‹ Cours complet de langue allemande Versions allemandes appliques aux regles de la grammaireChapitre 269 sur 269 · EXERCICES GÉNÉRAUX · texte numérisé non relu

EXERCICES GÉNÉRAUX

1. Les souris s’imaginèrent que si elles étaient aussi malheureuses dans leurs guerres avec les belettes, c’était uniquement parce qu’ils n’avaient pas de généraux; elles résolurent donc d’en choisir. Que ne tentèrent pas certaines souris ambitieuses pour être élues? Mais combien, à la fin, cette préférence leur coûta cher! Les orgueilleuses s’attachèrent des cornes; elles furent encore battues, et ces cornes les empêchèrent de se sauver dans leurs trous devenus trop étroits.

2. Une guenon avait deux petits ; elle était follement éprise de l’un et avait fort peu de penchant pour l’autre. Frappée un jour d’une terreur subite, elle saisit en hâte son favori, le prend dans ses bras, s’enfuit, tombe et lui brise tellement la tête contre une pierre, que la cervelle jaillit du crâne fracassé. L’autre, dont elle ne s'était nullement mise en peine, avait de lui-même sauté sur son dos, s’était accrochée à ses épaules, et se tira heureusement d’affaire.

5. Un prisonnier, dans la solitude de son cachot, apprivoisa à un tel point une araignée, qu’elle re-

connaissait sa voix et ne manquait pas d’accoiirir lorsqu'il l'appelait et qu’il avait quelque chose à lui donner. Dans ce lieu, qui ne s’ouvrait à aucun ami, elle abrégea pour lui plus d’une heure bien triste. Mais le geôlier s’en aperçut et la tua. Qu’y a-t-il d’horrible en ceci? L’animal qui sut au moins procurer quelque consolation à un malheureux, ou l’homme qui porte envie au malheureux et anéantit sa dernière joie?

4 . Si dans le soleil, on chargeait à boulet un canon du plus gros calibre, et que l’artilleur qui se lient derrière et quMe pointe, tirât précisément sur toi, tu pourrais malgré cela, dans l'instant même où le coup part, commencer hardiment à bâtir une nouvelle maison ; tu pourrais y manger, y boire, y dormir 5 car, quand môme le boulet parcourrait l’espace sans s’écarter de la ligne droite et sans rien perdre de sa vitesse, il ne pourrait arriver du soleil sur la terre qu’au bout de vingt-cinq ans-, et cependant un boulet de canon a un vol bien plus rapide et n’a besoin pour franchir une distance de six cents pieds que de la soixantième partie d’une minute.

5, Le supplice le plus facile.

Un homme qui avait autrefois rendu de nombreux services à sa patrie et qui jouissait de la faveur du prince, fut condamné à'mort pour un crime qu’il avait commis dans un moment de passion. Prière.s et supplications fuient inutiles: mais comme du reste il jouissait de la faveur du prince, ce dernier lui laissa le choix de son supplice, voulant qu’il mou-

rût du genre de mort qu’il aurait préféré. Le greflîer en chef se rendit donc dans la tour où il était renfermé. «Le duc, lui dit-il, veut vous accorder une faveur-, si vous voulez être roué, vous serez roué ; si vous voulez être pendu, vous serez pendu. Il est vrai qu’il y a déjà deux criminels à la potence ; mais vous savez qu’il y a place pour trois. Si la mort-auxrats votre convenait mieux, on en trouve chez l’apothicaire 5 car le duc veut que vous mourriez du genre de mort que vous aurez préféré. Mais il faut que vous mourriez -, vous le savez. » Le criminel répondit : «S’il faut absolument mourir, la roue est un supplice qui exige trop de souplesse-, à la potence, surtout quand il y a du vent, on est trop agité. Mais il faut convenir que vous ne vous y entendez guère : pour moi, j’ai toujours pensé que mourir de vieillesse, c’est la mort la plus douce, et puisque le duc veut bien me laisser le choix, je choisis celte dernière et n’en veux pas d’autre. » Ce fut son dernier mot, et il fut impossible de le dissuader. Il fallut donc le laisser aller et continuer à vivre, jusqu’à ce qu’il mourût naturellement et de vieillesse, car le duc dit -. « J’ai donné ma parole et je ne veux pas y manquer. »

