‹ Cours alphabétique et méthodique de droit canon dans ses rapports avec le droit civil ecclésiastiqueChapitre 236 sur 408 · DUPIN · texte numérisé non relu

DUPIN

Louis Ellies Dupin, né à Paris, en 1637, d'une famille ancienne, originaire de Normandie. Il fit paraître dès son enfance beaucoup d'inclination pour les belles-lettres et pour les sciences. II embrassa l'état ecclésiastique , et reçut le bonnet de docteur en Sorbonne en 1684. 11 avait déjà préparé des matériaux pour sa bibliothèque universelle des auteurs ecclésiastiques, dont le premier volamepar rut in-S** en 1686. La liberté avec laquelle il portait son jugemeni sur le style, la doctrine et les autres qualités des écrivains ecclésias* tiques éveilla l'attention de Bossuet qui en porta des plaintes i do Harlay, archevêque de Paris. Ce prélat obligea Dupin à rétracter un grand nombre de propositions. L'auteur, en se soumettant à tout ce qu'on voulut, espérait que son ouvrage ne serait pas supprimé. U le fut cependant par un décret du prélat, le 16 avril 1693. Son repos fut encore troublé par l'affaire du cas de conscience ; il fut Fun des docteurs qui le signèrent. Cette décision lui fit perdre sa chaire et le força de quitter la capitale ; exilé à Chatellerault en 1703, en se rétractant il obtint son rappel ; mais il ne put recouvrer sa p^ace de professeur royal. Clément XI remercia Louis XIV de ce châtiment, et dans le bref qu il accorda à ce monarque, il appela ce docteur un homme d'une très mauvaise doctrine, et coupable de plusieurs excès envers le Siège apostolique. Dupin ne fut pas plus heureux wtt9 la régence ; il était dans une étroite liaison avec Guillaume Wake, archevêque de Cantorbéry, et était même avec lui dans une relation continuelle. On soupçonna du mystère dans ce commerce, et le 10 février 1719, on fit enlever ses papiers. « Je me trouvai auPalais- « Royal, dit Lafiteau, évêque de Sisteron, il y était dit que les « principes de notre foi peuvent s'accorder avec les principes de te

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** religion anglicane. On y avançait q«e, sans altérer Tintégrité des ** dogmes, on peut abolir la confession auriculaire, et ne plus parler « de la transsulMtantiation dans le sacremeRt de revcharistie ; •• anéantir les Toeux de religion, retrancher le jeûne et l'abstinence •• du carême, se passer du pape et permettre le mariage des prê- " très. » Des gens qui se croient bien instruits assurent que sa coi^ doite était eonforme à sa doctrine, qu'il était marié, et que sa rewTé se présenta pour recueillir sa succession. Si ee doeteur était tel qu'on nous le représente, le papo devait paraître modéré dan» le» qualifications dont il le charge. Voici le portrait qu'en trace le àwf de Saint-Simon, dans ses Mémoires, ch. 53 : « Il fut réduit à impri**

- mer pour vivre ; c'est ce qui a rendu ses ouvrages si précipités , « peu corrects, et qui enfin le blasa de travail et d'eau-de-vie, qu'il « prenait en écrivant, pour se ranimer, et pour épargner d'autant « sa nourriture; bel et bon esprit; judicieiix quand il avait le Ump$

- de l'être, et un puits de science et de doctrine avec de la droiture

- et des mœurs. «

Dupin était partisan de Richer (Voyez richer), dont il prenait le démocratique système, totalement destructif de la hiérarchie et de Tunitéde l'Église. Dureste, quelque idée que l'on se fasse de sa façon de penser et de sa conduite, on ne peut lui refuser un esprit net, précis, méthodique, une lecture immense, une mémoire heureuse, un style à la vérité peu correct, mais facile et assez noble, et un caractère moins ardent que celui qu'on attribue d'ordinaire aux écrivains du parti avec lequel il était lié. Il mourut à Paris, en 1719, à 62 ans.

Ses principaux ouvrages, outre ba Bibliothèque eceUeiastique, sont; Hiêioire de lÉgliee en abrégé, Paris, 1712, 4 vol. in-12. Essai histo^ rique êur la puissance temporelle des papes; sur Vabus quils oni fait dû leur ministère spirituel et sur les guerres qu'ils ont déclarées auof souverains, spécialement à ceux qui avaient la prépondérance en Italie, 3* édit. , Paris, 1811 , 2 vol. in-8^. M. Dupin, atné, dans son Manuel du droit ecclésiastique, ne craint pas de recommander ces deux ouvrage». Traité historique des excommunications, etc. La plupart de ces ow» vrages ont été mis à Y Index.

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