‹ Cours complet de pharmacie (volume 2)Chapitre 2 sur 228 · SUR LA CONSTITUTION DES CORPS , ET SUR LEURS MODES DE COMBINAISON · texte numérisé non relu

SUR LA CONSTITUTION DES CORPS , ET SUR LEURS MODES DE COMBINAISON

Hes ®0t ôimpleg emplojje^ ni $3i)armarie.

Les médicaments chimiques, bien différents de ceux dont nous nous sommes occupés jusqu’ici, offrent, en général, une composition invariable, des propriétés parfaitement connues.

Il nous sera , par conséquent , presque toujours possible de joindre à la description de leurs procédés d’extraction ou de préparation, l’indication de leur composition , de leurs propriétés ; de celles, du moins, que le pharmacien doit surtout avoir présentes à l’esprit, alors qu’il s’agit d’adapter ces corps aux usages spéciaux de la médecine, de les préserver des altérations que leur pourrait faire éprouver le contact des agents extérieurs, de les distinguer de leurs analogues, d’en constater la pureté.

L’intelligence des opérations que aurons à décrire, des réactions qu’elles amèneront, des théories qui les devront expliquer,

exige d’ailleurs, que nous commencions par établir, sans toute- Tom. ji. i

fois entrer dans des développements que ne saurait comporter la nature de ce cours, en quoi les corps simples diffèrent des corps composés , quelles sont les forces qui sollicitent à s’unir les molécules des uns et des autres, suivant quelles lois s’opère la combinaison - eutin, comment on peut suivre les transformations que les particules élémentaires subissent, ou plutôt les évolutions qu elles produisent, en passant d’une combinaison dans une autre.

On donne le nom de corps simples, aux corps dont on ne peut retirer qu’une sorte de matière; celui de corps composés, à ceux dont on peut retirer plusieurs matières de natures différentes.

Le soufre est un corps simple ; le sulfure de fer formé de soufre et de fer, le sucre formé d’oxygène, d’hydrogène et de carbone, l’urée formée d’oxygène, d’hydrogène, de carbone et d’azote, sont autant de corps composés.

Les particules les plus ténues de ces corps s’appellent des molécules ou des atomes; et, suivant qu’elles s’unissent à d’autres qui leur ressemblent en tous points, ou qui en diffèrent, elles constituent des atomes simples ou des atomes composés.

Le soufre et le fer ne présentent que des atomes simples;

Le sulfure de fer présente, et des atomes simples, qui sont ceux du soufre, ceux de fer; et des atomes composés, qui sont ceux du sulfure lui-même.

Quelle qu’elle soit, la force qui tend à déterminer Funion des molécules ou des atomes, prend le nom d’attraction moléculaire ou atomique. On la nomme plus spécialement cohésion, quand elle s’exerce entre des molécules similaires, affinité, quand elle s’exerce entre des molécules dissemblables. On dira donc, la cohésion du soufre, du fer, l’affinité du soufre pour le fer.

Dans un corps simple, on ne peut évidemment avoir à considérer que la cohésion ; mais dans un corps composé, on peut tout à la fois avoir à considérer, et la cohésion des molécules semblables, et l’affinité des molécules dissemblables.

Ces deux forces ontl’une et l’autre pour mesure, l’effort nécessaire à la dissociation des atomes ; d’où il résulte, que la cohésion est insensible dans le gaz , presque nulle dans les liquides, plus ou moins forte dans les solides, et que, de son côté, l’affinité

DU MODE DE COMBINAISON DES CORPS

est infiniment plus grande entre îe fer et l’oxygène , qu’entre celui-ci et le mercure; puisque les combinaisons de fer et d’oxygène résistent à l’action d’une température capable de décomposer les combinaisons correspondantes de mercure.

Certains corps jouissent d’affinités nombreuses; certains, au contraire, n’ont que des affinités restreintes.

L’oxygène se combine avec tous les corps simples, tandis que l’azote ne se combine qu’avec S’oxygène, l’hydrogène, îe carbone, le chlore, l’iode, et peut-être le ter et le cuivre.

Non-seulement les atomes simples se peuvent combiner 2, 3, 4 ensemble, ou en plus grand nombre, pour alors donner naissanceà des atomes binaires, ternaires, quaternaires, etc., etc.

témoin :

Les atomes binaires,

ternaires ,

ide l’acide sulfurique anhydre — chlorhydrique,

Ide l’acide cyanhydrique, du sucre ,

quaternaires ,

( de l’albumine (du gluten,

___ f soufre ,

| oxygène ;

(chlore,

( hydrogène;

(carbone , azote , hydrogène;

( oxygène ,

= l hydrogène , ( carbone;

! oxygène , hydrogène , carbone, azote.

Mais encore les atomes binaires, ternaires, quaternaires, etc., se peuvent combiner entre eux , pouf donner naissance à des atomes plus complexes qu’eux-mêmes.

C’est ainsi qu’un atome binaire d’acide sulfurique anhydre, un atome également binaire de protoxyde de sodium, constituentun atome desulfate de soude anhydre, lequel, à son tour, s’assimilant 10 atomes d’eau, constitue 1 atome de sulfate de soude cristallisé.

Les matières organiques offriraient des atomes de ce genre, si, au lieu d’admettre que l’oxygène, le carbone, l’hydrogène et l’azote, lorsqu’il intervient, s’y trouvent associés de manière à produire simplement des molécules ternaires ou quaternaires, toutes semblables entre elles dans un même composé, l’on admettait, que ces éléments y existent à l’état d’eau, d’acide carbonique, d’hydrogène carboné, d’ammoniaque, etc., et que, de

4 32e LEÇON.

l’union de ces premiers atomes déjà complexes, sont résultés d’autres atomes plus complexes, formés d’eau et d’acide carbonique, ou d’acide carbonique et d’ammoniaque, ou encore d’eau et d’hydrogène carboné, etc., etc.

Rien, en effet, ne s’opposerait à ce que l’alcool, dans lequel l’analyse constate l’existence de l’oxygène, de l’hydrogène et du carbone, dans les proportions précisément nécessaires à la production de l’eau et de l’hydrogène carboné, fût représenté, dans sa constitution élémentaire, par de l’eau et de l’hydrogène carboné.

Les corps ne se combinent qu’en un nombre plus ou moins limité de proportions.

Par exemple :

L’azote ne produit avec l’oxygène que 5 composés, dans lesquels 117 parties d’azote se trouvent combinées :

Avec 100 parties d’oxygène dans le protoxyde d’azote ,

— 200 — — — le bioxyde,

— 300 — - — — l’acide azoteux,

— 400 — — — — hypoazotique .

— 500 — — — — azotique.

400 parties d’étain, + 13p,6 d’oxygène, forment du protoxyde d’étain.

— -f- 27,2=13,6X2 — — du bioxyde —

— + 27,34 de soufre , forment du protosulfure d’étain.

— -j- 54,68=27,34X2 — — du bisulfure —

— 4- 60,19 de chlore, forment du protochlorure d’étain.

— 4-120,38=60,19X2 — —du bichlorure —

pour 580 parties, 916 de base, on trouve :

Dans le carbonate neutre de potasse, 276p,436 d’acide carbonique ,

— sesqui carbonate — 414,654 — =276,436X1,3

— bicarbonate — 552,872 — =276,436X2

S’ils sont gazeux, ils se combinent en volumes dans des rapports simples; et lorsque, formant des composés qui continuent d’affecter l’état gazeux, ils se contractent, leurs contractions se maintiennent en rapports avec leurs volumes primitifs.

100 volumes de gaz hydrogène,

Page 1