6. Rien n’est plus propre à nous rappeler les avantages de la vie commune que les bienfaits répandus par le commerce sur la société humaine. Par lui, ce qui n’est qu’en un seul lieu, est aussi partout; il satisfait nos besoins, il prévient le dégoût par de nouveaux désirs qu’il satisfait également ; il entretient le repos des peuples, il est pour eux la corne d’abon*

dance; c’est pour lui que travaillent les hommes, et c’est avec des trésors qu’il paie leurs sueurs; il augmente leur alïluence, développe leurs forces, utilise non -seulement leurs hras, mais encore leur génie, leur courage, leurs vertus et leurs vices. Ces ports, ces canaux, ces ponts, ces palais resplendissants, ces armées brillantes sont leur ouvrage. Il stimule et propage les arts, les poisons de nos cuisines, les antidotes de nos médecins passent par .ses mains. Il réconcilie l’économie avec la prodigalité.

7. Armé de .son arc et de ses flèches, le chasseur parcourt les montagnes et les vallées dès les premiers rayons du malin. Comme le milan est roi dans le royaume des airs, le chasseur règne libre sur les montagnes et les rochers. L’espace lui appartient; ce que sa flèche y frappe, tout ce qui marche et vole est sa proie.

8. Chaque créature trouve toujours une défense dans les angoisses du désespoir^ le cerf épuisé s’arrête et tourne contre la meute ses bois redoutables; le chamois attire le chasseur dans les précipices; le bœuflui-même, cet obéissant doniestiquede l’homme, qui soumet patiemment à notre joug la forer prodigieuse de sa tête, s’il vient à être irrité, bondit, aiguise ses cornes puissantes, et lance son ennemi dans les airs.

9 Le mérite de Wieland, comme traducteur des Anglais, des Latins et des Grecs, ne le cède point au mérite du poète original. Il étudiait d’abord ses originaux, jusque dans leurs moindres nuances et leurs

moindres propriétés; il cherch lit à saisir exactement leur esprit, à peser avec soin leur style et leur langage, à déterminer avec certitude le ton qu’ils avaient adopté, et, ainsi pénétré de l’esprit du modèle, il osait alors le reproduire.

10. La honte, au moment de sa naissance, se dérobe aux regards; on l’enveloppe entièrement du voile de la nuit. On voudrait môme l’anéantir. Mais lorsqu’elle prend des forces et qu’elle devient grande, alors elle se montre sans voile au grand jour; et cependant elle n’est pas devenue plus belle ; mais plus son visage est hideux, plus elle cherche la lumière du jour.

11. Les Germains menacèrent l’Italie d’une nouvelle guerre des Cimbres et des Teutons. La terreur qu'ils inspirèrent à Auguste fut si grande qu’il croyait déjà les voir en Italie et môme à Rome. Les présages qui précédèrent et suivirent la défaite (de Varus), lui montrèrent sous des couleurs effrayantes le sort que les dieux lui réservaient. Une nuée de sauterelles vint jusqu’à Rome et y fut détruite par des hirondelles. Souvent le ciel paraissait tout en feu, et plusieurs tomètes apparurent à la fois. On vit tomber dans les camps des Romains des lances qui venaient du côté du nord. Une statue de la déesse de la victoire, en Germanie, qui était toujours dirigée du côté des ennemis, se tourna vers l’Italie. Auguste Qt vœu de célébrer des fêtes solennelles en l’honneur de Jupiter, s’il venait au secours de la république. Il fut, dit-on, si abattu, que pendant quelques mois il laissa

croître sa barbe, et que de temps en temps il s’élançait et se frappait la tête contre la porte de sa chambre, en s’écriant ; Quintilius Varus, où sont mes légions?

