‹ Cours complet de météorologieChapitre 109 sur 194 · CAUSES DE SES VARIATIONS · texte numérisé non relu

CAUSES DE SES VARIATIONS

Du 23 au 26 le baromètre a monté constamment à Halle : le ciel était couvert, le vent soufflait de l’ouest; en mémo temps le thermomètre baissait. Nous ne trouvons d’exception à cette règle que le 25 et le 26 à 2 heures, où le thermomètre est plus élevé de 0®,3 qu’à 2 heures le 24 ; mais c’est que le soleil avait enfin percé les nuages et fait monter le thermomètre. Du 27 au 29, la pression atmosphérique diminue et la chaleur augmente ; toutefois le 27 et le matin du 28 il y a une exception remarquable , car le froid augmenta; mais le ciel étant plus pur et plus serein pendant cette période qu’on n’est accoutumé à le voir dans cette saison , le refroidissement était dû à l’intensité du rayonnement. Le vent de sud régnait dans le haut de l’atmosphère, et la température ne baissa pas aussi sensiblement sur le Brocken qu’à Halle. Il y a plus ; le 28 au matin, où elle atteignit son minimum à Halle-, le tliermomètre était de 6® plus haut sur le Brocken ; le rayonnement était probablement moins intense sur la montagne, et le vent de sud élevait la température.

Je pourrais citer un grand nombre d’exemples semblables. Si le baromètre oscille beaucoup sans que la température change, il faut en chercher la raison dans des contrées souvent fort éloignées : telle variation brusque en Europe s’explique par de grandes ruptures d’équilibre,.dont le point de départ se trouve au centre du continent asiatique ou américain

CAUSE BES VARIATIONS DIURNES DU BAROMi]- TRE. ^ — S’il est difficile d’expliquer les variations irrégulières du baromètre, il l’est encore plus de se rendre compte de ses oscillations diurnes. Quelques physiciens ont admis une attraction du soleil ou de la lune qui déterminerait des marées atmosphériques analogues à celles de la mer. Quoique ces deux phénomènes aient une certaine analogie entre eux , ils présentent toutefois de telles différences qu’une même explication ne saurait leur être appliquée : car, si l’on admet une attraction lunaire, le moment du maximum devrait varier avec la position do la lune relativement au méridien , comme on l’oliserve pour les marées. Rien de semblable ne se passe dans l’atmosphère.

Il est probable que ce phénomène tien! à l’action calorifique du soleil; Bouguer l’avait soupiçonné, et Eaplaoe et Ramond ont admis cette explication. En effet, tant que le soleil est dans notre mé-

’ Les lecteurs qui désireraient connaître les développements delà théorie de M. Kiirinu les trouveront dans i’Annuaire de M. Sdimoacher pour lH41,sousc« titre : Vrber (len Zusnmmenhang zwitchen Lu/ldruck und IVindricktung. Nous avons déjà extrait de oe mémoire les considérations sur les p<Mes du froid teinporaire. (Voy. p. 162 , la note.|i M.

POIDS Dïî L’ATMOSPHÈRE.

ridien, il' échOuffe la portion du globe terrestre située entre les lieux pour lesquels il se coucheet ceux pour lesquels il se lève dans ce moment. Cet échauffemenl est surtout très-marqué entre les méridiens qui marquent 9 heures du malin cl 3 heures du soir, tandis que le soleil marque midi pour nous. Dans cet intervalle l’air se dilate, s’élève, s’écoule vers les régions voisines, et le baromètre baisse } mais il monte au contraire sous le poids des masses d’air qui se sont écoulées entre les méridiens de 9 heures et de 3 heures, puis de 5 heures et 24 heures (9 heures du malin). Dans le dernier do ces espaces, l’atmosphère est moins élevée^ parce que l’influence nocturne n’est pas encore détruite , et l’air s’écoule au-dessus d’elle. A 5 heures l’air se refroidit parce que la chaleur du jour est passée ; ce mouvement se propage ainsi d’un pays à l'autre. Le baromètre baisse donc entre 9 heures du matin et 4 heures du soir, parce que la chaleur du jour a diminué de densité de l’atmosphère, dont la hauteur est moindre de toute l’épaisseur des couches qui se sont écoulées vers les régions voisines : de là les deux tnaxima etlemmtmum du jour. Quant au minimum du matin, il est suivi , à 1’^ de l’endroit où il a lieu , d’un minimum de température; et une partie de l'air des contrées occidentales s’écoule de ce côté : de là une baisse du baromètre.

L’influence des saisons sur le phénomène s’explique de même aisément. Dés qu’au printemps lès jours deviennent plus longs, le minimum de température du matin a lieu plus tôt, te rnioimum barométrique se rapproche au^i de minnit ; il en est de même des autres heures tropiques. En été, où tes différences de température sont plus grandes, la variation diunie est aussi plus forte.

On ne peut nier qu’il existe encore plus d’une difficulté à résoudre. On ne saurait expliquer l’accroissement de l'amplitude oscillatoire à mesure qu’on s’éloigne de l’équateur, où les différences <tee extrêmes de température ne sont pas plus grandes en moyenne que dans les latitudes plus élevées, à moins d’admettre avec Daaiell que l’air coule non-seulement dans une direction perpendiculaire au méridien, mais encore parallèlement de l’équateur au'pôle. H est probable aussi que l’amplitude de l’oscillation doit être plus faible en pleine mer que dans les continents , où les extrêmes de température sont plus marqués. Le petit nombre d’observations faites sous les tropiques que noue possédons , semblent confirmer celle hypothèse, tandis que celles qu’on a recueillies dans des latitudes plus élevées ne lui sont pas favorables '.

' ' M. le capitaine f.«ittareXe ayant enrayé i l’Académie trois grands tableaux daa observations météorologiques qu’il a faites à Cherbourg en 1838 , 1839 et IBIO,

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