MATIÈRES FIXES
Fibrine, albumine ) Matières colorantes '
Matières extr actives
Matières grasses . . . .
oClS . .
Mucus
MENSTRUATION
Le microscope découvre, outre les globules ordinaires rouges et blancs du sang, une grande quantité de globules muqueux et de cellules épithéliales.
Source. Le sang des règles vient des capillaires flexueux et enroulés de la muqueuse utérine. La congestion les distend énormément et leurs parois, trop minces pour résister à la poussée du sang, subissent des éraillures. Le col, grâce à un appareil vasculaire différent de celui du corps de Tutérus, ne participerait pas à rhémorrhagie (Rouget). Cependant chez les femmes enceintes qui continuent à voir leurs règles après le deuxième et le troisième mois, le sang ne peut venir que du col ou du vagin. La preuve que le sang vient de la matrice, si bien organisée à Tépoque menstruelle pour Thémorrhagie, c est qu'on Ta vu s'échapper du col ; une seconde preuve , c'est que Tutérus se distend par le sang retenu dans les cas d'atrésie de Forifice interne du col.
Un peu de sang peut aussi venir des trompes et aussi de lovaire, puisque celui-ci, pour laisser échapper Tœuf, doit subir une déchirure. Le sang venant de ces deux sources peut être très-abondant et s'épancher dans le péritoine où il constitue Yhématocèle rétro- ou péri-utérine. Mais c'est là heureusement un accident rare.
RÈGLES DÉVIÉES. A l'époque menstruelle il semble que l'économie de la femme jouisse d'une surabondance de sang dont il faille qu'elle se débarasse à tout prix et si, par une cause quelconque, la voie d'élimination physiologique est impraticable, le sang exubérant cherche à se faire jour par d'autres chemins. Aussi n'est-il pas rare, chez des sujets où l'hémorrhagie utérine ne se fait pas, de voir, sous l'influence du nisus menstruel qui est bien un travail général, des hémorrhagies se produire par les mamelles, par la peau, par des ulcères, etc. ou, suivant certaines prédispositions idiosyncrasiques, par les muqueuses digestive ou respiratoire. On a affaire alors à des épistaxis, à des hémoptysies, à des hématémèses, etc. qu'on a appelées règles déviées ou hémorrhagies supplémentaires.
PRÉJUGÉS. 11 a toujours existé sur la nature du sang menstruel de singuliers préjugés qu'il nous faut bien citer en passant. Ainsi Lalouette et Lepelletier ont avancé que les enfants conçus pendant la menstruation ne jouissent pas d'une bonne constitution, et qu'il naissent affectés de naevi materni ou porteurs de
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cheveux roux ! Mais depuis que le sang menstruel a été soumis à l'analyse chimique et à Texamen microscopique il a perdu la malignité que lui ont prêtée certains naturalistes amis du merveiUeux. On ne croit plus qu'une femme à ses époques, par sa présence, « fasse aigrir le vin, tourner les sauces, enrager les chiens, périr les pousses de vigne, affoler les hommes, etc. » Le bon Paracelse regardait le sang menstruel comme le plus subtil des poisons : il assure que le diable en fabrique les arraignées, les puces, les chenilles et tous les autres insectes dont lair et la terre sont peuplés. Delamotte (p. 5i) accuse une servante rousse d'avoir fait aigrir son vin et se gâter un jambon dont la salaison lui avait été confiée, et Van der Wiel se demande (Paris 1780. t. II, »p. 21 3) si le sang des règles peut servir à préparer des philtres amoureux !
Influence du coït. Le coït pratiqué en ce moment est parfois suivi de la suppression immédiate des règles. La conception nest guère douteuse dans ces cas.
Le -sang menstruel peut-il être irritant et provoquer des blennorrhagies chez l'homme ? Oui, mais exceptionnellement et seulement, croyons-nous, chez les femmes accoutumées quelques jours avant ou après leurs règles de perdre en blanc ; car le sang par lui-même n'est pas irritant, et ne peut le devenir que s'il se décompose ou s'il s'y mêle des liquides acres ou virulents. La loi de Moïse défendait sous peine de mort aux Hébreux de voir leurs femmes dans ces moments (i). A côté de cette défense d'une sévérité extrême on trouve, dans le Lévitique, des règles hygiéniques très-prudentes et très-sages.
Le coït doit être déconseillé aux époques menstruelles, car, outre les inconvénients qu'il peut susciter chez l'homme, il en offre d'autres pour la femme : il la fatigue énormément et surexcite son système utérin au point de changer quelquefois la menstruation en véritable hémorrhagie. De là souvent une stérilité apparente. Nous disons apparente, car, d'après Parent-Du Châtelet, les prostituées ne sont pas stériles, elles conçoivent même souvent ; mais les excès auxquels elles se livrent font qu'elles avortent
(1) Ad muliercm quœ patitur mcnstrua, non accèdes.
Qui cofcrit cum multcre in fluxu menstnio... intcrtictentur ambo, de medio populi sui.
Vir de quo cgrcditur scmen coitus lavabit aqua orne corpus suum.... Mutier cum qua colcrit lavabitur aqua.
MENSTRUATION ii
dans les premiers mois, après ce qu'elles appellent un retard d'une ou de deux époques : Tœuf passe inaperçu et comme perdu dans les caillots. La même chose arrive fréquemment aux jeunes mariées.. Il est de fait que, lorsque les premiers feux de la lune de mie^ sont amortis, on voit ces jeunes femmes devenir grosses et porter à terme ; il en est de même pour les filles publiques quand , par hasard, elles viennent à rentrer dans la vie régulière.
Pendant la vie utérine la plupart des hémorrhagies utérines, chez les femmes qui usent du coït, sont dues à de véritables fausses couches et la ménorrhagie, quoique possible, n'en reste pas moins un accident rare, chez les vierges.
INFLUENCE DE LA GROSSESSE. Pendant la grossesse les fonctions de l'ovaire semblent sommeiller tandis que l'utérus se développe. La déchirure de la vésicule fécondée se cicatrise trèslentement et les vésicules en voie de maturation subissent un arrêt de développement. La ponte mensuelle ne se fait plus, l'accroissement du nouvel être semble absorber toutes les forces vives de l'organisme et, le besoin d'une déplétion sanguine ne se faisant plus sentir, les règles sont supprimées. *
Quelques femmes ayant conçu, voient cependant encore leurs régies se reproduire pendant deux ou trois mois. D'autres continuent à] subir des pertes de sang pendant tout le cours de leur gestation. Bien que ces pertes n'empêchent pas toujours la grossesse d'arriver à terme, elles indiquent cependant une disposition à la fausse couche et exigent par là même, des précautions hygiéniques telles que : abstinence de coït, repos, liberté du ventre, régime léger, petite saignée, sinapismes vers les parties supérieures du corps. Plus souvent les règles ne coulent pas, mais il existe des signes de congestion utérine qui réclament les mêmes précautions. Il est, en effet, d'observation que les avortements ont lieu surtout aux époques menstruelles. En général, le nisus cataménial diminue graduellement, de sorte qu'arrivée à mi-terme, la grossesse demande beaucoup moins de précautions.
