INSTRUCTION
[rc na pas existé jusqu'à présent, dans l'étude de la partie relevée du dessin, de cours régulier et complet qui püt conduire l'élève, par une
gradation bien calculée, depuis les premiers élémens de la figure, jusqu'à .
la période où il travaille d'après le relief.
Les maîtres ont pris jusqu'à présent leurs modèles çà et là : ces modèles sont traités d'une manière différente et quelquefois vicieuse. Cependant, et par une exception unique, les élémens du beau se trouvant fixés dans les chefs-d'œuvres de l'art conservés jusqu'à nous, et réunis dans la collection inappréciable du Musée Napoléon, cet art ne peut changer , et la perfection consistera toujours à se rapprocher autant que possible des modèles sublimes que nous ont laissés les anciens.
Faire de ces modèles un choix raisonné, fixer par le crayon leurs
formes élégantes , donner à la gravure la vigueur et tous les caractères
(*) MM. Schenker, Simon, N. Bertrand, Girard fils, Chatillon, Forsell, etc.
RE
(2) du crayon et et les offrir à l'imitation de l'élève; chercher à rendre par la fidélité du dessin le relief et les charmes de ces contours magiques; offrir aux commençans une suite d'études en gradation mesurée, du simple au composé, du facile au difficile, former son goût en même -tems que
sa main, tel est le but que s’est proposé l'auteur de cet ouvrage, dont
cette suite forme la première, partie. Elle se compose de quarante-quatre
feuilles distribuées en douze cahiérs ,' et offre à l'élève un recueil complet de modèles gradués depuis les études les plus faciles jusqu'à la tête (*).
Les cinq premiérs cahiers , chacun de quatre feuilles, représentent les traits isolés du visage, et des demi - profils sous divers aspects.
Les quatre cahiers suivans se composent chacun de trois feuilles.
On y trouve les profils de l'Apollon du Belvédère, de l'Achille de la Villa-Borghèse, du Jupiter, de l'Ariane du Capitole, de la Vénus d'Arles et de l’Antinoüs; les masques de l'Apollon, de l'Amour grec, de l'Hercule, de Thalie, de Diane et de la Vénus de Médicis.
Les dixième, onzième et douzième cahiers offrent les plus beaux pieds et les plus belles mains qu'on ait pu choisir dans les antiques.
Pour faciliter l'étude, on a eu soin, dans les cinq premiers cahiers, de graver à côté du trait seul la même partie ombrée; par ce moyen, l'élève aura l'avantage de voir dans son modéle le trait nettement tracé, et pourra en même-tems connaître la forme réelle de l'objet, en jetant les yeux sur la même partie ombrée.
Nous n'avons pas jugé à propos de tracer sur nos modèles des lignes géométrales , comme cela s’est pratiqué quelquefois , parce que nous croyons que cette méthode, rendant les moyens de copier purement mécaniques , nuit plutôt au développement de l'intelligence de l'élève qu'elle ne tend à accélérer réellement ses progres.
(*) Pour justifier le titre de cet ouvrage , qui renfermera trois parties (comme le Prospectus Va déjà annoncé ), il a paru un recueil de grandes feuilles, faisant la seconde division, qui se compose de têtes entières , dont les unes sont choisies parmi les antiques du Musée Napoléon, les autres copiées d’après les tableaux des grands maitres.
La troisième partie qui renfermera les figures entières ou académies d’après les statues antiques et d’après les tableaux des grands maitres, est entre les mains des graveurs; elle terminera cet ouvrage, et paraîtra incessamment.
Nous pensons qu'il lui suffit de supposer des lignes d’aplomb et horizontales , suivant le besoin qu'il en aura, pour déterminer la direction véritable du modéle , et le rapport des parties entr'elles ; traçant ensuite ces mêmes lignes sur son propre ouvrage, sans se servir jamais ni de régle ni de compas, il exercéra h-la-fois son raisonnement et sa main, et acquerra bien plus sûrement que par la méthode ordinaire, la justesse du coup-d'œil et la la précision dans l'exécution.
Afin de ne point nuire à larnetteté des traits däns les prémiéres feuilles , nous avons renvoyé au dixième cahier les exemples de la préparation des ombres ; l'élève devra les consulter, quand, aprés avoir copié les traits seuls des cinq premiers cahiers, il reviendra à ces mêmes principes , afin de les répéter en les mettant à l'effet. Il y verra quil doit commencer ses ombres par une préparation trés -légére, et n'arriver que par degrés au véritable ton de son modele ; c’est ainsi qu'il se ménagera la facilité de corriger et de perfectionner sa copie, qu'il évitera de tomber dans le noir, et de donner à ses dessins un aspect dur et désagréable. Au reste, il ne saurait, dans tous les cas, esquisser trop légérement , et ne doit jamais se reposer sur le fini pour donner de la correction à son esquisse, qui doit être tracée très-exactement avant de passer aux ombres.
Considérant enfin que le dégoût que les jeunes gens concoivent quelquefois pour une étude aussi aimable que celle du dessin, provient presque toujours de ce qu’on offre à leur imitation des modèles peu attrayans , souvent même inintelligibles , nous avons cru ne devoir faire choix que des objets les plus gracieux, et nous avons donné à nos dessins tout le relief et la netteté possible; faisant en sorte qu'on puisse se familiariser ainsi avec la maniére large et bien entendue de dessiner au crayon, et qu'on soit en état, aprés avoir copié tous ces principes, d'appliquer dans les études suivantes le même procédé de hachures et de dégradation de teintes obtenues par une manutention franche, expéditive et bien préférable à cette petite manière estompée et pointillée qui ne peut être excusée
que par un grand talent, et qui n’a fait que trop de mauvais imitateurs.
Au reste, nous sommes loin de penser que, lorsqu'on veut faire une étude approfondie de l’art du dessin, on puisse, au moyen d'un recueil de modèles , se passer du secours et des directions d’un maître ; mais nous sommes persuadés qu'un professeur éclairé jugera toujours qu'il est de la plus haute importance de ne mettre sous les yeux des commencans
(4) que des modéles d'une belle forme, parce que c'est des premiéres impressions que dépendent presque exclusivement pour l'avenir la pureté du goût de l'artiste et la nature de son talent.
Ce recueil offre, nous osons l'espérer, tout ce qu'on peut désirer à cet égard., puisque nous nous sommes proposés pour règle de ne prendre nos premiers modèles que dans les .chefs-d'œuvres de la sculpture antique. La nomenclature que nous avons déjà faite de ce que contient cé recueil d'élémens, suffira sans doute pour justifier notre choix.
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