DRAPEAUX
A ce ^6 nous avons dit des éngftwm, dans le tome II* nous ajouterons que la congrégaiiw des évèques et des rigoliert, dans uie lettre en date du 15 janvier 1848, déclare qu'on ne doit poîni lais* ser introduire dans lea église» de itûftamm ffrofam$ê^ cette intrsidtction étant tout à fait inconveftaate et envers hk digoHé du entoe et envers la sainteté du lieu. On ne doit bénir que les iraf^mix reconnu» par le gouvernement et destités à l'amée et à la nilice fiatienale. Ainsi il est d^endu d'apporter à l'église et de bénir de» Anef$aux de sociétés d'ouvriers.
A ce que nous avons dit de Yéèwation sous les mots àxil^, éru- D», nous devons ajouter ce que le concile d'Amiens, tenu au mois de janvier de cette année, 1853, a statué sur cette importante ques-
tÎMl.
§ I. Directoire pour les écoles et TiovcATio^.
» Le principe fondamental qui doit présider au régime des écoles, c'est que l'Micalfoa a poor but de fermer les jeunes gens i la vie etnétieène surtout, et en mdme temps ile vie ctvHe et sbï êdencei
ËmniATIOlf. 389
qm s'y nmportnt. Les eoUéges, qui 80Bi|Kmf les enfants comme une Betonde funille, ne doirent pas satisfaire moins parfaitement à ce deToir qne Yédmcaiion domestique à laquelle ils suppléent.
« Pour que les écoles soient vraiment dirigées rers cette fin, il ne suffit pas que les jeunes gens assistent aux mstiructions religieuses qui leur transmettent la eonnaissance des yérités surnaturelles, mais il est nécessaire en outre que les leçons qu'ils reçoirent danil les classes, non seulement ne nuisent pas à la culture chrétienne des esprits, mais lui serrent et profitent, de sorte que la religion soit comme une âme qui donne le mourement à la masse des études et se répande dans tout le corps de l'enseignement. Cet ordre a dâ sans doute être toujours suivi dans Védueaiiori de la jeunesse ; mais les conditions du temps présent Texigent plus strictement encore, car il n'est rien que Yid^eoHon ne doire tenter pour rendre les jeunes gens fermes et robustes dans la foi, puisqu'au sortir des écoles ils sont entourés de tous cdtés par les séductions et les assauts des mauvaises doctrines.
« Dans cette organisation chrétienne des études , il faut porter une attention spéciale sur trois grandes parties de l'enseignement, qui embrassent les lettres, l'histoire et la philosophie. Leur sage di"» reetion dépend d'une vérité que les professeurs doivent méditer avant tout, et sur laquelle roule toute éducation chrétienne, savoir, que l'ordre naturel et Tordre surnaturel, quoique essentiellement distincts» sont tellement unis chez les chrétiens, que par suite de oette union l'ordre naturel reçoit de l'autre des lumières supérieures, qui le pénètrent et le perfectionnent de diverses manières.
« Et d'abord, duis la littérature, on voit briller les éléments du beau naturel, que le génie de f homme perçoit et ékbore par ses propres forces. Ce genre de beauté se fait remarquer dans un grand nombre d'ouvrages païens, où 11 consiste, en grande partie dans uit seîn exquis de la forme et dans un art merveiUeux. Mais après ^ue l'Evangile eut éclairé et échauffé lésâmes, lorsqu'il eut ouvert à l'mttUigenoe et au cœur de l'homme des régions plus hautes et de plus vastes espaces, on vit apparaître un nouvel ordre de beauté surnaturelle» qui, plussubhme en soi, perfectionne la substance de l'autre ordre, et, tout en recevant les formes du beau naturel, produit néanmoins sa propre expression, comme le prouvent une foule de livres, de poèmes et de discours dans lesquels éclate la majesté du génie chrétien. Les professeurs ne doivent donc pas expliquer les monuments de la littérature païenne sans exposer aussi les principes et les modèles de la littérature chrétienne, en ayant soin de bien faire remarquer l'infinence des éléments qui lui sont propres.
M II &ut en dire autant de l'histoire. On retrouve ches tous les
riples les éltaients naturels de la société civile, savoir : la famille, mariage, les relations des parents et des enfants, la distinction des riches et des pauvres, les droits publics et privés, le poiM>ir et Tob^ssance de tout ce qui ratlAcbe à cet ordi^ de eheni^. MâSê il
est évident que chez les peuples éclairés par la lumière surnaturelle de rÉTangile, ces termes ont une signification, à certains égards, différente de celle qu'ils avaient dans les ténèbres du paganisme, et que la notion chrétienne de ces éléments sociaux, non seulement diffère beaucoup des idées corrompues qui dominaient chez les païens, mais aussi qu'elle est bien supérieure aux notions même justes qu'ils pouvaient concevoir par la seule lumière naturelle. D'où il suit que les principes de la société civile, élaborés et comme transformés par la vertu de la révélation évangélique, ont été élevés à un degré supérieur de dignité et d'excellence. Que les professeurs d'histoire n'épargnent donc aucun soin pour fiEÛre saisir graduellement à leurs élèves cette union des éléments naturels et de l'élément surnaturel, ainsi que les merveilleux effets qu'elle a produits.
