AGNUS DEL
Agnus Dei est un nom que Ton donne aux pains de cire empreints de la figure d'un agneau portant l'étendara de la croix , et que le
(i) D'Hérfconrt, Lois ecdéHastiqueSy pag. 171.
{%) Ducasse, Traité de la juridiction ecdésiastîque, part. lï, pàg. idt; ttêûrj\ Instituts au droit ecdésiattiqw, tom. I, pag, 7î; Eveiflon, Traité du ( "^
Ii2 AGNUS DEL
Sourerain Pontife bénit solennellement le samedi tn al6t#, la première année de son pontificat, et ensuite de sept ans en sept ans.
Uorigine de cette cérémonie , dit Bergier, vient d*une coutume ancienne dans TÉglise de Rome. On prenait autrefois, le dimanche in albis^ le reste du cierge pascid b^nitle jour du samedi saint, et on le distribuait au peuple par morceaux; chacun les brûlait dans sa maison , dans les champs , les vignes , etc. , comme un préservatif contre les prestiges du démon , et contre les tempêtes et les orages. Cela se pratiquait ainsi hors de Rome ; mais dans la ville, Tarchidiacre, au lieu du cierge pascal , prenait d'autre cire sur laquelle il versait de Thuile , en faisait divers morceaux de figure d'agneaux, les bénissait et les distribuait au peuple. Telle est l'origine des agnus Dei que les papes ont depuis bénits avec plus de cérémonies. Le sacristain les prépare longtemps avant la bénédiction. Le piq>e, revêtu de ses habitspontificaux, les trempe dans l'eau bénite, et les bénit après qu'on les en a retirés. On les met dans une boite qu'un 80us-<Uacre apporte au pape à la messe , après VÀgnus Dei, il les lui présente en répétant trois fois ces paro^ les : Ce sont ici de je^meêaçMiMa qui orU annoncé Y allehÙB,; voilà quUs viennent à la fontaine, pleifiê de charité, alléluia. Ensuite le pape les distribue aux cardinaux, évoques, prélats, etc.
Plusieurs écrivains donnent des raisons mystiques de ces Agnus Dei, les uns disent qu'ils représentent le chrétien baptisé, d'autres Jésus-Christ lui-même. On peut consulter à cet égard l'ordinaire romain, Amalarius, Valafrid Strabon, Sirmond dans ses notes sur Ennodius et Théophile Raynaud, De agnocereo, tom, X. Ce dernier auteur rapporte plusieurs miracles opérés à l'occasion des agnus Dei, et il n'y a pas de doute que ces symboles ne soient propres à obtenir de Dieu des grâces temporelles et spirituelles, comme le dit le cinquième concile de Milan, tit. deSacramentalibus, Sicut Christivica^ rius eujus oratio tanto majoris et momenti, quanto ejus offidum in Eccle* êid subUmius, et cutn Christo conjunctius ^ multa sancta precatur à Deo Ulis concedi {fut animopioeos agnos apud sehabuerint, ita à fidelibus magnâ dévotions iidem gestandi sunty ad eos usus ad quos sacrœ preces referuntur. Ce concile, après avoir rappelé la constitution de Grégoire XIII , Omni cerœ, qui défend, sous peine d'excommunication encourue par le seul fait, de n'ajouter aux agnus Dei ni or, ni couleur, ni quoi que ce soit, expose les divers usages auxquels ils peuvent servir ; ainsi par exemple, on peut les conserver dans un endroit décent de la maison, les porter sur soi avec respect , ou enfin, continue le concile, utquodantiquiest instituti, eorum ceraadoleatur ad suffumigationem in agris vineisque, ob imminentem tcmpestatem, aliasve fraudes diabolicas depellendas.
Le même concile défend aux laïques de toucher ces Agnus Dei ; c'est pourquoi on les couvre de morceaux d'étoffe proprement travaillés, pour les donner aux fidèles. Les théologiens pensent communément que ceux-ci pécheraient en les touchant sans nécessité ,
AINBSSB, AJOURNEMENT, ALCHIMISTB. HZ
quand même 3 n'y aurait de leur part aucun mépris ; car ces symboles consacrés par le saint chrême sont comparés aux vases sacrés.