INFLUENCE DE L'ALLAITEMENT. Les règles ne reparaissent pas pendant l'allaitement parce que la femme qui allaite se trouve en somme dans les mêmes conditions que la femme enceinte ; seulement la source d'alimentation où puise l'enfant s'est déplacée et les mamelles maintenant fournissent au produit de la conception les matériaux que l'utérus lui fournissait auparavant. Les exceptions sont cependant assez nombreuses, surtout après six ou sept mois d'allaitement.
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Chez les femmes qui ne nourrissent pas, les règles reparaissent .ordinairement au bout de six semaines, deux mois, quelquefois trois mois ; si, au quatrième mois, elles ne sont pas revenues, il faut soupçonner un état morbide, ou, si la femme se porte bien, une nouvelle grossesse.
INFLUENCE DES MALADIES. Les maladies de Tovaire, selon leur gravité, entraînent la perturbation ou la suppression de la fonction. Quand les ovaires manquent congénitalement, ou par le fait de l'ovariotomie, ou quand ils sont détruits par des affections diverses, les règles ne se produisent pas. On comprend aisément que d'autres maladies , graves par leur acuité ou leur durée et ayant un retentissement général dans toute l'économie, puissent enrayer la fonction menstruelle.
PÉRIODICITÉ. Les règles se montrent à peu près tous les mois, d'où leur nom de mois. On admet généralement qu'elles doivent reparaître de façon que les jours d'écoulement, ajoutés aux jours libres, fassent 28 jours ou un mois lunaire, d'où leur nom de lunes et l'influence que certaines commères attribuent à la lune sur la périodicité des phénomènes menstruels. Les femmes seraient donc réglées i3 fois l'an. D'après Dugès les règles apparaîtraient par septénaires, tous les 14, 21 ou 28 jours. D'après Brierre de Boismont, parmi les femmes :
i® Les unes sont réglées toujours à la même date du mois ; 2° d'autres avancent et 3^ d'autres retardent, et cela constamment d'un même nombre de jours, de sorte que ces femmes peuvent prédire le jour précis de leurs prochaines menstrues. Mais il en est aussi qui avancent ou qui retardent irrégulièrement. En somme les deux tiers des femmes ont quelque chose de régulier dans le retour, la durée et l'abondance de leurs flux menstruels. Nous connaissons plusieurs femmes qui présentent, vers le milieu de l'intervalle qui sépare deux menstruations, des signes de congestion utérine, et un écoulement muqueux ou légèrement sanguinolent. S'agit-il chez elle d'une ponte, pour ainsi dire, clandestine? C'est probable.
Influence des règles sur l'hématose. Chez l'homme,
la quantité diacide carbonique exhalé par les poumons en un temps donné, va toujours augmentant à partir de 8 ans jusqu'à 3o. Une augmentation très-considérable et très-brusque se remarque à l'époque de la puberté. A partir de 3o ans cette quantité
MENSTRUATION
commence à décroître peu à peu, et elle devient d'autant moins considérable qu'on approche davantage de la vieillesse.
Chez la femme, cette exhalation s accroît aussi graduellement pendant Tenfance ; mais vienne la puberté, et au lieu d augmenter brusquement comme chez l'homme, elle s'arrête tout-à-coup dans son accroissement et reste stationnaire aussi longtemps que la menstruation a lieu. A l'âge critique, c'est-à-dire quand les règles disparaissent, l'exhalation d'acide carbonique augmente brusquement pour diminuer comme chez Thomme, à mesure que la femme vieillit. Pendant la gestation cette exhalation s'élève momentanément au chiffre fourni par les femmes arrivées à l'âge critique.
Voici le tableau graphique des variations de la quantité d'acide carbonique exhalé par les poumons.
Fig.
L'influence de la menstruation sur l'hématose est donc réelle. On sait d'ailleurs les liaisons que l'aménorrhée et la chlorose ont entr elles.
L'histoire de la menstruation a fait dans ces derniers temps de grands progrès, grâce aux découvertes micrographiques récentes.
On savait depuis longtemps que chez les insectes, les mollusques, les poissons, les sauriens, les amphibiens et les oiseaux : 1° les œufs préexistent à la fécondation ; 2° qu'ils parcourent différents degrés de développement indépendamment de la fécondation ; 30 qu'ils sont ou peuvent être pondus sans avoir été préalablement fécondés , et on se demandait s'il en était de même pour les mammifères et pour la femme.
a) Harvey avait déjà dit : omne vivum ex ovo, et De Graaf avait soutenu cet aphorisme.
b) Baër d'abord, puis Coste, Valentin, Bernhardt ont démontré que chez les mammifères aussi, la génération s'opère par des œufe.
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c) Les œufs des mammifères ne diffèrent pas, quant à leur structure intime, des œufs des autres animaux.
d) Ils préexistent aussi à la fécondation : on les trouve dans les ovaires de mammifères vierges et même déjà chez Tembryon.
e) Les œufs sont contenus dans les follicules de De Graaf et ceux<i se développent successivement, de sorte qu'on en trouve ordinairement i5 à 20 à des degrés diflférents de maturité. Les plus développés sont les plus superficiels et on les a vus former des saillies sur Tovaire comme s'ils allaient s'en détacher.
/) Bischoff a démontré que ces follicules peuvent éclater et l'œuf s'en échapper chez les femelles d'animaux mammifères et cela indépendamment du coit.
g) C'est à l'époque du rut que les follicules se développent rapidement et que les œufs s'en détachent pour être fécondés si l'approche du mâle a lieu, pour se détruire au contraire si la fécondation fait défaut.
La menstruation a la même signification physiologique que le rut. La femme aussi, aux époques menstruelles, présente des signes de congestion et d'éréthisme du côté de l'appareil sexuel. Chez elle aussi, c'est alors que les vésicules de De Graaf se développent surtout, que les œufs se détachent et que se forment les corps jaunes et les cicatrices des follicules déchirés (Négrier, Pouchet, Raciborski, Bischotf, etc.).
