Position occipitO'iliaque droite postérieure
Le diamètre bi-pariétal se trouve dans l'oblique gauche ; la face est tournée en avant et à gauche — et, comme c'est le front qu'on dégagera probablement sous la symphyse pubienne, la nouvelle courbure devra regarder aussi de ce côté. — Les cuillers pour suivre le diamètre de direction devront saisir le crâne de l'occiput qui est en arrière, en bas et à droite, vers le menton qui se trouve en avant, en haut et à gauche, — les manches devront donc être reportés fortement en arrière et être rapprochés de la cuisse droite.
La main gauche est introduite et guide la branche gauche d'abord, puis la droite.
On entraîne la tête jusque dans l'excavation — où l'occiput pivote — ou est reporté, — vers la concavité du sacrum. La traction se reporte alors de plus en plus en avant et finit par s'exercer en haut jusqu'à ce que la pointe occipitale ait bien dépassé la commissure postérieure de la vulve. A ce moment on abaisse un peu les crochets vers le sol pour dégager la tête par extension sur la nuque.
Voilà la règle ; mais nous savons que, dans la très-grande majorité des cas, la nature, abandonnée à elle-même, fait pivoter
Tocciput, non vers le sacrum, mais vers Tarcade pubienne. Pourquoi donc ne pas suivre le mécanisme naturel?
C'est que la conversion spontanée de la position postérieure en antérieure se fait peu à peu et que le thorax suit sûrement alors le mouvement de pivot de la tête, de sorte que, s'il y a quelque torsion du cou, cest toujours dans des limites trèsrestreintes. Lorsque, au contraire, on ramène artificiellement Tocciput d'arrière en avant, c'est dans un temps relativement court et sans avoir la certitude que la poitrine suivra la rotation du crâne. Or, de l'articulation sacro-iliaque à la symphyse pubienne, il y a 3/8 de cercle et une torsion du cou portée à 3/8 de cercle serait certainement dangereuse, On conseille donc généralement de laisser Focciput en arrière, mais il est à cette règle de nombreuses exceptions :
a) Quelquefois, dès les premières tractions, surtout si Ton n'agit que pendant les douleurs, on sent l'occiput se porter en avant et en dehors. Lorsque cette tendance se manifeste, nous ne croyons pas qu'il faille la contrarier ; car elle indique, à ne pas en douter, que le thorax pivote en même temps que la tête.
b) D'autres fois la résistance est très-vive, soit parce quil s'agit d'une primipare aux parties étroites et fermes, soit parce que le bassin est un peu rétréci, soit parce que la tête est volumineuse ou mal fléchie ; on constate qu'on ne pourrait terminer en position postérieure sans déployer beaucoup de force, sans produire la contusion des parois vaginales ou la déchirure du périnée ; eh bien, dans ces cas, qui sont fréquents, on s'attache, et on parvient le plus souvent sans peine, à ramener graduellement l'occiput en travers d'abord , puis obliquement en avant.
Lorsqu'il a été ainsi ramené vers le trou ovalaire droit, on s'abstient pendant quelque temps de toute traction et, si le travail marche à souhait, on retire l'instrument. Si non, on opère l'extraction sans amener tout à fait l'occiput sous la symphyse pubienne ; car il est plus sûr et tout aussi facile de le dégager sous la branche descendante du pubis.
Si la direction des cuillers, qui laisse à désirer, rendait cette dernière partie de l'opération difficile ou douloureuse, on les enlèverait, sauf à les réappliquer, au besoin, d'une manière régulière, c'est-à-dire en dirigeant leur nouvelle courbure vers l'occiput qui se trouve dès lors en avant et à droite. Mais nous ne nous sommes jamais trouvé dans la nécessité de faire cette seconde application.