NORD
Janvier. . .
Février. . .
Mars. . . .
Avril. . . .
aUi
il, 11
Juin
Juiliet . . .
Août. . . .
Septembre .
Octobre. . .
Novembre .
Décembre. .
Dana les mois d’hiver nous trouvons donc uno prédominance marquée des vents de N.O., de façon qu’en décembre la direction moyenne est N.N.O., comme si 726 vents sur 4000 soufflaient dans cette directipn. Peu à peu celte prédominance diminue : déjà en mars les vents soufflcyH plus souvent du sud que du nord, et cependant les vents d’ouest l’emportent encore sur ceux d’est. Ce rapport cesse à son tour à mesure que le soJeil s’élève, et au solstice d’été le vent souffle du S.S.E. , direction diamétralement opposée à celle de l’hiver. Los vents tournent à l’ouest lorsque la déclinaison du soleil est plus australe, et en hiver ils s’établissent de nouveau'à l’ouest d’une manière invariable- L’influence de la déclinaison du soleil sur les moussons se manifeste aussi par la comparaisan des époques auxquelles elles rognent sur des points différents. Le soleil se trouvant plus lard au zénith des lieux situés plus au nord,' Ic'S.O. y souffle aussi plus tard. A Anjengo (lal. 8“ 30' N.), sur la côte du Malabar, if commence déjà le 8 avril; à Bombay (lat. f9" Ni), seulement le 15 mai, épô-
4t DF.S VENTS.
que où cos deux villes voient le soleil à leur zénith. En Arabie, la mousson paraît un mois plus tard qu’à la côte d’.\frique; quinze ou vingt jours plus tard à la côte de Coromandel que dans la paille septentrionale de l’île de Ceylan.
Je n'oi fait qu’indiquer sommairement la direction générale de ces vents; elle se modifie singulièrement dans les diiïérents parages du grand archipel qui se trouve à l’est de celte mer. Pour le navigateur, tous ces détails sont de la plus haute importance ; car en profilant de ces vents la navigation est rapide et facile. Déjà, dans l’antiquité la plus reculée, ils favorisaient les communications alors si fréquentes entre l’Inde et l’Égypte. A la décadence de çet empire, ces rapports cessèrent, la tradition de ces vents se perdit; car s’ils avaient été connus, Méarque n’aurait pas fait une navigation si longue et si pénible depuis les bouches de l’Indus jusqu’au fond du golfe Persique.
vxmrs BS i*a MéBXTSRaAMés. — Cette succession do vents réguliers se rencontre dans d’autres contrées, quoiqu’elle no soit nulle part aussi remarquable que dans l’océan Indien. Toutefois la Méditerranée a ses moussons connues déjà des anciens, qui avaient indiqué leur dépendance des saisons par la dénomination de vents étésiens C
Au sud du bassin méditerranéen s’étend l’immense désert do Sahara. Dépourvu d’eau , composé uniquement de sable ou de cailloux roulés, il s’échauffe fortement sous l’influence d’un soleil presque vertical, tandis que la Méditerranée conserve sa température habituelle. Aussi en été l’air s’élève au-dessus'du désert de Sahara avec une grande rapidité et s’écoule surtout vers le nord, tandis que dans le bas on a des vents de nord qui s’étendent jusqu’en Grèce et en Italie. Dans le nord de l’Afrique, au Caire, à Ale.xandrie et dans d’autres endroits, on.ne trouve, suivant le témoignage unanime des voyageurs, que des vents de nord. Tous les navigateurs savent qu’en été la traversée d’Europe en Afrique est plus prompte que le retour * ; en hiver, au contraire, où le sable
• *Etoî, année, saison,.
* La fréquence actuelle de la navigation entre la France et l’Algérie a permis depuis quelques années de mieux apprécier Tétât normal des vents dans la partie occidentale du bassin méditerranéen. Ce sont décidément les vents du nord qui prédominent. Cette fréquence des vents du nord se traduit par plusieurs signes. Ainsi, si Ton compare la demi-moyenne des traversées d’aller et de retour entre Toulon et Alger, on trouve que la traversée de retour est plus longue d’un quart pour un navire à voiles, et d’un dixième pour un navire à vapeur. C>t cITet ne peut itre attribué aux courants, qui sont très-faibles. Ensuite, tout le versant nord des Iles Majorque et Minorque, et surtout de cette dernière, est balayé par ce même vent, qui y occasionne un rabougri.^ment très-sensible de la végétation- Cvs vents dominent i Alger, A Toùlon et a Jdarseille.
RKTOi n DE L’ALISI^:.
rayonne fortement, l’nir tin désert est plus froid que relui do la mer, et en-fl;;yple on sent nn vent de sud Irès-froid, mais infiniment moins fort que les vents du nord en, été.
ABAISSEMENT BU VENT B’OUEST BES COUCHES SUPÉRIEURES BANS lÆS UiTlTDBES MOYENNES. — Nous avons déjà signalé et démontré l’existence de co contrecourant des vents alisés. A mesure qu’il arrive dans des latitudes plus élevées, il perd de sa vitesse et de sa chaleur, et s’abaisse vers le 30® parallèle. Telle est l’origine des vents de S. O. qui régnent jusque vers le pôle dans l’hémisphère boréal. Sur la mer, ces vents soufflent avec une régularité telle que le voyage d’.Amérique en Europe est beaucoup plus facile que le retour. Ainsi, d’après une moyenne do six ans, les paquebots mettent 40 jours pour aller de Liverimol à New-York, et seulement 23 jours pour revenir de New-York à Liverpool '.