ÉTAT DES ORGANES GÉNITAUX AUX EPOQUES MENS- TRUELLES. Presque tous les changements survenus dans les organes génitaux sont le fait de l'hyperémie ou de la congestion. Ainsi : i® les ovaires sont plus volumineux, les vaisseaux du hile sont dilatés, turgescents. Adham a pu constater ces phénomènes sur le vivant chez une femme dont les ovaires faisaient hernie à travers les canaux inguinaux. Un ou deux follicules de De Graaf sont proéminents à la surface de l'ovaire ou sont déchirés dcjà (Gardien, Négrier). Cependant d'après M. Kesteven la déhiscence d'un follicule n'est pas constante pendant les règles, et elles peut s'opérer en d'autres temps. L'ovule ayant fait éruption, probablement vers la fin de l'époque menstruelle (1!, du sang s'épanche dans la cavité du follicule ovigène et s'y prend en caillot. Ce caillot ne tarde pas à subir la métamorphose
( I ) H y r t U de Vienne, a trouvé l'ovule dans la trompe chez une vierge de 17 ans morte 3 jours après le début des règles. Letheby cite deux cas analogues.
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graisseuse et c est la re'flexion de la lumière sur ses nombreuses particules graisseuses qui, par un phénomène d'interférence, lui donne sa coloration jaune (Virchow). De là le nom de corps jaune (corpus luteum). Le corps jaune disparaît par résorption au bout de deux ou trois mois ou, s'il y a conception, quatre à cinq mois après l'accouchement seulement (Scanzoni).
2° Les trompes, par un mécanisme que nous n'avons pas à expliquer ici, s'appliquent sur les ovaires pour empêcher l'œuf de tomber dans le péritoine et jouer leur rôle d'oviductes. On les a trouvées remplies d'un mucus sanguinolent.
3° Le système vasculaire de Vutérus a quelque analogie avec celui des tissus érectiles et le système musculaire, que M. Hélie, de Nantes, a si minutieusement décrit, rétrécissant les canaux veineux, ralentirait le cours du sang et simulerait une espèce d'érection. La muqueuse utérine, considérablement épaissie et gorgée de sang, est d'un rouge sombre et devient le siège d'abord d'une hypersécrétion muqueuse, puis d'une exfoliation épithéliale et plus tard enfin d'un suintement sanguin. L'exfoliation de Tépithélium se fait ordinairement d'une manière insensible; quelquefois cependant elle a lieu par lambeaux. Nous avons vu la muqueuse expulsée en totalité et nous avons pu reconnaître distinctement ses trois orifices : tubaires et cervical.
Indépendamment des modifications révélées par les autopsies on sait qu'aux époques cataméniales, les organes génitaux sont plus chauds, la matrice plus grosse, plus convexe et les lèvres du col légèrement gonflées, écartées et assouplies.
On admet aujourd'hui que la congestion et la perte sanguine sont des phénomènes secondaires se rattachant à un phénomène principal, la ponte spontanée. Il se pourrait cependant que l'ovu- . lation fût un travail continu qui prendrait, sous l'influence de l'hypérémie menstruelle, une suractivité momentanée. De sorte que, si la déhiscence de l'ovule coïncide le plus souvent avec la fin de l'éruption des règles, elle peut cependant aussi s'opérer en d'autres temps. Il s'en suit que, si la conception s'effectue généralement à l'époque des règles, immédiatement avant, pendant, mais beaucoup plus souvent, un peu après, rien ne s'oppose cependant à ce qu'elle puisse aussi s'opérer dans tout l'intervalle qui sépare deux époques.
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Des faits, que nous croyons bien observés, ne nous laissent aucun doute sur ce point (i). Nous ne pouvons donc pas admettre, parce qu'elle est trop générale et trop absolue, cette thèse de M. Avrard (1866) : « La fécondation est impossible depuis le quatorzième jour à partir de l'apparition des règles jusqu'à la fin de l'époque suivante. » (2)
MÉNOPAUSE. Ménopausie, âge critique, âge de retour. La vie utérine semble exiger une vigueur de l'organisme dont ne jouit pas encore l'enfance et que la vieillesse ne possède plus et la fonction que nous avons vue s'éveiller au moment de l'épanouissement de la vie, s'assoupit quand commence le déclin.
Etat des organes. L'activité des ovaires se ralentit, les derniers follicules se développent lentement, puis il ne s'en produit plus du tout. La glande subit un travail atrophique profond; elle diminue de volume, en même temps que sa structure intime se modifie. Quelquefois l'organe est complètement résorbé. On a vu des sujets chez lesquels il avait subi une dégénérescence cartilagineuse. Dans tous les cas, l'ovaire devient impropre à la sécrétion ovulaire et la ponte ne se fait plus. Les trompes devenues inutiles s'atrophient et souvent s'oblitèrent.
L'occlusion de l'orifice interne du col se trouverait, d'après M. Guy on, i3 fois sur 20 chez les femmes de 55 à 60 ans. Avec l'occlusion de l'orifice interne on rencontre le plus souvent Tatrésie de l'orifice externe du col. La cavité cervicale contient un bouchon de mucosités analogue à celui de la grossesse. Le col tout entier subit une diminution dans sa hauteur et dans sa largeur. Les glandes mammaires s'atrophient en même temps que les ovaires.
(i) Voici un de ces faits : M™« X..., à l'abri de tout soupçon, est menstruéc toutes les cinq semaines, pendant deux jours. Son mari était en voyage depuis plusieurs jours, quand elle eut la première fois ses règles du 27 au 28 septembre i865. La période génésique finissait donc, d après M. Avrard, le 10 octobre; M. X... ne rentre que le 17 et repart le lendemain pour une autre excursion de plusieurs jours, la conception date donc de la nuit du 17 au 18 octobre; les époux n*en doutent pas et ils annoncent laccouchement pour le 17 ou le 18 juillet i8(36 et le 18 juillet le travail se déclare dans la soirée et se termine le 19 au matin. Nous pourrions citer plusieurs faits de ce genre.
(2) Voir le remarquable travail de M. l'abbé A. L.... docteur en sciences naturelles. De Vovidation spontanée de l'espèce humaine, dans ses rapports avec U thcohgie morale. (Paris V. Palmé et Louvain C. Peeters 1873).
MENSTRUATION 17
L'époque où s'opèrent ces changements anatomiques et fonctionnels est très-variable et, s*il est difficile de donner Tâge moyen où la femme commence à être apte à la reproduction, il est plus difficile encore de fixer celui où elle devient incapable d'enfanter.
En ge'néral , dans nos climats , les femmes cessent d'être réglées de 45 à 5o ans. Pour la Belgique, nous dirons plutôt de 48 à 52 ans. Sur 181 femmes M. Brierre a trouvé que :
a) pour 114, la ménopause a eu lieu entre 40 et 5o ans :
terme moyen ;
b) pour 26, entre 5o et 60 ans : cessation tardive ;
c) pour 2 5, entre 3o et 40 ans : cessation hâtive. Toutes ces femmes étaient bien portantes. La durée moyenne
de la menstruation, de la vie utérine ou de la fécondité des femmes est donc de 3o à 35 ans, et cela sous toutes les latitudes; car dans les pays chauds où la première apparition des règles est plus précoce que dans les pays froids, la ménopause est plus précoce aussi.
