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connu que, dan» une infinité de circonstances, pluatieurs de ces acides existent dans les trois règnes de la nature à l'état de pureté, ou mêlés avec plusieurs substances.
Le nombre des acides varie et augmente tous les jours, à mesure que la science avance et d'après la base qui est unie à l'oxygène, en sorte que l'oxygène, combiné avec le soufre, forme l'acide sulphureux ou sulphurique; avec le nitrone, l'acide nitreux ou nitrique ; avec le carbone, l'acide carbonique, &c. On distingue encore les acides suivant le degré de l'éiat de moindres ou de plus hautes proportions de l'oxygène qui entre dans leur composition et dont la terminaison en iqîie indique que la base de l'acide est saturé d'oxygène, et celle en eiij: exprime qu'elle ne l'est pas tout-à-fait. (X.)
Il y a des acides qui n'ont pas de bases bien connues, à chacun desquels, cejîendant, ou en suppose une ; savoir, l'acide muriatique, l'acide boracique, l'acide chlorique, l'acide fluorique et l'acide hydriodique, auxquels on suppose le murium, le borone, le chlorine, le fluorine et l'ibdine, combiné avec l'oxygène. Mais les bases connues des acides communs, sont le soufre, le nitre, le carbone, le phosphore, l'hydrogène, le cyanogène, et les cinq métaux dont on a déjà parlé, tels que l'arsenic, &c'
Les acides sulphurique, nitrique et muriatique sont ceux que l'on a toujours unanimement regardés comme minéraux. Ce sont les aciiles les plus importans en chymie, et le sulphurique surtout est pour ainsi dire comme la clef sans le secours de laquelle le chymiste ne saurait opérer que d'une manière très limitée ; car, c'est au moyen de cet acide banal qu'il fait presque toutes ses épreuves et effectue la plus grande partie des décompositions les plus difficiles par l'affinité élective qui s'exerce presque toujours en sa faveur. Ces trois acides principaux sont liquides, sont très actifs dans un état de concentration, et opèrent comme des caustiques puissants, ce qui leur a fait donner le nom d'eau-forte.
Cependant, le nombre ordinaire des acides se monte actuellement jusqu'au dessus de 60 ; mais nous ne parlerons ici que des mieux connus, qui sont au nombre de 35 ; et comme un arrangement systématique est toujours d'un grand avantage à la mémoire des commençanti;, on peut les classer de la manière suivante ; savoir,
(X) Voyez I5 noiaenclature.
[ 84 ] A ïo. — Les acides dont la base n'est pas bien connue.
le. Muriatique 2o. Boracique 3o. Chlorique 4o. Fiuorique 5o. Hydriodique B. 2o. — Les acides dont la base est connue pour être simple.
ACIDES
dont la base n'est pas bien connue.
ACIDES
dont la base est connue pour être simple.
le. Sulpljuriqiie 2o. Nitrique 3o. Phosphorique 4o. Carbonique 5o. Arsénique 6o. Columbique 7o. Tungsténique 8o. Molybdénique 9o. Chromique
C. oo. — Les acides dont la base est double, lo. Acétique 2o. Oxalique So. Citrique 4o. Tartarique 5o. Malicjue Co. Benzoïque 7o. Succinique 8o. Camphorique 9o. Subériquc
lOo. Gallique llo. Muqueux 12o. Pjroligneux 13o. Bolétique.
D. 4o.— Les acides dont la base est triple lo. Hydro-cjanique"] 2o. Lactique
ACIDES
dont la base est double.
So. Sébacique 4o. Zoomique 5o. Formique 6o. Bombique 7o. Lilhique 8o. Uricjuc
ACIDES
dont la base est triple.
Les acides des deux premières classes se trouvent principalement dans le règne minéral, ceux de la troisième dan» le règne végétal, et ceux de la quatrième dans lo
règne animal. Les acides minéraux, dont la base est connue, est simple unie à l'oxytrène : les acides végétaux ont généralement une base double composée de carbone et d'yhdrogèns unie à l'oxjgène; et les acides animaux ont généralement une base triple composée de carbone, d'hydrogène et de nitrogène unie à l'oxygène.
