HISTOIRE
On peut Toir ci-dessus sous le mot éducation, § III, comment les professeurs, d'après le concile d'Amiens, de l'an 1853, doivent enseigner V histoire.
L'Église catholique en Hollande a été organisée hiérarchiquement par la lettre apostolique de Notre Saint Père le pape Pie IX , du 4 mars 1853. Jusque-là elle comprenait dans les Pays-Bas, 1® les trois vicariats apostoliques de Bois-le-Duc , de Bréda et de Ruremonde, gouvernés par trois vicaires apostoliques revêtus du caractère épiscopal et du titre d'évéques in partibus infidelium ; 2^ ce qu'on appelait proprement la mission de Hollande , divisée en six missions que gouvernaient autant d'archiprétres, sous l'autorité de l'internonce apostolique en résidence à La Haye, lequel avait le titre de président ou vice-supérieur de la mission. Il n'agissait que comme à la place du pape, qui s'était pour ainsi dire réservé d'être le sapérieur immédiat de cette mission , rattachée ainsi au Saint-Siège par un lien plus étroit. Ce titre de vice-supérieur ne datait que des dernières années du dernier siècle. Auparavant, et depuis l'établissement du schisme janséniste, la mission de Hollande était gouvernée par les nonces en résidence à Bruxelles, avec le titre de supérieurs. Avant le schisme et depuis 1583 , la mission de Hollande avait été régie par des vicaires apostoliques qui avaient remplacé les évéques d'Utrecht.
Aujourd'hui les trois vicariats de Bois-le-Duc , de Bréda et de Ruremonde sont devenus, avec la même circonscription, trois diocèses ayant des évéques titulaires , investis de la juridiction et de tous les droits et pouvoirs que confère cette charge. Quant à la mission, elle a été divisée en deux diocèses , l'archevêché d'Utrecht et l'évêché de Harlem. Utrecht est métropole de cin^ nouveaux diocèses,Mont la réunion forme une province eclésiastique.
HOLLANDE. 3ai
Lettres apostoliques de N. S. P. le pape pour le rétablUsement de
la hiérarchie épiscopale en hollande.
PIE IX, pape.
Àd ptrpetuam rei mêmorinm.
M Depuis le jour où, par un dessein caché de la divine Providence, ne méritant rien de pareil et n*y pensant pas , nous fUmes élevé au faite du Siège Apostolique , nous avons mis tons nos soins et tout notre zèle , comme lo domandait la charge qui nous était imposée , à assurer la conservation et le salut spirituel des fidèles du Christ dans toutes les parties du monde. Après que, par la hénédiction du Seigneur, il nous eut été donné d'accomplir dans le florissant royaume d'Angleterre la restauration de la Hiérarchie épiscopale, commencée par notre prédécesseur, d'heureuse mémoire, Grégoire XYI, nous avons tourné nos efforts et nos sollicitudes vers une autre partie choisie de la vigne du Seigneur, vers les contrées illustres de la Hollande et de Brahant, ayant vu la possibilité de les réformer par la même institution, comme nous désirions ardemment de le faire. Nous nous représentions sans cesse quelle fut, dès les premiers siècles de l'E* glise, la situation de ce pays, où, introduite dès la fin du septième siècle par un homme enflammé de l'esprit apostolique , saint Clément Willibrod , et par les ministres évangéliques qu'il s'était adjoints , la religion chrétienne , comme tous les anciens monuments l'attestent, produisit aussitôt les fruits les plus abondants, de sorte qu'en 696, saint Sergius I«', notre prëdécesscnr , érigea l'église d'Utrecht et lui donna pour évêque Willibrod lui-même , qu'il revêtit de sa propre main des insignes sacrés. Il serait trop long de rappeler tout ce que ce saint pasteur si digne de louanges , saint Boniface , qui le remplaça , et qui a mérité le titre d'apôtre de la Germanie , ainsi que les évêques qui leur succédèrent, dont plusieurs sont inscrits au nombre des Saints, firent de glorieux et par quels travaux ils propagèrent la foi catholique dans ces régions , jusqu'à l'année 1559, où le pape Paul IV, notre prédécesseur, l'y vit si florissante, qu'il jugea convenable d'y établir une province ecclésiastique. Par ses Lettres apostoliques commençant par ces mots : Supar unicerêo», et en date du quatre des Ides de mai , le siège d'Utrecht , élevé «n rang de métropole , fut revêtu de tous les droits et privilèges attachés à ce titre, et cinq églises furent érigées pour être ses suffiragautes, savoir : Harlem, Deventer, Liewerdcn, Groningue, Middelbourg.