Les exceptions sont fréquentes et la cessation des règles à 25 ou 3o ans, comme leur continuation au-delà même de 55 ans, ne doit pas toujours être considérée comme un fait pathologique. Le plus souvent cependant leur cessation hâtive est amenée par une altération morbide , et l'on doit toujours soupçonner une lésion grave de l'utérus quand l'écoulement reparaît après une longue suppression.
Raciborski prétend que les règles persistent d'autant plus longtemps que les accouchements ont été plus nombreux.
Les faits de femmes âgées qui conçoivent ne sont pas trèsrares et récemment encore, à l'exemple de Sara, mère d'Isaac, une femme de 70 ans accoucha en Belgique. Smellie parle d'une femme accouchée à 83 ans. (i)
Sur 141 femmes interrogées par Brierre :
a) chez 14(1/10) la menstruation avait cessé tout-à-coup;
b) chez 26(1/6) la menstruation avait aussi cessé tout-à-coup, mais à la suite de couches, d'émotions, de chutes, de coups, et cette suppression subite peut s'observer à un âge peu avancé et sans que la femme en éprouve le moindre accident;
c) chez 60, le cessation des règles avait été précédée d'irrJgularités dans leur retour, leur durée ou leur abondance.
(1) Hildanus cite une femme qui fût réglée de 11 à 78 ans, et De la Motte a vu une femme qui à Tàge de 45 ans avait eu 32 enfants; elle en aurait eu probablement encore un grand nombre si elle navait perdu alors son mari, car elle resta régulièrement menstruée jusqu'à 61 ans.
i8 MENSTRUATION
Chez 3o, il y avait eu auparavant des retards tantôt de quelques semaines, tantôt de quelques mois, tantôt même de toute une année.
Chez 57, il y avait eu des hémorrhagies plus ou moins abondantes et plus ou moins répétées et, chose remarquable, Faffaiblissement résultant de ces hémorrhagies n'était pas toujours en rapport avec la quantité de sang perdu. D'après P. Franck, ces pertes se montrent surtout chez les femmes qui étaient fortement menstruées ou sujettes à des flux hémorrhoïdaux ; chez celles qui ont eu des avortements ou des accouchements nombreux; chez celles enfin qui abusent des spiritueux ou des plaisirs vénériens. Souvent ces pertes utérines alternent avec des écoulements blancs et cela pendant quelques mois, parfois même pendant des années. L'écoulement blanc peut être continu ou intermittent et souvent alors pendant les interruptions la femme souffre de coliques.
Nous ne disons pas que ces écoulements tantôt blancs, tantôt rouges soient toujours l'indice d'un état grave de l'utérus ; mais nous croyons que le praticien qui les observe doit se tenir sur ses gardes et réserver son pronostic.
A l'âge de retour les femmes présentent encore d'autres phénomènes locaux moins constants et moins importants, tels que des coliques utérines, des douleurs dans les reins, des démangeaisons à la vulve, du ballonnement du ventre. D'autres fois , bien que l'écoulement soit tari sans retour, le molimen ou le nisus menstruel persiste encore et la femme continue à éprouver périodiquement pendant un certain temps, tous les troubles dont s'accompagnaient ses règles, moins l'écoulement sanguin lui-même. Quelquefois elle se plaint de lassitude, d'étouffements, de bouffées de chaleur qui lui montent brusquement au visage, ou bien elle présente tous les caractères de la pléthore. La durée de ces accidents est très-variable : i ou 2 mois, et même 3 ou 4 ans. Beaucoup de femmes n'éprouvent aucun de ces malaises ; on en voit même qui à l'âge critique se portent mieux que pendant la durée de la vie utérine ; elles prennent de l'embonpoint et même une fraîcheur qu'elles n'avaient pas présentés jusque-là.
On a cru longtemps, et c'est encore une opinion vulgaire, que l'époque de la ménopause est un âge critique, une époque dangereuse pour les femmes. Les statisticiens de nos jours com battent cette croyance.
De 3o à 70 ans on ne voit d'autre accroissement dans la mortalité des femmes que celui apporté fatalement par les progrès de l'âge (Benoiston de Chateauneuf, Lachaise, Muret de Vaud).
Voilà le fait constaté par les statistiques. Mais établit-il que Yâge de retour n'exerce aucune influence sur la santé et la mortalité des femmes? Nous ne le croyons pas et voici pourquoi : jusqu'à 5o ans les accouchements enlèvent un grand nombre de femmes ; les accouchements, a-t-on dit, sont la guerre des femmes. Or, cette cause fréquente de mort disparaissant à la ménopause, la mortalité devrait diminuer de beaucoup si une autre influence fâcheuse ne venait alors se faire sentir à son tour.
Le cancer du sein et de l'utérus peut se manifester à tout âge sans doute, mais celui de la matrice éclate le plus souvent et comme de préférence à l'âge critique, peut-être à l'occasion de ces états congestifs qui continuent à se produire, sans apporter avec eux comme auparavant leur remède, c'est-à-dire l'hémorrhagie physiologique ou les règles.
En somme, de 20 à 40 ans il existe une cause fréquente de mort pour les femmes : les couches. Cette cause diminue de 40 à 5o ans et elle disparaît tout à fait à la ménopause. Or puisque passé cet âge le chiffre de la mortalité ne diminue pas, il faut bien admettre qu'une nouvelle cause de décès est venue remplacer celle qui est disparue, et cette nouvelle cause, nous l'avons dit, c'est l'influence fâcheuse de la ménopause, c'est le trouble que peut apporter dans l'équilibre de l'économie la disparition brusque d'une fonction.
Production des Germes.
a) Du SPERME. Le fluide fécondant fourni par l'homme est sécrété par les testicules. Au sortir de l'épididyme il contient : i® une petite quantité de liquide ; 2° quelques granules et de nombreux spermatozoïdes. Mais lorsqu'il est éjaculé, il se trouve dilué par des liquides provenant des vésicules séminales, de la prostate, des glandes de Cooper et de l'urèthre. Ces liquides le rendent plus fluide et facilitent les mouvements des spermato-
zo'ides. Le sperme est un liquide e'pais, filant, blanchâtre, dune odeur sut generis. D'après Vauquelin il contient sur looo parties :
Eau ....... 900
Spermatine 60
Soude ....... 10
Phosphate et chlorure de chaux 3o
Examiné au microscope, il présente une grande quantité de filaments spermatiques ou spermatozoïdes, quelques globules granuleux ou muqueux, des granulations élémentaires et quelquefois de petits cristaux.