M Quant à la philosophie, il y a sans doute dans les écoles cathoques, plusieurs éléments que la puissance de l'esprit humain a fournis même aux philosophes païens ; mais il y en a d'autres qui ne dérivent pas de cette unique source. Il est très faux de dire que l'enseignement de la philosophie soit chez nous le produit de la seule raison naturelle ; car d'abord, les professeurs ont, dans la doctrine catholique, une règle qui leur indique les thèses à rejeter, et qui les avertit en outre que tel ou tel raisonnement renferme quelque chose de vicieux, par cela même qu'il conduit à des conclusions contraires aux dogmes. De là vient que dans les écoles catholiques, il y a un parfiftit et solide accord pour démontrer philosophiquement plusieurs vérités, sur lesquelles on ne trouve que le doute et les plus grandes dissensions dans les écoles qui ne marchent pas à la lumière de la f(H. Ceux donc qui soutiendraient que les leçons de philosophie dans les collèges catholiques doivent être faites de telle sorte qu'on s'y tienne en dehors de la lumière surnaturelle, révéraient une abstraction purement fictive, où, si cette abstraction avait réellement Heu, Tei^seignement philosophique, perdant l'unité qu'ily a dans nos écoles, ê égarerait à la suite des doctrines diverses et étrangères (S. Paul aux Hébreux, XII, 9), et le plus souvent se laisserait emporter à tout vent de doctrines (S. Paul aux Éphésiens, lY, 14) comme il arrive dans les écoles soustraites à notre influence. En second lieu, il y a plusieurs vérités sur Dieu et ses attributs, surl'origine de l'univers, la Providence, la religion, les vertus, la fin de l'homme, que la philosophie chrétienne est unanime àdémontrer, tandis qu'avantl'époque où la lumière évangélique s'est levée sur le monde, la sagesse païenne ne possédait pas ces vérités de premier ordre et ne songeaitpas même à les chercher. Enfin les Pères de l'Église, les théologiens les plus éminents et quelques illustres philosophes chrétiens, en embrassant l'ensemble des vérités, en contemplant leur irradiation réciproque, sont arrivés par là, comme on le sait, à des conceptions de l'ordre le plus élevé, qui ont fait pénétrer, même dans les questions philosophiques, les rayons d'une plus vive lumière. La philosophie, ayant donc des relations multiples avec la lumière surnaturelle, étant di-
rigée, viTifiée et agrandie par elle, on livrerait Tesprit des jeunes
fens à une bien dangereuse illusion sur les forces de la raison, si enseignement était conçu de telle sorte qu'ils pussent attribuer à la seule opération de la raison le bon emploi, les progrès et la perfection de l'enseignement philosophique dans nos écoles. Les professeurs doivent donc leur faire comprendre que cette science, à divers égards, n'est pas chez nous celle qu'un philosophe formerait par le seul secours de V esprit humain, mais celle que la théologie, fondée sur la révélation, éclaire, régularise et complète.
« Après avoir posé ces règles générales, nous jugeons à propos d'ajouter des avis particuliers qui répondent avec plus de précision aux besoins de Y éducation à notre époque.
§ II. Deê études littéraires.
" Dans le concile de Soissons nous avons déjà réglé plusieurs choses touchant les études. Nous avons dit avec quel soin et dans quelle mesure proportionnée à l'âge des élèves renseignement sacré doit être donné. Nous avons aussi recommandé de grandes précautions à l'égard des livres. On doit assurément continuer à se servir des ouvrages les plus célèbres des auteurs païens : la force de l'esprit humain, qui brille dans ces écrits, est un véritable don de Dieu, et il est certain que ce genre d'étude a été fort utile aux plus grands écrivains chrétiens. Mais il ne faut admettre ces livres dans les écoles qu'après qu'ils ont été expurgés de tout ce qui pourrait offenser une âme chaste (1). Déplus, en expliquant les monuments de la littérature profane, les professeurs doivent saisir toutes les occasions de faire ressortir par la comparaison la supériorité des doctrines du christianisme: ils doivent aussi puiser fréquemment à des sources chrétiennes les sujets de composition qu'ils donnent à traiter aux élèves dans les luttes scholastiques. Quant à ce qui concerne le choix des livres et la manière dont ils doivent être répartis, nous avons déjà touché cette importante matière dans le concile de Soissons, lorsque nous disions qu'il fallait donner une large place aux écrivains de l'antiquité dans les études classiques, mais qu'on devait aussi avoir grand soin de mettre sous les yeux des élèves, surtout dans les classes supérieures, de nombreux extraits des saints Pères et des docteurs de l'Église. Cette prescription comniençait déjà à développer le principe d'une restauration heureuse ; car, dans ces matières, il faut procéder graduellement et avec maturité. Le moment est venu de compléter cet ordre. Nous estimons qu'un grand nombre d'ouvrages chrétiens, latins, grecs et français, écrits avec talent, doivent être adoptés, comme livres classiques, dans les écoles de notre province, soit par extraits, soit entiers,
(1) Voyez pour ces livres l'encyclique du 21 mar» 1852 rapportée sous le mot 8K-
S66 KDUCÀTION.
a'ilf ne sont pas trop longs ; et que cette rnABUre doit être exécutée de telle sorte que les âmes des jeunes gens soient abondamment abreuTées de ces eaux ymfiantes dans le cours dé leur éiuemiion littéraire, et qu'elles puisent assidûment l'esprit chrétien dans un commerce fiunilier avec ces auteurs. Et en effet, si l'on fiUt attention à l'influence contagieuse de ce siècle, il est à craindre que ees jeunes intelligences ne puissent être, pendant plusieurs années, dans un contact jonmalier aree les maximes, les exemples et l'esprit de la littérature païenne, sansque bien souvent la constitution 4dirétienne des âmes ne soit affaiblie en respirant cette atmosphère et qu'au sortir des écoles, elles ne soient, pour cette raison, trop peu en état de repousser les séductions des mauvaises doctrines, à moins que, gi^e à la sage fréquentation des auteurs chrétiens, une inspiration relij^cuse, toujours vivante, n*ait continuellement agi sur elles pour les fortifier. Il faut remarquer en outre que beau* coup d'enfÎEUits admis dans les établissements, viennent de familles médiocrement chrétiennes ; qu'après avoir achevé leurs études ils sont lancés au milieu d'une société qui ne s'appuie plus comme autrefois sur des institutions catholiques ; qu'enfin, livrés à des études ou & des fonctions d'où la religion est maintenant absente, ils sont privés des secours puissants, au moyen desquels, dans les siècles passés, Y éducation chrétienne de la jeunesse adulte se continuait jusque dans la virilité. Pour cette raison, quand elle serait seule, il faut profiter avec plus de prévoyance des précieuses années passées au collège, il faut que, même dans l'enseignement littéraire, l'enfance soit continuellement nourrie de notions, de sentiments et d'exemples catholiques, et que l'âme tendre des adolescents, jetée dans un moule chrétien, en reçoive profondément Tempreinte à l'^e où elle offre le moins de résistance â la forme qu'on doit lui imprimer.
