AU NIVEAU DE LA MER
On comprend qu'à l’équateur d’où l’air s’écoule sans cesse' la .pression doit être moindre; à la latitude de 80®, où la pression atteint son maximum, l’alizé supérieur S. O. lutte avec l’alizé inférieur N.E., et il en résulte une accumulalion d’air et une pression plus forte *.
Je ne saurais me rendre compte pourquoi la pression diminue dans les latitudes élevées; car, en ayant égard seulement à la température de la terre et aux lois des gaz permanents , elle devrait augmenter à mesure qu’on s’éloigne dé l’équateur : l’expérience prouve le contraire. Mais je doute qu’on puisse appliquer ù toute l’atmosphère les lois dont nous venons de parler, car elle se compose d’air et de vapeurs d’eau ; or la tension de la vapeur d’eau diminue, et dans les hautes latitudes celle-ci se résout en pluie. L’air sec est le seul dont la pression augmente. Malheureusement nous manquons d’observations hygrométriques suffisantes laites à diSérentes latitudes pour isoler ces deux pressions ; tôutefois on peut sans grande erreur estimer la tension de la vapeur d’eau sous l’équateur à 25”“ ; à la latitude do 35®, à 1 4”“,6 ; et à
I M. Enaâa, ayant parcouru quatre ISA | dans son voyage autour du monde snr une corvette russe où l'on observait six fois par jour le baromètre, le thermomètre et l’hygromètre) l'espace compris entre le degré de latitude nord et le de latitude sud, a vu que la moyenne pression de l’atmosphère corrigée de l’intensité de la pesanteur n’est pas la même sur tous les points du globe , mais se trouve dans une époite dépendance des deux coordonnées horizontales de chaque point. Ce résultat se véciÂe également, soit que l’on considère la pression totale dq tontes les parties constituantes de l'atmosphère, soit qu'en faisant usage des observations hygrométriques pour éliminer la tension de la vapeur aqueuse on ne compare que les pressions des gaz permanents.
Examinons d'abord l’influence de la latitude ; à partir du 60* de latitude sud, et en suivant le même méridien , les'moycnncs pressions vont en augmentant sensiblement jusqu’au 2b* latitude sud, c’est-i-dirc jusqu’à là limite des vents alizés. Depuis ce parallèle, elles décroissent régulièrement jusqu’à l’équateur, où elles atteignent un minimum relatif, puis elles croissent de nouveau jusqu'à la limite boréale des vents alizés. Dans notre hémisnlière, les phénonicnes se reproduisent d’une manière symétrique comme' dans l'hémisphère opposé. La diflérence de prea-iion à la limite des vents alizés d’une part et à l’équateur de l’autre .est de 4'“",06. M. J. Herscbdl a confirmé ce résultat dans son voyage au cap de Bonne- Espérance. A partir du maiitmtm de pression qu’on trouve vers le 25' de latitude et en se dirigeant vers le pôle, la diminution de pression est beaucoup plus rapide que dans la zone des vents alizés. Ainsi les pressions moyennes aux cotes du Kumtschatka et au cap Hum sont respectivement inférieures à la pression moyenne maximum du grand Océan de 12"‘“,86 et de 12”"',18. Des séries d’observations faites sur la cote d’isfande confirment pleinement ce résultat.
La pression moyenne de l'atmosphère est, en second lieu, dépendante du la longitude. A latitude égale, elle est de 3““‘,50 plus forte sur l’océan Atlantiqu'e que dans la mer Pacifique. Ce résultat a été obtenu par la. comparaison des observations faites sous vingt-quatre parallèles différents en ayant égard à l’influence des’ saisons.
Si l’on tient compte de la tension de la vapeur aqueuse, ]a pression mfuthnum, dans chaque hémisphère , est uq peu reculée vers les pèdes , et la différence entre ce maximum et le minimum équatorial est bien plus, forte, puisqu’elle s’élève A 11“'", 96. (Voyez l’.Annt«iire de M. Schumacher pour 184<i, p. 298.) ML."
celle de 70% à En soustrayant ces quantités de celles que
nous avons trouvées pour la pression atmosphérique à ces mémos, latitudes, nous obtiendrons pour Ta pression de l’air sec les nom^ bres suivants : à l’équateur, 733“'"; à la latitude de 35®, 748“™, et vers le 70*, 752““ : ainsi d’une manière générale la pression diminue de J’équateur aux pôles
BAUTBUR SU BAB.OMBTRE SAKS X.ES SXVBRSBS SAISONS. — On pensait autrefois que 1a longueur de la colonne mercurielle devait être la même dans les diverses saisons, et l’on attribuait sa moindre hauteur pendant le printemps aux variations atmosphériques qui caractérisent cette saison en Europe. On ne tenait aucun compte du petit nombre d’observations de pays intertropicaux que l’on possédait alors. M. de Bach a le premier fait voir qu’entre les tropiques la pression atmosphérique diminue à mesure que le soleil s’approche du zénith; M. Dove a étendu- ces recherches. Le tableau suivant montre quelle est cette pression
moyenne dans l'hémisphère boréal jusqu’au 30* degré de latitude
’ La pression attnosphériqne exerce une influence sur le niveau moyen des mers; ce niveau, qui s'obtient en prenant le milieu entré deux pleines tners consécutives et la liautcur de la bosse mer intermédiaire, était regardé généralement comme constant. Mais M. Dsiusv, en comparant entre elles les obMrvalions de Brest, a vu qu'il ne l'était pas et que ce niveau moyen variait suivant la pression barométrique.
Des observations faites à Lorient lui ont fourni une nouvelle série de comparaisons. Ainsi IbO déterminatiorts du niveau moyen de la mer, rangées d'après la hauteur du baromètre observé chaque jour, et divisées en 5 groupes de 30 chacun, lui ont donné les résultats suivants :
VARIATION Dl’ NIVEAU MOYEN DE LA MER SUIVANT LES HAUTEURS DU BAROMÈTRE.
HAUTEUR «lu baron^A.
NIVEAU MOYEN de U mer.
mis.
En désignant par H la hauteur observée du baromètr», on représente très-bien •le niveau moyen N de la mer par la formule : N = 2“ ,823 — 15,6 (H — 0“,760).
M. Dsuuy s’est assuré, dans scs recherches, que ce niveau moyen n'était pas sensiblemeivt altéré, A Lorient, pas leS vents faib'es ou frais ; maU qu’il était abaissé do 0“,08 par les vents violents du nord et du N.E., et élevé de la même quantité par ceux de S.O,, sud et S,K. {CompUa-TeTuiu$ de l’Académie dee. Sciences, t. iil , page U6. 1836.) M.