Le spermatozoïde est Télément essentiel du sperme : il présente à peu près la forme du têtard. Sa queue à double contour, seflîle et devient, à son bout libre, imperceptible même au plus fort grossissement. Il est doué de mouvements capricieux, trèsvifs et qu'on croirait volontaires. Beaucoup d auteurs, se fondant sur ces mouvements, ont voulu voir dans le filament spermatiquc une espèce de larve humaine ou un animal qu'ils ont appelé spermato:{oaire. D après notre collègue, M. Van Kempen, le spermatozoïde n'est qu'une production cellulaire, une modification des noyaux de certaines cellules, incapable de se reproduire par bourgeons, par gemmes ou par œufs. Les traces d'organisation propre qu'on a cru y découvrir sont des illusions d'optique et la cavité qu'on a cru observer, dans le spermatozoïde comme dans le globule sanguin, n'est qu'une apparence due à la concavité de ces éléments. Il n'y a donc là aucun appareil d'absorption et les mouvements sont analogues aux ondulations des cils vibratiles.
Chez les animaux on ne les trouve dans le sperme qu'a l'époque du rut. On ne les trouve pas chez le mulet et chez les autres hybrides inféconds. Chez l'homme ils apparaissent à la puberté et ne disparaissent que dans la vieillesse décrépite.
b) Germe femelle. De Graaf le premier a décrit les follicules de l'ovaire. Bacr a découvert l'ovule dans le follicule de De Graaf.
Vésicules ovariennes ou de De Graaf, Ces vésicules se trouvent déjà chez l'embryon, mais c'est surtout à l'époque de la puberté qu'elles semblent s'éveiller et qu'elles acquièrent leur complet développement.
(^hcz une femme adulte, on en voit i3 à 20 bien apparentes et à des dcgrétt de maturation différents. Mais le microscope
PRODUCTION DES GERMES 2i
en révèle une foule d'autres encore à Tétat rudimentaire. La ve'sicule de De Graaf se compose d'enveloppes et d'un contenu. Les enveloppes (parois, capsule, theca de Baër) sont formées de deux couches très-intimement unies et recevant des vaisseaux du tissu propre de l'ovaire. On a cru que la vésicule ne contenait qu'un liquide homogène ; mais il est aujourd'hui établi :
1° Que ce liquide est entouré d'une membrane très-délicate, la membrane granuleuse ;
2® Que dans un point superficiel il existe des granulations plus nombreuses et plus serrées, constituant le disque proligère;
3° Enfin, que dans ce disque proligère on trouve une petite vésicule qui est l'œuf.
Les granulations du disque proligère sont étroitement unies entre elles et avec l'ovule, de sorte que, quand la vésicule de De Graaf crève pour livrer passage à l'œuf, celui-ci entraîne avec lui la majeure partie du disque. La tunique propre de l'ovaire et le péritoine se déchirent en même temps que la vésicule, et l'œuf devenu libre , est aussitôt saisi par le pavillon de la trompe.
Le rapprochement des sexes procure le contact des éléments que nous venons d'étudier. Les merveilleuses découvertes microscopiques modernes, n'ont pas suflfi à nous donner le dernier mot de la génération, et la grande question de la reproduction reste toujours entourée de mystères que les' efforts des naturalistes et des philosophes ne parviennent pas à dévoiler. Dieu s'est réservé le secret de la vie. Nous savons cependant d'une manière certaine :
jo Que c'est le liquide sécrété par les testicules qui opère
la fécondation : les individus privés de testicules sont stériles ;
2° Que l'élément fécondant du sperme est le spermatozo'ide :
a) Prévost et Dumas ont filtré soigneusement la liqueur séminale. Le liquide dépouillé de ses spermatozoïdes, mis en contact avec des œufs les a laissés inféconds. La fécondation au contraire a réussi au contact du dépôt resté sur le filtre.
b) Une décharge électrique ôte aux spermatozoïdes leur vitalité et laisse le liquide sans vertu.
c) L'expérience de Coste est aussi décisive. Chez la grenouille les deux éléments de la liqueur mâle sont sécrétés séparément par des glandes spéciales : la partie essentielle, exclusivement formée des spermatozoïdes , est fournie par le testicule ; la partie liquide est contenue dans une poche située à l'extrémité de chaque canal déférent. Une ligature peut empêcher la fusion des deux
produits. Or, la partie liquide est inféconde et la partie solide, qui contient les spermatozoïdes, seule, fait éclore des têtards.
3° Le sperme doit être mis en contact immédiat avec Tovule^ Chez les animaux la ligature des trompes rend le coït infructueux. Harvey se trompait donc et le sperme n'agit pas, soit comme un virus par absorption, soit par imprégnation ou d*une manière magnétique, soit par des émanations prolifiques et comme par un souffle fécondant : Vaura seminalis.
Mais ce contact nécessaire où s'opère-t-il ?
Il est positif qu'il s'opère quelquefois à l'ovaire :
\^ Bischoff, Wagner, et d'autres ont vu des spermatozoïdes vivants sur l'ovaire. Nuck et De Graaf ont lié la trompe de chiennes trois jours après l'accouplement et ils ont vu l'ovule se développer entre la ligature et l'ovaire.
2° On a vu l'œuf fécondé se développer dans l'ovaire luimême : Grossesses ovariques.
Puisque les ovules se détachent et sont saisis par la trompe indépendamment du coït et qu'ils mettent quelques jours à accomplir leur voyage de l'ovaire à l'utérus, on comprend qu'un coït, pratiqué peu de temps après la déhiscence de la vésicule de De Graaf, puisse encore être fécondant si la rencontre des éléments mâle et femelle s'effectue à certains points du trajet. Toutefois, arrivé à la matrice, l'œuf a subi des altérations si profondes qu'il est devenu impropre à la germination. De plus dans le quart interne de la trompe déjà, il est enveloppé d'une couche d'albumine si épaisse que les spermatozoïdes ne peuvent plus la traverser. En dehors de l'ovaire il n'y a donc plus que les trois quarts externes de la trompe où l'œuf puisse encore être fécondé.
Par quel mécanisme s'opère la rencontre de l'ovule et du spermatozoïde ?
Disons d'abord que le sperme peut être projeté directement dans la cavité du col, alors même que le coït a été incomplet et qu'on croirait le liquide fécondant déposé seulement à l'entrée du vagin, car l'utérus est parfois fortement abaissé au moment du coït. Le plus souvent, paraît-il, le sperme est déposé dans le cul-de-sac postérieur du vagin et ce n'est que 20 ou 3o minutes plus tard qu'il pénétrerait dans le col. On se demande comment de là il peut arriver aux ovaires.
Hypothèses. Les différentes hypothèses imaginées pour expliquer cette migration nous paraissent complètement insuffisantes.
Mu lier a voulu expliquer la progression du sperme par les ondulations des cils vibratiles, mais ces ondulations, à moins qu'elles ne changent bénévolement de direction, constituent un obstacle plutôt qu'un adjuvant, puisqu'elles se font dans un sens opposé à l'ascension. On comprend cependant que des contractions péristaltiques des trompes puissent s'exercer en sens inverse du mouvement vibratile, de sorte que les unes serviraient à l'ascension du sperme, l'autre à la descente de l'ovule fécondé.
