‹ Cours d'accouchements professé à l'Université catholique de Louvain (volume 2)Chapitre 101 sur 113 · Prostration , anxiété , dyspnée · texte numérisé non relu

Prostration , anxiété , dyspnée

6. Selles fétides, vomissements plus rebelles, lochies infectes.

7. Sang diffluent, louche, parfois grumeleux, ressemblant à de la gelée de groseille, se coagulant imparfaitement.

8. L'état général surtout est grave et ne s'explique pas suffisamment par les acddents locaux.

Les différences ne sont pas toujours aussi nettement tranchées que nous venons de l'indiquer, car la fièvre épidémique peut revêtir parfois le caractère inflammatoire et, d'autre part, la métro-péritonite sporadique peut se compliquer de phlébite, de lymphangite, de résorption purulente ou putride et alors prendre la physionomie de la fièvre puerpérale typhoïde ; mais alors encore on peut la distinguer, parce que les accidents graves se manifestent généralement tardivement et que le cas reste isolé.

TRAITEMENT, Prophylaxie. Certaines des causes que nous avons énumérées peuvent être évitées, d'autres sont inévitables. Pour peu que l'accouchement ait été laborieux, ou la délivrance compliquée, il est utile de prescrire, sans attendre la manifestation des accidents, une potion calmante et même d'y joindre une

embfocation de même nature baume tranquille, huile de jusquiame, etc. Si les organes ont eu beaucoup à souffrir, dès que le danger de provoquer une hémorrhagie disparu, c'est-à-dire au bout de 5 à 6 heures, on recouvre le ventre de larges cataplasmes, simples ou laudanisés et, pour peu cfu'il se manifeste des arrière-maux exagérés et surtout une douleur fixe, continue, spontanée ou se réveillant sous la pression, nous faisons précéder chaque cataplasme d'une friction à Tonguent mercuriel belladone (ung. hydrarg. dupl. 3o gram. ; extr. bellad. 3 gram.). Nous recommandons la diète et le repos absolu. Peut-être, écrivait mon père, devens-nous à ces précautions la chance que nous avons toujours eue, dans notre clientèle, de ne rencontrer que rarement la métrite grave et presque jamais la métro-péritonite.

Partant de cette idée que l'introduction de Tair et la décomposition de caillots, de débris de membranes ou de placenta, peuvent donner lieu à des résorptions putrides et déterminer rinflammation des vaisseaux lymphatiques et surtout des veines utérines, déchirées par le décollement de Toeuf. J. Guérin et Mattei, ont beaucoup insisté sur ladministration de Tergot de seigle immédiatement après la délivrance. Nous croyons qu'en temps d'épidémie, et même en temps ordinaire lorsque la délivrance n'est pas complète, cette pratique est bonne à suivre : nous ajouterons qu'il ne faut pas se borner à donner une ou deux doses d'un médicament dont l'action est passagère, mais qu'il faut maintenir pendant deux ou trois jours l'utérus sous son influence.

En temps d'épidémie et pour les femmes qui le peuvent, ce qu'il y a évidemment de plus sûr, c'est de fuir à temps la localité infectée; nous disons à temps, parce que nous pourrions montrer par des exemples que nous avons observés, que l'infection peut précéder l'accouchement et alors le déplacement ne servirait plus à rien : post equitem sedet atra,,., febris.

Dans les maternités il faut immédiatemant isoler les malades et les placer dans des pavillons séparés de l'établissement; desinfecter les salles, les planchers, les lits, les linges, les éponges, etc.; — ne jamais permettre que les gardes qui ont soigné les malades approchent des accouchées indemnes; — enfin, si l'épidémie est sérieuse, un devoir d'humanité exige qu'on ferme les portes de l'hospice.

L'accoucheur lui-même est obligé en conscience, aux précautions les plus minutieuses : il doit, avec un soin extrême, désin-

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LCicr st.*s mains, ses iiistiumenls, ses habits et se Lippclcr qu'il existe de tristes cl de nombreux j^cmples où il a servi de véhicule au fléau ci .'orlé la mort d'une l'emme à une autre.

