‹ Cours alphabétique et méthodique de droit canon dans ses rapports avec le droit civil ecclésiastiqueChapitre 48 sur 408 · RUBRIQUE · texte numérisé non relu

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On donne ce nom au titre d'un livre ou d'un chapitre, ou même d'un paragraphe, dans le corps du droit canon, à raison de ce que ces sommaires étaient autrefois écrits en lettres rouges. On entend aussi par ce mot l'ordre et les règles pour bien célébrer l'office divin, d'où viennent les rubriques générales en forme de préface au commencement des bréviaires. On appelle aussi de ce nom certaines petites règles qui étaient ordinairement imprimées en rouge dans le corps du bréviaire pour marquer ce qu'il faut dire dans Tes divers temps de Tannée à chacune des heures canoniales. Gavantus a fait un traité de toutes ces choses, que l'on a commenté et beaucoup étendu dans la suite.

Burcard, maître des cérémonies sous les papes Innocent VIII et Alexandre YI, sur la fin du quinzième siècle, est le premier qui ait mis au long Tordre et les cérémonies de la messe dans le pontifical imprimé à Rome en 1485, et dans le sacerdotal publié quelques années après. On joirait cesrt^iques à l'ordinaire de la messe dans quelques missels ; le pape saint Pie V les fit mettre dans l'ordre et sous les titres qu'elles portent encore aujourd'hui. Dès lors on a

Elacé dans les missels les rubriques que l'on doit observer en celérant la messe, dans les rituels celles qu'il faut suivre en administrant les sacrements, etc., et dans les bréviaires celles qu'il faut garder dans la récitation ou dans le chant de l'office divin.

Le concordat que nous allons rapporter est le premier acte où l'on voit la primauté du Saint-Siège sur les catholiques russes officiellement reconnue par la JRume schismatique. Ce document, d'une haute importance, donne aux Eglises latines et grecques unies de ce vaste empire une position légale qu'elles n'avaient pas, et leur assure en même temps une administration c^onique et des avantages très précieux pour le bien derÉslise catholique dans cet Etat.

Si l'on examine ce concordat dans le détail de ses dispositions, on voit que dans ce qui concerne la nomination des évéques, le pape j concourt avec l'empereur, sans préjudice de l'institution canonique, qui lui est toujours réservée. L'éyéque est seul juge et administrateur des affaires ecclésiastiques dans son diocèse, sauf la soumission canonique due au Saint-Siège.

L'article 15 contient la nomenclature raisonnée des affaires qui doivent être préalablement soumises au consistoire diocésain, avant

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la déeision on sentence de réyéque, et qui sont celles qui regardent la discipline en général, les affaires contentieuses entre ecclésiastiques ou par des laïques, pour injures, dommages, etc.; les causes de nullité des vœux monastiques. En oe qui concerne les causes laï^ ques, mixteê, économiques, spécifiées aux sous articles 2, 3 et 4, elles sont laissées, après Texamen préalable du consistoire , àla ju* ridiction exclusive de l'évéque.

Le concordat de Russie ne mentionne que le traitement de réyèque et du suffiragant du nouveau diocèse de Klierson,parce que la dotation des autres diocèses avait été réglée par des ukases qui ont continué d'avoir force de loi.

Convention du 3 août 1847 entre le Saint-Siège et VEmpereur de Russie , publiée par N. S. P. le pape Pie IX, à la suite de son allocution au consistoire secret du 3 juillet 1848.