« Nous sommes persuadés que cette manière d'enseigner peut être adoptée, sans qu'on fasse injure par là aux usages reçus pendant une longue série d'années dans les collèges catholiques. Les annales de l'Ëglise nous font voir en effet que bien des choses qui, à certaines époques, ne présagent rien de funeste, deviennent ensuite, quand les circonstances sont changées, dangereuses ou même nuisibles. Il y a bien des choses, non mauvaises par elles-mêmes, qu'il est bon de tolérer et même de régler, de peur qu'elles ne viennent à être corrompues par les plus graves abus. Il y en a beaucoup qui, confirmées par l'usage, ne doivent pas être réformées prématu- I ément jusqu'à ce qu'on ait suffisamment préparé les voies à un ordre de choses plus salutaire.
« Après avoir posé ces principes, qui tiennent à l'essence de la méthode à suivre dans l'enseignement des lettres, nous laissons de côté les questions littéraires, dont nous n'avons pas à nous occuper. Nous voulons seulement repousser des assertions injurieuses à l'Eglise que nous avons vu se produire à Voccasion de controverses qui
fiDDGATIOM. M7
ont M lieu. Il n'est pas possible de pajiser ici «oos silenoe Topinion de quelques écrivains ennemis de la religion catholique, qui, pour recommaiMler Femploi à peu près exdusif de la littérature païenne dans les collèges, aifectent de mépriser comme barbare la langue qu'on retrouTO dans les meilleun écrits des Pères, et qui a été consacrée par la liturgie même de TÉelifie. ils ne comprennent pas qu'en oonservaat les éléments et les locations de l'idiome antique, l'Église catholique a fiomé avec eux une langue éldborée de telle sorte qu'elle s'adapte d'une manii^e intime a«x scnthnents chrétiens et aux objets qui les inspirait. Ces écnvains devraîent rougir d^outn^w cette saâite Mère , qui , héritière et j^ardienne de la parole divme, s'est toujours montrée la nourrice soigneuse et la «are protectrice de^ toutes les sdences humaines qui serrent à dissiper la barbarie. Éloignons donc de nos écoles «ne assertion également fausse et indécente : elle offenserait les oreilles des élèyes et scandaliserait leurs âmes.
§ m. l>e rhUtaire.
« Eu suivant la voie ouverte par saint Augustin dans son livre de la Cité de Dîew, les professeurs doivent, quand l'occasion s'en présente et autant qu'ils le jugeront utile , faire remarquer à leurs élèves comment; au milieu des vicissitudes humaines , se manifeste la divine Providence, qui, selon l'expression de l'Écriture, rejouant dam l^unwêrê, se sert souvent des hommes comme d'aveugles instruments de sa sagesse, et, sans dteri l'homme son libre arbitre, dirige toutes les choses et conduit les événements vers des fins supérieures, que les acteurs eux-mêmes ne prévoient ni ne soupçonnent. Pour appliquer cette méthode avec succès, les professeurs ne doivent pas t'en rapporter à leur jugement ni à celui de tout auteur qui leur tombera sous la main, mais prendre pour guide les écrivains le pins généralement estimés.
•« Lorsqu'ils traitent l'histoire des peuples anciens , ils doivent lamener le récit détaillé des faits à des conclusions qui se rapportent à la religion. Ils montreront que les vérités avaient été diminuées, que les mœurs s'étaient corrompues à mesure que la lumière qui avait brillé sur le berceau du genre humain s'était obscurcie parmi les nations , et que la philosophie humaine était ou impuissante à extirper les mauvaises doctrines, ou fertile en doctrines plus mauvaises encore. Mais, en faisant le tableau des erreurs répandues partout, ils ne négligeront pas de recueillir les restes et les fragments de vérités qui se rencontrent dans les monuments de l'antiquité ou qu'on y découvrira par suite des progrès de la science, et qui paraissent conformes par quelque endroit aux récits et aux affirmations des livres saints. En ^et, quoique la vérité de la religion chrétienne, appuyée sur ses propres fondements, n'ait pas besoin de oes eecours^ ces recherches de l'érudition ont leur utilité et troufeat leur place dans la défense de la religion, comme on
le voit par i* exemple de beaucoup d'apologistes et des Pères de rÉglise.
» Mais lorsqu'ils examinent les mœurs , la condition civile et les institutions politiques de ees peuples , ils doiyent faire comprendre à leurs élèyes qu'elles s'adapteraient bien mal à la sagesse et au génie des peuples chrétiens. Ils prendront garde que l'imagination des élèves se laisse gagner par une admiration iiréflécbie qui leur inspirerait un juste mépris pour la société dans laquelle ils doivent vivre, et leur ferût rêver une imitation insensée des institutions païennes. Les engouements de ce genre sont une excitation anx troubles politiques, ainsi que l'a prouvé la lamentable expérience faite à la fin du dernier siéKsle.
M En exposant l'histoire des peuples chrétiens, ils entreront dans de plus grands développements. Us s'attacheront particulièrement à rétablir et à éclaircir ces portions de l'histoire que les préjugés et les calomnies des écrivains protestants ou impies, et même de certains catholiques, ont essayé d'obscurcir et de défigurer. Quand il s*agit des siècles pendant lesquels la société politique était , de la base au sommet, appuyée sur la loi catholique, ils doivent caractériser les deux principes qui étaient alors en présence. L'un, violent et rebelle, était une émanation de la férocité presque indomptable des peuples barbares. L'autre était le principe chrétien, qui agissait en sens contraire par le travail continuel et par les règlements des papes et de l'Église ; la lutte de ces deux principes et l'ascendant croissant du principe chrétien sont le pivot sur lequel roule l'explication de cette époque. Après avoir tracé l'histoire des Souverains Pontifes, ils la couronneront par quelques observations générales. Embrassant la succession des vicaires de Jésus -Christ depuis le premier siècle jusqu'à nos jours, ils feront remarquer qu'on n'a jamais vu nulle part une suite de principes qui puisse lui être comparée pour le courage, la prudence, la justice, la modération et pour les merveilles de la charité. Qu'ils fassent, en outre, attention que les desseins et les actes de plusieurs papes du moyenâge, même inscrits dans le catalogue des saints, ont été défigurés non pas seulement en passant, mais systématiquement, par quelques théologiens et par quelques auteurs d'histoires ecclésiastiques, appartenant pour la plupart au dernier siècle, mais encore trop répandus parmi nous. Qu'ils dissipent donc les ténèbres de ces erreurs ; ils comprendront qu'il serait d'autant plus honteux que la mémoire de ces papes eût à souffrir dans les écoles catholiques que Ton a vu, de notre temps surtout , des écrivains protestants la justifier et la venger par esprit d'équité. Il ne sera pas non plus superflu de faire voir combien a été honorable et utile pour la religion chrétienne l'institution des ordres monastiques, dont l'influence a été si avantageuse non seulement à l'Église, mais aussi à la société civile.