12. Bien souvent, les enfants de la Grèce eurent à choisir entre une vie esclave et une mort libre.

Et les enfants de la Grèce choisirent la mort pour la patrie dans les plaines de Marathon et à Platée.

Ils choisirent la mort dans les flots de Salaminc, et leur choix plut à Jupiter, et il donna la victoire à ces amis de la liberté.

13. Les immortels ont prodigué leurs dons à une foule de créatures. La terre, la mer et les airs sont remplis d’êtres vivants, et des biens sans nombre les inondent, les uns comme un torrent, les autres comme une rosée bienfaisante.

Ils ont accordé au lion le courage et des dents qui donnent promptement la mort; à l’aigle, le courage, une aile rapide et des serres qui donnent la mort; au renard, la ruse; au tigre, ces bonds auxquels rien n’échappe; au coursier, une bouillante ardeur.

A l’homme, ils donnèrent la raison, la raison qui abat le lion, qui atteint l’aigle, qui se joue de la ruse du renard, des bonds du tigre, qui, à l’aide d’un mors écumant, maîtrise l’arde^du coursier.

14. La coutume de diviser un poème dramatique en cinq parties est déjà fort ancienne. Les modernes ont également adopté ce nombre, excepté les Espagnols qui paraissent s’être fait une règle de la division en trois ac^es qu’on retrouve dans la plupart de

leursdraiHes. Shakspeare faisait jouer presque toutes ses pièces sans aucune interruption bien marquée, cependant il est facile d’y retrouver aussi cinq actes, et il est probable que dans le théâtre qu’il dirigeait, ces intervalles étaient sinon remplis par la musique, du moins indiqués.

15. Il n’est pas prudent de faire d’avance un pompeux éloge d’une personne que l’on veut introduire, pour la première fois, dans une société ; c’est même souvent la manœuvre perfide d’un fourbe qui veut rendre cette personne ridicule; car l’imagination exagère tellement l’idée que l’on se fait de ce qu’on attend, que la personne annoncée, comparée à l’idée première qu’on s’en est faite, ne saurait que perdre à cette épreuve. Il en est de môme lorsqu’on annonce, avec des louanges excessives, un écrit, un drame; car il ne peut manquer de tomber quand il vient à paraître. Je dirai plus, la lecture qu’on a faite d’un bon drame affaiblit déjà l’impression qu’il doit produire quand on le voit représenter. Mais si l’objet qu’on a vanté d’avance est précisément le contraire de ce qui avait éveillé votre attente, mis sous vos yeuj, il excitera la risée générale, en supposant toutefois qu’il soit innocent.

16. Vous voyez que l’homme de la condition la plus obscure, comme la plus élevée en dignité, tient à indiquer la place où sont conservés les siens. Pour le paysan le plus pauvre qui ensevelit un enfant, c’est une sorte de consolation de placer une petite croix de bois sur la fo'sse, de l’orner d’une couronne

de fleurs pour conserver du moins le souwiir aussi longlemps que la douleur, bien que le temps fasse disparaître et ce signe et la douleur elle-même. Les personnes aisées tracM^formeiit celte croix en croix de fer, la consolident et la préservent de différentes manières, et là il y a déjà de la durée pour plusieurs années. Cependant ce signe lui-même tombe égaie- ‘ ment et disparaît. Aussi les hommes riches n’ont-ils pas d’affaire plus importante que d’élever une pierre qui promette de durer pendant plusieurs générations, et qui puisse être rétablie et réparée par leurs descendants. Mais ce n’est pas celte pierre qui lious intéresse, c’est ce qu’elle recouvre, ce qu’on a confié près d’elle à la terre.