« Cette vigne bien-aimée du Seigneur étant ainsi plus fortement entourée et munie de remparts plus solides , on devait espérer qu'elle produirait des fruits de plus en plus abondants ; mais bientôt après, ce qu'on ne saurait trop déplorer, l'homme ennemi entreprit par tous les moyens de la dévaster, de la bouleverser et de la ruiner. On ne sait que trop quels maux et quelles plaies l'hérésie calviniste fit à ces églises si florissantes. L'effort et la violence des hérétiques furent poussés à ce point, que le nom catholique parut comme éteint dans ces contrées, et qu'il ne restait presque plus d'espérance de réparer une telle défaite. Cependant les Pontifes romains, on le sait, ne négligèrent rien pour mettre obstacle et remédier autant que possible à de si grands maux. Voyant les pasteurs chassés , frappés ou mis à mort , et voulant rassembler les restes de ce troupeau dispersé, Grrégoire XIII, d'illustre mémoire, envoya comme vicaire apostolique un homme éprouvé et enflammé du zèle de la gloire de Dieu, Sasbold Vosmer, qui, plus tard, revêtu par Clément Vin du titre et du caractère d'Archevêque de Philippes, et ayant obtenu des meilleurs instituts et des sociétés régulières un grand nombre d'ouvriers sacrés , travailla avec succès , par le secours de Dieu , i^u rétablissement de la religion renversée.
M Les Pontifes romains successeurs de ceux que noua venons de nommer agirent dans le même but et avec le même zèle, particulièrement Alexandre VII , qui, à l'origine da
Bchisme janeénistd, ne cessa de s'opposer vîgonreusement à ce monstre, à cette peste, pour en comprimer*, en briser ]a violence. Innocent XII, Clément XI, BenoU XIII, Benoit XIV et nos antres prédécesseurs s*appl!qnërent de môme, soit par des vicaires apostoliques revêtus de la dignité épiscopale, soit par des nonces dn Saint-Siège, à soutenir et à fortifier, en leur assurant les secours spirituds, les catholiques de la Hollande et du Brabant, qu'une si affreuse et si cruelle tempête avait réduits à l'extrénûté, afin de préparer le jour où la miséricorde du Seigneur permettrait de rendre à ces églises leur première forme et leur ancien éclat.
u Le Père des miséricordes, le Dieu de toute consolation, a daigné, dans sa bonté, accorde!r aux travaux incessants des Pontifes romains le fruit si longtemps désiré. Aujourd'hui, ce qu'ils ont voulu, peut être accompli, et nous rendons grâce de t<)ute notre âme au Dieu dispensateur de tout bien, d'avoir réservé cette joie à notre humilité. Kotre prédécesseur d'illustre mémoire, Grégoire XVÎ, le sérénissime roi de ce royaume y donnant son assentiment dans un esprit d'équité, avait réglé beaucoup de choses avec une grande sagesse et préparé les voies pour rétablir entièrement en ce paj's la discipline ecclésiastique. Des négociations avaient même été ouvertes en 1841 pour la reconstitution de la hiérarchie épiscopale ; mà.îs, lès circonstances s'y opposant, il ne crut pas devoir presser cette affaire , et il la remît à un temps plus opportim , après avoir revttu du caractère épîscopal les vicaires apostoliques du Brabant et pris diverses au très taesures propres à faciliter dans la suite cette restauration si désirée. Ayant devant les yeux les beaux exemples de nos prédécesseurs et voulant , autant que nous le pouvons, procurer le bien de cette partie chérie du troupeau du Seigneur, nous avons résolu d'accroître autant qu'il est en nous dans le royaume dont nous parlons la prospérité de la religion catholique.