M Comme, en outre, de nos jours, la souveraineté temporelle du pape, attaquée par les armes d'une rébellion sacrilège , a été aussi
en butte à nne année de sophismes, ils signaleront les racines qu'elle a dans la haute antiquité chrétienne ; ils démontreront la légitimité de son origine et de sa conservation, ainsi que sa nécessité évidente pour le bien de tout le monde chrétien. Ils le feront avec d'autant plus d'empressement qu'un sujet particulier de joie se rattache pour nous à cette grande cause. Il y a peu de temps que notre nation, en prenant récemment sa défense, a remporté une victoire qui a été le triomphe de toute TÊglise et qui a rajeuni une de nos plus anciennes gloires.
« Enfin, lorsque les professeurs traiteront cette partie de l'histoire qui se rapporte aux temps modernes , et qui a été altérée par toute espèce d'interprétations erronées, nous les avertissons surtout de prémunir soigneusement les jeunes gens contre les aberrations et les préjugés de certaines classes d'écrivains. Les uns tâchent de glorifier lesmventeurs, les fauteurs des hérésies: ils les préconisent comme des défenseurs de la liberté , tandis qu'ils accusent d'intolérance et de persécution l'Eglise catholique, qui a réprimé leurs erreurs comme elle en avait le droit, avec une inébranlable fermeté. D'autres affectent de ne pencher d'aucun côté ; ils tiennent dans l'indifférence la vérité et l'erreur, ne craignent pas d'appeler vaines disputes de mots les combats que l'Ëglise a soutenus contre les hérésies. D'autres enfin, surtout lorsqu'il s'agit des événements politiques, attribuant tout à une sorte de fatalité, k la nécessité des circonstances ou à la loi du progrès de l'humanité, s'efforcent de justifier de tout reproche les plus grands coupables. Nous exhortons dans le Seigneur les professeurs de nos établissements d'éducation à porter leur attention sur tous ces points, à réfuter, comme il faut le faire, toutes ces erreurs, afin qu'en prenant pour règle la vérité catholique, ils travaillent à donner à leurs auditeurs de saines notions sur l'histoire.
§ IV. De la fhiloiophie^
- Quant aux discussions philosophiques qui touchent la religion, les professeurs doivent avoir avant tout sous les yeux les constitutions apostoliques qui ont condamné les diverses erreurs philosophiques de notre époque, et spécialement cet enseignement contenu dns la lettre encyclique adressée par le pape Grégoire XVI à toute l'Eglise en 1834 : « Il est bien déplorable devoir dans quel excès de " délire se jette la raison humaine, lorsqu'un homme se laisse pren- M dre à l'amour de la nouveauté, et que, malgré l'avertissement de
- l'apôtre , s'efforçant d'être plus sage qu'il ne faut, trop confiant
- aussi en lui-même, il pense qu'on doit chercher la vérité hors de « la religion catholique, où elle se trouve sans la plus légère tache, «• et qui est par là même appelée et est en effet la colonne et l'iné- « branlable soutien de la vérité. Vous comprenez très-bien, Véné- « râbles Frères, que nous parlons ici de ce fallacieux svstème de phi- « losophie récemment inventé, et qu'on doit tout k fait improuver,
570 ÊDtJCÂTibl*.
- système où, entraîné par un atnonr téiùéraife tel sanè freiù des « nouveautés , oh ne cherche pas la vérité là où elle e«t certaitte- « ment, mais où, laissant de côté les traditions saintes et aposto- « liques, on introduit d'autres doctrines vainefe, Futiles, incertaiAfes, « qui ne sont pas approuvées par l*Église , et sur lesquelles les « hommes les plus vains pensent faussement qù'ôh puisse établir et
- appuyer la vérité môme. »» Il faut y joindre ces paroles de l'Eticy clique publiée par le môme Pape en 1832: « Emorassatait surtbbt " dans votre affection paternelle ceux qui s'appliquent aux sciéîi'ced « ecclésiastiques et aui questions de pnilosopnie, eihortet-les for- « tement à ne pas se fier împrudeûiment sur leur esprit seul, afin ** qu'ils ne s'éloignent pas de la voie dé là vérité et qu'ils ne se laîs- « sent pas entraîner dans la route des impies. Qu'ils se souidenAent « que Dieu est lé guide de la sagesse et h Hformàtèur âek sageè « ISap.VII, 15), et qu'il he peut se faire ([ne nous conuaission^ «* Dieu sans Dieu, qui apprend aux hommes par le Verbe à cob- <« naître Dieu (1). C'est le propre d'un orgueilleux on plutôt d'uh « insensé de peser dans une balance humaine les myiàtères de là foi « qui surpassent toute intelligence, et de se fier sur notre raisoii, M qui est faible et infirme par là condition de là nature humûtté. *•
« Ces Encycliques ont posé une règle de dôfetribe ^ue pfersl'ôhne ne doit avoir la témérité de violer, soit en V'estreighaût la si^ification des mots , soit en l'étendant au delà du sens naturel et qui âe présente d'abord, ainsi que cela est arrivé à quelques écrivains. Mais on doit s'y conformer exactement, comme l'ohtïàit et le font réélletiient noà professeurs.
