BIT KERMÈS
rentes , les décante presque bouillantes encore dans des terrines échauffées, couvre celles-ci de toiles et laisse refroidir. Du soir au lendemain le kermès s’est déposé; on le sépare par décantation, des eaux mères qui le surnagent, on le lave à l’eau bouillie froide, on le sèche à une douce chaleur, à l’abri de la • lumière.
En reversant dans la chaudière , au fond de laquelle est resté le premier dépôt, en grande partie formé de sulfure d’antimoine, les eaux mères et les premières liqueurs de lavage, ajoutant une demi-partie de carbonate de soude, et de nouveau faisant bouillir, on obtient une nouvelle quantité de kermès; aussi répète-t-on la série d’opérations précitées, avec addition chaque fois, d’une demi-partie de carbonate alcalin, tant qu’un dépôt rougeâtre se forme par le refroidissement.
Baumé, au lieu de ne fondre ensemble que du sulfure d’anti- jp™eéd® moine et du carbonate de potasse ou de soude, fondait :
Sulfure d’antimoine en poudre ..... 500 p.
Carbonate de potasse pur (sel de tartre). 1000
Soufre sublimé et lavé 30
traitait ensuite la masse refroidie et pulvérisée par 10 fois autant d’eau bouillante qu’il avait employé de carbonate alcalin, filtrait et laissait refroidir.
Le procédé de Cluzel est de tous les procédés connus, celui De l’examen qui fournit le plus beau kermès ; malheureusement il en fournit c°TermèsfdeS fort peu.
Son produit est d’un rouge brun foncé, d’un aspect velouté.
Le procédé de Piderit en fournit davantage ; mais le kermès est moins beau, plus terne, plus brun.
Les procédés de MM. Berzélius et Thierry en fournissent plus que les précédents : M. Thierry a, par exemple, obtenu 2 p. de kermès de 3 p. de sulfure d’antimoine; mais ce kermès quoique plus beau que celui obtenu par le procédé de Piderit, quoique d’une assez [Belle couleur et d’un reflet velouté , le cède encore au kermès de Cluzel.
Enfin , par la méthode de Baumé on n’obtient, du reste en abondance, qu’un kermès terne et de couleur de brique.
Le kermès, préparé par le procédé de Cluzel, est celui qui Tom. II. 10
De la
composition du kermès, et de la théorie de
sa formation.
Du kermès par
les alcalis caustiques.
s’emploie de préférence dans la médecine humaine; celui préparé par le procédé de Baumé est réservé pour la médecine vétérinaire.
La constitution chimique du kermès n'est pas la même, quel que soit le procédé suivi pour l’obtenir, peut-être même variet-eilc, lorsque les conditions dans lesquelles se font des opérations semblables, ne se reproduisent pas identiques.
Préparé par rintermédiaire des alcalis caustiques, M. Berzélius le considère comme un hydrate de protosullure d’antimoine, correspondant à celui que l’on obtient en décomposant par l’acide sulfhydrique Ses protosels d’antimoine, et renfermant une proportion d’eau d’hydratation telle, que le métal en s’oxydant, et le soufre en s’acidifiant, à ses dépens, produiraient un atome de protoxyde et un atome d’acide sulfhydrique.
Sa formule serait donc : Sb2 S3 — j— 3 (H2 O).
Selon lui, l’oxyde d’antimoine que l’on a prétendu s’y trouver, y existerait en combinaison avec l’alcali, serait étranger à sa constitution essentielle, et proviendrait de ce qu’il est fort difficile de l’enlever en totalité par des lavages.
Dans celle hypothèse, la production du kermès serait accompagnée des phénomènes suivants :
Au début de l’opération, il se ferait entre les éléments d’une portion de la soude ou de la potasse, et ceux d’une portion du sulfure d’antimoine, un échange duquel résulterait du protosulfure de potassium ou de sodium , et du protoxyde d’antimoine.
A la température de l’ébullition, îe sulfure alcalin susceptible de dissoudre le sulfure d’antimoine, s’en saturerait; tandis que de son côté l’oxyde d’antimoine produirait:
D’une part, avec du sulfure d’antimoine, de l’oxysulfure ;
D’autre part, avec la potasse ou la soude restée libre, deux combinaisons : l’une avec excès d’oxyde, l’autre avec excès d’alcaîi.
Ces combinaisons ont été nommées hyperantimonites, en assimilant l’oxyde d’antimoine aux acides.
Filtre-t-on les liqueurs bouillantes?
JL’hyperaniimoüile avec excès d’oxyde , l’excès de sulfure