u Considérant dans leur ensemble là situation et les progrès des affaires catholiques dans cette contrée , ainsi que le grand nombre de catholiques qui s'y trouvent ; voyant diminuer chaque jour les obstacles qui s'opposaient avec tant de force au maintien et au développement de la religion ; ayant la confiance que ces obstacles disparaîtront tout à fait pat la Wfbrme des lois fondamentales, commencée dans un esprit d'équité et de Justice par les chefs du gonvernement , connaissant avec certitude la bienveillance du sérénissime roi envers ceux de ses 'sujets qui professent la religion catholique, nous avons cru que le temps était venu où la forme du rtgime ecclésiastique dans le royaume de Bollande pouvait être ramenée à celle dont jouissent les nations fidèles , là où aucune cause particulière n'exige qu'elles soient régies par le ministère extraordinaire des vicaires apostoliques ou par tout autre ministère exceptionnel. Cela nous a été d'ailleurs demandé instamment et à diverses reprises , non seulement par nos bien-aimés fils de toute condition qui habitent ces contrées , mais aussi par les vicaires apostoliques euxtoêmes et par tout le clergé ; comment notre amour patemel aurait-il pu résister h leurs prières ?
u Et cela devant être de la plus grande utilité à ces prélats et à leurs églises, nous voulons et ordonnons qu'ils continuent à adresser les rapports de la situation de leurs sièges et de leurs troupeaux à la Congrégation de la Propagande, qui jusqu'ici a donne des soins particiiïîers et attentifÎB à ces contrées, et qu'ils nous informent par l'interm'édîûre de là même Congrégation de tout ce que, pour l'accomplissement de leur devoir et le bien spirituel des fidèles, ils se sentiront dans l'obligation de porter à notre connaissance.
M Pour tout le reste , en ce qui touche à la charge pastorale , l'archevêque et les ^Mques susmentionnés jouiront de tous les droits et pouvoirs dont jouissent les archevêques et les évèques catholiques des autres pays ; en vertu du droit commun établi par les sacrés canons et par les constitutions apostoliques, ils peuvent et pourront doneuser de toxu ces droits et pouvoirs, cotnme aussi ils seront astreints aux mêmes obligations ^Ti*isBlj^Oie «a «atréê ardhe^tiM et ivêques la diaoiplSne commune et génénle de
HOLLÀNDB. 3M
i^Église cadiolîqud. En conséquence, tout ce qn! n été eà Vigtietâr SktA Timc^ état des églises fle Hotlanâe on dans leur condition subséquente de missions, résuftàint de constitatîonè spéciales, de privilèges ou de coutumes particulîèfres, ne pTodiriiift déèormais ni droit ni obligation. Et pour écarter toute ambîprùlté, dans la plénitude de notre autorité apostolique, nous ôtons à ces constitutions spéciales, privilèges de tonte sorte, coutumes établies et en vigueur même de temps immémorial, tonte force d*obl%er et de créer un droit. A l'archevêque et aux évêqucs de HotUttiâe^ il appa^rtiendra de déterminer ce qui touche k Texécution du droit commun et les choses qui sont laii^ées à rautorité des évêques «par la discipline générale de rÉgKsè. Nous promettons de îe% assister volontiers de notre autorité apostolique et de leur apporter tott't notre cû^cours pour la gloire du nom de Bieù et le sàlut des âmes.