« De plus , il faut remarquer que dans les (Questions touchant Ht condition de la raison humaine, il y a deux opinions extrêmes, tout à fait contraires à la doctrine catholique ; Tune qui affiïme que, dans l'état de la nature déchue, les forces de laraisoû ^ont entlèretoent détruites ; l'autre qui prétend i|ue toutes les notions religieuses qui éclairent l'humanité sont une émanation de la raison humaine. L'Église a coupé la racine de la première erreur en condamnàùt ia doctrine de Luther et de Balus sur l'état de l'homme apt*ès la chute. L'autre supprime, non pas seulement quelques articles de foi partiliers, mais encore la foi catholique tout entière, puisqu'elle nie qu'il y ait eu une révélation divine. Entre ces deux extrêmes se rencontrent des opinions qui, excluant l'une et l'autre erreur, sont librement discutées dans les écoles catholiques. Mais autre chose est de considérer spéculativement une opinion, autre chose est de la faire passer dans l'enseignement des collèges, en la présentant aux jeunes gens comme la doctrine qui doit former leur intelligence. Il faut, en cette matière, une grande circonspection, afin d'écal^té'r les thèses qui, à raison de la propension des esprits et de l'influence des eri^urs régnantes offrent un danger réel, et afin d'enseigner celles qui %ioi-
(1) Saint Irénée, Ub, iv, ch. 10.
gfeent pltife sûremeht le péril. Or, coïhimô il est ceHaîii fjue îa principale séduction qui se fasse Sentir de nos jourfe est dunS ce qu'ôtt appelle le rationalisme, comme les jeunes gens, quittant les écoles pour entr'er dans le monde , sont poussés de totis côtés terte cette route funeste , nous avertissons nos professeurs qu'ils doivent choisir les opinions les plus propres à fermer la voie du 'rationalisme et éviter celles qui paraîtraient en faciliter Ventrée. Pour qu'ils le fassent plus sûrement, nous leur signalons , soit les arglifoents par lesquels le Docteur Angélique établit qu'il a été "nécessaife que léfe hoftitoes reçussent, pair le moyen do la foi, non seulement ce qui est au dessus de la raison , mais aussi ce qui peut être connu par la raison; soit les preuves par lesquelles un célèbre apologistedu siècle dernier, dont les écrits sont très-répandus parmi nous, a déiùontré contre les déistes et les athées cette nécessité de la révélatioù (l); soît eùBn ce remarquablepassaged*ïihéminentthéologIeh de nos jours : «Lorsque u nous parlons de la faculté qu'a là liaison humaine de connaître Dieu « et de prouver son existence, nous voulons parler de îa raison isuffl- « samment exercée et développée ; ce qui a lieu à l'aide de là société « et des secours qui se tirouvetit'dahs ïa société , et que ïie pe^t certài- « nement se procurer celui qui est nolirri et qui 'grandit hors âh « commerce des autres hommes (2). »» tî'est en 'ûiéAîtaAt ces '(Considérations, ces arguments , qu'ilis compt'endront pourquoi 'et en quel sens on dit qu'une intervention ou instruction divine à été WcCssailre à l'homme. Cette thèse une fois établie , rerreW des rationalistes qui nient totlte révélation est détruite radîcaleiùent , a*ùtaiA qu'on peut le faire ^ar des arguments ^philosophiques.
« Que si, dans le coû'rs de leurs leçons, ils touchent les questions jpsycoiogiques, dans lesquelles on examiné à quel degré les èignefe soAt utiles ou nécessaires pour que la factlté de concevoir, innée dans l'homme , se développe et s'exerce , qu'ils prennent garde de ne rien dire qui renferme ou setoble renfermer la négation de la force interne par laquelle l'âhïe èaisit la vérité, et 'Saïïs laquelle les signés eux-mêmes ûe pourraient être 6ompris. Du reste, quel que Èoit leur sentiment sn'rles questions dont il s'agit ici, ils doivent savoir qu'il ne leur est pas permis de qualifier d'une manière injurieuse l'opinion contraire.
'« EÎD attaquant le rationalisme , qii'ils prennent garde de réduire à une sorte d'impuissance l'infirmité de la raison humaine. Que l'homme jouissant de l'exercice de sa raison puisse concevoir et même démontrer plusieurs vérités métaphysiques et morales, telles que l'existence de Dieu, la spiritualité , la liberté et l'immortalité de l'âme, la distinction essentielle du bien et du mal ; c'est ce qui résulte de la constante d^ctHne des écalos caliholiques. Il est faux que la raison soit tout à fait impuissante à résoudre ces questions ;
(1) âergier, traité Se la Migion.
(2) l^errone, Dèê UiuxihéolofMiSéi, paH, iti, i«^r, 1, c. 1,
371 ÉCRIYAINS CATHOLIQUES.
que les arguments qu'elles proposent n'aient rien de certain et qu'ils soient détruits par des arguments opposés de même valeur. Il est faux que Thomme ne puisse admettre naturellement ces Térites qu'autant qu'il croit d'abord à la révélation divine par un acte de foi surnaturel ; qu'il n'y ait pas de préambules de la foi qui puissent être connus naturellement, ni des motifs de crédibilité, par lesquels l'assentiment devienne raisonnable. Ces erreurs ne fortîSeraient pas assurément, elles corrompraient au contraire la réfutation du rationalisme. Si quelques uns, sous le nom de traditionalistes ou sous tout autre nom, tombaient dans ces excès, ils s'égareraient certainement loin de la droite voie de la vérité.
" De plus, comme dans la controverse sur la raison humaine on a beaucoup discuté sur la loi surnaturelle, et qu'on ne la pas toujours fait avec exactitude, nous ajouterons aux avis que nous donnons à nos professeurs une observation relative à la distinction réelle de la loi divine naturelle et de la loi divine positive , distinction qu'il faut préserver de toute illusion et de toute ambiguité. 11 faut reconnaître que, suivant la doctrine commune des Pères et des théologiens, cette distinction doit être considérée sous deux rapports. Premièrement, sous le rapport de Yohjet, car les préceptes de la loi divine naturelle, exprimant les relations essentielles de Dieu et de Thonmie et des hommes entre eux, sont contenus dans la volonté nécessaire de Dieu, tandis que les préceptes de la loi divine positive dépendent de sa volonté libre. Secondement, sous le rapport du sujets car, l'homme jouissant de rexercice de sa raison, peut concevoir la vérité au moins des premiers préceptes de la loi divine naturelle, lors même qu'il n'a pas connaissance des monuments de la révélation on qu'il ignore s'il y a eu une révélation ; mais il ne peut connaître les préceptes propres de la loi divine positive qu'autant qu'il connaît
fréalablement, à quelque degré, les documents de la révélation, dont Église conserve le dépôt. Pour maintenir la distinction dont il s'agit, les deux points qui viennent d'être marqués sont requis, et ils suffisent. Que nos professeurs suivent cette règle pour enseigner à leurs élèves une saine doctrine sur cette importante matière.