« Les soussignés plénipotentiaires du Saint-Siège et de S. M. l'empereur de Russie, roi de Pologne, après avoir échangé leurs pleins pouvoirs, ont, en plusieurs séances , examiné et pesé divers chefs de la négociation confiée à leurs soins. £t comme , sur plusieurs points, ils sont arrivés à une conclusion , tandis que d* autres demeurent en suspens^ sur lesquels les mêmes plénipotentiaires de sa majesté l'empereur promettent d'appeler toute l'attention de leur gouvernement, tout en posant la condition expresse qu'on arrêtera plus tard, en acte séparé, les points qui doivent donner matière à do nouvelles conférences à tenir dans cette viUe de Rome, entre les ministres du Saint- Siège et l'amhassadeur de sa majesté impériale, il a été convenu des deux côtés qu'on fixera dans le présent protocole les points sur lesquels on est arrivé à un résultat, réservant ceux qui, après d'ultérieures conférences, doivent terminer la négociation. C'est pourquoi, dans les séances des 19, 22, 25 juin et 1" juillet, les articles suivants ont été arrêtés :

M Abticus I*'. Sept diocèses catholiques romains sont établis dans l'empire des i?tMsie* : un archevêché et six évêchés ; savoir :

« 1<* L'archidiocèse de Mohilew, embrassant toutes les parties de l'empire qui ne sont point contenues dans les diocèses ci-dessous nommés* Le grand duché de Finlande est également compris dans cet archidiooèse.

« 2<> Le diocèse de Wilna, embrassant les gouvernements de WUna et de Grodno, dans leurs limites actueUes.

« 30 Le diocèse de Telsca ou de Samogitie , embrassant le gouvernement de Courande et de Kowno, dans les limites qui leur sont actuellement assignées.

M 4<* Le diocèse de Minsk embrassant le gouvernement de Minsk, par ses limites d'aujourd'hui.

« 50 Le diocèse de Luceorin et Zytomério, composé des gouvernements de Kiovie et de Volhjnie, dans leurs limites actuelles.

H fio Le diocèse de Kamenieck, embrassant le gouvernement de Podolie, dans ses limites actuelles.

u 70 he nouveau diocèse de Kherson, qui se compose de la province de Bessarabie, des gouvernements de Kherson, d'Ekatherinoslaw, de Tauride, de Saratow et d'Astracan, et des régions placées dans le gouvemettient général du Caucase.

M Akt. 2. Des lettres apostoliques, sous le sceau de plomb, établiront l'étendue et les limites des diocèses, comme il est indiqué dans l'article précédent.

« Les décrets d'exécution comprendront le nombre, le nom des paroissM de chaque diocèse, et seront soumis à la sanction du Saint-Siège.

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u Amv« S. Lb nomln» àm suffrigaiiM» qui ont élA étabUar par lettres/ ^^eMÊ^ivm de Pie YI, en 1789,.revÔtiies du soeau d» glomb, est conservé dans les six dioeàees smnens.

« Abt. 4. Ha» snffiragance da diooëse notiTeau de Kherson sera dans la viUe de Saratow.

a Abï. 5: L'évSqUe de Kherson aura un trûtement annnel de q[iiKt^ mille qnatit cent qpÉtte vingts itmbles d'argent (1). Son snffragant jouira du m^me traitement que les autres évdques suffiragants de Tempire, c'est-à-dh^ de deux mille roubles d'argent.

M Abt. 6. Lo oli^BtN' d«' l'église oathéânle ds Kheroo» sactfmpowsm denenf membves, savoir : deux prâats^on dignitaires, le président. et l'archidiacre; quatre chattoineS| dont trois rempliront les fonctions de théologal ,. de péniteameg et de cuxéf et trois mansionaires ou bénéfiders.

« Abt. 7. Dans le nouvel évêcfaé de Kherson, il y aura un séminaize diocésain : des élèves, au nombre de vingt-cinq , y seront entretenus aux frais du gouvernement, coihme ceux qui jouissent de la pension dans les autres séminaires.

M Art. 8. Jusqu'à ce qu'un évêque dii rite arménien soit nommé, il sera pourvu aux besoins spirituels des Arméniens catholiques vivant don» le diocèse de Kherson et Kam6nieck,en leur appliquant les règles du chapitre 9 du concile de Latran, efl 1215,

u Abt. 9. Les évdques de Kamenieok^ et de Kherson, fixeront le nombre- des cleros arméniens catholiques, qui devront être élevés dims loure séminaires aux frais du gouvernement. Dans chacun desdits séminaires, il y aura un- prètee arménien catholique, pour instruire les élèves arméniens des cérémonies de leur- propre rite.