Bischoff croit à des contractions utérines qui d'abord expulseraient les mucosités, puis aspireraient le sperme par une sorte de succion. Mais ces contractions d'un utérus non gravide ne sont pas bien démontrées et la structure de l'organe permet à peine de les supposer.
Coste compare les parois de la matrice à deux lames de verre contiguës et soumet l'ascension du sperme aux lois de la capillarité. Mais alors qu'on nous dise comment les mucosités et le sang menstruel échappent à ces lois physiques de la capillarité et, contrairement au sperme, s'écoulent au lieu de remonter.
D'autres auteurs, parmi lesquels on est étonné de rencontrer un écrivain aussi spirituel que Joulin, veulent que les spermatozoïdes soient doués de volition, d'un instinct directeur : les spermatozoaires d'après eux ne sont pas portés à l'ovaire, entraînés par le liquide où ils s'agitent, ils y vont de leur propre volonté, entraînant le liquide après eux. Mais les spermatozoïdes dans le liquide séminal ne se trouvent-ils pas soumis aux lois physiques et dans les mêmes conditions que les têtards de la grenouille dans l'eau? Or, vit-on jamais des têtards par leurs mouvements, faire remonter le long d'un talus la flaque d'eau où ils nagent et les baleines influencer les marées?
Nous ne pouvons donc pas admettre que les spermatozoïdes, quelles que soient la vivacité et l'impétuosité ou la direction instinctive de leurs mouvements , jouissent en aucune façon , du pouvoir de faire voyager le liquide séminal et, attendant des faits probants ou des hypothèses plus acceptables , nous disons que le phénomène de la migration du sperme, soit dans le vagin, soit dans le col et le corps de l'utérus , est un phénomène encore inexpliqué.
On comprend noieux la progression du sperme dans les trompes. Car les trompes sont des tubes musculaires capables de resserrements et de relâchements péristaltiques.(i)
La descente de Tovule est plus aisée à expliquer que l'ascension du sperme. Au moment de la déhiscence de la vésicule de De Graaf, la trompe s'applique sur lovaire, et Tœuf, saisi dans les franges du pavillon, se trouve placé sur un épithélium vibratile dont les ondulations , comme des vagues , le poussent jusqua lutérus.
Quel rôle jouent, dans la formation du nouvel être, les éléments mâle et femelle mis en contact? Nous ne rappellerons pas ici les hypothèses des auteurs anciens et nous nous bornerons à citer des faits bien observés.
Coste décrit dans Tœuf des poissons osseux , un ombilic au centre du quel il a découvert un petit trou muni d'une soupape et conduisant, à travers la membrane vitelline, dans une espèce de canal. Ce micropyle s'oblitère après la fécondation. Keber a surpris des spermatozoïdes engagés dans ce canal et a noté les modifications qu'ils subissent au contact du vitellus. Chez les manmiifères on n'a pas encore constaté cette disposition anatomique , mais on a vu des spermatozoïdes vivants dan s l'épaisseur de la couche albumineuse. Meisner a trouvé dans l'œuf d'une lapine des spermatozoïdes en contact immédiat avec le jaune, en-dessous de la membrane vitelline. En contact avec le jaune , ils ont bientôt perdu leurs mouvements , puis ils se dissocient et disparaissent. Quelle est cette merveilleuse puissance vivifiante du sperme? Comment son contact donne-t-il la vie et fait-il que lovule touché , au lieu de se flétrir et de se désorganiser , tout-à-coup reçoive une vertu prodigieuse , se développe , se transforme , et finalement produise un nouvel être semblable à ses générateurs ? La Bible rapporte que Dieu dit : Producat terra animam viventem in génère suo , jumenta et reptilia , et bcstias terrœ secundum species suas. Factumque est ita.
(i) Kœbcrlé m'a fait voir au musée anatomique de Strasbourg, une pièce bien remarquable par lui recucllie. Un embryon s'est développé dans un ovaire et la trompe qui conduit à cet ovaire ne présente aucune trace de canal, il n'existe point de conduits anormaux. Par où le sperme a-t-il passé pour opérer la fécondation I
Le D' Lune cite un cas où la suture du museau de tanche, pratiquée pour remédier à une fistule vésico-utérine, força les règles à s'évacuer complètement par la vessie, sans empêcher la conception, (Dict. Gamier 1864, p. 172).
Impuissance et Stérilité.
Il arrive que le médecin est consulté par des époux désolés de n avoir pas d'enfants. S'agit-il d'impuissance ou de stérilité? ^impuissance est l'impossibilité d'accomplir l'acte du coït; la stérilité est l'impossibilité d'obtenir la production d'un nouvel être.
Causes. La stérilité d'une union peut dépendre de l'homme ou de la femme.
A) Du côté de rhomme, les causes de la stérilité se rattachent à trois chefs : à la sécrétion, à l'émission, et aux quantités de la liqueur séminale.
lo La SÉCRÉTION est nécessairement nulle chez les individus privés de testicules. Mais il ne faut pas confondre Vanorchidie avec la crjrptorchidie : les cryptorchites présentent tous les caractères de la virilité seulement les testicules sont restés dans le ventre, arrêtés dans leur descente aux anneaux ou dans les canaux inguinaux. La sécrétion peut être nulle ou profondément altérée, dans les cas d'atrophie ou de maladie des deux glandes ou de leurs conduits excréteurs, et dans les cas d'épuisement, résultant d'abus vénériens ou aussi, dit-on, d'une continence trop prolongée.
2° L'ÉMISSION peut être gênée ou empêchée par diverses causes organiques ou dynamiques. Les maladies de la prostate, les rétrécissements uréthraux, des vices de conformation tels que Tépi- et l'hypospadias, le phimosis peuvent empêcher l'éjaculation ou la rendre irréguliêre et constituer ainsi un obstacle plus ou moins sérieux à la fécondation. L'extrême brièveté de la verge, son effacement par des tumeurs voisines : hernies volumineuses, tumeurs volumineuses des bourses, etc. , peuvent gêner ou empêcher la copulation.
Parmi les causes dynamiques il faut ranger l'affaiblissement considérable, la paralysie des vésicules séminales, l'action insuffisante des muscles du périnée et le défaut d'érection, qu'on note souvent chez les sujets usés par l'âge ou les excès, ou affaiblis par la maladie. L'excès d'éréthisme peut aussi s'opposer à l'éjaculation, mais c'est là une cause passagère et rare de stérilité.
3^ Nous avons déjà dit que pour être fécondante la liqueur séminale devait contenir des spermatozoïdes. L*âge, les maladies générales, les maladies des testicules peuvent être cause que les spermatozoïdes fassent défaut et cette aspermato^ie peut être momentanée ou définiti%*e.
Le traitement doit s'adresser à la cause de la stérilité et il ne peut être utile que s'il peut l'atteindre : ablatâ causa, tollitur efectus.