I RAli i.mi:m Ri:PKi:?S[r l.'"[En supposant bt liuvre puerpérale sporadique de nature Iranciiemeni iiitiammaloire et exemple de complieations, le traileinent devra être énergiquement jntipliloi;tsiiquc.

i.'i'iiainlwiis saiifiiiines. -^ On commence |\ii- une saij^née du bras de 5oo à Ooo grammes, Ll que Dubois voulait à larfje ouverture; on applique ensuite, selon les Ibrees du sujet. i5, 2». 'm> sanijsues sur les points les plus

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Irielions mcreurielles bellaJo»rc qu'on recouvre de larges sont mai lolérés à cause de s remplace par des fomeiiianarcotiques.

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de ricin~répugne trop, on la remplace par la limonade eilro-magnésienne ou par !e calomcl i3i) centigrammes à i gramme!, dans .lu jus de piuneaux ou dans du miel.

purf^ation est produite, on près- . lextr, j;ommeux 5 à 10 cen"' rop de morphine). La glace est énerfjique, vanté par des praUmmandables qui la préfèrent au»

cataplasmes; on la pile et on l'enferme dans des sacs en caoulchouc. L'action du froid, obten" pai- ce moven ou par des compresses incessamment renouvelées, doil-êtrc continue. A. Latouf a conseillé de badigeonner le ventre avec le collodioii élastique.

Lorsi erit les opiacé {jrammes. ou ; un moyen trè:

ciens fort rec(

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Ces moyens jugulants^ pour réussir, doivent être employés tout au début de laffection. Ils produisent des résultats : complets, incomplets ou nuls.

a) Guérison. Il arrive qu'au bout de 24 heures on trouve la métro-péritonite dissipée : il n'en faut pas moins continuer les cataplasmes, la diète, le repos, une température égale et entretenir une douce moiteur, ou une dérivation, à la peau, par une infusion de tilleul ou de sureau à laquelle on peut, comme le faisaient les anciens, ajouter i, 2, 3 grammes d'huile de tartre par défaillance ou d'esprit de mindererus.

b) Diminution des accidents. Lorsque les douleurs sont encore assez vives, si le pouls présente encore une certaine résistance, plusieurs praticiens font encore une saignée de i5o à 3oo granmies ; nous préférons, même dans ces conditions, réappliquer sur les points les plus douloureux 6, 8, 10 sangsues, par relais. On continue les frictions mercurielles , les cataplasmes, la diète, les injections émollientes. Les purgatifs ne sont plus indiqués , mais on peut administrer le calomel à dose altérante.

-^ , j ' T^ > à 25 centig. toutes les 4 heures (P. Dubois)

Poudre de Dowerj ° ^ ^

d'autres praticiens préfèrent donner :

Calomel i ou 2 centigr. ) . 1 »

-^ , j Tx r ^- i toutes les 2 heures.

Poudre de Dower 5 centigr. )

Le but est d'obtenir la salivation qui est du meilleur présage. Dès qu'elle se manifeste on doit cesser le calomel, enlever l'onguent mercuriel dont le ventre est enduit et parfois même recourir au chlorate de potasse.

c) Effets nuls. Lorsque la médication n'a produit aucun amendement des symptômes, la femme est presque toujours perdue. On a conseillé le camphre (1/2 à 4 grammes par la bouche ou le rectum) seul ou associé à l'extrait de quinquina.

Nous préférons le sulfate de quinine (i gramme et plus) et les larges vésicatoires volants camphrés. Ce sont les seuls moyens que nous ayons jamais vu réussir dans ces cas à peu près désespérés.

A toutes les périodes de la maladie il faut veiller attentitivement à ce que la malade ne se refroidisse pas pendant qu'on pose les sangsues, qu'on remplace les cataplasmes, etc.