M Abt. 16. Toutes#les fbis que les besoins spiritueU des catholiques romaras et-ar> méniens du nouvel évêohé de Kherson le demanderont, l'évêque pourra,- outre les moyens employés jusqu'ici pour subvenir à- de tels besoin», envoyer des prôtt«s comUfe missionnaires, et le goavemement fournira les fonds qui sont nécessaires à leur voyage et à leur nourriture.

M Abt. 11. Le nombre des diocèses dans le royaume de Pologne reste tel qu'il a été fixé dans les lettres apostoliques de Pie YII, en date du 30 juin 1818 ; rien n'est changé quant au nombre et à 1» dénomination des suffragances de ces diocèses;

M Abt. 12. La désignation des évêques pour les diocèses et pour les sBlfragenoss de l'empire de Ruuiê et dn royaume de Pologne, n'aura lien qu'à la suite d'un concert préalable entre l'empereur et le Saint-Siège, pour chaque nodiination* L'institutîoD canonique leur sera donnée par le Pontife romain selon la forme accoutumée.

M Abt. 13. L'évêque est seul juge et administrateur des affaires ecclésiastiques de son diocèse, sauf la soumission canonique due au Saint-Siège apostolique,

M Abt. 14. Les affaires qui doivent être soumises préalablement aux déUbérations du consistoire diocésain, sont :

M 1^ Quant ctux psrsonnes 9ccléêiaiiiquta du diocèt».

** (a). Les affaires qui regardent la discipline en général (celles toutefois d'importance moindre, qui n'entraînent que des peines inférieures à la destitution^ à la détention plus ou moins longue, sont jugées par l'évêque, sans qu'il ait besoin de constater le consistoire, mais ave& pleine liberté de le consulter, s'il le juge à pn^os, sur des affaires do cette nature, comme sur les autres.)

« (6). Les affaires contentieuses entre ecclésiastiqpcs , qui regardent les propriétés mobilières ou immobilières des églises.

u (c). Les plaintes, les réclamatbns contre ecclésiastiques, portées ou par des ecclésiastiques, ou par (les laïques , pour injures , dommages ou pour obligations non

(1\ L0 rouble d'ai^cat vaut À fr. de noire monnaie, ce qui équivui h lT,OiO fr. pour le iralUment de l'évêque et à 8,000 fr. pour son laffragant.

temiei et non donleiuêr en dxolt c«Bime étl fidt , pounii toutefois que le demandeur préfère cette Toie pour défendre ses droits.

u {d). Les causes de nullité des vœux monttÉftî^ues ; ces causes seront examinées et ju^ selon les ïègles établies dan» les Lettres Apostoliques dé Benoît XIV Si doionn,

u 29 Quant ava largue».

« (t). Les causes de mariages, les pmives de la légitimité dés' mariages, les actes 'Je n^ssonce, les actes de baptême et de décès , etc.

u 9<* Mixte*.

- (f). Le cas où il est nécessaire d*înflî^r une |Jénîtence canonique pour crime, contravention ou délit quelconque jugé par les tribunaux lalqnesl

u 4P Économiques.

u (g). Le budget ou la note préalable des sommes qui sont destinées à l'entretien du clergé, l'examen des dépenses, le compte-rendu dé ces sommes, les affaires qui regardent la réparation ou la construction d'églises ou de cbapelles. Il appartiendra en outre au consistoire de former les listes des ecclésiastiques et des paroisses du diocèse, d'envoyer les encycliques et les autres écrits qui ne regardent pas leà affWres d'administra- ^n du diocèse.

« Abt. 15. Les affaires stis-indiquées sont décidées par ré\'6que, après qu'elles ont été examinées par le consistoire, qui n'a cependant que voix consultative. L'évêque n'est nullement tenu d'apporter les raisons de sa déci.^on, mûmo dans les cas où son opinion différsrdt dé celle du consistoire.

