STROZZI
Jacques Strozzi a publié : Tractatw de oficio et poteetate viewrii episeopi, Rome, 1604, 1623, in-4^
TABARAUP.
Mathieu-Mathurin T<ibaraud, canoniste janséniste, aé k Iâbmw
Ses, en 1754, entra à Saint-Sulpice après aroir terminé ses études e collège, et fut admis dans la congrégation de Voratoire en 1764. Lorsque la rérolution éclata, Tabaraud appela l'attention des a^ vateurs sur les nombreux abus qui, selon lui, se seraient introduits dans l'Église par suite de la négligence des gouvernants & y faire intervenir leur juridiction. La révolution ayant dépassé d» beaucoup les limites qu'il aurait voulu lui voir respecter, Tabaraud Tê^ nonça momentanément à l'attaque, et s'éleva même avee force con-' tre la persécution dont le clergé était l'objet. Deux lettrés qu'il adressa à Tévéque constitutionnel Gayvernon, et des observations sur une lettre pastorale du même, attirèrent sur lui la proscription, et il se retira, après les massacres de septembre, en Angleterre» où il demeura dix ans. On croit qu'il avait été un des signataires de la lettre adressée à Pie Vi par environ soixante oratoriens, et qu'on trouve insérée dans son Histoire du cardinal de Bérulle. Lorsque Tabaraud quitta la France, il était, depuis quelques années supé-< rieur dans la maison de l'oratoire de Limoges. Durant son séjour à Londres, il s'occupa de travaux littéraires, historiques et tbéologi-» ques. Il parait quil aida son confrère, le P. Mandar, dans la ré-
M4 TABARÂUD.
dftction de la lettre de condoléance écrite & Pie VI, en 1798, par plusieurs évoques français.
De retour en France, en 1802, T<ibaraud fut porté, par une attention de Fouché, son ancien confrère, sur une liste pour Tépisoopat. Mais cette dignité lui aurait d'autant moins convenu qu'il n'exerçait point les fonctions du ministère. Nommé, en 1811, censeur de la librairie, il profita de sa position pour entraver la publication des livres contraires à ses idées jansénistes. Louis XVIII le nomma, en 1814, censeur honoraire, et labbé de Montesquiou lui fit avoir sa pension de retraite.
Les Principes iur la diêtincHon du contrat et du eacremetU de mariage, qu'il publia en 1816, le jetèrent dans des controverses assez vives avec son évéque et quelques théologiens, et furent réfutés par M. Boyer, de Saint-Sulpice. L'écrit fut condamné dans un manifeste du 18 février 1818, donné par Tévêque de Limoges, dont la décision fut confirmée par le Souverain Pontife. L'auteur fit para!tre plusieurs répliques où l'on rencontre des expressions trop peu respectueuses pour le prélat et pour le Saint-Siège , une entre autres sous ce titre : De la puissance temporelle sur le mariage , ou i?efutation du décret de monseigneur Févèque de Limoges, Paris, 1818, in-8*>. En 1825 parut une nouvelle édition du livre des Principes. Le sens des paroles du concile de Trente, qui attribue aux juges ecclésiastiques les causes matrimoniales , ayant été clairement défini par plusieurs brefs des Souverains Pontifes , il semblait que cette question était dès lors sans objet , FEglise seule pouvant opposer des empêchements dirimants au mariage. (Foyez empêchements.) Du reste , rattachement de Taharaud à ses opinions et son zèle i les défendre, ne se démentirent pas un instant dans sa longue carrière. Affligé d'une cataracte depuis 1814 , il dictait à un secrétaire les ouvrages qu'il composait. Il recouvra la vue dans les derniers temps de sa vie, et mourut à Limoges le 9 janvier 1832. Son testament olographe, dicté le 5 janvier 1831, renfermait les paroles suivantes : i« Je rends grâce k Dieu de m'avoir fait naître dans le sein de TÉu glise catholique , apostolique et romaine ; de m'avoir inspiré la M bonne croyance de toutes les vérités qu'elle enseigne et préservé •< de toutes les erreurs qu'elle condamne. J'espère de sa divine mi- •< séricorde qu'il me conservera dans ces sentiments jusqu'à ce qu'il *< lui plaise de m'appeler à lui. Si , dans les ouvrages que j'ai pu- ^ bliés, il se trouvait quelque chose qui ne fClt pas conforme à ces '« dispositions, je le soumets au jugement de ladite Eglise et je de- •< mande pardon à Dieu de tout ce qui , dans mes ouvrages , aurait •* offensé les personnes, etc. » Cette profession de foi catholique n'est guère en harmonie avec les ouvrages de l'auteur. Puisse-t-elle avoir été sincère !
Outre les productions de Taharaud, que nous avons déjà indi- ({uées, nous citerons les suivantes : Traité historique et critique de V élection des ivéques, Paris, 1792, 2 vol. in-S*. L'auteur a pour but
TALON , TAMBURIN. «0«
dé montrer que Télection des éyftques appartenait an elei^, et que le peuple n'y prenait part qu'en manifestant ses yœux. De VimpoT" tance d'une religion de l'État, 1803, in-18 ; seconde édition, considérablement augmentée, 1814 , in-8®. L'auteur examine principalement le discours que prononça Portalis , lors de la présentation du concordat (1). Des interdits arbitraires de la célébration de la messe, 1809, in-8*, réimprimé à Paris, en 1820, avec Vaffel comme éCabus, Questions sur l'habit clérical. Ce petit écrit était dirigé contre une ordonnance de monseigneur Tévéque de Limoges. Essai historique et critique sur l'institution des évéques, 1811, in-^. Dans cet écrit, publié & répoque où Pie YII était prisonnier à Savone , l'auteur essayait de prouver que lorsque le pape refuse des bulles à une grande Église, eUe avait le droit de revenir à l'ancienne discipline et de faire instituer les évéques par les métropolitains (2). Observation d'un ancien canoniste sur la convention du 11 juin 1817, in-8® , écrit d'un janséniste chagrin qui blâme tout et tout le monde. Examen de T opinion de M, le cardinal de la Luzerne sur la publication du concordat, 1821, in-8**. De l'inamovibilité des pasteurs du second ordre, 1821 , in-8". L'auteur plaide en faveur de tous les prêtres qui sont mal avec leurs supérieurs et qui ont été frappés d'interdit. ( Voyez iNAMOviBiLTré. ) Réflcxions sur t engagement exigé des professeurs de théologie, d'enseigner la doctrine contenue dans la déclaration de 1682, Paris, 1824, in-8^. Ces Réflexions sont principalement dirigées contre M. de Clermont-Tonnerre, archevêque de Toulouse, qui refusait au gouvernement le droit de s'immiscer dans l'enseignement des séminaires. Histoire de l'assemblée de 1682, 1826, in-8^. Cette histoire est vide de faits. Essai historique et critique sur l'état des jésuites en France, 1828, in-S**. Cet essai parut en même temps que l'ordonnance du 16 juin 1828. Tabaraud est encore auteur de plusieurs ouvrages littéraires et historiques.