<• Que si les divers avertissements consignés dans ce directoire sont fidèlement suivis, nous avons la confiance que V éducation, dans nos collèges, atteindra plus parfaitement son but, et que nous verrons s'accroître heureusement le nombre de ces jeunes gens qui, sortis de nos écoles pour se disperser dans le monde , conservent une foi robuste au milieu des dangers de ce siècle. » (Décret XVI.)
Nous avons dit sous le mot affaires politiques, quelle conduite devaient tenir les ecclésiastiques à l'égard de la politique, ici nous rappellerons, d'après le concile d'Amiens, les règles que doivent sui-
ÉCRIYAINS CATHOLIQUES. 373
Treles éerivainê catholiques. Y oici comment s'expriment les Pères de ce concile dans le quinzième décret : De êcriptorihuê catholicis.
« On voit, de nos jours, un grand nombre à! écrivains catholiques, ecclésiastiques et laïques, s'empresser de payer leur tribut à la reli-
Sion par des livres et même par des feuilles périodiques. Cette areur à écrire peut faire beaucoup de bien ou beaucoup de mal, selon la direction qui lui est donnée, il faut donc employer certaines précautions afin de prévenir tous les excès autant que possible. Mais en même temps, nous devons juger avec la plus grande équité les résultats de ces travaux, afin qu'en réprimant la licence on n'entrave pas un zèle digne d'éloges.
^ Au milieu delà fermentation des esprits sont survenues, il y a plusieurs années, des choses blâmables et même des choses déplorables qui ont fait gémir l'Église de Jésus-Christ. Ensuite se^ sont montrés aussi de divers côtés des défauts et des taches qui ont certainement fait tort à des controverses utiles. Mais il a été fait davantage encore pour le bien et l'avantage de l'Église, et peut-être quelques esprits en ont- ils trop perdu le souvenir.
" Si nous revenons par la pensée au commencement de cette période où l'ardeur des discussions a prévalu, nous verrons qu'alors, dans notre pays, dominaient soit chez les fidèles, soit parmi une partie du clergé, des opinions malheureuses, plus ou moins opposées aux prérogatives du Saint-Siège et qui fournissaient aux ennemis de l'Église des armes pour opprimer sa liberté, opinions transmises à notre siècle par le siècle précédent. Or, peu à peu, grâce â une discussion énergique, les préjugés se sontaissipés, les saines opinions se sont ranimées et ont prévalu.
** H faut se rappeler aussi la célèbre lutte des éeriv<tins catholiques contre cet état de choses persistant et déjà comme invétéré, qui foulant aux pieds la liberté de l'Église dans l'éducation de la jeunesse, préparait pour un terme peu éloigné la ruine inévitable de la religion en France. Cette lutte, soutenue pendant un long espace de temps, a tellement remué les esprits des catholiques; leur volonté, sous la direction de l'épiscopat, s'est tellement accrue et fortifiée, que le pouvoir politique a fini par lui céder. La machine dont la compression étouffait partout la vie s'est disloquée, et un champ plus libre a été ouvert à la réédification chrétienne.
«' n ne faut pas oublier non plus quelles idées dominaient, il n'y a pas bien longtemps encore, sur les idées liturgiques. On ne connais* sait presque pas les constitutions apostoliques touchant ces matiè* res, on avait une répugnance préconçue contre la liturgie romaine, et la science ecclésiastique était tellement oblitérée sur certains points que la liberté si dangereuse de fabriquer des livres liturgiques particuliers, ou de les changer à volonté, était considérée par beaucoup de gens comme l'état normal et régulier. Tout le monde sait que c'est à une salutaire controverse qu'il faut attribuer en grande partie les lumières jetées sur cette question et le mouvement des
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esprits, 9^ présence duquel ^i^t d'évoqués et (Je sj^od.^^. ont pu faire é^éoutçr plyjs Ê^çUement les constitugtions ai|]^stQliq\ies relatives à la liturgie.
« Dai^s ces çox^ts, il arrive souvent, çt ceci ];xe doit pA/^ètreKÛs es ov^bli, que les écriççi^ji ^oat les ei^(»:td tendaient a amener ujgt meilleur éts^t do choses sii^ les points en question voyaient des hommes, même pieux, Içs traiter de zélateurs ev^ifojçt^s, ];i,on seulemei^t ^ cause de quelques exa^ératipjgis et d^ quelques yivacités excessives. q\4'on pouvait en e£fet l^ur reproc];ier, mais à cause du. fond même de la ca,use qu'ils s^Quteu^iedgi,tj. Vévénem^t a prouvé qi\e ce^ accusations n'étaient pas conformes à l'équité, pui^qu'ilest évident aujourd'hui que les eQbrts qui fuyaient doun^Ueu 4 ttW\Q^ ces inculpations opt enfin ahouti Jt cet he^r-euis^ résultat do^dt \q Saint-Siège i^postoliqvie et l'Église se réjouisse^ij. Si to.ut le moiidç voulait oien avoir présente ^ V^^PÂt cette in^gr tante ex]^érience, on résisterait f\\jçs> ais^mept ^ l'entratnemçnt irréfléchi qui fait lancer des aGcusa,tiOAS de la même espèce, oe dont avyourd'hui encore quelques personi[^es ne s'abstiennent pei^t-être pas. Main pour conserver pjl\is sûrement l'équité à l'égard d,Qs çcrivains c<\ll:holiqu^, il faut ^.vaut tou,t prendre garde quç l'Église s^ toujoi^rs entendu laisser ^ux auteurs qui n'enficcignent pas les. règles r^^latlves ^ la doctrine^ aux bonnes moeurs et ^u gouvernement çcçlédias tique, la jouissance d'une hberté convenable d^^ ^^^ coutroversea. L.'obéiss^çe catholique consiste dans une soi^mission légitime des esprits, et non dans une compression arbitraire. SU est nécessaire qvio tout ce qui est sanctlQuné pa^ l'au,torité ôfi^ l'^j^glise reste à l'abri de toute atteinte, il est aussi équitable et utile, ces limites étant posées, qu'il y aitdescoutrpver&e^ dwt l'effet, à> ^lo^fl^e, est d'amener ou de réaliser le dévelo^ppement de la science ecclésiastique. Plus il importe dc^ maintenir avec fermeté dans nos diocèses les lois destinées à réprimer la licence, et plus il est nécessaire d'user d'une grande modération 4 regard des^ écrivains recçmmand^blea, afin de leur ai^surer, conformément aux règles de l'Église, une liberté et une sécurité raisonnables. Riei^, en effet, n'ébran^le pe\it-ètr^ plus fortement dans les 4mes l'obéis^ajaçe prescrite peq: le droit, que l'sgi^Qur içç^odéré de 1^ domination e^^igeant Tobéi^s^ç^ alors que le droit ne le commande pas. Ce tempérament nécessaire do l'autorité à l'égs^rd des écrivains catholiquag, 1^ Souverains Pontifes l'o^t toujours recomma^D^, soit par Içur^ constitutions , soit, par leur man^é^e d'agir. L'uft d'eux, Benoit XIV, si célèbre par sa science et son équité, a établi des règles pleines de ^^gesse dont il est nécessaire que l'esprit soit observé chezno^s, pour que la faculté légit.iine d'opiner et d'écrire soit à la fois dirigée et protégée.
