‹ Cours complet de météorologieChapitre 137 sur 194 · ATTRACTIONS ET RÉPULSIONS · texte numérisé non relu

ATTRACTIONS ET RÉPULSIONS

l’électricilé, il est bon de suspendre une petite boule de liège oü de sureau à un fil do cocon et de fixer sa partie supérieure avec un peu de cire à cacheter. La soie, la résine, le verre et d’autres corps qui développent de l’électricité jiar frottement , retiennent aisément l’électricité à leur surface, tandis que les métaux, l’eau, et tous les corps humides, la laissent passer librement. Ces derniers corps se nomment des corps conducteurs ou anèlectriques ; les auti’es , des corps isolants, non conducteurs ou idiuélectriques.

La petite boule suspendue se projettera avec vivacité contre un bâton de résine frotté préalablement; puis s’éloignera après l'avoir touché, et sera repoussée dès qu’on en approchera le bâton de résine. Mêmes phénomènes si l’on eût employé le verre au lieu de la résine; et nous en conclurons que des corps qui se sont réciproquement électrisés [lar contact , se repoussent. La môme chose arrive quand ils ont puisé de l’électricité à la même source. Fixez deux fils unis et flexibles à un bâton de cire à cacheter, et attachez à l’extrémité de chacun d’eux une petite boule de liège. Si les deux boules se touchent lorsqu’elles sont dans l’état naturel, elles s’écarteront l’une de l’autre dès qu’on les aura électrisées avec un bâton de cire à cacheter et retomberont l’une sur l’autre à l’instant où on les aura touchés avec la main, parce que l’électricité qui leur a été communiquée par la résine est conduite par le corps dans le sol.

Ces expériences font voir une autre particularité intéressante. Si la petite boule a été en contact avec la résine et qu’elle soit repoussée par elle, elle sera attirée plus fortement par le verre que si elle n’avait pas été en contact avec la résine ; puis, si elle touclie ce verre, elle s’en éloignera et sera de nouveau attirée par la résine. Mêmes résultats si l’expérience avait été faite en sens inverse : si nous approchons d’une boule ainsi électrisée par la résine ou le verre des corps électrisés quelconques, nous trouverons toujours qu’ils l’attireront ou qu’ils la repousseront. Mais nous voyons que ceux qui l’attirent quand elle est électrisée par la résine, la repoussent si elle l’est par le verre, et réciproquement.

Ainsi l’électricilé du verre et celle do la résine ont pour caractère commun d’attirer et de repousser ensuite des corps légers ; mais les faits que nous venons d’énoncer nous forcent à admettre deux genres d’électricité , dont l’un attire ce que l’autre repousse.

On a proposé plusieurs hy|X)lhèses pour expliquer ces deux phénomènes : deux ont été adoptées par les physiciens. Dans l’une on admet deux électricités différentes, qu’on se figure comme des fluides > l’une se développe sur le verre qu’on frotte , et est nommée électricité vitrée; l’autre sur la résine, on fappelle éleclri-

ÉLFXTRIClTlt

cité résineuse. Dans tout corps non électrisé chacune d’elles est en quantité égale dans chaque molécule; elles s’attirent mutuellement et ne manifestent jKis leur présence au dehors, parce que l’une attire ce que l’autre rejioussc. Mais si l’on frotte certains corps l’un contre l’autre , alors il y a séparation des deux fluides ; l’un est en plus grande quantité que l’autre dans le premier des deux corps , l’autre dans le second , et ils manifestent leur présence au dehors. Si les deux corps sont isolés comme dans certaines machines électriques, l’expérience montre toujours-que l’un des corps est électrisé vilreusement , l’autre résineusement.

Dans la seconde hypothèse, qui est due à Franklin, il n’y a qu’un seul fluide électrique. Chaque corps de la nature en possède une certaine quantité et se trouve alors dans l’état naturel. Le frottement change cet éttU, en ce que l’un des corps cède à l’autre une partie de son électricité. Alors celui-ci en possède une quantité surabondante, l’autre en a moins que dans l’état normal; ou, comme l’on dit souvent, l’un a une électricité posj7»ve, l’autre une électricité négative, expression synonyme d’électricité vitrée et d’électricité résineuse, que nous désignerons quelquefois par les notations abrégées -t- E et — E ‘.

L’expérience ne saurait décider entre ces deux hypothèses, qui expliquent également les faits observés, et une discussion sur leur mérite respectif se réduirait à une dispute de mots. Ajoutons seulement qu’il est facile do distinguer les deux sortes d’électricité.

• La physique moderne conduit à une troisième théorie, dans laquelle on considère les phénomènes électriques comine le résultat de modiAcotions particulières dans le Auide impondéré qui remplit l'espace et qu'on nomme éther. On sait que, depuis la découverte des interférences et les travaux d’ Younj; et de Fremel, la lumière n'est plus considérée comme le produit d'une substance émise, mais comme le résultat d'un mouvement oscillatoire des molécules de l'élher. Les travaux du professeur Mclluni conduisent aux mêmes conséquences pour la chaleur. Dans son Traité sur l'electricité , M. Itrcqucrel a souvent employé des expressions qui indiquent sa tendance à acVtiettre certains mouvements vibratoires dans le même éther comme étant la cause des phénomènes électriques. EnAn M. Pdiier a émis positivement l'idée que les phénomènes électriques ne sont dus ni à un ni à deux principes spéciaux, mais à deux états particuliers d'un même principe. Ayant séparé complètement les phénomènes statiques dis phénomènes dynamiques en démontrant leurs marches complètement opposées {Annales de chimie et de physique , t. 67), il en a déduit que les premiers n étaient et ne pouvaient être que le produit de l'inégal partage de la substance éthérée elle-même dans les corps; et les seconds, que le produit de la propagation de cet éther entre les interstices moléculaires des conducteurs , pour rétablir l'équilibre entre le corps qui eu possède le plus et le corps qui en possède le moins. De l'action des corps comburants, qui donnent toujours le signe résineux aux substances avec lesquelles ils se combinent, de la présence constante de la matière pondérable dans tous les phénomènes électriques, et de la puissante tension résineuse du globe terrestre, il a conclu que l’état résineux est l'indication d'une coercition plus grande de l’élher, et que l'état vitré est une coercition moins grande que dans, l'état naturel. Les mots pégali/ et positif étant contraires aux phénomènes tels qu'il les envisage , il préfère les mots résineux et vitré, comme plus insignifiants. M-

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