VÉGÉTATION DES MONTAGNES. 2JI
<510 mètres. Sur le revers septentrional du Mont- Rose, l’orgo cosse a la hauteur de 1300 mètres; sur le revers méridional, elle monte dans quelques points jusqu’à <950. Il en est de môme des arbres fruitiers. Dans la Suisse septentrionale ils n’existent plus au-dessus de 880 mètres; seulement dans quehjues localités favorables, près de Disenlis, par exemple, on les trouve encore à 1070. Les cerisiers montent plus haut : les derniers, qu’on trouve en plein vent sur le Kigi, sont à l’i/n/er-Daec/i/r {953“*). C’est avec beaucoup de peine que les capucins du couvent de Marie-à-la-Neige (.l/uria zuin Schnee) peuvent les faire mOrir quelquefois en espalier à 1310" au-dessus de la mer. Les noyers [Juglans regia), qui dans les plaines sont des arbres magnifiques, disparaissent vers 800 mètres * ; le châtaignier {Castanea tesca) n’existe plus à 780 mètres*. On peut donc regarder 877" comme la limite moyenne des cultures.
Il est inutile d’insister sur les circonstances locales qui peuvent modifier cette limite , et sur son abaissement à mesure qu’on s’avance vers le nord. En Laponie, elle est à une centaine de mètres au-dessus du niveau de la mer. Dans l’Amérique du sud, le maïs s’élève à 2270 mètres, mais il n’est dominant qu’entre 1000 et 2000; depuis 2000 jusqu’à 3000, on trouve les céréales d’Europe; le froment dans les zones inférieures, le seigle et l’orge dans les régions supérieures; de 3000 à 4000, on ne cultive que la pomme de terre.
En Suisse, l’homme a porté la houe aussi haut que possible, et il a profité de chaque portion de terrain cultivable. Toutefois à une certaine élévation les bois deviennent dominants et finissent par occuper toute la superficie du sol; mais la physionomie môme des arbres change avec la hauteur. L’épicéa élancé {Abies excelsa) se transforme en une pyramide; ses branches inférieures, qui en forment la base, reposent sur le sol; la structure du bois varie aussi : les couches annuelles sont plus minces et le bois plus dur. Sur une branche d’épicéa de 27 millimètres de diamètre, j’ai compté 60 couches annuelles *. Enfin les arbres disparaissent tout à fait. Dans le nord de la Suisse, le Jiôtre ne s’élève pas au-dessus de 1300 mètres; l’épicéa s’arrête à 1800 mètres. Sur le versant méridional du Mont-Rose, les arbres montent jusqu’à 2270; ce
' Dans les Alpes pennincs le noyer s'élève en moyenne à 1003 mètres, savoir ; i 1060 au sud, et 930 au nord.
> Sar le revers méridional des Alpes pennines sa limite moyenne est à 875 mètres.
^ Dans nos recherches sur la croissance du pin silvestre dans le nord de l'Durope insérées,au t. xv des Mémoires de VAcad. de Bruxelles, nous avons démontré, M. BnviU et moi, que l'épaisseur moyenne des couclies ligneuses annuelles du
aaa tj'.mpérature.
sont des mélèzes [Larix europœa), des épicéas (.'léies exceha), le cembro (r»nu.s ceinbra), des aunes {Alnus viridis) et des bouleaux (Betula alla). Au nord, les arbres verts ne dépassent pas 200ü mètres. Ces derniers varient aussi beaucoup ; sur le versant nord des Alpes, les épicéa s’élèvent le plus haut sur le versant sud, ce sont les mélezes; sur l’Ararat, les bouleaux finissent à 2530 mètres; dans le Caucase, à 2300. Sur le revers méridional dos Pyrénées,, les sapins (v4è/es fteclinata) finissent à 2570; au nord, les pins {Pinua siïceslris) s’arrêtent à 2420. Kn^Laponie, le bouleau nain {Betula nana) est le dernier arbre : il cesse do croître à 585 métros.
pin syWestre allait en rroiasant du nord au sud, Le tableau suivant fait voir clai* rement la puissante influence du climat.
ÉPAISSEUR MOTENNB DES COCCnES ANNUELLES DU PIN BILVESTRI A DIPPÉRENTES LATITUDES.
' La Grimrel, en Suisse, fait exception & cette rfgle, et la succession des grands végétaux sur son versant septentrional rappelle la succession de ces mêmes végétaux le long des c6tes de la Scandinavie. En voici le tableau.