B) Du côté de la femme. Le rôle de la femme dans la copulation peut être passif, en ce sens qu'elle peut concevoir sans avoir éprouvé aucune jouissance vénérienne et même malgré un sentiment de répugnance et d'effroi, comme cela s'est vu dans des cas de narcotisme, d'anesthésie, d'ivresse complète, de viol, etc. Mais il peut exister des obstacles organiques à la copulation, tels que la réunion des grandes lèvres ; la résistance insolite de l'hymen ; des cloisons, des brides, des coarctations dans le vagin ; l'absence de ce canal ou son obturation par des tumeurs polypeuses ou autres. Si ces obstacles n'interceptent pas absolument toute communication avec l'utérus, ils n'entraînent pas absolument la stérilité et l'on a vu des femmes grosses quoique l'hymen fermât encore l'entrée du vagin et ne fût que criblé de petits pertuis. Mais il ne suffit pas que le liquide séminal parvienne au haut du vagin, il faut qu'il puisse se mettre en contact avec un ovule capable d'être fécondé, (i) Il faut donc :
(i) J. Marion-Sims — traitant de la Chirurgie utérine dans ses rapports avec le traitement de la stérilité (traduit par Lhéritier, Paris iS6ô), divise son livre en VI II chapitres tendant à démontrer les VIII propositions suivantes :
I. La conception na lieu que pendant la durée de la vie menstruelle;
II. Il faut que les menstrues soient de nature à témoigner de Tétat de santé de la cavité utérine.
III. L'orifice et le col de lutérus doivent être assez ouverts pour permettre, non seulement la sortie ^cile des menstrues, mais encore l'entrée des spermatozoïdes.
IV. Il faut que le col de lutérus soit de grandeur, de forme et de densité convenable;
V. Il faut que lutérus soit dans une position normale cest-à-dirc, ni en antéversion ni en rétroversion très-prononcée;.
VI. Le vagin doit être en état de recevoir et de retenir le fluide 5per> matique;
VIL II hait que la semence contenant des spermatozoïdes vivants soit déposée dans le vagin en temps convenable;
VIII. Il faut que les sécrétions du col et du vagin n*empoisonnent ni ne tuent les spermatozoïdes.
1° Qu'il existe au moins un ovaire sain en activité;
1^ Qu'au moins une trompe soit perméable ;
3° Que la matrice existe et qu'elle ne soit ni renversée ni oblitérée. Un polype n'empêche la conception que s'il oblitère complètement la cavité utérine, ou s'il a amené une altération dans la vitalité ou les sécrétions de la muqueuse ;
40 Que le canal du col soit libre et que ses deux orifices n'oflfrent pas un excès d'étroitesse ;
5«> Que le museau de tanche ne soit pas dévié au point d'être bouché par son application contre une des parois vaginales ;
Çp On croit même que dans les cas de descente de l'utérus ou d'excès de longueur du col, le coït peut être infécond parce que le membre viril passe tpop loin, en arrière ou en avant du col.
Le mucus qui vient de l'intérieur du col est normalement alcalin; celui de sa face externe et du vagin est acide. Les caractères chimiques de ces liquides peuvent-ils , par une cause pathologique quelconque, s'exagérer au point de tuer le spermatozoïde et de rendre le sperme infécond? On l'a dit et M. Sims a proposé de combattre l'acidité exagérée du vagin par un tampon imbibé de glycérine contenant 1/32^ de bicarbonate de soude. Quoi" qu'il en soit, pour que la fécondation réussisse, il faut entre le fluide séminal et l'œuf mis en contact, certains rapports inconnus dans leur essence. Ainsi, par exemple, on a vu deux individus rester stériles ensemble, quoiqu'ils donnassent chacun, ou eussent donné dans d'autres unions, des preuves de fécondité. Hippocrate conseillait aux femmes blondes et grasses d'épouser des hommes bruns et maigres; Bernardin de S* Pierre croyait que l'amour violent naît des contrastes et que les contrastes augmentent la prolifîcité.
La stérilité entre les mêmes époux peut n'être que temporaire et cesser tout-à-coup sans qu'on sache pourquoi. Anne d'Autriche n'a donné le jour à Louis XIV qu'après 22 ans de mariage stérile. Catherine de Médicis, femme de Henri II, après 10 ans de stérilité n'en devint pas moins mère de 10 enfants. De pareils faits ne sont pas très-rares et on les explique, jusqu'à un certain point, par les changements que le temps apporte dans la constitution et le tempérament des conjoints.
Le développement régulier des formes féminines, des mamelles, des organes génitaux , l'existence de désirs vénériens , l'éruption normale des règles doivent faire présumer que la femme est féconde. Nous disons présumer, parce qu'on a vu des femmes
réunissant tous ces caractères rester stériles, tandis que d'autres ont conçu sans avoir été réglées et sans avoir éprouvé d'orgasme voluptueux. Les femmes fort grasses et la femme bornasse, la virago des latins, sont souvent stériles : « Poule trop grasse et poule qui chante ne pondent pas » dit un vieux proverbe.
En résumé, la stérilité des mariages dépend plus souvent de la femme que de Fhomme.
Lorsqu'on est coi^gulté par des époux désireux d'avoir des enfants, il faut :
1° Examiner s'ils sont tous deux bien conformés et bien constitués ;
2® S'informer de la manière dont l'acte conjugal s'accomplit;
3° Du côté de la femme, s'enquérir des règles ; explorer les ovaires, et par le doigt et le spéculum constater l'état du vagin, de l'utérus et de son col.
40 Tenir compte des rapports de constitution et de tempérament des intéressés.
Sans vouloir entrer dans des détails sur les moyens à employer, nous dirons qu'en général les indications sont :
lo Corriger, s'il est possible, les vices de conformation : déviations, atrésie, étroitesse du col, maladies du système utérin, etc.
2° Conseiller les rapprochements sexuels immédiatement après les régies ;
30 Recommander la modération.
Peut-on procréer tel ou tel sexe a volonté?
Hippocrate croyait que les germes mâles viennent du testicule droit et les femelles du gauche, et il conseillait de lier l'un ou l'autre des cordons spermatiques selon le désir qu'on avait d'obtenir un garçon ou une fille. Ce conseil a été longtemps suivi, dit Mauriceau !
Mi Ilot, peu satisfait sans doute de l'opinion du père de la médecine, changea les germes de place et logea les mâles dans l'ovaire droit, les femelles, dans le gauche.
Le Gallois, pour réfuter Hippocrate et Millot du même coup, enleva à des animaux l'ovaire et le testicule du même côté et, les accouplant ainsi mutilés, obtint cependant encore des jeunes de sexes différents.
Chaussier et Jadelot ont fait l'autopsie de deux femmes mères l'une et l'autre de garçons et de filles, quoiqu'elles n'eussent chacune qu'un ovaire, une trompe et, en quelque sorte, une moitié d'utérus. Enfin des monorchides peuvent procréer des garçons et des filles.