" Voici, en effet, les avis que le pape doane aux rapporteurs et au3ç consulteurs de. la congrégation de Y Index, leur ordonnant de s'y conformer daijs Texamen et le jugement des livrer :
^ Qu'ils se souviennent que leur cb^^rge n^ leivr est pas co^Qée
- pour qu'ils cherchent pi^r tous Içs moyens à procurer la proscrip- " tion du livre soumis à leur examen, maispourTexaminer avec une *• application vigilante et un esprit calme, de manière à pouvoir en " rçndre compte fidèlement à la congrégation et lui fiiire connaître •• les véritables raisons qui doivent motiver un jugement équitable, " la proscriptioji, la cprrection ou le renvoi, selon que le livre mé- « riteTun ou l'autre.
" On a eu soin jusqu'^v présent, et il en sera toujours ainsi, nous « XL en joutons paç, de n*adp[\ettre, comme rapporteurs ou comme « ccvisulteurs dans ladite congrégs^tion, que des hommes versés dans M la science à laquelle ont rapport les livres dont l'examen leur est
- respectivement confié. C'ei^t aux artistes seuls qu'il appartient de •* donner un avis sur des œuvres d'art. Mais si par erreur on confie " à quelque censçi;r qi^ consulteur la discussion d'une matière étran- « gère à ses étudçs particulières, et si celui qu'on a choisi le recon- " naît ^ la lecture d^ livre , il se rendra coupable devant Dieu et ** devant les hommes, qu'il le sache bien , s'il ne s'empresse d'en " instruire la congrégatiou ou son secrétaire, confessant qu'il n'a « pî^s les connaissances nécessaires pour ce travail et demandant « qu'on mette à sa place quelqu'un qui en soit capable. ' . . . .
« Qu'ils sachent qu'on doit juger des opinions et des sentiments " divers exprimés dans cloaque livre avec un esprit libre de tout pré- " jugé. Qu'ils mettent de côté toute affection particulière de nation, " de famille, d'école, d'institut; qu'ils fassent abstraction de l'esprit « de parti ; qu'ils aiei^t uniquement Rêvant les yeux les dogmes de la « sainte Églisç et la doctrine commune des catholiques, qui est con- ♦* tenue dans les décrets des conciles généraux , dans les constitu- « tionsi des Pontifes roipains et dans le consentement des pères et « des docteurs orthodoxes. Qi^'ils se rappellent qu'il ^st des opi- « nions en g^and nombre quj paraissent plus certaines à une école , « ^ ui^ institut, à une nation, et qui cependant sont rejetées et atta> " quées par d'autres catholiques, sans aucun détriment de la foi ou « de h, religion , tandis q\ie les qpiniops contraires sont soutenues , « le Siège apostolique le sachî^t et le pern^ettant, et laissant cba- « que opinion de cette nature danp le degré de probabilité qu'elle « peut avoir.
•' Nou^ avertissons aussi que l'on doit avoir grand soin de se rap- ** peler qu'on ne peut porter du véritable sens d'un auteur un juge- « Pftent équitahle, si on n'a lu son livre dans toutes ses parties et si « on n'a pris la précaution ^e comparer entre eux les divers passa- " ge^. Que l'on ait grande attention de ne pas perdre de vue le des- " se^ général de l'auteur et le but qu'il se propose , afin de ne pas le « juger 8ur telle ou telle proposition détachée du contexte et exa- « minée, abstraction faîte de l'ensemble du livre. Il arrive souvent, « en effet , qu'un auteur exprime en cert^iins endroits négligemment - et obscurément ce qu'il explique ailleurs distinctement et avec " netteté ; de sorte que les paroles obscures qui présentaient les çip-
«< parences d'un mauvais sens se trouvent parfaitement éclairées, et « que la proposition douteuse devient irréprochable.
« Si des expressions équivoques échappent à un auteur d'ailleurs u catholique et d'une réputation hors d'atteinte sous le rapport de « la doctrine et de la religion, la justice demande que ses paroles « soient autant que possible expliquées avec bienveillance et prises « dans le bon sens .
