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6. En 1175, fut conclu entre Henri et le roi Roderick un traité par lequel il fut solennellement arrêté qu’à l'avenir les rois d'Angleterre seruient les sei-
neurs dominants de l'Irlande ; que tous les fiefs reèveraient d'eux, et que tous les monarques de l’Irlande ne tiendraient leurs États qu’en qualité de vassaux de la couronne d'Angleterre.
7. En 1185, Hénri céda le gouvernement de l'Irlande à son fils Jeun, alors dans sa douzième année. La conduite insolente du jeune prince et de ses courtisans souleva l’indignation des chefs irlandais, qui commencèrent à s’apercevoir, mais un peu tard, qu'ils avaient confié leurs libertés à de perfides gardiens, dont l’objet n’était pas seulement de les rendre tributaires, mais esclaves, Oubliant alors tous leurs différends, ils convinrent d’unir leurs efforts contre les ennemis de leur pays ; et ils furent si heureux, que, d’après les chroniques anglaises elles-mêmes, Jean perdit presque toute son armée. Ayant été informé du danger qui menaçait l'existence même de sa puissance en Irlande, Henri envoya sur-le-champ des ordres pour rappeler le prince, et nomma en même temps
e Courcy pour le remplacer.
8. Jusqu'au règne d’Édouard IT, l'Irlande fut com parativement tranquille; mais alors, les Irlandais, conduits par Édouard Bruce, frère du fameux Robert Bruce, to d'Écosse, firent de nouveau les plus grands efforts pour repousser les Anglais de lour pays. Ils eurent d’abord des succès, mais ils furent finalement défaits, et Bruce ayant été tué, los Écossais furent obligés de se retirer. Pendant les guerres civiles qui éclatèrent entre les deux maisons d'York et de Lancastre, en Angleterre, de 1458 à 1485, les Irlandais embrassèrent le parti de la maison d'York, et par suîte de leur fidélité à cette maison, ils furent soumis à de sévères et cruelles épreuves.
6. Quelles furent les conditions du traité payes en 1175 ?—7, Que sc vi-ilen Irlande, es 1185? Ps quifut remplacé Jean, fils Henri II ?—8. Quel fut ensuite l’état de l’Irland Li uard IL? Quelle tentative fit Édouard Bruce ? Quelle fut sa lin ?
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9, Henri IT et les Anglo-Normands, dès les pre-
Miers jours de lours conquêtes, ont eu une funeste pensée politique, qui, après six siècles, est encore la porese de l'Angleterre au sujet de la malheureuse Ir-
ande. Les conquérants du XITo siècle avaient voulu subjuguer les indigènes et jamais ne s’allier avec eux ; tello semble avoir été depuis la volonté de l’Angleterro; de là continue G. de eaumont, toutes les infortunes quiont attiré les Yeux du monde sur Érin, l'ile des saints. Il serait trop long, de montrer toutes les phases d'oppression par lesquelles passa le pays évangélisé par saint Patrice et illustré par tant de luttes, de traverses et de courage.
10, L'esprit du peuple irlandais était essentiellement catholique; ses malheurs durent donc redoubler lorsque les hérésies de Luther et de Calvin vinrent éclater sur le monde comme deux grands fléaux. La Conquête de Henri II avait sans doute fait couler le sang irlandais; mais ce sang avait du moins coulé sur les champs de bataille. Mais voici un autre Henri, Henri VIII du nom, qui va faire pleurer et saigner l'Irlande, et qui deviendra pour elle un infâme bourreau, Henri Tudor Commence l'œuvre de persécution religieuse ; Élisabeth ot Cromwell la continuent. |
11. Au XIXe siècle, les noms de Henri VIII et de sa fille Élisabeth sont encore exécrés et maudits; et le temps, qui efface tant de choses dn Souvenir des nutions, n’a point fait Oublier aux Irlandais les exactions, les persécutions, les cruautés, les tortures, les exécutions sanglantes commandées par les deux Tudor et le régicide Cromwell. Tandis qu à l’aide de lois tyranniques, Henri VIIT et Élisabeth établissaiont à leur gré etselon leur fantaisie la religion réformée en Angleterre, tous leurs efforts pour la fonder en Irlande n'aboutirent qu'à deux ou trois insurrections de ce PAYS, auxquelles sans doute le sentiment national ne . 9. Quelle a été et
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‘principale source dans cette nonvelle cause de haine que la religion protestante venait de fuire naitre.
12, Élisabeth, voyant qu’elle ne pouvait vaincre la haine que lui portaient les Irlandais, voulut renouve-
‘Jér, en quelque sorte, la popul en y encoura-
geant une colonie protestante. ur faire place à ces noüveaux arrivants, sectaires de Calvin et de Luther, on éxpulsa des catholiques, enfants du sol. Ce moyen violent et odieux n'avait rien qui répugnât aux mœurs de la fille de Henri VIII, car la confiscation et-la mort avaient été au fond de toutes les querelles politiques et religieuses suscitées par son père, ce renégat couronné. Près de 600000 acres furent confisqués sur les vieux possesseurs catholiques: On fit en Angleterre, dit Leland, une proclamation pour offrir ces terres à tous ceux qui voudraient bien lés prendre sous différentes conditions dont la première
tait qu'ils ne souffriraient pas sur leurs terres un
seul cultivateur ou fermier qui fût Irlandais d'origine.
13. Environ 200000 acres de terre furent ainsi enlevés aux mains des indigènes résolus à rester fidèles ‘au ‘culte catholique, et donnés aux protestants. :C'était là la grande prime de nn trop et quand dans un clan ou dans une famille de vieille roche et fidèle à sa foi, il se trouvait un membre assez faible pour apostasier, il héritait des biens de ses parents restés catholiques romains. Il faut lire dans les belles xs es de l'historien Lingard les règnes de Henri VIII, N Élisabeth, de Cromwell, de Jacques Ier d'Arigleterre et de Charles II, toutes les iniquités commises
” par l'Angleterre envers son royaume d'Irlande.