« Abt. 16. Les autres affaires du diocèse, qualifiées à' administratives j et parmi lesquelles sont compris les cas de conscience, de for intérieur, et, comme il a été dit plus haut, les cas dé discipline souitiis à des peines légères et il des avertissements pastoratix , dépendent uniquement de l'autorité et de la décision spontanée de l'évêque.

« Abt. 17. Toutes les personnes du consistoire sont ecclésiastiques, leur nomination et leur révocation appartiennent à l'évêque i les nominations sont faites de manière à ne pas déplaire au gouvernement. Si l'évêque-, averti par sa conscience, juge opportun de révoquer un membre du consistoire, il le remplacera immédiatement par un autre, qui pareillement ne soit pas désagréable au gouvernement.

" Abt. 18. Le personnel de la chancellerie du consistoire sera confirmé par l'évêque, sur la présentation du secrétaire du consistoire.

« Art. 19. Le secrétaire de l'évêque, chargé de la correspondance officielle et de la correspondance privée, est nommé directement et immédiatement par l'évêque; u peut être pris, selon le plaisir du même évêque, parmi les ooclésias tiques.

« Abt. 20. Les fonctions des membres du consistoire cessent dès que l'évêque meurt ou se démet de l'épiscopat, et aussi dès que l'administrtition du siège vacant finit. Si l'évoque meurt ou se démet de l'épiscopat, son successeur, ou celui qui, temporairement, tient sa place (soit qu'il ait un coadjuteur avec future succession, soit que le chapitre élise un vicaire capitulaire suivant la règle des sacrés canons), reconstituera aussitôt un consistoire qui, comme il a déjà été dit, soit agréé du gouvernement.

- Abt. 21. L'évêque a la direction siiprOme de l'enseignement, de la doctrine et de la discipline de tous les séminaires de son diocèse, suivant les prescriptions du concile de Trente, chapitre 18, session XXIII.

w Abt. 22. U choix des recteurs, inspecteurs, professeurs pour les séminaires diocésains est réservé à l'évêque. Avant de les nommer, il doit s'assurer que sous le rapport de la conduite civile, se« élus no donneront lieu à aucune objection de la part du * gouvernement. Lorsque l'évêque jugera nécessaire de renvoyer un recteur, un mspect.îur ou quel<]u'un des professeurs ou maîtres, il leur donnera aussitôt un successeur de l'a mt-me manière qui vient d'être indiquée. Il a pleine Uberté d'interrompre, pour un

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temps, oa pour plnsiean cours d'études en m^me temps et de renvoyer les élevai à leurs parents ; il en avertira aussitôt le gouvernement.

u Abt. 23. L'archevêque métropolitain de Mobilew, exercera dans l'académie ec> désiastique de Saint-Pétersbourg, la môme autorité que chaque évêque dans son séminaire diocésain. H est l'unique chef de cette académie, il en est le suprême directeur. Le conseil ou la direction de cette académie n'a que voix consultative.

« Art. 24. Le choix du recteur, de l'inspecteur et des professeurs de l'académie sera fait par l'archevêque, sur le rapport du conseil académique. Ce qui a été dit à l'ar^ tide 22 est applicable à ces élections.

H Abt. 25. Les professeurs et professeurs-acljoints des sciences théologiques sont toigours choisis parmi les ecclésiastiques. Les autres maîtres pourront être choisis parmi les laïques professant la religion catholique romaine, et ceux là devront être préférés qui auront achevé le cours de leurs études dans un athénée supérieur de l'empire, et qui auront conquis leurs grades académiques.

M Abt. 26. Les confesseurs des élèves de chaque séminaire et de 1* académie ne pren^ dront aucune part dans la direction disciplinaire de l'établissement. Us seront choisis et nommés par l'évoque ou l'archevêque.

M Abt. 27. Après la nouvelle circonscription des diocèses, l'archevêque, assisté du conseil des Ordinaires, arrêtera xme fois pour toutes le nombre d'élèves que chaque diocèse pourra envoyer à l'académie.

u Abt. 28. Le programme des études pour les séminaires sera rédigé par les évêques. L'archevêque rédigera celui de l'académie, après en avoir conféré avec son conseil académique.