Mais les acides qu'il importe le plus de connaître sont les minéraux dont on se sert beaucoup en médecine, et encore plus dans les arts, et quelques autres qui sont dans toutes les classes et dont je ne mentionnerai ici que quelques principaux, surtout par rapport à l'économie domestique.
A, lo. L'acide carboniqne qui consiste d'une combinaison de carbone et d'oxygène, et qui existe dans (rois états; lo. gazeux, comme dans les endroits habités, où il est fourni en abondance par la respiralion et la transpiration des animaux ; dans les latrines, et généralement dans tous les lieux où il y a quelque décomposition de substances animales ou végétales.
2o. A l'état liquide ou de mélange avec d'autres substances, comme dans les eaux minérales de Saraloga, de L^ Assoniption, &c, 3o. A l'état solide ou de combinaison, comme dans plusieurs fosciles, dans les terres alkalines, le carbonate de chaux, la magnésie, &c. Comme le nitrogène, l'acide carbonique est un gaz qui est impropre à la respiration et à l'entretien de la combustion, et étant beaucoup plus pesant que l'air atmosphérique, il réside toujours dans les parties basses des lieux ; c'est pourquoi la flamme d'une chandelle n'est jamais aussi vivante dans les caves profondes et les lieux bas et souterrains qu'en plein air élevé, ce qui indique toujours un danger pour la vie, d'autant plus grand que la lumière y est moins animée. Cependant, cet acide est propre à la nourriture des animaux, mais surtout des plantes qui l'absorbent avec avidité. Cet acide, dégagé des carbonates par une affinité élective, s'échappe en forme de gaz dans les effervescences de l'eau de Soda et de celle des eaux carboneuses. Administré de cette manière, c'est un excellent tonique à l'estomac. Mais en le prenant ainsi, comme il est contraire aux poumons et à la respiration, on doit s'abstenir de respirer dans le moment de la déglutition.
L'acide carbonique, à l'aide de l'humidité et de la chaleur, se forme et se dégage en abondance des substances fermentescibles, surtout de celles qui contiennent beau-
ceup de carbone et de fécule en fermentation, et c'est co gaz qui, formé et dilaté par l'action du calorique, opère, en s'échappant, le lever de la pâte et les cellules où il se loge, et qu'on appelle les yeux de la pâte et du pain.
L'acide carbonique étant un des constituans des sels carbonates, c'est encore ce gaz qui, d'après les mêmes principes, opère le lever des pâtisseries dans lesquelles on met, pour cette fin, du sub-carbonate de potasse que l'on nomme vulgairement perlasse.
L'acide carbonique se combine aisément avec les bases acidifiables qui l'abandonnent aussi aisément pour se combiner avec d'autres acides ; et c'est pour cela que tous les sels dans la composition desquels cet acide entre, sont très faciles à décomposer en vertu de l'affinité élective.
B. 2o. L'acide sébacique qui rend rances le beurre, le sain-doux, la crcme, &c. mais dont on j)eut corriger TefFet par la présence d'un alkali quelconque pour lesquels cet acide ayant une plus grande affinité que pour la base avec laquelle il se trouve combiné dans les substances oléagéneuses, il y a un échange de base, et la fermentation d'un sel neutre qui par sa solution facile dans l'eau, est aisé à extraire par le lavage de la substance où il s'est formé.
