DE CHATES
touché’ de compassion, le roi ordonna au pilote Chédotel, qui se rendait À Terre-Neuve, de les recueillir en passant, Ce dernier ne trouva que douze de ces infortunés ; ils portaient une longue barbe, de longs cheveux, et étaient couverts de peaux de loups marins. 4. La commission de M. de la Roche sur le Canada passa à Pierre Chauvin, capitaine de vaisseau, qui obtint en même temps le privilége exclusif de la traite des pelleteries. Le roi n'avait accordé ce privilége à Chauvin qu’à la condition qu’il fonderait une colonie en Canada et y établirait la religion catholique. Marchand et protestant, Chauvin s’occupa peu de ces deux dernières clauses. Après avoir fait deux voyages en Canada, le premier en 1599 et le second en 1600, il mourut en 1601, alors qu'il en projetait un troisième. 5. Le successeur de M. Chauvin fut le commandeur de Chates, gouverneur de Dieppe, homme de beaucoup de mérite. Quoiqu'il fût déjà avancé en âge, il voulait consacrer ses dernières années au service de Dieu et de son pays. Il forma une compagnie composée de sentilshommes et de marchands, et confia la conduite des vaisseaux au sieur de Pontgravé, navigateur de St. Malo, chargé par le roi de continuer l’exploration du grand fleuve du Canada.
6. Le commandeur de Chates associa au sieur de Pontgravé Samuel de Champlain, gentilhomme de haute capacité et de grand mérite, né à Brouage, en Saintonge. Champlain avait servi deux ans et quelques mois comme oflicier de marine aux Indes occidentales, et ensuite dans le midi de la France, contre les Espagnols.
7. L'expédition partit de Honfleur le 15 mars 1603. Le voyage fut heureux. Laissant leur flotte à Tadoussac, où devait se faire la traite, Pontgravé et Cham- 4. A qui passa la commission de M. de la Roche sur le Canada ?— 5. Qui succéda à M. Chauvin ? Quels moyens prit le commandeur de Chates pour fonder une colonie au Canada? A qui confia-t-il ln eonduite des vaisseaux ?—6, Quel personnage le commandeur de Chates associu-t-il au sieur de Pontgravé *—7. Quel hâvre attra surtout l'attention de Pontgravé et de Champlain, à leur arrivée ea Canada?
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lain remontèrent le fleuve en chaloupe jusqu'au sant Ar et qu'ils ne purent franchir, et reprirent le chemin de Tadoussac, examinant soigneusement le pays, et recevantdes indigènes tous les renseignements
ossibles sur le cours des prineipales rivières ct sur intérieur du pays. Ils remarquèrent surtout le beau hâvre au milieu duquel s'ayance le promontoire, dès lors connu sous le nom de Kébec.
8. Dans la relation de ce voyage, Champlain rapporte qu'ayant questionné les sauvages, il reconnut, comme l'avait déjà fait Jacques-Cartier, qu'ils avaient de Dieu les idées les plus tristes et les plus ridicules; et, à l'exemple de ce navigateur, il prit de là occasion de leur exposer, en abrégé, la foi catholique, sans omettre le culte des saints, l’un des points que combattaient alors les Hugucnots,
9, À leur retour à Honfleur, en 1603, les sieurs de Pontgrave et de Champlain apprirent la mort du commandeur de Chates, qwi n'avait pu accompagner l'expédition. La mort Ge cet homme si puissant, et en mème temps si bien intentionné, fut une perte sérieuse pour le Canada, et un fâcheux contretemps pour de Pontgravé et de Champlain.
10. M. de Chates eut pour successeur Pierre du Gas, sicur de Monts, ct gentilhomme calviniste. Henri IV lui confia, avec le titre de lieutenant général, celui de vice-amiral. Il lui permit aussi l'exercice de sa religion en Amérique, pour lui et pour les siens, pourvu toutefois qu’il y implantât la foi catholique, apostolique et romaine, et qu’il y établit une colonie.
11. M. de Monts conserva la compagnie formée par son prédécesseur, et l’augmenta même de plusieurs négociants. [l fréta quatre navires, et partit du Hâvre, le 7 mars 1604, accompagné de MM. de Champlain et de Poutrincourt. L'expédition portait plusieurs