‹ Cours alphabétique et méthodique de droit canon dans ses rapports avec le droit civil ecclésiastiqueChapitre 330 sur 408 · RICHER · texte numérisé non relu

RICHER

Chflowoe, ancien diocèfte de Langres, en 1660, tint aoheyer ses études dans la capitale, et j fit sa licence areo distinction. Né avec un génie impétueux, il se distingna beaucoup danti le parti de la Ligue, n prit le bonnet de docteur en 1690, devint grand-mattre du collège du cardinal Le Moine, puis syndic de la faculté de théologie de Paris, le 2 janvier 1608. Il s'éleva avec force, en 1611, contre la thèse d'un dominicain qui soutenait Tinfaillibilité du pape et sa supériorité sur le concile. Il publia la même année, in*4*, un petit écrit intitulé : De la pumancé eceléêiastique et pôlitiqme, pour établir les principes sur lesquels il prétendait que la doctrine de l'Eglise de France et de la Sorbonne, touchant l'autorité du concile général et du pape, était fondée. Mais il ne se borna pas là; il y établit presque tous les principes de Marc- Antoine de Dominis. Sous prétexte d'attaquer la puissance du pape, il étalait des principes qui renversaient la puissance royale aussi bien que celle du Souverain Pontife et des évoques. Tel est celui-ci : •« Chaque com- « munauté a droit immédiatement et essentiellement de se gouverto ncr elle-même, c'est à elle et non à aucun particulier que la « puissance et la juridiction a été donnée. » Il ajoute : ** Ni le temps, « ni les lieux, ni la dignité des personnes ne peuvent prescrire contre •« ce droit, fondé dans la loi divine et naWelle. »♦ Ce petit livre souleva contre lui le nonce, les évêques et plusieurs docteurs. On voulut faire déposer Bieker du syndicat, et faire anathématiser son livre par la faculté de théologie ; mais le premier président du parlement eut assez de crédit pour parer ce coup . Le cardinal du Perron , archevêque de Sens, assembla tous les évêques de sa province, et, après plusieurs oooférences, Touvrage de Rieher fut condamné le 13 mars 1612 ; son livre, proscrit & Rome, le fut encore par Tapchevêque d'Aix et par les évêques de sa province, le 24 mai de la même année. On vit alors paratl3*e de tous côtés une foule d'écrits pour le réfuter. « Cet ouvrage, dit le cardinal du Perron, est un « levain de vieille doctrine qu'il a couvée et soutenue dès longtemps, ** en laquelle, encore qu'il ait changé de procédure pour le fait de « l'Église, néanmoins u a conservé les mêmes maximes qu'il tenait « alors pour le fait de TÊtat. Car Tan 1591, au mois d'octobre, il » soutint publiquement en Sorbonne, que les États du royaume " étaient indubitablement pardessus le roi, etc. » EfTectivement, lors de la révolution de 1789, on vit l'Assemblée nationale, com-

qu'à l'égard de la constitution ecclésiastique, défendit à Sicher de rien écrire pour sa justification, et ordonna à la faculté de le dépouiller du syndicat. Il cessa d'aller aux assemblées de la faculté, et se renferma dans la solitude, uniquement appliqué à l'étude ; mais on l'accusait de continuer à dogmatLsci*. Il fut enlevé et mis dans les prisons de Saint-Vîctor. Il donna, en 1620, une déclaration par laquelle il protestait qu'il était prêt à rendre

in RIDOLPHINUS, RIEG6BR.

raison des propositions de son livre De la puissanee eeclisiastique et politique. Il en donna une seconde, où il reconnaît TÉglise romaine pour mère et maitresie de toutes les Églises, et déclare que ce qn'il avait écrit était contraire d la doctrine catholique, exposée fidèlelement par les saints Pères, faux, hérétique, impie, et pris des écrits empoisonnés de Luther et de Calvin. Enfin, pour ne laisser aucun doute sur la sincérité de ses rétractations, il en donna une troisième en 1630. Il mourut le 29 novembre 1631 . Rieher était un homme qui, à l'obstination des gens de son état, joignait une inflexibilité d'esprit particulière. Vieilli sur les bancs, au milieu de la chicane, endurci dès Tenfance à la misère, il brava la cour, parce qu'il ne lui demandait rien-, et qu'il pouvait se passer de tout. Nous avons de lui un grand nombre d'ouvrages , dont les principaux sont : Fmdiciœ doctrinœ majorum scholœ Parisiensi contra defensores monarehiœ et euriaromanœ, Cologne, 1683, in-4*' ; Depotestate Ecclesiœ in rébus temporalibus, 1692, in-4*; une Histoire des conciles généraux^ en latin, 3 vol. in-4^. Son plus fameux ouvrage est intitulé : De potestate eccUsiasticâ, avec une défense de sa doctrine et de sa conduite, Cologne, 1701,2 vol. in-4<>. Cet ouvrage fut mis à l'in^tfor par un décret du 4 mars 1709. Traité des appellations comme éCabus ; que c'est un remède conforme à la loi de Dieu, lequel a donné aux rois et princes chrétiens, l'Église en protection, etc., Paris, 1764, 2 vol. in-12.