*t Afin de donner une preuve plus certaine de cette ■résolution où nous sommes', nous voulons que ces prélats, après avoir été revêtus du titi'a et des droits d'évêqnès ordinaires, conservent néanmoins les avantages et pouvoirs plus amples dont ils jouissaient auparavant en qualité de vicaires du Siège apostolique, ou dont jouissent les autres vicaires apostoliques par la largesse du même Saint-Siège. Nous voulons pareillement qn'U soit entendu que l'archevêque d'Utrecht et les prélats 'ses sufiragants, chacun dans l'exercice des fonctions qui leur incombent , aient, comme 11 'est juste, plein pouvoir et pleine liberté. En soumettant ces églises suffragantes et leurs territoires à la juridiction du métropolitain d'Utrecht, nous les dégageons désormais de l'autorité et dépendance de tout antre métropolitain ou archevêque auquel elles auraient pu avoir été soumises, en tout ou en partie, dans leur état de vicariats ou de missions. Nous concédons, en conséquence, à l'archevêque dUtrecht le droit et la faculté d'user de tous les insignes, honneurs, ornements, privilèges et prérogatives des prélats métropolitains.
M Et conmie jusqu'à ce jour l'état du catholicisme en Hollande a été tel que les ressources temporelles convenables manquent aux pasteurs et aux nécessités de chaque église épiscopale, nous avons l'espérance presque certaine que nos chers fils les fidèles de Jésus-Christ, dont nous avons reçu de tout cœur les prières instantes et réitérées pour le rétablissement de la hiérarchie épiscopale, et dont nous avons accompli les voen^, s'empresseront maintenant et ne ces<ieront pas à l'avenir d'aider plus largement de lenn aumônes et de leurs offrandes les pasteurs que nous mettons à leur tête, afin qu'ils puissent pourvoir à l'établissement des Sièges apostoliques, h la prospérité et à l'accroissement de la religion catholique.
tt Enfin, élevant les yeux vers Jésus-Christ, l'auteur et le consommateur de notre foi, nous le supplions avec instance do daigner consolider et assurer par sOn divin secours ce que, pour le bien et l'avantage de l'Église catholique, notis avons jugé bon de faire et d'établir dans le royaume de Hollande, remplissant de la vertu de sa grftCe céleste tous ceux dont le devoir est de contribuer à l'exécution de ces décrets, afin qu'ils s'acquittent avec plus de zèle et de soin pour la gloire de Dieu des offices et charges qui leur sont confiés.
« t>éterminé par ces motifs et par d'autres de Ta plus grande gravité, aprëë en avoir préalablement délibéré, comme l'importance de l'affaire le demandait , avec nos Vénérables Frères les Cardinauic de la sainte Église romaine, de ià Congrégation de Ift Propagande, que nous avons chargés de l'examiner mûrement, et qui nous ont de plus en plus confirmé dans la résolution que nous avions prise, le\*ant les yeux vers la Montagne d'oti vient le secours du Tout -Puissant, implorant le secours de la Vierge Mèrtt de Dieu, invoquant l'intercession des saints Apôtres Pierre et "Pêxà et des antres sidnts, de ceux surtout qui, en répandant leur sang pour le Christ, ont illustré l'Egtfse de Hollande y nous avons jugé devoir enfin mettre la main à une œnvi^ si salutaftre. C'est pourquoi, de notre propre mouvement et science certaine, et après mûre délibération, en vertu de la plénitude de Tautorité apostolique , pour la plus grande gloire dv Dion tout-ptdssant et le plue grand bien de l'Église catholique, nous Tonloni 'el déoiétoiia
que duui le royaume de HoUandê et de Btabant refleurisse , conformément aux lèglee commîmes de cette môme Eglise , la hiérarchie des évêqnes ordinaires, lesquels prendront les noms des sièges que, par ces présentes Lettres apostoliques^ nous érigeons et constituons en province ecclésiastique.
u Nous décrétons donc et voulons que cinq sièges soient érigés et fondés dès à présent, savoir : Utrecht, Harlem, Bois-le-DnC| Bréda et Ruremode. Rappelant à notre mémoire les monuments illustres de l'Église d^Utrecht, tenant compte surtout de la disposition des lieux, et ayant égard encore h d'autres raisons, nous relevons oe siège autrefois si illqstre, mais aigourd'hui comme enseveli, et nous ne pouvons nous empêcher de le mettre ou de le rétablir dans la dignité de métropole ou d*archevêché, dont l'avait revêtu notre prédécesseur Paul lY, d'illustre mémoire, et de lui assigner comme év^chés sufiraganta les quatre sièges ci-dessus, ainai que par la teneur des présentes, on vertu de notre autorité apostolique , nous les lui assignons , joignons et attribuons.
