U PRÉFACE
Mais au sein de la cmîisation chrétienne , cîiez un peuple catholique, s'arrêter là, c'est déchoir. Le paganisme grec et romain s'est élevé, dans les arts et dans la littérature , à d'admirables hauteurs ; le christianisme s'est élevé plus haut encore, parce qu'il a posé devant nous un idéal bien supérieur à celui des païens , et qu'il a ouvert des sources de pensées et de sentiments inconnus avant lui : la jeunesse chrétienne, la jeunesse française, dont les ancêtres chrétiens ont produit tant de chefs-d'œuvre, ne doit pas l'oublier. L'étude de la littérature profane ne doit être pour elle qu'une introduction à l'étude de la littérature chrétienne , et dans cette double étude elle doit avant tout voir un moyen pour elle de s'élever d'abord, et de se rendre capable d'élever ensuite ceux sur qui s'étendra son action , soit dans le cercle de la famille , soit dans l'enseignement, soit dans l'administration des affaires publiques, soit dans la défense de la société, soit dans la mission sublime entre toutes de la direction et de la sanctification des âmes.
11 n'est pas de carrière où l'étude sérieuse des belles-lettres ne donne à celui qui s'y est livré une supériorité dont il peut légitimement user dans son propre intérêt, mais dont il usera plus noblement et plus légitimement encore dans l'intérêt public. Koos sommes convaincu que la jeunesse chrétienne
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est capable de comprendre cette utilité des belleslettres et digne d'entendre cet appel; nous sommes convaincu que les maîtres cbrétiens seront toujours éeoutés et feront goûter leur enseignement, quand ils montreront à cette jeunesse ardente et généreuse le bien qu'elle se mettra en état de faire en se livrant à cette étude des belles-lettres qui a charmé les plus nobles esprits, qui donne aux facultés de l'âme toute leur puissance , qui est l'une des plus pures jouissances de la vie , et qui nous arme d'un instrument d'une force incomparable pour agir sur les autres âmes.
Dans cet Abrégé nous avons donné beaucoup moins de place à la rhétorique qu'à la littérature proprement dite; mais nous en avons dit assez pour que les élèves qui l'étudient puissent apprécier les chefs-d'œuvre de l'éloquence. Nous avons pensé qu'il serait plus utile, pour les élèves auxquels nous nous adressons ici, de tracer pour eux un rapide tableau de l'histoire des trois grandes littératures classiques de la Grèce, de Rome et de la France. Ils trouveront ainsi dans un saul volume tout ce qu'il leur importe le plus de savoir au point de vue littéraire.
Ce tableau est fort incomplet, sans doute ; il le sera moinsdans le grand Cours de littérature; tel qu'il est, nous espérons qu'il donnera une idéa suffisante des