THOMASSIN
Louis Thomassin, prêtre de l'oratoire, naquit à Aix, enPtt)vciice, le 28 août 1619, d'une famille ancienne et distinguée dans 1'%^^^
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Sation de Vorataire, où il avait éU élevé. Il s'y rendit habile, irurtout ans la théologie et les matières ecoléiias tiques. Il fîit appelé k Paris en 1654, et il y eommença, dans le séminaire de Saint-Ma» gloire, des conférences de théologie positive, qu'il continua, avec un applaudissement universel, jusqtt*en 1668. Sa réputation fut si
Srande que le pape Innocent XI vQuIut l'attirer à Rome» dans le essein de le faire cardinal et de se servir de lui ; mai^ I^^ ^Y. s'y opposa, en disant qu'un tel sujet ne devait pas sortir du royaume, n mourut le 25 décembre 1695, à soiwnte-dix-sept ans.
Ce savant avait la modestie d'un homme qui unit de grandes connaissances à de grandes vertus et à un esprit parfaitement détrompé de la vanité des louanges humaines ; son esprit était sage et son caractère modéré. Il parut, pendant quelque temps, s'attacher à la secte janséniste; mais il ne tarda pas à en revenir et à s'attacher inviolablement à la mère de toutes les Églises. Sa charité était si grande, qu'il donnait aux pauvres la moitié de la pension de mille livres que lui faisait le clergé. On ne peut lui refuser beaucoup d'érudition, mais il la puise moins dans les sources que dans les auteurs qui ont oopié les originaux. Il lisait et recueillait beaucoup, mais il ne méditait pas assez. Son style est un peu pesant; il n'arrange pas toujours ses matériaux d'une manière agréable. Il écrivait avec plus de facilité que d* élégance, et, en général, il est trop diffus. Il possédait mieux te latin que le français.
On a de Thomasêin un grand nombre d'ouvrages. Le plus consi** dérable , et dans lequel il traite de tous les ordres , dignités , fono» tiens et devoirs ecclésiastiques , est intitulé : Aneienne $i nouvéUê discipline de l'Eglise , touchant les bénéfices et les bénéficier s. Il est im-* primé en3vol. in-folio, le 1" en 1678, le 2' en 1679,1e 3»enl681. Cet ouvrage , le plus estimé de ceux du père Thomassin , nous a été d'un très ^rand secours pour le nôtre ; nous avons profité de l'immense érfidition quil renferme. I^e pape Innocent DC témoigna quelque désir de se servir de cet ouvrage , pour le gouvernement de l'Église : c'est ce qui détermina l'auteur, pour témoigner sa gratitude et son zèle au Souverain Pontife , à le traduire en latin , 3 vol. infolio , 1706. L'édition française fut réimpriméeen 1725, d'Héricourt en a donné un abrégé. Thomassin a donné ensuite divers traités sur les sujets particuliers de la discipline de l'Église et de la morale chrétiennes de \ office divin ^ in-8® ; des fêles , in-8** ; des jeûnes, in-8*; de la vérité et du mensonge , in-8'' ; de l'aumône, in-S"* ; du négoce et de l'usure , in- 8®.
Nous avons encore de Thomassin quelques autres ouvrages, entre autres des Remarques sur les canons apostoliques et sur les conciles, remarques qui sont restées inédites et dont nous avons vu le manuscrit. Les conciles sur lesquels a travaillé Thomassin sont ceux d'Elvire, d'Ancyre, de Néocésarôe , de Laodicéo , do Nicée, de Sardique et quelques uns des plus célèbres de France .. tels que eeux
SOS TOMMEl, TONDUTI, TORQUEMADA.
de Riez, d'Orange, d'Arles, d'Agde, d'Orléans, etc.; plasieurs d'Espagne ont eu aussi cet avantage. Cet ouvrage est en tout digne de Tauteur de la Diseiplinede VEgliêe, et l'on y trouve la môme érudition et la même connaissance de l'antiquité ecclésiastique.