‹ Cours alphabétique et méthodique de droit canon dans ses rapports avec le droit civil ecclésiastiqueChapitre 85 sur 408 · SORCIER. SORCELLERIE · texte numérisé non relu

SORCIER. SORCELLERIE

On appelle sorcier celui qui s'efforce de faire quelque chose par la puissance du démon et par des moyens diaboliques, en se servant d'enchantements, de maléfices, de sortilèges.

Nous entendons ici par tous ces différents motsTart de la marne, dont l'exercice est réprouvé par les canons. Laneelot définit ainsi les sorciers (^) d'après les canons Sortilegi, 26, qu. 1; c. Aliquanti,

(1) Code théodosien, liv ix, tit. 17.

(2) Ifutit., Ub. IT, M, 5

SORT DBS SAINTS. 193

eâd. quœsi, 5 : Sunt autem gortiUgi qui prœtexiu religionii, per quosdam sorte divinationis êcientiam profitentur au$ quarumcumque scriptU'rarum imptcUone facia futurapromittunt. Les laïques, ajoute cet auteur, qui pratiquent ces sortes de diTinatious et de êortUégeê, doivent être frappés d'un anathème perpétuel, et les clercs dégradés, conformément à ces différents textes du droit : c. Illud sanè, in fin, 26, qu. 2; c. Aliquanti 26, gu. 5 ; e. Si quis ariolot; e, Admoneat25, qu. 7.

Le fameux canon Si per iortiariuê, eauê, 33, qu. 1, eap, 4, permet la dissolution du mariage, qui ne peut se consommer après beaucoup de prières, à cause du maléfice appelé nouement d'aiguillettet. Les conciles provinciaux de Tours en 1583, de Narbonne en 1609, frappent d' anathème ceux qui pratiquent cette sorte de maléfice (1). Ce qui fait penser que, dans tous les temps, TEglise a reconnu que Dieu peut permettre que le démon exerce sur la terre par lui-même, ou par le ministère des méchants, une puissance dont les effets ne servent qu'à mieux faire éclater celle de Jésus-Christ, ou à remplir des desseins impénétrables aux hommes. La glose dudit canon Si per sortiarias, remarque expressément que Fimpuissance de maléfice n'a rien de commun avec celle dont parlent les décrétales au titre de Frigidis. Mais voyez à ce sujet le mot impuissance.

On ne saurait douter qu'il n'y ait eu en effet des eoreiers qui ont fait un pacte avec le démon, pour opérer par son moyen des choses extraordinaires qu'ils n'auraient pu faire sans cela. L'Écriture, les Pères, les conciles, les rituels, le consentement des différentes nations qui ont fait des lois contre les sorciers, les différents arrêts qui les ont condamnés, et les témoignages d'un grand nombre de personnes dignes de foi ; tout cela est une preuve convaincante de la possibilité et de la réalité des sorciers,

Denisart, en sa Collection de jurisprudence, rapporte un arrêt du parlement de Paris, du 9 mai 1597, par lequel un nommé Jean Belon, prêtre, curé de Saint-Pierre-de-Lampes, diocèse de Bourges, fut condamné pour crime de sorcellerie à être pendu et étranglé, et ensuite brûlé.

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