« Que les censeurs et consul teurs aient toujours présentes ces u règles et autres semblables qu'ils trouveront facilement dans les u auteurs qui traitent de ces matières. Ils pourront ainsi, dans Tac- « complissement de leur charge , observer tout ce qu'ils doivent à M leur conscience , à la réputation des auteurs , au bien de l'Église ,
« à l'utilité des fidèles
. « Dans l'instruction de notre prédécesseur le pape Clément VIII, " que nous avons déjà citée (1), il est dit avec beaucoup de sagesse •• et de prudence : «< Les choses qui peuvent nuire à la réputation du *< prochain, et surtout à la réputation des ecclésiastiques et des » princes et celles qui sont contraires aux bonnes mœurs et à la dis- « cipline chrétienne, doivent être corrigées. » Puis un peu plus bas : « Que l'on écarte les bons mots et les railleries lancées contre la " réputation du prochain et susceptibles de diminuer la bonne opi- » nion que peuvent avoir de lui les autres hommes. » Et plût à Dieu « qu'en ce temps de licence et de désordre, on ne vît point paraître M tant de livres de cette espèce dont les auteurs , divisés de senti- « ments, se déchirent et s'accablent d'injures les uns les autres, flé- « trissant de leur censure des opinions que l'Église n'a pas encore « condamnées, poursuivant leurs adversaires, l'école et le corps au- ** quel ils appartiennent et les tournant en ridicule, au grand scan- «« dale des bons et à la grande joie des hérétiques , qui triomphent '• de voir les catholiques divisés se déchirer de la sorte. Nous corn- « prenons bien qu'il n'est pas possible que toute discussion soit baD- M nie du monde , surtout en un temps où le nombre des livres aug- » mente incessamment : car il ny a pas de bornes à la manie de faire M des livres, comme il est dit dans l'Ecclésiaste (2), et nous «• savons d'ailleurs que de la discussion peut quelquefois résulter « un grand bien , mais nous n'en avons pas moins raison de vouloir ** que dans la défense des opinions on garde la mesure , et dans les « écrits la modération chrétienne. « Ce n'est pas inutilement, dit « saint Augustin (3), que les esprits s'exercent, pourvu que la dis- «« cussion soit modérée et que ceux qui disputent ne s'imaginent pas « savoir ce qu'ils ignorent. »» Ceux qui, pour excuser l'ftpreté de M leurs écrits, parlent d'ardeur pour la vérité et de zèle pour la pu- M reté de la doctrine, devraient comprendre qu'il faut également te-
(1) Tit. de Correctione librorum, { 2.
(2) Chapiire zii.
(3) E*hchiridion, c, 39, in fin.
« nir compte de la Térité, de la douceur éyangélique et de la charité « chrétienne
« Que Ton réprime donc la licence de ces écrivains qui, ainsi que le *< disait saint Augustin (1) : « Attachés à leur opinion, non parce qu'elle « est vraie, mais parce que c'est leur opinion, » non seulement blâ- •« ment les opinions des autres , mais encore les qualifient et les dé- « crient avec grossièreté ; qu'il ne soit permis à personne de pré- « senter dans ses écrits ses opinions particulières, comme des « dogmes certains et définis par l'Eglise , ni de traiter d'erreurs les •* opmions contraires ; car rien ne serait plus propre à exciter des « troubles dans l'Église, à susciter ou à entretenir la discorde parmi « les docteurs et à dissoudre les liens de la charité chrétienne. »
« On voit par ces règles , non seulement quelle charité les écrivains catholiques doivent observer entre eux , mais aussi avec quelle équité paternelle Tautorité ecclésiastique doit procéder à leur égard. Il faut entourer d*une bienveillance particulière les écrivains laïques qui, bien qu'impliqués dans les affaires du siècle, consacrent spontanément leurs travaux et leur vie à la défense de la religion et remplissent ainsi un double office pour lequel on ne doit pas montrer peu d'estime. Si autrefois, dans des circonstances plus favorables, beaucoup de membres du clergé pouvaient consacrer un temps considérable à composer de savants ouvrages dans l'intérêt de l'Eglise, presque tous, aujourd'hui, sont enchaînés incessamment par les devoirs du ministère sacré, de sorte qu'ils n'ont plus la même liberté pour écrire. Il est donc très utile que des auteurs laïques , dévoués de cœur et d'âme à la foi catholique et au Saint-Siège , viennent 8*adj oindre en auxiliaires à la milice ecclésiastique. En outre, qui ne comprend que les laïques , surtout dans la polémique quotidienne , peuvent sans inconvénient mettre en avant bien des choses qu'il ne serait pas également convenable de voir soutenues par des ecclésiastiques. Ceux-ci s'élancent au combat avec plus d'impétuosité, et c'est précisément pour cela qu'ils ont besoin d'une attention plus vigilante pour observer les règles prescrites par le Souverain Pontife que nous venons de citer et pour conserver en tout des formes de langage irréprochables. Mais quand on reconnaît que leurs travaux, pris dans leur ensemble, sont dignes d'éloges, il ne faut pas se choquer outre mesure de quelques taches accidentelles échappées à l'inattention d'une plume trop rapide ou qu'une ardeur excessive n'a pas su prévenir, et nous pensons qu'en ces occasions il vaut mieux leur adresser des avis bienveillants que de durs reproches. Du reste, nous nous plaisons à donner à plusieurs des ces écrivains les louanges que méritent leur ardeur pour la défense de la vérité, l'oubli de leur propre intérêt, la patience dans l'adversité, la modération dans la prospérité et quelquefois Téclat du talent.
" Nous devons le rappeler aussi , il est nécessaire qu'une bonne
(1) (km[êênonê, Iw, xu, ch, 25, n. 34*
379 ÉTATfirUmS.
directioA mette les éeriycfim çaUffili^jue^ à l'abri des erreurs et des fautes où ils pourraient tomber. C'est pourquoi nous les avertissons et ^qus lea conjurpu^i d^ ne j^m^s oublier qu'ils rei^plissent dans l'armée du» Seigneur ^e râle d^ tvAV^,^ auxiliaire ; q\ie tout le çaonde n*est pçts. appelé à traiter lea questio^sj théologiq\ies , qui exigent une lSGie^ce très peu répanduç p^mi le^ laïques, et que, par conséquent, lorsque de teUçs queatioAS se présenteat, il leur serait très uti^ de consulter des ecclési^atiquçs distingués. p2\r Is^ do<^triue , la piété et la prud^ce, et de recevoir leur avis. Ils ^aveut aussi que la. sagesse chrétieime wpose le devpir de ^'çiItr^pre^dre le^ choses di^ciles qu'après mûre réflo^ion et qu'avec les appuis nécessaires. Ils ont à cœ^^r d^e ne s'écarter en rien de la droite voie de la vérité, qu'ils parsévèreçt do.nc d^s cette fe^me et s?^lutaire conviction que Ifj wo^en assuré d'atteindre cç but est, en écrivant, d*a<vo\r to^j9^^s les yeu3ç tq^çnâ^. vers l'épi^copat çt ^.^rtout ve^s 1^ Siège f^pos^o^i-
que,. "