M A ce siège archiépiscopal ou métropolitain d'Utrecht, nous attribuons les provinces dont suit l'indication : d'abord la province môme d'Utrecht, d'où il tire son nom, les provinces de Groningue , de la Gueldre , de la Fri^e, de Drenthe , qui formaient jusqu'à ce moment la plus grande partie de la mission appelée proprement mission de Hollande,
u A l'Église suffiragante de Harlem , nous assignons les autres provîncea on régions qui, jusqu'à présent, comprises dans cette mission de Hollande, étaient soumises à un président ou vice-supérieur.
^ Quant aux autres Églises, nous voulons et décrétons qu'elles aient chacune les provinces , districts ou comtés et régions dont elles étaient jusqu'à présent en possesmon, de sorte que chacune de ces Églises épiscopalcs et sufiragantes susdites de Boîs-le- Duc, de Bréda et de limbourg, ainsi qu'il est diisposé dans les Lettres apostoliques datées du 2 juin 1840, commençant par ces roots : Univerealis ecclesiœ , et dans celle es date du 9 mars 1841, commençant par ces mots : Unirersi Dominici gregis. Ainsi, dans tout le royaume de Hollande et de Brabant, il y aura une seule province ecclésiastique composée d'un archevêque ou métropolitain et de quatre évêqnes suffragants, dont le zèle et la sollicitude pastorale, nous en avons la confiance dans le Seigneur, fortifieront de plus en plus la religion catholique dans ce pays et lui feront prendre de plus heureux développements. C'est dans cett^ e5(pérance que nous nous réservons dès àprê sent, à nous et à nos successeurs dans le Siôgc .ipostolique, de partager cette province en plusieurs dès que cela deviendra nécessaire , d'augmenter le nombre des diocèses, d'en changer les limites et de faire, en un mot, en toute liberté, ce qui paraîtra opportun et expédient devant le Seigneur.
w Nous décrétons que ces présentes Lettres apostoliques ne pourront en aucun temps dtre attaquées pour subrepUon, obreption, défaut d'intention de notre part, ni pour aucun autre vice quelconque ; qu'elles seront toujours valides et conserveront toute leur force ; qu'elles devront en toutes choses avoir leur effet et être observées inviolablement, nonobstant toutes dispositions générales ou spéciales, sanctionnées soit par le Siège apostolique, soit par les canons des conciles synodaux, provinciaux ou même universels ^ que ces dispositionB se rapportent soit aux anciens sièges de la Hollande , soit aux missions, soit aux vicariats apostoliques qui y furent ensuite constitués ; qu'elles touchent ans droits et privilèges soit des églises , soit des lieux pies , et quand bien même elles auraient été confirmées, soit par serment, soit par la sanetion apostolique; nonobstant, disons nous, toutes ces dispositions ou toutes autres à ce contraires, quelles qu'elles soient. A toutes et à chacune d'elles en tant qu'elles feraient obstacle aux dispositions ci-dessQS, nous dérogeons expressément à celles même auxquelles on ne déroge que par une mention spéciale ou par l'observation de toute autre forme particulière. Nous déclarons nul et sans force tout ce qu'on pourra tenter de contraire, quelle que soit
rantorité qui le tente et qu^elle le fasse sciemment on par ignorance. Et nous voulons qne les exemplaires de ces Lettres , même imprimés , s'ils sont revêtns de la signature d'an notaire public et du sceau d^une personne constituée en dignité ecclésiastique, fassent foi et qu*on y voie l'intimation de notre volonté absolument comme si cet original était représenté.
« Donné à Rome, près Saint-Pierre, sous l'anneau du pêcheur, le quatrième jour de mars de l'an MDCCCLIII, de notre Pontificat l'an septième.
M A. CABD. LaHBBITBCBINI. **
AixocuTiON de N. S. P. le Pape Pie IX dans le consistoire secret du 7 mars 1853, sur le rétablissement de la hiérarchie en hollande.
