inière cesra de répéter à ses compatriotes quo les jours du

fdo à triomphe du catholicisme étaient prèts, et qu'avant |

ncore ia d'aniées la messe serait chantée de nouveau sous |

Geor- es voûtes de la royale église de Westminster. |

+ aux 39. Ce fut le 13 avril 1829 que le parlement d’An- |

‘de dé- gleterre adopta le bill en vertu duquel tout catholi- |

agite que romain peut désormais entrer au parlement sans |

© gons- avoir à prêter aucun serment qui répugne à sa cons-

ement cience. Ainsi fut brisé le dernier anneau do la chaîne

rs pre- des lois pénales qui avait pesé sur les malheureux Ir-

ésigne iandais. LR cu

nt Île 40. Mais voioi ce qu’on lit dans un abrégé d’histoi-

hours re, par P. C. Grace, publié en 1848: ‘“ Bien que la | « ; m1 . À 2 )

1x pour passation de l'Acte d'éma ncipation dounât à l'Ir- |

fan fi lande l'espoir de recouvrer bientôt tous ses droits, |

jation, néunmoins elle demeure une misérable province; et ln

O’Con- les nobles efforts de Daniel O’Connell, après son tri- |

napiru- omphe dans la cause de l'émancipation catholique,

usqu'au n'ont point encore donné de résultat satisfaisant. Les

on-seu-

chisse-

cris de détresse que àâes millions d’Irlandais, réduits à la plus grande pauvreté et mourant de faim, ont sans cesse fait entendre au gouvernement anglais, n’ont

lus fé- pu l’attendrir; et la famine et la peste, avec toutes * gtimula les horreurs qui les accompagnent, ont dépeuplé la B abtines malheureuse ile. | nd S'Ee 41. ln 1548, quelques membres d’une société con-

nuc sous le nôm de ‘Jeune Irlande, ” essayèrent de gnée de secouer lo joug britannique; mais, pour bien des rai-

doman- sons qu'on conçoit aisément, la tentative n'eut pas "Trlande plus de succès que celles qui l’ont précédée ; elle n’a ur lare- fait qu'ajouter à la misère qu’elle comptait soulager.

1poraine ‘venu C6 et obéie le âmes.

39. Quand fut passé le bill d'émanoipation ?—40. Quelle a été l'attitude du gouvernement anglais envers l'Irlande aprè: cet acte forcé de justice ? Comment l’Irlande a-t-elle été traitée de l’Angletérre pendant les jours de famine et de peste auxquels elle a été wumise ?—41. Quelle tentative fut faite en

d'union ?— issement de

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