17. Peut-être ne vous figurez-vous pas le dieu du sommeil aussi aimable que les poètes et les artistes grecs avaient coutume de le représenter. Et pourquoi nous représenterions-nous le doux somineil sous une image moins agréable, lui dont les magiques vapeurs répandent sur nos fronts le doux oubli du chagrin et nous appellent t|iaque matin à une nouvelle existence; lui dont l'homme vêtu de pourpre envie les faveurs au laboureur, à l’escjave? Ce dieu charmant, qui, du moins la nuit, répare les caprices de la fortune et qui, lorsque le chagrin veille près des lits dorés, et qu’Harpax, aux yeux creux, | garde ses trésors, rend heureux l'homme le plus pauvre étendu sur la paille? Quel infortuné ne trouve point en lui le terme de ses douleurs? et qui ressemble assez aux Dieux pour ne pas se trouver malheureux de sa perte?

18. Quand j’ouvris le recueil des poésies de Michel- Ange, le grand nom de l'auteur excita mon intérêt; cependant il n’y a qu’un petit nombre qui répondent à l’idée du lecteur, car à cé nom on s’attend à une originaliié pleine d'élévation et de hardiesse; la plupart môme pourraient bien paraître l’ouvrage d’un homme moins extraordinaire ; quelques-unes ne s’élèvent presque pas au-dessus du médiocre, l.’éditeur est un neveu du grand artiste et porte son nom. Ces poésies sont des sonnets et des madrigaux dont la forme cependant s’écarte un peu des compositions de Guarini. On n’y trouve que quelques canzone. Sa versificalion est beaucoup plus négligée que celle des Cinquccentisti, qui ont composé des sonnets. Sa langue est moins perfectionnée, mais elle a souvent plus de hardiesse et plus d’originalité.

19. Entre toutes les langues où l’on a tenté de tra. duire les poèmes d’Homère en prose et en vers, depuis le .syriaque jusqu’à l’anglais, il n’en est peut-être aucune qui puisse se rapprocher de l’original avec une fidélité aussi heareuse que la langue allemande. Ce qui lui donne- déjà un avantage marqué sur d'autres tangues modernes qui sont parvenues à un degré de culture plus élevé, mais seulement sous de certains rapports, c’est que dans cette tangue seule la métrique des anciens, autant du moins que nous la connaissons et que nous pouvons nous l’approprier, a pris des racines profondes; les Italiens, au contraire, les Espagnols, les Français et les Anglais ont tenté, de bonne heure, il est vrai, de l’introduire

dans leurs langues, mais leurs essais sont restés sans résultats, et, si l’on en parle encore, ce n’est plus quocomme d’une curiosité littéraire. Un autre avantage, et il est infini, c’est la possibilitéde réunir plusieurs idées fondamentales en un seul mot, avantages dont sont privées presque entièrement les langues modernesdérivéesdu latin et la langue latineelle-raôme. |

20. Un conquérant de l’Orient s’étalait avec or- ] gueil dans un char de triomphe. Quatre rois enchaînés traînaient ce fier dominateur. L’un d’eux, cou- ^ vert de harnais de pourpre, orné d’or et de chaînes retentissantes, haletant et inondé de sueur, se tournait à chaque instant pour regarder les roues. Que fais-tu donc ? lui demande Sésostris.

«Vois, lui répondit-il avec un sang-froid plein de hardiesse, vois, dominateur orgueilleux, comme la roue décrit sans cesse un mouvement circulaire, et comme ce qui était caché sous le sable de l’ornière, s'élève bientôt au plus haut point. Ainsi tourne sans céssc la roue de la fortune ; ce qui était au plus haut point retombe, ce qui était tombé se relève. C’est sans doute une consolation que les Dieux ont voulu réserver au malheureux.» Sésostris interdit, fait dételer les quatre rois vaincus et leur ouvre son palais comme à ses hôtes.

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