DES ESPÈCES
Des Espèces.
On donne le nom d’espèces à des mélanges, à parties égales, de plantes ou de parties de plantes, séchées, et d’ordinaire divisées en fragments plus ou moins ténus , que l’on destine à être soumis collectivement à l’action d’un véhicule approprié.
Le mélange de semences entières :
— d’anis,
— de fenouil,
— de coriandre ,
— de caryi,
Le mélange de feuilles incisées ;
— de mauve ,
— de guimauve ,
— de seneçon ,
— de pariétaire ,
— de bouillon blanc,
constituent, par exemple, le premier, les espèces dites carminatives, le second, les espèces dites émollientes.
Le médecin , dans l’association des substances dont il compose une espèce, doit s’attacher à n’associer, que des substances capables de céder leurs principes actifs au même véhicule, agissant dans les mêmes conditions. Il doit, par conséquent, éviter de mélanger des matières qui ne les céderaient, ceux-là qu’à l’eau, ceux-ci qu’à l’alcool ; ou que l’infusion, la digestion, la décoction, n’attaqueraient pas également bien.
Le pharmacien , à son tour, doit diviser les matières premières de telle sorte , qu’il produise un mélange aussi régulier que possible, et cependant compense, par une division inégale, convenablement ménagée , le désavantage que la texture plus compacte des unes pourrait offrir. Par exemple , diviser en fragments moins volumineux, le bois de sassafras, que les feuilles de bourrache, et que les fleurs de coquelicots, dans les espèces sudorifiques pour infusion.
Ces médicaments se peuvent préparer à l’avance sans crainte de réaction, et n’ont besoin , pour se conserver presque indéfiniment, que d’être tenus a l’abri de la lumière , de la chaleur et de l’humidité.
Toutefois, il est bon de les remuer de temps à autre, afin de maintenir le mé.ange exact. La tendance qu’ont à se séparer, des matières en particules d’inégales grosseurs , et diffé- Tom» h 30
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rerament denses , oblige en outre, à ne pas faire concourir les poudres à la confection des espèces.
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De même que les espèces résultent du mélange de matières médicamenteuses entières, ou tout au moins en fragments grossiers ; de même, les poudres composées résultent du mélange intime, de matières médicamenteuses en poudres plus ou moins ténues.
Or , comme toutes les matières solides sont susceptibles d*être pulvérisées, toutes les poudres d’être mélangées les unes aux autres en toutes proportions, le nombre des poudres composées n'a pour ainsi dire pas de limites. Malgré leur très grand nombre, cependant, il est facile de donner une idée nette des précautions générales que réclame leur préparation, des réactions qui se produisent au sein de certaines d’entre elles.
Supposons que les matières premières aient été réduites en poudre d’une ténuité convenable, par les moyens précédemment indiqués, isolément ou plusieurs ensemble, suivant que de l’une ou de l’autre manière, l’opération aurait été plus facile et tout aussi satisfaisante.
Il suffira , pour obtenir une poudre composée , de réunir les poudres en proportions déterminées ; de les triturer toutes dans un mortier approprié, ou, s’il en est besoin, sur un porphyre , quelquefois même de les remuer en tous sens à la surface d’une feuille de papier, au moyen de cartes, jusqu’à ce que le mélange soit parfait.
Puis, et à moins que des matières de densités très différentes n’en fassent partie (car dans ce cas, cette opération deviendrait plutôt nuisible qu’utile), on passera le tout au travers d’un tamis à tissu convenablement serré, pour qu’il puisse retenir les particules les plus grossières, et livrer passage aux plus ténues.
Quand aucune des substances qui doivent faire partie du mélange, n’est altérable par les agents extérieurs, ne peut, avec le temps, et par des causes plus ou moins inconnues, perdre tout ou partie de ses propriétés thérapeutiques j