« VÉHiSABLEB FrÎBBEB ,
« n a plu au Père des miséricordes , au Dieu de toute consolation, de donner à nos angoisses si douloureuses un grand adoucissement , et nous avons voulu vous le faire partager, sans aucun retard, certain, Vénérables Frères, que votre joie sera égale à la nôtre. Nous vous annonçons donc que, par une grâce singulière de la clémence divine, le jour si désiré vient de luire où nous pouvons rétablir, dans le royaume florissant de la Hollande et du Brabant, la hiérarchie ordinaire des évêques selon les règles communes de l'Eglise, et pourvoir ainsi de la manière la plus efRcaco au salut et à la prospérité de cette partie bien-aimée du troupeau du Seigneur. Personne de vous n'ignore. Vénérables Frères, quelle a été, depuis les premiers siècles de la religion chrétienne, la situation de ces contrées, et comment, dans le septième siècle, par les soins de saint Villibrod, si illustre par ses vertus apostoliques, et de ses compagnons dans le saint ministère, ces peuples reçurent et apprirent la religion divine et la doctrine du Christ notre Seigneur, dont les progrès furent tels que peu après notre prédécesseur, saint Sergius I*"", crut devoir ériger le siège épiscopal d'Utrecht et en donner à Villibrod luimême la charge et le gouvernement. Vous savez aussi avec quel soin, quelle persévérance, quelle application le même saint Villibrod, saint Boniface , qui mérita le titre glorieux d'Apôtre de la Germanie, et dans les temps postérieurs d'autres Evèques, dont plusieurs sont inscrits au catalogue des saints s'efforcèrent de propager chaque jour de plus en plus la foi catholique dans ces mêmes régions, ne reculant devant aucun danger pour l'inculquer aux habitants de ces contrées et pour les maintenir dans l'observance de ces saints préceptes. Par le secours de la grâce divine notre sainte religion y prit une telle consistance, de tels accroissements et y derint ;:i florissante, qu'en 1559, notre prédécesseur Paul IV, d'illustre mémoire, crut devoir investir, par ses lettres apostoliques, le siège épiscopal d'Utrecht, du titre et des droits et privilèges d'église métropolitaine, et ériger cinq autres sièges épiscopaux comme suffragants de cette église archiépiscopale.
« Et plût à Dieu que l'homme ennemi n'eût jamais semé la zizanie dans cette partie si aimée du champ du Seigneur, qui, heureusement cultivée, devait produire des fruits de jour en jour plus abondants et plus beaux! Plût à Dieu que jamais au sein de ces peuples fidèles n'eussent fait irruption les ennemis de la it}?igion catholique, s'efforçant par tous les moyens de les arracher de ses bras ! Nous ne voulons pas rappeler ici les perturbations à jamais déplorables de cette époque et les maux si grands et si connus par suite desquels au souverain détriment des fidèles, ces églises si florissantes furent misérablement abattues et ruinées. Vous savez comment les Pontifes romains, dont la vigilance pastorale ne néglige jamais ce que réclament les périls extrêmes des membres souffrants du Christ, tentèrent tout ce qu'il était possible de tenter pour porter secours à ces églises affligées et pour détourner les terribles calamités qui y opprimaient leê fidèles. Il n'est donc pas nécessaire de vous rappeler par quel» soins paternels, avec
aM HOLLAt»)B.
qnelliB aag«9«6 el qudUa prévoyanoe Grégoire XIII, OUmoni YIII, Alexandre VU, Clément IX, Innocent XII, Benoit XIII, Benoît XIV et nos autres prédéoeBseun onttrar vAiUé, san» interruption, à secourir les catholiques de la Bollande et du Brabant, à iaire revivre ces 4glisoA et à leur rendre leur ancien éclat. Toutes ces choses vous sont parfaitement connues. Vénérables Frères. Vous savez aussi avec quelle sc^idtude notxe prédécesseur Grégoire XVI, d'illustre mémoire, employa tons ses soins à régler dans ces contrées d'une manière de phis en plus favorable le^ affaires de la religion et à y constituer la discipline ecclésiastique. Le sérénissime Roi favorisant son action, il établit beaucoup de choses en ce pays avec autant de sagesse que de prévoyance; mais quoiqu'il eût toujours présent à la pensée le rétablissement si désiré de la hiérarchie épiscopale, il ne crut pas que les circonstances lui permissent de presser cette aAdke et se contenta d'augmenter dans le Brabant le nonbra 4as vicaizea »po»(oliquea i«v|iua de la dignité épiscopale.