IL Le traitement de la forme épidémique est presque impossible à formuler scientifiquement, telle médication se montrant heureuse

dans certaines épidémies et échouant" absolument dans d'autres. Ainsi les évacuations sanguines ont été tantôt salutaires, tantôt positivement funestes, dans les mains d'un même praticien, comme l'attestent les témoignages d'Ould, de John Clarck, de Denman, de Chaussier, de Desormeaux, de P. Dubois, de Cruveilhier, et de bien d'autres. On a vu les larges saignées réussir là où les petites échouaient ; par contre, on les a vu, même pratiquées parcâ manu ^ déterminer des prostrations de forces irrémédiables. Lichter a vu une épidémie où les pur. gatifs réussissaient à souhait. En 178a l'ipécacuana produisit de telles merveilles qu'on crut avoir découvert un spécifique : quatre mois plus tard, dans une autre épidémie, il demeurait sans vertu.

En 1821 le D*" Vandenzande, d'Anvers, recourait, près que en désespoir de cause, aux mercuriaux et en obtenait des succès remarquables ; mais leur efficacité est nulle ou douteuse dans d'autres épidémies. Il en a été de même pour la thérébentine, etc. — C'est que la fièvre puerpérale n'offre pas toujours les mêmes caractères ni peut-être la même pâture : le médecin doit donc saisir l'indication du moment et changer ses moyens d'attaque contre un mal qui change de forme.

Passons rapidement en revue certaines médications spéciales qui ont eu une heure de vogue et d'utilité que les circonstances peuvent ramener.

Ipécacuana, En 1782 à l'Hôtel-Dieu , D oui cet prescrivit à une femme qui éprouvait des nausées et avait la langue blanche : 75 centigr. d'ipéca en 2 doses à prendre à 1/2 heure d'intervalle puis, après ce vomitif :

huile d'amandes douces 60 gram.

kermès minéral 10 centigr.

sirop de guimauve. 3o gram.

Le lendemain et le surlendemain mêmes prescriptions. Guérison. En 3 ou 4 mois plus de 200 femmes furent soumises au même traitement et s'en trouvèrent généralement bien. C'était en été. En novembre de la même année, l'ipéca faisait plus de mal que de bien. Le moyen est cependant rationneUement indiqué quand il existe un état saburral, surtout au début et alors que les phénomènes inflammatoires du bas-ventre ne sont pas encore bien prononcés. On préfère aujourd'hui dans ce cas administrer 120 centigr. d'ipéca en 2 doses et les donner à court intervalle.

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Tartrate de potasse, huile de tartre par défaillance (oleum tartri per deliquium). Tissot, Van Stichel, de Bruxelles, puis Van Dael , Van Solingen (1827) et Leroy à la maternité de Louvain, ont employé beaucoup ce moyen et l'ont vanté. L'huile de tartre se donne à la dose de 3 à 4 grammes dans une infusion de camomille romaine, avec addition de sirop de pavot blanc. Elle produit une bonne diaphorèse. Baudelocque dit que c'est perdre son temps que d'y recourir. Nous croyons au contraire, que le moyen peut être très-utile lorsque la maladie nest encore qu'à l'état de menace, comme après un refroidissement, ou bien encore lorsque la maladie tend à se résoudre par une transpiration. Quo vergit natura..., eo ducenda.

Mercuriaux. Les Anglais les premiers ont eu recours aux mercuriaux dans les maladies aiguës. Dans une épidémie qui régna à Anvers en 1808 et 1809, et dans laquelle la péritonite prédominait, Vandenzande, après avoir essayé sans succès diverses médications, y compris les antiphlogistiques, se trouva bien des mercuriaux et finit par formuler, comme suit, un traitement qui porte son nom.

1. 11 ne saignait pas, parce qu'il avait observé que les femmes qui avaient perdu le plus de sang pendant l'accouche, ment, étaient les plus gravement atteintes et parce que, dans une épidémie les saignées lui avaient mal réussi.

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