CANONISATION
Canonisation est le jugement que prononce l'Église sur l'état d'un fidèle mort en odeur de sainteté, et après avoir donné durant sa vie des marques éclatantes de ses vertus par des miracles ou autrement. (Voyez BÉATIFICATION.)
Ce mot vient de ce qu'autrefois on insérait les noms des saints dans \e canon de la messe avant qu'on eût fait des martyrologes. Dans l'Église orientale on mettait les noms des évéques qui avaient bien gouverné leurs diocèses, et de quelques autres fidèles dans les diptyques sacrés. (Voyez diptyques.)
Par le chapitre Âudivimus, de Reliq., et vener, sanet., il n'est permis de rendre aucun culte aux saints, même quand ils feraient des miracles, si ce culte n*est autorisé par le Saint-Siège, c'est-à-dire si le saint n'est canonisé ou béatifié par le pape. Cette canonisation se fait aujourd'hui avec beaucoup de soin et beaucoup de lenteur. Le pape Jean XV, par sa constitution Cum conventus, établit à ce sujet les règles que l'on doit suivre. Le pape Célestin III recommande aussi, dans la constitution BenedictusIV, d'observer dans les perquisitîoEs et l'examen des vertus et miracles des saints à eano-
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nîser la plus scrupuleuse attention. Voyez le récit qu*en fait Fleury en son Histoire ecclésiastique, liv. ix, n. 37. Bellarm in remarque que saint Suibert, évéque de Verden, et saint Hugues, évoque de Grenoble, ont été les premiers canonisés, selon la manière et les cérémonies qui se pratiquent aujourd'hui dans TÉglise. (Voyez saint.)
C'est une règle en cette matière, établie par le pape Grégoire IX, dans la bulle Cùm dicat, que les vertus sans les miracles, et les miracles sans les vertus, ne suffisent pas pour la canonisation d'un fidèle, et qu'il faut Tun etl'autre. Le concile de Trente, session XXV, explique la foi de VÉglise touchant Tinvocation des saints. (Voyez
RELIQtBS.)
On peut voir la relation de ce qui s'est passé en France pour la canonisation de saint Louis, de saint François de Sales, de saint Vincent de Paul, avec les procès-verbaux et les lettres des assemblées du clergé sur ce sujet, dans les Mémoires du clergé, tom. V.
Un décret d'Urbain VIII prescrit de s'abstenir de rendre aucun culte à ceux qui ne sont pas encore béatifiés, et de publier Thistoire d« leur vie, de leurs vertus, de leurs miracles, etc., sans l'approbation de Tévêque diocésain. (Voyez saint, § II.)