Ainsi, pour corriger le goût désagréable des substances que l'on vient de nommer, on peut les laver dans une solution de perlasse ou de carbonate de soude, ce qui occasionnera la formation d'un sel dans le beurre, &c. que l'on peut laver ensuite aisément dans deux ou trois eaux claires, qui le laissent doux et pur. Mais on a plus de gain d'eniployer, avec un peu de perlasse, le beurre que l'acide sébacique a rendu rance, pour faire des pâtisseries; car alors, on a un doul)le avantage, celui de corriger cette mauvaise qualité du beurre, et celui d'opérer, plus aisément le lever de la pâte, par le dég.igement et la dilatation de l'acide carbonicjue qui, dans la décomposition de la perlasse par l'acide sébacique, devient libre et tend a s'écliapper. On peut employer, de la même manière, avec les mcMUCs avantages, la crème devenue rance, et l'on peut l'empêcher de corjtracter cette qualité en y mettant d'avance un peu de sel commun de table.
C. 3o. L'acide hydro-cyanique (communément appelle prussiquc) qui est le narcotique et l'anti-spasmodique le plus puissant que l'on connaisse, et peut-être la seule substance qui ait une opération directement sédative. Cette propriété émiiieote en recommande beaucoup Vem.^
ploi ^atis le ti'âfttcmeTil d'uTi grand nombre de maladies, de celles surtout qui sont accompagnées d'un spasme symplôniatique du diaphragme, provenant de l'irritation ou de l'inflammation de quelques parties des organes de la respiration.
L'administration de Cet acide a été suggérée dans le tetanus^ et déjà quelques-uns en ont obtenu un succès qui surpasse de beaucoup celui que l'on anticipe, souvent en vain, des doses énormes d'opium et d'autres substances dont on fait généralement usage dans le traitement de cette terrible maladie. J'ai eu plusieurs fois le plaisir d'être témoin de cet heureux succès dans la pratique de la médecine. (XX.)
On obtient cet acide, par affinité élective, des substances animales et végétales. L'écorce, la feuille, la fleur et le fruit de tontes les plantes du genre prunus, surtout des espèces serotina et canadensis, (cerises à grappes) contiennent beaucoup de cet acide, <lont on l'obtient, comme des amandes amères, par la distillation.
On l'obtient encore, par affinité élective, du bleu de Prusse, dont il reçoit le nom d'aciJe prussique. Mais en prenant la liberté de recorrrmîïnder à mes confrères, par cette voie, un plus grand usage de cet acide, ils voudront bien me permettre d'appeler leur attention à une petite dissertation sur cet article important que j'ai communiquée au Journal Médical de Québec, No. 3e. où ils trouveront, j'ose me flatter, une manière aisée et certaine de l'obtenir, et à laquelle tout médecin peut avoir facilement recours en tout temps.
Cependant, la seule propriété que cet acide possède, comme tel, est de se combiner avec des bases acidifîables, particulièrement avec les oxydes métalliques, et déformer des composés analogues aux substances salines ; car il n'a aucune acidité sensible, et il ne rougit pas les couleurs végétales,
D. 4o. Les autres acides que l'on peut avoir intérêt de connaître, sont, lo. l'acétique qui se manifeste dans le vinaigre, dont l'usage, dans les sauces et dans les salades, occasionne une oxydation des couteaux et des fourchettes,
(XX.) Voyez la belle traduction de l'excellente Thérapeutique de L. J. Bégiti, (page 14-8 et sequent. v. 11.) par mon savant ami, X. Tcssicr, Ecuyer, M. D. Officier l3e Santé à Québec.
par la combinaison de cet acide avec le métal dont sont formés ces ustensiles qui contractent ainsi une couleur terne ou noire ; 2o. le malique que l'on goûte dans les ponimes sûres et dans le cidre ; 3o. le citrique qui existe dans le citron, et le pyroligneux qui, comme l'indiquent les mots qui composent son nom, résultent principalement de la combustion du bois et des plantes, et qui se ironve concenlré dans les écoulements des tuyaux.
Depuis quelques années, on se sert de cet acide pour communiquer aux viandes une saveur agréable, en les y mettant tremper, ou en les exposant à son évaporalion pendant quelques jours.
Pour les autres acides, comme ils sont généralement de peu de conséquence dans la pratique soit de lu médecine ou des arts, ou de l'économie domestique, je me permettrai de passer outre sans en faire aucune autre mention particulière.