L’alisé deN.E. s’avance plus vers le nord dans l’océan .\llanlique on été qu’en hiver. Ainsi les observations d Heinecken, qui a séjourné plusieurs années à .Madère, nous apprennent que les vents du nord sont prédominants pendant toute l'année, mais surtout on été, où -les vonLs du sud ne soufflent nullement. L’alisé se fuit sentir jusque sur la côte de Portugal. I.es observations météorologiques continuées pendant quatre ans à Mafia prouvent que la direction moyenne du vent y est N. 3“ H. avec la même force que si 8.36 vents sur 1000 soufflaient dans cotte direction , tandis qu’en hiver les vents du sud sont plus communs.
La région dans laquelle les deux vents se remplacent s’étend plus ou moins loin vers le nord. Pendant l'Iiiver les parages dans lesquels tous deux soufflent régulièrement sont séparés par une bande où des vonLs variables alternent avec des calmes et dè vio-
C’est en hiver qu’ils alteigncntleur plus grande violence, entre la côte de Provence et la cOte d’Afrique.
Par l’interméiliaire de ces vents de nord, in brise marine des eûtes d'Afrique, rf^siiltat de l’aspiraliun therinométriquc exercée du nord au sud par les sables brûlants du Sahara, so trouve liée aux vents de nord dominants en Provence et dans tout le ba.ssin db Rhône. Il est donc permis du croire que tous ces vents ont une commune origine.
Kn été, le vent domin.ant du bassin méditerranéen est le N.E. Ce vent n'est probablement autre chose que i'alisé inférieur. La ligne de température maximum se trouve répartie par l'elTct du soleil vers le 20’ degré de latitude nord, et il n'est pas étonnant que I’alisé inférieur s'étende à 20” plus au nord; mais ce vent est loin d'avoir la régularité des vents alisés des deux Océans.
Le veiit de nord prédomine au.ssi dans la partie orientale du même bassin. C'est ainsi qu'en Egypte, du lô mai au 15 octobre, les vents soufflent constamment du nord et du nord-est. En hiver leur direction est moins constante t mais la prédominance des vents 4e nord est encore très-marquée. M.
' Pour que ces calculs fussent complètement probants, il faudrait tenir compte de la vitesse moyenne du Gul/ttrram, qui favorise le retour en Europe.
DES VENTS
lents coups de vont. Consultez les journaux des navires qui se rendent d’iüiirope dans l’hémisphère austral, et vous verrez qu’ils ont essuyé presque toujours des grains avant d'atteindre la région des vents alisés. , ‘ '
C'est une règle presque générale que les coups de vent ne se font sentir que dans les parages où les vents réguliers ne régnent pas : par exemple, dans la région des calmes ou bien dans la mer des Indes, lorsque les moussons changent. 11 en est de môme dans nos contrées. Ceci confirme cette thèse générale, que si deux courants coulent l’un à côté de l’autre, mais dans une direction opposée , on trouve sur la limite qui les sépare des eaux parfaitement calmes ou bien des tourbillons. Examinez le confluent de deux fleuves dans l’angle que forment les deux courants : l’eaaest tantôt parfaitement unie, puis agitée, pour redevenir ensuite tout à fait calme. De même, lorsque le N.E. règne en bas, le S. O. en haut, il se forme, à leur limite des tourbillons violents qui descendent jusqu’à la surface de la terre et sont doués souvent d’une force prodigieuse.
9XRBCTXOM CÉZflÊRAl.E BBS VBNTS BANS X.BS UiTITUBES MOVENMES OU PX.US BUiVÉES. — Le
courant alisé qui s’abaisse dans nos contrées est la cause delà fré.quencc des vents inférieurs de S. O. qui souillent dans les latitudes élevées. J'ai indiqué dans mon Traité de météorologie la fréquence relative de ces vents poyr un grand nombre de points en Europe et en Amérique; ici je me contenterai de le faire pour quelques pays. Eu désignant par 1 le nombre total des vents qui souillent dans un temps donné, les fractions décimales suivantes indiqueront leur fréquence relative. On peut, ce qui revient au même, désigner par 1000 le nombre total des vents; alors ces fractions décimales deviennent des nombres entiers L
' n n’est pas s.ans intérêt de rnmarqiier qu'en France la direction moyenne n’est pas la même partout. D’après les reclierchcs de M. Fmirnrt [Annnles df la Société d’AyTieullure de Lyou\ notre pays peut, sons le rapport du la distribution des vents, être partagé en trois régions; l"la région atlantique qui embr.assc le centre, le N. E., le N. et l'O. du royaume, et dont le vent dominant est le'v^'nt de S.O.; 2“ le bassin du Rhône, où le vent du nord souITle depuis Dijon jusqy'i la latitude de Viviers ; 3” la région méditerranéenne, dont la partie occidentale offre les vents dirigés de l’O. à l’F.., tandis que la partie orientale de la même zone (Provence) est sous le régime des vents de N. O. A Paris, suivant le relevé des observations météorologiques de 1806 k 1826 fait par M. Bouvrrd, les rapports sont Us suivants : nord, 0,1‘27 ; nord-est, 0,106; est, 064; sud-est, 0,065; sud, 0,173; stid-ouest, 0,181 ; ouest, 0,190; nord-ouest, 0,094. \Mém. Je l’Institut, t. vu, p. 3Î2 | M.