« Nous éprouvons donc une grande joie en voyant que , malgré notre indignité, la divine démence semble nous nvoir réservé raccompliss^ment d'nn prqjet quft usm prédécesseurs ont préparé avec tant de zèle et avec tant de peine. Depuis que, par le j^u^^r ment impénétrable de Dieu , nous avons été élevé à cette Chaire sublime du Prinoe des Apôtres, nous avons, avec la plus grande ardeur et la plus vive sollicitude, appliqué nos soins et nos pensées aux affaires ecclésiastiques de ce royaume* Comme T^ùgeait la charge de notre ministère apostolique et l'amour partionlier que nous portons aox fidèles de ce pays , nous n'avons rien eu plus à cœur que de faire tout ce qui pouvait procurer leur bien et celui de notre religion très sainte. C'est pourquoi notre âme ^ été remplie d'une consolation inefiable lorsque nous avons vu arriver le temps si désiré, où, au grand avantage des affaires catholiques et des fidèles de ces contrée?, il devenaitr possible d'y rétablir la hiérarchie épiscopale conformément aux règles communes de l'Erse. Nous avons reconnu, en effet, que dans oc royaume la reli^on catholique progressait chaque jour par la grâce de Dieu ; que le nombre déjà si considérable des catholiques qui l'habitent y augmentait encore , que le Sénérissime Roi y était plein de bienveil' lance pour ses sujets catholiques; qu'enfin, chaque jour s'amoindrissaient les obstacles qui s'opposaient autrefois au bien de notre religion et qui finiront par disparaître tout k fait; l'esprit d'équité et de justice dont sont animés ceux qui gèrent et administrent les afîaires de ce gouvernement m'en donne la confiance. Ajoutons, Vénérables Frèreâ que non seulement les vicaires apostoliques, mais encore tout le clergé et un grand nombre de laïques de toute condition, nous ont adressé des prières réitérées pour obtenir oe rétablissement de la hiérarchie épiscopale. Vous comprenez, Vénérables Frères, avec quelle joie nous les avons reçus^ ayant depuis si longtemps mis tous nos soins, toutes nos aollicitodes, tout notre zèle, toute notre application à disposer les choses pour atteindre cette heureuse issue. C'est pourquoi, après avoir pris les conseils de nos Vénérables Frères les Cardinaux de la sainte Église romaine, de la Congrégation de la Propagande, que nous avions chargés d'examiner cette grave affaire, rien ne pouvait nous Itre plus agréable et plus doux que de rétablir selon nos désirs la hiérarchie épiscopale dans la Hollande et le Brabant. Nous avons donc ramené dans ce royaume le ré> gime ecclésiastique à la forme qu'il a diez les autres nations les plus ci\ilisées, et où aucune raison particulière n'exige le ministère extraordinaire des vicaires apostoliques. Y instituant une province ecclésiastique, nous avons décrété que cinq siégea épiscopaux y seraient dès à présent érigés, savoir : Utrecht, Harlem, Bois-le- Duc, Breda, Raremonde. Et nous rappelant un passé illustre et les monuments du siège d'Utrecht, qui, ainsi que nous l'avons dit, fut investi par Paul IV, notre prédécesseur, des honneurs et privilèges de l'épiscopat ; considérant en outre l'utilité plus grande dç notre religion très sainte et les nécessités des circonstances, nous n'avons pas hésité i^ rétablir le aiége d'Utrecht dans son ancienne dignité d'Église métropolitaine, lui donnant pour suHragants les quatre autres sièges épiscopaux. Voilà, Vénérables Frères, ce qne nous «vont