Les observations de M. Girou tendent à prouver que, pour les animaux du moins, plus le mâle est vigoureux plus on a de chances d'obtenir . des mâles. Les animaux qui vivent en troupeaux où il n'y a qu'un mâle pour plusieurs femelles : les brebis, les vaches, les biches et, chez les oiseaux, les poules, les oies, les dindes, etc. , produisent plus de femelles que de mâles.
Les femelles au contraire qui subissent l'approche de plusieurs mâles : les chiennes, les chattes, font plus de petits mâles. Enfin ceux qui s'unissent deux à deux, comme les grands carnassiers, les pigeons, les tourterelles etc., font un nombre égal de jeunes des deux sexes. Pour l'espèce humaine, il paraît que dans les pays où la polygamie est permise, il naîtrait proportionnellement plus de filles que dans les pays catholiques. La différence cependant n'est pas fort notable, peut-être parce qu'il n'y a pas qu'en Turquie seulement qu'on puisse trouver des polygames.
D'après Velpeau, le sexe du fœtus serait déterminé par celui des conjoints qui jouit de la plus grande énergie prolifique au moment de la copulation. On peut se demander ce qui doit ai'river en cas d'équilibre?
M. Girou paraît avoir modifié son opinion et il la résume ainsi : 0 Tout ce qui tend à augmenter la force musculaire tant de Vhomme que de la femme, contribue par son influence sur l'organisme à la procréation du sexe masculin. » Il étaye son opinion sur ce fait, établi par les statistiques, que dans les contrées agricoles où l'homme et la femme mènent la rude vie des champs, il naît plus de garçons que dans nos villes manufacturières.
Partant de cette idée que le même ovule d'abord femelle devient mâle en se développant davantage, M. Thury a prétendu que les anîmafux procréaient des femelles ou des mâles selon que la fécondation s'opérait au commencement ou vers la fin de l'époque du rut. Mais cette loi, si c'en est une, est loin d'être établie pour toutes les espèces.
Ce qui est plus positif, et constant sous toutes les latitudes, c'est qu'il naît 5 à 6 pour cent plus de garçons que de filles. En Belgique, le rapport est de io5 garçons pour 100 filles (i)
(1) De 1857 à 1866 inclusivement il est né en Belgique i,5oi,435 enfants, ^- - I 205,900 en ville
' •'' ' ^ * ' j 553,607 dans les can^agnes
73i 028 filles • ) '^7.3i2 en ville
' '^ 'I 534,616 dans les campagnes
3o SAISONS — FORTUNE PUBLIQUE
Mais, comme il meurt plus de petits garçons que de petites filles pendant Taccouchement et dans les premiers temps de la vie, la parité de nombre entre les sexes est bientôt rétablie.
Nous ne nous occuperons pas de Tinfluence que certaines commères font jouer à la lune pour la détermination du sexe des enfants. Nous savons bien que les poètes, les diseuses de bonne aventure et les almanachs font encore naître une foule de gens sous une bonne ou sous une mauvaise étoile, mais on n'est pas obligé de les croire ou de les réfuter et la statistique ne leur donne aucune apparence de raison.
SAISONS. Les saisons ont une influence plus incontestable, non sur les sexes, mais sur le nombre des conceptions.
Voici, sous le rapport du plus grand nombre de naissances, dans quel ordre il faut ranger les mois (Villermé, Quetelet).
jo février , supposant la conception en mai, 2^ mars » » » juin,
3° janvier » » » avril.
Les trois premiers mois de Tannée sont donc ceux où laccoucheur est le plus occupé, et les mois du printemps : avril, mai, juin sont ceux de la fécondation par excellence. Viennent ensuite :
4° avril, correspondant à juillet,
5° novembre » février,
6® décembre et septembre, » mars et décembre,
y^ octobre, mai, juin, » janvier, août, septembre,
8o juillet, » octobre,
90 août, » novembre.
FORTUNE PUBLIQUE. lU résulte aussi des tableaux de M. Villermé, que dans les contrées saines, fertiles et riches, les naissances sont plus nombreuses que dans les pays insalubres et pauvres.
La misère publique a une grande influence sur le nombre des naissances : 1816 et 1817, années de disette, ont laissé dans la population une lacune telle qu'en i83o il y avait moins d'individus datant de ces deux rhauvaises années que de 18 14 et de 181 5, tandis que c'est l'inverse qui aurait dû avoir lieu.
II naît plus d'enfants la nuit que le jour : le rapport est comme 5 : 4.
Ce qui donne io3,i3 garçons pour 100 filles, en général;
104,35 » » 100 » en ville ;
1 05,4a » x> 1 00 » dans les campagnes. (Q.u e t e 1 c t(
GROSSESSES GÉMELLAIRES 3l
Grossesses gémellaires.
Il arrive parfois que plusieurs œufs sont fécondés en même temps et on voit des femmes porter 2, 3, 4 et même jusqu'à 5 entants. Il nexiste pas d'exemple authentique de grossesse septuple.
Pour expliquer ces faits nous disons : i^ Qu'un seul coït peut féconder plusieurs œufs aiTÎvés simultanément à maturité ;
2° Que des coïts rapprochés peuvent avoir le même résultat; 30 Qu'une vésicule de De Graaf peut renfermer exceptionnellement plusieurs ovules. Bischoff et Morel ont observé chez la femme deux ovules contenus dans la même vésicule encore intacte.
40 Qu'un ovule peut contenir deux jaunes : l'œuf de la poule présente très- fréquemment cette anomalie.
Lorsque deux œufs fécondés arrivent en même temps dans la matrice et se fixent sur le même point, ils peuvent n'avoir qu'une caduque réfléchie commune, le chorion et l'amnios demeurant distincts. Il ne devrait plus en être de même quand il existe deux fécondations distinctes et cependant, si Ton examine l'œuf double à une période plus avancée, on ne trouve pas de caduque réfléchie intermédiaire.
Les placentas, quoique parfois contigus et même accolés, ne présentent des relations vasculaires que dans des cas tout-à-fait exceptionnels.
En relevant 373,111 accouchements nous avons trouvé : Une grossesse double sur 87 ;
» » triple » 6,324 ;
» » quadruple 124,370;
ou, en somme, une grossesse composée pour 85 simples.
Ces chiffres concordent assez bien avec ceux de Neit qui, sur i3 millions d'accouchements, a trouvé :
Une grossesse double sur 89
)) )) triple » 7»9ïo
» » quadruple 371,126
Les cas de grossesse quadruple sont rares. Nous n'en avons vu qu'un seul : les quatre enfants furent baptisés à l'église. Peu, à r Hôtel-Dieu, en reçut un jour cinq. Chambon cite aussi un cas du même genre.