« Art. 29. Lorsque le règlement de l'académie ecclésiastique O.z Saint-Pétersbourg, aura subi les modifications conformes aux principes dont il a cté convenu dans les précédents articles, l'archevêque de Mohilew enverra au Saint-Siège un rapport sur l'académie comme celui qu'a fait l'archevêque de Varsovie, Koromonsky, lorsque l'académie ecclésiastique de cette ville fut rétablie.

u Abt. 30. Partout oii le patronage n'existe pas, ou a été interrompu pendant un certain temps, les curés de paroisse sont nommés par l'évêque ; ils doivent ne point déplaire au gouvernement, et avoir subi un examen et un concours selon les règles prescrites par le concile de Trente.

u Abt. 31. Les églises catholiques romaines sont librement réparées aux frais des communautés ou des particuliers qui veulent bien se charger de ce Soin. Toutes les fois que leurs propres ressources ne suivront pas, ils pourront s'adresser au gouvernement impérial pour en obtenir des secours. Il sera procédé à la construction de nouvelles églises, à l'augmentation du nombre des paroisses, lorsque l'exigeront l'accroissement, l'étendue trop vaste des paroisses existantes ou la difficulté des communications. « A Rome, le 3 août 1847.

«( A. card. LAKBBVscHiia , u L. Comte de Blocdoff,

« A. BOUTENIEFF. f*

Allocution du Souverain Pontife Pie IX, au Consistoire tenu à l* occasion du Concordat, le 13 juillet 1848.

« Plein de sollicitude , comme vous le savez, vénérables frères , pour le salut de la famille chrétienne que la volonté divine nous a confiée, nous avons, dès le commencement de notre pontificat, marchant en cela sur lelk traces de notre prédécesseur Grégoire XVIj de vénérable mémoire, dirigé tous nos soins et toutes nos pensées vers l'arrangement des affaires religieuses dans les immenses Etats du très puissant empereur de Rusiie et roi de Pologne. Vous n'ignorez pas que nous avions conféré à cet effet de

plehu yauvdi» à notre vénérable frère le cardinal Lambmsehini , évêqne de Porto, à cause de sa aingniière piété, de Ba prudence et de son habileté dans le maniement des afiaires ecclésiastiques, et que nous lui avions adjoint notre cher fils Jean Corboli-Bussi, pour Vaider dans ses négociations avec le comte de Bloudoff, envoyé extraordinaire, le comte Boutenieff, ministre plénipotentiaire auprès du Saint-Siège, relativement aux nombreuses et importantes questions religieuses du vaste empire russe ; alin que nous puissions plus facilement améliorer Tétat de la Religion catholique. Aujourd'hui nous vous annonçons les fruits que nos efforts, fécondés par la grâce divine, ont déjà produits. £t d'abord, vénérables frères, nous vous faisons part de Textrême consolation que nous éprouvons, soit en considérant que, dans ce consistoire même, nous sommes en mesure de donner à quelques églises russes du rit latin , des pasteurs dont elles avaient le malheur d'être depuis longtemps privées, soit en espérant que bientôt nous pourrons confier les autres églises du même empire et du royaume de Pologne, qui souffrent d'une longue vacance, aux soins d'évêques qui les mèneront dans le sentier du salut. Il a été résolu qu'on érigerait à Eherson un nouveau siège épiscopal, avec un chapitre et un séminaire, conformément au concile de Trente; de plus un suffragant à Saratow, en même temps qu'on fixait les nouvelles drconscriptions de six antres du rit latin, qui existent en Russie, Quant aux diocèses du royaume de Pologne, ils ne subissent aucune modification ; la Bulle de notre prédécesseur Pie YII , donnée le 30 juin 1818 (l], doit être pleinement observée. Nous n'avons rien négligé pour que les évêques fussent délivrés de toute entrave dans l'administration de leurs diocèses, pour qu'ils pussent remplir tous les devoirs de l'épiscopat, défendre la foi catholique, maintenir la discipline ecclésiastique, former les fidèles à la piété, donner, suivant les règles admirables du concile de Trente, à la jeunesse, à celle surtout qui est appelée au ser* vice de Dieu, une bonne éducation, une instruction solide et chrétienne, diriger l'académie ecclésiastique et veiller soigneusement sur elle. En outre, comme il y a en Bussie un grand nombre de catholiques de rits différents , ils savent que dans le cas où ils n'auraient pas un évêque de leur rite particulier , ils appartiennent à la juridiction de l'évêque latin. Comme aussi un grand nombre de catholiques arméniens sont privés de leur propre évêque dans le diocèse de Kameniec et dans le nouveau diocèse de Kherson, nous ne les laissons pas non plus sans direction religieuse. En effet, non seulement tout ce qui a été prescrit dans le chapitre 9 du concile de Latran, doit leur être appliqué jtisqu'à ce qu'ils aient leur évêque; mais les évêques de Kamenieo et de Eherson, sont chargés de déterminer un certain nombre de clercs arméniens qu'ils recevront dans leurs propres séminaires , où ils seront soigneusement élevés par un prêtre de leur rite.