Le richérisme n'est qu'un système combiné des maximes des calvinistes et des jansénistes.

RIDOLPHINUS.

On a de Pierre Ridolphinus : De ordine procedendi in judidis in romand curiâ, Rome, 1675, in-folio,

RIEGGER.

Joseph- Antoine-Etienne, chevalier de Riegger, jurisconsulte et littérateur allemand, obtint, en 1764, la chaire de droit ecclésiastique au collège Thérésien, à Vienne, passa en 1765 à celle de droit civil, à Fribourg, et devint conseiller et professeur do droit public i Praffue. Nommé ensuite, par l'empereur Joseph II, inspecteur des étuoes et rapporteur de la censure, il seconda avec autant de zèle que de talents les vues de son souverain, et contribua puissamment au changement qui s'opéra dans le système des études. Il quitta cet emploi en 1782, et mourut en 1795, laissant plusieurs ouvrages savants et estimés, mais d'une mauvaise doctrine, parmi lesquels on cite : V Ribliotheca juris canonici. Vienne, 1761-1762, 2 vol. in-8*; 2® Prolegomena ad jus ecclesiasticum , Vienne, 1764; 3* Elementajuris ecclesiastici. Vienne, 1774, 2 vol. in-8**; 4* Opuscula ad historiam et jurisprudentiam prœcipuè ecclesiasticam illustrandam, Ulm, 1774, in-^; 5® Institutiones jurisprudentiœ ecclesiasticœ, Vienne, 1780, 4 vol in-12*

R16ANTI, RITTBRSHUYS, ROGABBRTl, ROGGA. 493

RIGANTI.

Jean-Baptiste Riganti, né à Melfi, dans le royaome de Naples, Tan 1661, étudia en droit à Rome» en 1675, et y fit tant de progrés, qu'à l'âge de 22 ans, le célèbre Bandinus Pancurticus, cardinal prodataire, le prit pour son auditeur, emploi qu'il remplit avec honneur

{>endant trente-cinq ans. Sa science et ses yertus lui méritèrent 'estime et la confiance de plusieurs cardinaux et des savants, entre autres du cardinal Lambertini, depuis pape sous le nom de Benoit XIV, qui honorait souvent Riganti de ses visites. Ce savant jurisconsulte mourut à Rome le 17 janvier 1735. Il avait laissé des Commentaires eur les règles de la chancellerie apostolique, qui ont été publiés avec des notes par Nicolas et J.-B. Riganti, ses neveux, Rome, 1745 ; Cologne, 1751, 4 vol. in-folio.

On a encore du même auteur : De protonotariis apostolicis disser^ tationes posthumœ, Rome, 1751, un vol. in-folio.

RITTERSHUYS.

Conrad Ritterskuys, protestant, jurisconsulte de Brunswick, est auteur et éditeur d'un grand nombre d'ouvrages dans lesquels on remarque beaucoup de critique et d'érudition. Le suivant a été mis à l'Index le 16 mai 1619 : Differentiœ juris civilis et canonici, 1638, in-4^ Halle, 1712, inA'', Ritterskuys mourut à Altdorf l'an 1613, où il était professeur de droit.

ROCABERTI.

Jean-Jacques de Rocaberti, né vers 1624, à Perelada, d'une maison illustre, entra jeune dans l'ordre de Saint-Dominique. Il fut nommé archevêque de Valence en 1676 , et grand inquisiteur de la foi en 1695. Il s'acquit l'estime du roi d'Espagne, qui le fit deux fois vice-roi de Valence. Il employa le temps que lui laissaient ces places à composer plusieurs ouvrages. Les plus remarquables sont : De romani pontificis Auctoritate, en 3 vol. in-folio. Valence, 1691 à 1693. Cet ouvrage fut supprimé et condamné par arrêt du parlement de Paris, le 20 décembre 1695. En réponse à cet arrêt, le savant dominicain que toute l'Espagne vénérait et admirait, publia l'ouvrage suivant : Bibliotheca maxima pontificia, in qu4 auctores mêlions notœ qui hactenus pro sanctà romand Sede scripserunt ferè omnes continentur, Rome, 1697-1699, 21 vol. in-folio.

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