‹ Cours complet de topographie et de géodésie, a l'usage de l'école d'application du corps royal d'étatmajorChapitre 31 sur 48 · I.E VES · texte numérisé non relu

I.E VES

Si ce physicien parvint à maîtriser la foudre, cet n’est que par hasard qu’il ne paya pas de sa vie la témérité qu’il eut de neutraliser pour la première fois, à l'aide d’un cerf-volant armé d’une pointe conductrice, le fluide électrique accumulé dans un nuage orageux (n". 1 14). Romans, qui le premier en Europe répéta l’expérience de Franklin , fut plus prudent j il s’isola de la corde conductrice par laquelle le réservoir commun fournissait à la pointe électrisée, par influence, le fluide contraire à celui du nuage qui le recevait en ruisseau de feu , et passait ainsi à l'état naturel.

167. Des paratonnerres ou verges de fer armées d’une pointe aiguë de platine, élevées verticalement au-dessus d'un édifice, en nombre convenable, ’ suffisent pour le garantir des effets ordinaires de la foudre, lorsqu’elles sont mises en communication avec un sol humide par des cordes métalliques ; mais il est un autre effet de l’électricité atmosphérique qu’il est impossible de prévenir, le choc en retour. On explique ce phénomène en suj>posant qu'un individu, soumis à l'influence d'une partie d’un nuage chargé d’électricité, passe à un état électrique contraire ; de sorte que, si l’action de ce nuage vient à cesser subitement par suite d’un coup de foudre parti d’un autre de ses points , il peut arriver que la combinaison de l’électricité de l’individu , avec l’électricité contraire venue du réservoir commun pour la neutraliser , se fasse avec tant de promptitude , que la mort s’ensuive.

Art. Jll. Attractions et répulsions des courons électriques , ou des deux électricités en mouvement.

168. Dès que M. OErsteecl eut fait connaître , en juillet 1820, l’influence des fils conducteurs d’une pile de Voila , re'unis au contact, sur la direction d’une aiguille aimantée, les regards des physiciens français se tournèrent vers ce phénomène inattendu, qui ouvrait une nouvelle carrière à leurs recherches. M. Ampère découvrit alors l’existence de courans électriques qui résultent de la décom position et de la recomposition successive et continue de l’électricité naturelle, d’une pile de Volta isolée, dont les conducteurs communiquent entre eux , ainsi que les actions que ces courans exercent les uns sur les autres. Les électricités de la pile ainsi disposée, ne se manifestent plus par les attractions et répulsions électriques que nous avons étudiées, lesquelles sont particulières à l’état de repos ou de tension de l’électricité ; de sorte que sous ce rapport l’énergie de la pile la plus puissante semblerait éteinte, si les phénomènes que nous allons décrire (1) ne nous avertissaient du jeu caché de ce précieux appareil.

Dans une pile dont les fils conducteurs sont réunis, il existe deux courans, un de chaque espèce d’électricité. Ces courans sont dirigés en sens con-

(0 Voyez , pour plus de détail et pour la manière de faire les expériences, le Recueil d’observations électro-dynamiques, etc. , par M. Ampère; et le Manuel d' électricité dynamique , par M. Demonferrand,

traire : celui de fluide électrique positif, qui est le seul pour lequel nous énoncerons les phénomènes , va toujours dans les couples de là pile, de la x plaque de cuivre à la plaque de zinc, soit que tous les couples soient complets, soit que la pile se termine par des plaques solitaires. Il sera donc facile d’étendre aux couransde fluide négatif, tout ce que nous allons dire.

169. Les parties successives d’un même courant, dirigées suivant une même droite, se repoussent. Celte loi , que l’expérience démontre , est une suite de l’existence même du courant, et de la répulsion observée entre deux portions d’un même fluide électrique à l'état de tension. Si on regarde comme les côtés d’un angle de 200 fir les parties delà droite considérée , on trouvera une grande analogie en- ^ tre la loi actuelle et la suivante.

170. Lorsqu’on oblige deux courans à parcourir des conducteurs rectilignes situés dans- un même plan, ces courans s’attirent s’ils se dirigent vers le sommet de l’angle que forment les conducteurs, ou s’ils vont tous deux en s’éloignant de ce somlnet. Quand rien ne s’y oppose, les conducteurs se rapprochent, et finissent par se réunir, soit que ces courans fassent partie du circuit d’une même pile , soit qu’ils appartiennent aux circuits de deux piles différentes.

Au contraire , les deux courans se repoussent si l’un se dirige vers le sommet de l’angle formé par les conducteurs, tandis que l’autre s’en éloigne.

1 7 1 . L’expérience prouve encore que , les intensités de deux courans et les positions des conducteurs qu’ils parcourent étant constantes , les répul-

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A LA BOUSSOLK. *

sions et attractions qui peuvent se développer à cause des directions diverses qu’on peut donner à ces courans, ont des valeurs égales.

172 Ces phénomènes ont lieu quel que soit l’angle des conducteurs ; d’où il suit que des courans • parallèles et dirigés dans le même sens s’attirent avec la même force qu’ils se repoussent quand ils se dirigent en sens contraire. •

• 175. Deux courans qui parcourent des conduc- » . teurs rectilignes indéfinis, formant un angle gauche et libres de se mouvoir dans l’espace , font tourner ces conducteurs autour de leur plus courte distance , afin de se diriger dans le même sens ; *

de sorte que ces conducteurs prennent des positions parallèles entre elles , et finissent par se réunir s’ils sont libres de le faire.

174. L’action de courans, dirigés par un sy- • sterne de conducteurs fixes, sur un courant qui «i suit uu conducteur mobile, n’est pas troublée, si

on renverse à la fois les directions de tous ces cou- * rans. Cette action se change en une action égale et Contraire si les directions des courans so«t renversées, soit dans le systèm#des conducteurs fixes, soit dans le conducteur mobile seulement.

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