‹ Cours d'accouchements professé à l'Université catholique de LouvainChapitre 124 sur 165 · Positions occipito-postérieures · texte numérisé non relu

Positions occipito-postérieures

a) Au détroit inférieur. Alors même que la tête est parvenue au fond du bassin, l'application du forceps est difficile , parce que les cuillers, pour saisir la tête de la face à Tocciput, doivent s'insinuer, entre le cou et le sommet de Tarcade pubienne, dans un passage peu spacieux.

Il faut donc tâcher de reporter la face en arrière ou au moins transversalement et, cela fait, si les mains ne suffisent pas pour compléter l'extraction , appliquer l'instrument comme nous l'avons dit. (Voir 12 et i3).

Si l'on ne parvient pas à changer la position, on abaisse le tronc, on insinue deux doigts entre le cou et la partie supérieure de la branche ischio-pubienne gauche et sur eux la branche mâle qu'on dirige de la tempe vers l'occiput. Puis on tâche d'introduire la branche femelle de la même manière et Ton articule.

On fait d'abord quelques tractions pour que les mors de l'instrument s'appliquent exactement et s'effacent sur le crâne. Plaçant alors une main sur le périnée et sous le cou du fœtus, et tenant de l'autre main les manches du forceps , on reporte d'abord l'occiput directement en arrière , s'il ne s'y est reporté de lui-même, et on dégage la tête maintenue en flexion.

b) Au détroit supérieur^ il est plus indispensable encore de ramener l'occiput au moins transversalement, car, s'il reste en arrière , une application régulière du forceps est absolument impo!*»iblc, aussi longtemps du moins qu'on suppose la tête fléchie. \a\ prcscncc de la paroi antérieure du bassin empêche, en effet, l'oporalcur do phiccr les branches de manière qu'elles soient di- I igoi !* de hi face vers l'occiput. Or, si relevant le tronc au lieu de Tabniiiscr. on introduit les cuillers au-dessous du cou ou en aiiiOio. clic» saisiront bien la tête par ses régions latérales, mais

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en même temps leur grand axe correspondra au petit axe du crâne, au lieu de s'appliquer sur le grand. Il en résultera que Taxe des cuillers et le grand axe de la tête ne pourront jamais se trouver simultanément, sur la ligne centrale du canal à parcourir, et c'est là un inconvénient assez sérieux.

Simon, de Liège, a quelquefois procédé de cette façon, sans rencontrer des grandes difficultés. Les branches, du reste, passent derrière le cou de l'enfant, dont le tronc est relevé vers lune ou l'autre aine, et vont s'appliquer, la mâle la première, à gauche, la femelle, à droite, de manière à ce que leur nouvelle courbure ait la direction de la face. Dans l'extraction, il faut diriger très-fortement les manches en arrière, afin que l'effort portant plus sur le front que sur l'occiput, la tête reste bien fléchie. Lorsqu'elle est amenée au fond du canal, on dirige le front en avant et on la dégage en abaissant les manches vers le plancher. Dans ce mouvement les mors peuvent heurter les pubis et contondre les parties molles de la commissure supérieure de la vulve.

Dans deux cas de position occipito-postérieure, la tête étant encore mobile au détroit supérieur, et ne parvenant pas à exécuter la manœuvre de M™« Lachapelle, mon père eut une inspiration qui n'était encore venue à personne : il reporta résolument la main sur l'occiput et l'empoignant largement il l'attira dans l'excavation, puis, sur la main qui venait d'opérer la mutation et qu'il n'avait pas retirée du vagin, il glissa rapidement les deux branches du forceps.

Dans les deux cas l'opération avait été si facile et si prompte, qu'il n'hésita pas à la conseiller en pareille circonstance.

Nous verrons plus loin le parti qu'on peut tirer du levier dans les cas d'issue du tronc (i).

Faut-il ajouter que quand les mains sont insuffisantes et quand le forceps ou le levier exigent des efforts considérables pour opérer l'extraction, l'enfant a toujours succombé et que l'on est par conséquent autorisé à recourir à l'un ou à l'autre des procédés d'embryotomie que nous avons décrits.

(i) Au détroit inférieur, Levasseur conseillait de diriger la nouvelle courbure en arrière, dans le sens de locciput (Thèse de Jacotot, fils, de Louvain, 1819). Nous comprendrions mieux qu'on donnât le conseil d'employer un petit forceps droit, à cuillers très-étroites.

Au détroit supérieur, Capuron dit de faire comme on peut; c'est facile à dire. Gardien (t. II, 54) soutient que les branches ne peuvent passer qu'en dessous, du côté du périnée, et il a raison ; mais c'est une mauvaise opération dont Chailly ne veut pas.

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