‹ Cours alphabétique et méthodique de droit canon dans ses rapports avec le droit civil ecclésiastique (volume 2)Chapitre 2 sur 282 · PARIS · texte numérisé non relu

PARIS

CHEZ HAUTEUR ET À LA UBRAIRIB CATHOUQUB DE F. DOULLOTTB

lUB MBUTB-SABIT-rAUL, 10.

Jl)N27 1921

« miisEieiiEUR MELLON JOLLY

ARGHBYÊQUB DB SENS.

Monseigneur,

Les succès de la sage et paternelle administration de Yotm Grandeur, dans un diocèse quim*a vu naître, m'ont fait penser qu'un ouvrage qui en développe les principes,. qui traite des droits et des devoirs des évéques, aussi bien que de ceux de tous les autres membres de la sainte hiérarchie de TËglise, ne pourrait paraître sous un plus glorieux patronage que sous celui d*un prélat appelé, par son mérite, à gouverner Tantique et vénérable Église métropolitaine et primatiale des Gaules et de Germanie. Aussi me suis^je empressé de solliciter de Votre GRAHDBom rhonneor de le faire paraître sous ses auspices. Votre encourageante réponse. Monseigneur, me pénètre d*une vive gratitude, et la bienveillance avec laquelle vous avez ac-

cueilli mon travail, sera la plus précieuse récompense qu'il me soit permis d'ambitionner.

J'ai osé l'entreprendre , Monseigneur, malgré mon insuffisance, dans la pensée que peut-être il ne serait pas sans utilité, en attendant que des hommes plus habiles se missent à l'œuvre. J'ai cru qu'il était convenable, à l'époque où nous vivons, de faire connaître les saintes lois de l'Église , ces lois oubliées par les uns, méprisées par les autres, et méconnues par un trop grand nombre, mais qui cependant, selon un saint docteur (1), empruntent leur justice et leur force de cette loi étemelle, dont le principe le plus général est que tout soit conforme à tordre, de la manière la plus parfaite.

Aussi, Monseigneur, ne voyons-nous pas, de nos jours (2), des hommes éminents formuler de la manière la plus nette l'asservissement complet et l'entière ruine de l'autorité religieuse? Le magistrat politique, disent-ils, peut et doit intervenir dans tout ce qui concerne t administration des choses sacrées. C'est à lui qu'il appartient de fixer , en certaines occurrences, les matières des instructions ecclésiastiques, de suspendre la pu-blication des décisions doctrinales, d'imposer silence sur les points de discussion, non seulement en matière de discipline, mais même dans les questions dogmatiques (3). N'est-ce pas là. Monseigneur, vouloir soumettre à une législation d'un intérêt purement temporel et passager, les saintes lois que nos Pères dans la foi, les successeurs des apôtres, nous ont léguées

(i) Saint Augustin, Délibéra arbitrio, lib. i , n. 15.

(%] Nous devons rappeler que cette dédicace parut en tète de la première édition de notre ouvrage, en 1844. Nous avions alors en vue les déplorables doctrines de nos canonistes parlementaires que H. Dupin, aîné, voulait remettre en crédit parmi nous en publiant son Manuel du droit public eccUsiastique français qui, peu de temps après, fut condanmé à Rome et par tout TÉpiscopat de France. Ces mêmes maximes sontmalheureusement encore trop vi?aces parmi nous.

(3) Portalis , Rapfofi sur les articles organiques.

comme un témoignage permanent de leur prudence et de leur sagesse, ou plutôt de la sagesse de TEsprit-Saint dont ils étaient les organes?

D*un autre côté, Monseigneur, ne sommes-nous pas témoins des tentatives faîtes par de nouveaux sectaires, pour rompre les liens sacrés de soumission et de dépendance qui attachent les prêtres à leurs évêques(l), et pour propager des doctrines frappées desanathèmes de TËglise? Ils ignorent, sans doute, les traditions i^ostoliques qui nous enseignent que Y Église entière est fondée sur tépiscopat, et que t'épiscopat est un^ possédé solidairement par chacun des pontifes^ qui en reçoivent le sublime caractère (2); que Vévêque est tout dans t Église, et qu*on ne doit rien faire de ce qui la concerne, sans son consentement (3); que tout ce qui regarde l'Église doit être administré selon le jugement et par la puissance de Nvêque (4); que par conséquent les prêtres doivent être soumis à leur évêque, comme des enfanisà leur père (5); comme des disciples à leur maître, s'occupant à lui rendre l'honneur et t obéissance canonique (6); que manquer à cette obéissance^ c'est tomber dans F orgueil et abandonner la vérité (7).

Tels sont. Monseigneur, vous le savez, les principes dans lesquels est écrit ce Cours de Droit canon^ principes que quelques hommes égarés ont pu méconnaître, plutôt encore par ignorance, j'aime à le croire, que par mauvaise foi ; mais principes que ne méconnaîtra jamais le respectable clergé dont vous

(1) Noas faisioDs allusion alors à ces prétendus canonistes qui ont échoué dans leurs tentatives criminelles devant la piété, la science et rattachement tont filial du respectable clergé fhinçais à TÉpiscopat et à son chef suprême.

(î) Saint Cyprienjfpis^ 37.

(3) Saint Ignace , Epist, ad Magnesios, n. 8.

(4) Concile d*Antioche, de Tan 341, can. 20.

(5) Saint Cyrille d'Alexandrie.

(6) Saint Gélestin 1er.

(7) Saint Ambroise.

êtes le digne chef; ce clergé qui, par sa piété et surtout son tendre attachement à votre personne sacrée, et sa soumission toute filiale à votre éminente dignité, fait la gloire et le bonheur de votre épiscopat.

Quen'ai-je, ainsi que vous, Honseignedr, Theureux talent de persuader, et celui de faire aimer les principes d'une saine doctrine, lors même qu'ils pourraient contrarier l'intérêt personnel 1 II ne me resterait alors qu'à vous oflfrir Phonmiage de mes succès, et de joindre au témoignage de ma reconnaissance celui du profond req[>ect avec lequel j'ai l'honnem* d'être »

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