‹ Cours d'accouchements professé à l'Université catholique de Louvain (volume 2)Chapitre 30 sur 113 · Matrice vide, mais malade · texte numérisé non relu

Matrice vide, mais malade

Dans la série de cas que nous allons rapidement passer en revue la matrice est vide, mais elle est malade et elle a augmenté de volume par l'épaississement de ses parois.

1° CONGESTION UTÉRINE, MÉTRITES CATARRHALES. Phénomènes subjectifs : Pesanteur, gêne, plénitude, chaleur dans le bassin, douleur sourde, gravative, augmentant par la marche et les secousses. Tiraillements aux lombes et aux aînés. Quelquefois troubles dans les fonctions du rectum ou de la vessie. — Persistance, mais irrégularité des menstrues et, dans leurs intervalles, écoulement catarrhal. Absence de fièvre dans la simple congestion; quelquefois fièvre légère dans la métrite catarrhalc.

Phénomènes objectifs. Le fond de la matrice est contre les pubis qu'il ne dépasse pas. L'hypogastre est plus ou moins sensible à la pression. Le col de la matrice est augmenté de

(i) Voir cette note à la page i35.

AFFECTIONS UTÉRINES

volume , un peu assoupli , sensible et chaud ; souvent un peu abaissé et dévié en arrière.

Le spéculum fait voir le museau de tanche In)ecté, quelquefois excorié, granulé. Il laisse sourdre un mucus tantôt visqueux.

doucement dessus, et l'anse médiani du pédicule. Elle est guidée dans i Urne en baleine. Tirant ensuile ut

EinbniBse le pédicule et le serrer cor Il n'y a plus alors qu'à attacher

(]) L'extirpation d'un polype intrautérin est toujours une opération difficile. J'ai &it construire pour la praliquer. une série de pinces ou de Jbrceps porte-iigature , que j'ai présentés au Congrès international de 187S, et décrits dans le Journal des sciences médicales de Louvain, (187a, p. 633).

Voici la figure (fio. 17} d'un de ces instruments et la description de son mode d'emploi. On passe les deux bouts de la ligature, de dedans en dehors, par la fente de la branche mâle et on les noue. Ainsi réunis ces bouts forment une anse : anse, a.

ta ligature, de dedans en dehors, par la fente de la branche femelle, anse, b. On atlire enfin, entre les cuillers, un des chefs de la ligature, pour former l'anse, c, antérieure et médiane.

L'instrument est chargé et l'on comprend , à première vue , qu'à tirer sur l'une de c les autres el < de la pince.

Deux aides i a.b.c pendant qu'on introduit la branche mâle d'abord, puis la branche femelle, qui entraînent la portion d de la ficelle derrière le polype et jusque sur son pédicule.

Les branches sont articulées et confiées à un aide. L'opérateur saisit alors les deux anses latérales, tire va s'appliquer sur la bce antérieure

dégagera la ligature

l'opérateur ' se b, qui va compléter le cercle qui ; la branche mâle de la pince, s chefe de la ligature au treuil, à metterminée, à entraîner prudemment

le polype.

s de la pince restée en place.

l36 AFFECTIONS UTÉRINES

filant, transparent, tantôt épais et trouble, selon que la tnétrite est récente ou non.

Nous rappelons que pour bien apprécier le degré de développement de Tutérus, il faut combiner le palper hypogastrique avec le toucher vaginal et même rectal.

20 MÉTRITE PARENCHYMATEUSE AIGUË, non puerpérale. Les phénomènes subjectifs sont ceux de la métrite catarrhale, mais ils sont plus accentués, surtout la douleur et la chaleur. L'écoulement catarrhal est moins abondant et il peut même à la rigueur manquer tout à fait, mais cela est rare, car la muqueuse participe presque toujours à Tinflammation du parenchyme. Les menstrues présentent les mêmes irrégularités que dans le cas précédent.

Phénomènes objectifs. L'utérus est plus gros, sans cependant dépasser le détroit supérieur. Il est très-sensible à la pression. Les parties génitales sont chaudes. La matrice est plus grosse, plus pesante, moins mobile et très-douloureuse au toucher. Le col est gonflé, comme rebondi, chaud et sensible.

La métrite parenchymateuèe circonscrite et la tumeur fibreuse intersticielle se différencient surtout par la chaleur et la sensibilité, qui existent dans la première et font défaut dans la seconde.

