VARIATION DIURNE
action devient moins puissante, la perle par rayonnement l’emporte sur le gain par absorption ; la chaleur diminue d’autant plus rapidement que le soleil est plus près de son coucher. Dès qu’il a disparu, la source calorifique n’existant plus, toute la chaleur acquise rayonne vers les espaces célestes, la température baisse et baisserait encore plus si une partie de la chaleur qui a pénétré dans les couches superficielles du sol ne revenait à la surface en vertu du pouvoir conducteur de la terre. Ce refroidissement continue jusqu’à ce que l’aurore annonce le retour du soleil, qui réchauffe de nouveau les régions qu’il éclaire.
Ces explications sont si Simples qu’on peut en déduire presque tous les phénomènes de température , et en inférer que la variation diurne de la chaleur est probablement la même dans tous les pays. Toutefois, dans les climats chauds et sur les bords de la mer, le maximum de la température a souvent lieu avant le passage du soleil au méridien, parce qifil s’élève vers midi une brise fraîche venant de la mer qui abaisse la température. Des observations journalières faites en juillet et août 1837 sur les bords de la Baltique m’ont fait voir que le maximum avait lieu dans l’après-midi, mais plusieurs heures plus tôt qu’à Halle , qui est dans l’intérieur du continent
Si l'on accorde une entière confiance i ces nombres, déduits des observations raites pendant un hiver seulement, on sera conduit è admettre que la température atteint son maximum vers 11 heures du matin , son minimum vers 6 heures du soir, et un second maximum i 11 heures du soir. Mais ces deux oscillations sont trop peu marquées pour que l’on puisse répondre dès aujourd'hui de leur constance. Il serait toutefois fort intéressant de constater l’existence d’une onde calorifique diurne qui ne dépendrait pas de l’action directe des rayons solaires. Les observations précédentes montrent que son amplitude ne dépasse pas 0'’,4. Il reste i constater si le phénomène peut s'expliquer par un changement diurne régulier dans l'état du ciel ou la direction du vent, par la variation diurne de la pression de l’air, par les aurores boréales , ou quelque autre influence locale ou générale,
’ Sur le sommet des hautes montagnes des causes dilTérentes produisent un elTet analogue. L’époque la plus chaude de la journée arrive une demi-heure ou trois quarts d’heure après le moment de la culmination du soleil. Les observations de M. Kteinis sur le Faulhorn Icnnton de Berne), à 2683 mètres au-dessus de la mer, en 1832 et 1833, celles que j’ai faites avec MM Brirait et WacUsmuth sur la même montagne en 1841; enfin celles de MM. Peliieret Brarais en 1842, s’accordent toutes i donner le même résultat quelque variées qu’aient été ces diverses séries sous le rapport des circonstances météorologiques qui les ont accompagnées. Les observations du Grand Saint-Bernard prouvent aussi que dans cette station la température à midi est en général plus forte que celle de trois heures. Si, pour ces deux stations, l'époque du mnrimum diffère, cette différence est très-probablement due à ce que le Faulhorn est un sommet isolé, tandis que l’hospice du Saint- Bernard e.st dominé de tous les côtés par des sommets élevés. L’instant le plus froid co'incidc avec relui de la plaine, c'est-i-dire qu'il arrive environ une demiheure avant le lever du soleil.
Sous le rapport de la variation diurne du thermomètre , le climat du sommet des montagnes a une grande analogie avec les climat* marin*. M.
20 TEMPÉRATURK.
DÉTERMIMATIOXV BE EA TEBlPlÊRATimB MO-TEIV^ XfE. — Deux fois dans la journée le degré du thermomèlre est égal à la température moyenne. Il semblerait donc qu'il suffit d’observer à l’un de ces deux instants. Mais cette méthode est trèsinfidele. Au moment où elle oscille autour de la moyenne, la température change très-rapidement; et si l’on observe un peu trop tôt ou un peu trop tard, il en résultera des erreurs notables.
Il est plus sûr de faire plusieurs lectures pendant la journée, et à des heures telles que leur moyenne arithmétique se rapproche autant que possible de la moyenne véritable. En observant à 4 heures et à 10 heures du matin , à 4 heures et à dix heures du soir, le quart de la somme des températures trouvées donnera une valeur qui différera bien peu do celle de la moyenne. La moyenne arithmétique des observations de 6 heures du matin, 2 heures de l’après-midi et 10 heures du soir, s’en éloigne aussi fort peu. M. Schouw conseille, pour faciliter Ta tâche dos observateurs, do se borner à trois lectures : le matin à 7 heures, à midi et à 10 heures du soir; la somme des degrés divisée par 3 donnera la moyenne K A Halle, la moyenne de juin obtenue par cette méthode est de 15°, 93; tandis que la véritable moyenne est de 13", 72, par conséquent de 0",23 plus faible. Si l’on ne connaissait point la vraie moyenne de Halle, on pourrait la conclure en déterminant, au moyen d’observations faites dans un autre pays, la quantité constante qu’il faut retrancher de la moyenne déduite de trois observations seulement. Ainsi à Padoue la moyenne trouvée par celte dernière méthode est 22", 23, la véritable moyenne est 21",,93, la différence = 0",30. Retranchons cette différence de la moyenne déduite à Halle de trois observations seulement , et nous aurons 13", 95 — = 13“,63; nombre qui s’éloigne peu de la véri-
table moyenne 13", 72. En résumé, il faut s’as.surer si la moyenne arithmétique des trois observations est plus grande ou plus petite que la vraie moyenne dans les lieux où celle-ci est connue, et ajouter ou retrancher cette différence de la moyenne qu’on oblieifdra dans le lieu où l’on observe. Pour des points situés sur le continent et dans les zones tempérées, on prendra la moyenne des corrections de Gæltingiie, Halle et Padoue, afin d’éliminer les petites anomalies qui pourraient exister dans une de ces villes prise isolément. Pour l’Angleterre, il faut adopter la correction trouvée par les observations faites à Leilh. Si l’on n’arrive pas à des résul-
‘ En général , la moyenne de quatre lectures faites à des l;eures équidistantes diffère peu de la moyenne réelle.