M Mais pourquoi vous rappeler ces choses en détail, puisque vous en pouvez largement prendre connaissance dans les divers articles de la convention que nous jugeons devoir faire publier avec notre allocution? Nous déclarons que nous avions accueilli ces articles avant que le très puissant empereur de Russit et roi de Pologne nous eût signifié qu'il les acceptait. Rassuré par sa bienveillante déférence, nous n'avons jamais douté qu'il ne les sanctionnât de son assentiment, comme il l'a fait.

u Voilà, vénérables frères, ce que nous avons entrepris et exécuté pour arranger les affaires de l'Église dans l'empire russe.

n nous reste beaucoup d'autres améliorations importantes à réaliser. Nous entendons parler de la vraie et pleine liberté dont les fidèles ont besoin pour communiquer sans empêchement avec le Siège apostolique, centre d'unité et de vérité, père et maître de toutes les Églises. On comprendra facilement combien ces empêchements nous af-

I) Oite bnlle étabifssait neuf siégct dans le nooTetn rOTSnme de Pologne; na arehetèchè h VanoTie, avec nn BoffHgant, et huit éTiebèt, aavoir : Angosiow ou Seyna (an surfraganl), hmêl, Kaliacb, Loblin, Plosko (doiix «ttfTraganU), Poldacliie, avec résidence h Janow (deux roffkvganla^ Poloctk et 8andomir,aoxqaelBll faut Joindre t'é^èché de Cracovie, Tille libre avec on cnffraganL (foyfx tvrraAOAMT.)

74 1B8BIB ET POLOOlM.

fligenV B^l*oa oooftidènd cpie le Salnt-Siég»,- à d!v«rf9e8 époques, a réBla&]f*^btbf que')«s fidèles ne fossent pas privée du droit de le mettre en relation aVec lui, même dalis d'antres paya où les âmes ont tant à sonffirir de la diffleolté de lenrs oommnnicatsons. Nous entendons pasler des- biens à restituer an clergé, des laïques que le gouvernement envoie dans les consistoires des* évdqner, et qui doivent en être Joignes pour que'ceui^-à jouissent d'une parfaite et entièn liberté' danr letnrir' dêKbérations ; des lois, en Vertu desquelles la validité des mafiage» miïtes n'est reoofitiue que dans le cas où un prêtre sohismatique gréco-russe les a bénis;' de la liberté que les catholiques devraient avoir de porter lenrs caoses matrimoniales, dans les maHages mixtes, devant un tribuns! eoblésiastiqne apostoliqae; derlois qui prescifvpnt l'âge dé la profession religieuse, qui détruisent de fait les écoles dans le« couvents, qui tietiiieiit éloigiiés de tous les supérieurs provinciaux, qui s'opposent mix conversions à la foi catholique. Nous éprouvods la- ^ns vive sollioîtnde ponr tant de fils de la célèbre dation ruibénienne qui nous sont si chers, et qui, à danse de la triste, de la- déplorable défection de quelques évêques dé cette Église ruthéno-romaine, se trotfvent au milieu de ces Vastes contrées où ils vivent dispersés , dans la plus malheureuse condition, et danar un extrême danger pour leur salut étemel, privés qu'ils sont d'évêques catholiques qui leur servent de guides, les mènent à des pâtnrages salutaires, les dirigent dans le sentier de la justice, les fortifient par les secours spirituels, les préservent d'illusions dangereuses, des i^ses et des machinations des méchants. Ces choses font une telle impression sur notre cœur, qu'avec la grâce de Dieu, nous prendrons tous les moyens nécessaires pour soutenir, sous tons ces rapports, les intérêts de l'ÉgUse catholique. Aviint que lé cOmte Bloudoff quittât cette capitale ponr letoumer à Saint-Pétersbourg , nous lui avons fait connaître qu'il porterait à S. M. I., nos désirs, nos réclamatiotls ; qu'il les fbralt valoir, en gpnande partie du moins*, et qu'il' expliquerait oralemetit les |Joitits qui ilè peuvent être aussi facilement éelairds de loin.