30 MÉTRITE PARENCHYMATEUSE CHRONIQUE, hypertrophie avec induration. Mêmes phénomènes subjectifs que dans la métrite parenchymateuse aiguë, mais la chaleur et la douleur sont peu prononcées et la réaction nulle ou presque nulle. L'écoulement est plus épais, mucoso-purulent ou purulent, la menstruation irréguliére. Le faciès finit par prendre le cachet des maladies chroniques.

Phénomènes objectifs. La matrice peut acquérir le volume du poing et même le dépasser. Elle forme une tumeur régulière, ferme, indurée, ce qui distingue laffection dont nous nous occupons de la congestion simple, de l'engorgement et de l'inflammation aiguë au subaiguë. Le col est gros, résistant et, si la femme a eu des enfants, il peut être inégal et comme bosselé. Le museau de tanche est rouge, le plus souvent excorié; il laisse écouler un liquide puriforme. Le segment inférieur de l'utérus est développé uniformément et ferme sous le doigt. Tout l'organe est plus gros, plus pesant et, par suite, moins mobile qu'à l'étal normal. La grande vascularité de l'utérus explique comment il peut parfois, d'un jour à l'autre, augmenter considérablement de volume. Le vagin offre sa coloration habituelle.

TUMEURS UTERINES

Diagnostic. Cet état pourrait facilement être confondu avec le squirrhe de la matrice, mais

Dans le squirrhe :

à) Le coi est très-dur, inégal, bosselé , quelquefois fermé et comme froncé. L'une des lèvres peut rester plus ou moins longtemps saine, ainsi que le corps de ïutérus ; mais ensuite le mal les envahit à leur tour, et il s'étend au vagin ; ce qui enlève toute mobilité à la matrice. Le vagin est alors décoloré.

h) La douleur est généralement lancinante, aiguë, peu ou point influencée par le mouvement et par la pression.

c) L'écoulement est parfois nul, parfois très-copieux, séroalbumineux ; plus tard, fétide.

(/) Il y a des hémorrhagies ou des métrorrhagies.

e] Le mal marche assez rapidement et aboutit à la cachexie cancéreuse.

Dans la métrite chronique indurée :

a) La dureté du col est moindre, mais plus générale, c'est-à-dire, qu'elle s'étend à tout son pourtour. L'orifice reste entr'ouvert. Le vagin restant sain, si la matrice est un peu moins mobile, ce n'est jamais qu'en raison de l'augmentation de son volume et de son poids.

b) La douleur est très-obtuse, et elle se réveille par le toucher, par les secousses, par la marche.

c) L'écoulement est constant, muqueux, mucoso-purulent, ou purulent.

d) Les règles sont irrégulières, souvent en retard et diminuées.

e) La marche du mal est lente et de longue durée.

Malgré ces caractères différentiels, le diagnostic reste parfois douteux et c'est alors que les effets d'un traitement hydrothérapique peuvent servir de pierre de touche (F leur y).

3. Développement partiel, circonscrit, des parois de la matrice.

lo TUMEURS FIBREUSES INTERSTICIELLES.

Symptômes. Irrégularité, fréquence des règles, véritables hémorrhagies. Dans leurs intervalles , écoulements blancs , muqueux, séro-albumineux, quelquefois purulents.

Gêne du côté du rectum ou de la vessie, selon le siège de la tumeur. Absence de douleur et de fièvre ; anémie, conséquence des pertes.

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moins répétées, selon qu'on touche au moment des hémorrhagies ou surtout au moment où la matrice fait effort pour se débarrasser de son contenu.

La durée des accidents, leur marche, Tabsence des signes de la grossesse permettent de soupçonner le mal et de recourir, au besoin, au cathétérisme utérin. La sonde rencontre alors un corps rond qu'elle peut contourner plus ou moins complètement, à moins qu'il n'ait contracté des adhérences avec la matrice, comme nous l'avons vu dans des cas de polype très-gros et très-ancien. Le mécanisme de ces adhérences est aisé à comprendre : la présence du corps étranger cause d'abord de l'irritation, puis un travail d'inflammation adhésive.

Les polypes muqueux offrent les mêmes phénomènes subjectifs que les fibreux, mais le développement de l'utérus, à peine appréciable, même après une longue durée des accidents, ne permet guère de les confondre avec l'un ou l'autre des états dont nous avons traité jusqu'ici.

Indications : Combattre les hémorrhagies, favoriser la descente du polype dans le vagin, puis rextirper.(i)

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