ÉMERY
Jacques-André Émery, supérieur général de la congrégation de Saint-Sulpice, né à Gex, le 26 août 1732, est mort à Paris , le 28 avril 1811. Émery est auteur de plusieurs ouvrages : nous avons consulté les suivants : Conduite de l'Église dan^ la réception des ministres de la religion qui reviennent de l'hérésie et du schisme, 1797 et 1801, in-12 ; Nouveaux opuscules de Fleury, Pç^ris, 1807, in-12. Des nouveaux chapitrés çathédraux.
On peut citer avec confiance Emery, dans les matières canoniques, car il était le dépositaire des anciennes traditions , le confident des évoques, V oracle du clergé de France, le canoniste le plus éclairé et le meilleur interprète des lois de TÉglise et de l'État; théologien aussi justement apprécié par Pie VII que par Ns^poIéoQ. {^'empereur disait au çopate Mole : «< Je ne puis me lasser d'admirer, dans ce saint prêtre, je ne sais quel mélange de simplicité presque primitive et de sagacité pénétrante, de sérénité et de force, j*ai presque di( de grâce et d'austère ascendant. Voici la première fois que je rencontre un ecclésiastique doué d'un véritable pouvoir sur les hommes, et auquel je ne demande aucuu compte dp l'usage qu'il en fera: loin de là, je voudrais qu'il me fût possible de lui confier toute notre jeunesse, je mourrais plus rassuré sur Tavei^ir. » ^empereur ne se trompait pas. Ce diffne supérieur de Saint-Sulpice possédait au pliu haut degré l'esprit de sagesse et la connaissance des hommes etdes temps. <4 Je me rappelle, dit M. de Sambuc^ (1), que, prévoyant en 1789 que la révoluUctfi allait dissoudre les lieps de la discipline ecclésiastique et précipiter le clergé dans rignorapce du drpit canonique, il nous en retraçait tous les principes dans les conférences du soir, avec un art de précision et d'an^yse inimitable * il nous parlait toujours coxnme 4 de futurs évèques ou grands vic£^ires, pour nous r^ vêler tous les secrets d'une bonup administration ; il insistât surtout sur la nécessité pour les évèques et les grands vicaires de vivr^ en bonne intelligence avec les chapitres. À cet effet, il nous recommandait de joindre à la lecture assidue du concile de Trente le Traité des droits et des obligations des chapitres des églises cathédrales, par le savant canoniste Ducasse, chanoine» grand archidiacre, vicaire
frénéral et officiai de Condom (toyex pucasse) ; il espérait beaucoup de 'union étroite des évoques avec leurs chapitres , pour le gouvernement des diocèses, s'il survenait un schisme dans l'Église de France; les événepients ont justifié sas prévisions. »
(1) HarmonU deê évéqueê atee Uurt chapitres, pag. 139.
BNGEL , ÉVEILLON , BTfiEL. 488