u C'est aveo grand plaisir que nous apprenons que Ce sérénissime prince a consenti à ce que le nouvel évêque de Kfaerson efit encore un second sufiragant ; qu'en outre les mariages et les autres causes eoolésiastiques, après la première sentence prononcée par l'évêque qu'elles regardent immédiatement, fussent portées au second degré de jdridiction, on au tribunal du métropolitain, -vivant l'usage, ou, s! elles ont été' jugées en première instance par le méOropolitalil lul-iùêhie, Ir l'éV^ue le j^lus voisin que le Saint- Si^aura muni, à cet eff^t, de pouvoin spéciaux qui devront durer pendant tm temps convenable; enfin, qnependant les appels antérieurs, ces causes fussent portées à Rome devant le Saint-Siégvi. Ce n'est pas avec une joie moins sensible, que nous avons apprit que des nouvelles récentes qui nous sont arrivées de cette cour impériale et royale, que l'empereur s'occupait sérieusement des atttres' points ci dessus énoncés, et qu'il nourrissait l'espoir de les mener à bonne fin.

*t C'est pourquoi la confiance que nous avons que ce prince , dans son équité, dans sa justice, dans sa prudence et dans sa maguanimité, sb montrera propice à nos désirs, à nos demande», de manière que nous puissions bientôt vous annoncer que tout ce qui concerne l'Église dans l'empife russe, a reçu la solution qne vous désirez, cette confiance s'acerott de jour en joui'. Et puisque la déplorable situation des Ruthéniens tient notre esprit dans l'affliction et dans l'angoisse, nous vous répétons que nous sommes dans l'intention, pour remplir les devoitu de notre ministère, de n'épargner aucune démarche pour subvenir de la manière la plus convenable à leurs besoins spirituels. Certain, comme nous le sommes, que les prêtres latins déploient tout ce qu'ils ont de zèle et de ressources pour ne pas les laisser manquer do secours spirituels, nous exhortons du fond de notre cœur, avec amour et avec instance, les Ruthéniens à rester fermes et inébranlables dans runitiJ do l'Eglise catholique; nous conjurons ceux qui seraient sortis du sein de leur mère très aimante , dV rentrer et d'avoir recours' à nous qui sommes disposé à leur fournir tous les moyens de faire leur salut.

SACERDOTAL» SâGRB, SÂGRBfifBNT. 95

u Noos na oesséa» pw^ ténérobleB frères, d'adnsM^ le» plus homlâM et le» pin» for- T«zite$ piièreB sa Diea trèa dément, dispeDMieiir de toat bien, pour qpe , dansrabondanoe de ses miséricordes, il regarde d'un œil propice nos soins et nosefforts qui n^ont pour but que d*agflmdir la sainte Religion dans laquelle réside le plus ferme soutien des royaumes, Tappui le plus solide de la tranquillité et du bien-être des nations, x*

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