‹ Cours alphabétique et méthodique de droit canon dans ses rapports avec le droit civil ecclésiastique (volume 2)Chapitre 23 sur 282 · ABSOUTE · texte numérisé non relu

ABSOUTE

On appelle ainsi Tabsolution que les évoques donnent quelquefois au peuple, et celle qu'un curé donne à un de ses paroissiens défunt, dans les cérémonies de son enterrement.

U absoute est aussi une cérémonie qui se pratique dans l'Église romaine le jeudi saint, pour représenter l'absolution qu'on donnait vers le même temps aux pénitents de la primitive Eglise.

L'usage de l'Église de Rome et de la plupart des Églises d'Occident était de donner l'absolution aux pénitents le jour du jeudi saint, nommé pour cette raison le jewrfi absolu.

Dans l'Église d'Espagne et dans celle de Milan, cette absolution publique se donnait le jour du vendredi saint : et dans l'Orient c'était le môme jour ou le samedi suivant, veille de Pâques. Dans les premiers temps, l'évêque faisait \ absoute, et alors elle était une partie essentielle du sacrement de pénitence, parce qu'elle suivait la confession des fautes, la réparation des désordres passés et l'examen de la vie présente, c Le jeudi saint, dit Fleury (1), les « pénitents se présentaient à la porte de l'église; le prélat, après « avoir fait pour eux plusieurs prières, les faisait entrer à la solli- € citation de l'archidiacre, qui lui représentait que c'était un temps « propre à la clémence, et qu'il était juste que l'Église reçût les « brebis égarées en même temps qu'elle augmentait son troupeau

< par les nouveaux baptisés. Le prélat leur faisait une exhortation « sur la miséricorde de Dieu, et le changement hju' ils devaient faire € paraître dans leur vie, les obligeant à lever la main pour signe de

< cette promesse. Enfin se laissant fléchir aux prières de l'Eglise, « et persuadé de leur conversion,' il leur donnait l'absolution so- « lennelle. >

A présent, ce n'est plus qu'une cérémonie qui s'exerce par un simple prêtre et qui consiste à réciter les sept psaumes de la pénitence, quelques oraisons relatives au repentir que les fidèles doivent avoir de leurs péchés. Après quoi le prêtre prononce les formules Mïsereatur et Indulgentiam ; mAis tous les théologiens et tous les canonistes conviennent qu'elles n'opèrent pas la rémission des péchés ; et c est la différence de ce qu'on appelle absoute, d'avec l'absolution proprement dite.

(1) Mœurs des chrétienSf n. zxv.

Page 1