‹ Cours d'accouchements professé à l’Université catholique de LouvainChapitre 102 sur 114 · PLANCHER · texte numérisé non relu

PLANCHER

Nous donnons ici le système d aréation parfait que nous avons vu fonctionner dans le service de C. Braun, à Vienne.

L'appareil est disposé pour le refroidissement lent. En soulevant la plaque b on obtient un courant d'air sous les lits et un acragc rapide.

fecter ses mains, ses instruments, ses habits et se rappeler qu'il existe de tristes et de nombreux exemples où il a servi de véhicule au fle'au et porte' la mort d'une iemme à une autre.

TRAITEMENT RÉPRESSIF 1. En supposant la fièvre puerpérale sporadique de nature franchement inflammatoire et exempte de complications, le traitement devra être énergiquement antiphlogistique.

Évacuations sanguines. — On commence par une saignée du bras de 5oo à 6oo grammes, et que Dubois voulait à large ouverture ; on applique ensuite , selon les forces du sujet , 1 5 , 20 , 3o sangsues sur les points les plus douloureux.

On fait des frictions mercurielles belladonnées sur le ventre qu'on recouvre de larges cataplasmes. S'ils sont mal tolérés à cause de leur poids, on les remplace par des fomentations émollientes, narcotiques.

On prescrit : huile de ricin ) , ^

^ . ,, . ) a 10 grammes

sn-op d anis \

huile d'essence d'amandes amères I goutte.

Si l'huile de ricin répugne trop, on la remplace par la limonade citro-magnésienne ou par le calomel (5o centigrammes à i gramme), dans du jus de pruneaux ou dans du miel.

Lorsque la purgation est produite, on prescrit les opiacés (extr. gommeux 5 à lo centigrammes, ou sirop de morphine). La glace est un moyen très-énergique, vanté par des praticiens fort recommandables qui la préfèrent aux cataplasmes; on la pile et on l'enferme dans des sacs en caoutchouc. L'action du froid, obtenu par ce moyen ou par des compresses incessamment renouvelées, doit-être continue. A. La tour a conseillé de badigeonner le ventre avec le collodion élastique.

DE LA FIÈVRE PUERPÉRALE

Ces moyens jugulants, pour réussir, doivent être employés tout au début de l'affection. Ils produisent des résultats : complets, incomplets ou nuls.

a) Guérison. Il arrive qu'au bout de 24 heures on trouve la métro-péritonite dissipée : il n'en faut pas moins continuer les cataplasmes, la diète, le repos, une température égale et entretenir une douce moiteur, ou une dérivation, à la peau, par une infusion de tilleul ou ide sureau à laquelle on peut, comme le faisaient les anciens, ajouter i, 2, 3 grammes d'huile de tartre par défaillance ou d'esprit de mindererus.

b) Diminution des accidents. Lorsque les douleurs sont encore assez vives, si le pouls présente encore une certaine résistance, plusieurs praticiens font encore une saignée de i5o à 3oo grammes ,• nous préférons, même dans ces conditions, réappliquer sur les points les plus douloureux 6, 8, 10 sangsues, par relais. On continue les frictions mercurielles , les cataplasmes, la diète, les injections émoUientes. Les purgatifs ne sont plus indiqués , mais on peut administrer le calomel à dose altérante.

Calomel . , , , • ^

j , a 2D centig. toutes les 4 heures P. Dubois)

Poudre de Dower \

d'autres praticiens préfèrent donner :

Calomel i ou 2 centigr. ) , ,

, , -.^ . ■ toutes les 2 heures.

Poudre de Dower 0 centigr. ]

Le but est d'obtenir la salivation qui est du meilleur présage. Dès qu'elle se manifeste on doit cesser le calomel, enlever l'onguent mercuriel dont le ventre est enduit et parfois même recourir au chlorate de potasse.

c) Effets nuls. Lorsque la médication n'a produit aucun amendement des symptômes, la femme est presque toujours perdue. On a conseillé le camphre (1/2 à 4 grammes par la bouche ou le rectum) seul ou associé à l'extrait de quinquina.

Nous préférons le sulfate de quinine (i gramme et plus) et les larges vésicatoires volants camphrés. Ce sont les seuls moyens que nous ayons jamais vu réussir dans ces cas à peu près désespérés.

A toutes les périodes de la maladie il faut veiller attentitivement à ce que la malade ne se refroidisse pas pendant qu'on pose les sangsues, qu'on remplace les cataplasmes, etc.

IL Le traitement de la forme cpidémique est presque impossible à formuler scientifiquement, telle médication se montrant heureuse

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dans certaines épidémies et échouant absolument dans d'autres. Ainsi les évacuations sanguines ont été tantôt salutaires, tantôt positivement funestes, dans les mains d'un même praticien, comme l'attestent les témoignages d'Ould, de John Clarck, de Denman, de Ghaussier, de Desormeaux, de P. Dubois, de Cruveilhier, et de bien d'autres. On a vu les larges saignées réussir là où les petites échouaient ; par contre, on les a vu, même pratiquées parcâ manu , déterminer des prostrations de forces irrémédiables. Lichter a vu une épidémie où les purgatifs réussissaient à souhait. En 1782 l'ipécacuana produisit de telles merveilles qu'on crut avoir découvert un spécifique : quatre mois plus tard, dans une autre épidémie, il demeurait sans vertu.

En 1821 le Di" Vandenzande , d'Anvers, recourait, près que en désespoir de cause, aux mercuriaux et en obtenait des succèg remarquables ; mais leur efficacité est nulle ou douteuse dans d'autres épidémies. Il en a été de même pour la thérébentine, etc. — C'est que la fièvre puerpérale n'offre pas toujours les mêmes caractères ni peut-être la même nature : le médecin doit donc saisir l'indication du moment et changer ses moyens d'attaque contre un mal qui change de forme.

Passons rapidement en revue certaines médications spéciales qui ont eu une heure de vogue et d'utilité que les circonstances peuvent ramener.

Ipécacuana. En 1782 à l'Hôtel-Dieu , Doulcet prescrivit à une femme qui éprouvait des nausées et avait la langue blanche : 75 centigr. d'ipéca en 2 doses à prendre à 1/2 heure d'intervalle puis, après ce vomitif :

huile d'amandes douces 60 gram.

kermès minéral . 10 centigr.

sirop de guimauve. 3o gram.

Le lendemain et le surlendemain mêmes prescriptions. Guérison. En 3 ou 4 mois plus de 200 femmes furent soumises au même traitement et s'en trouvèrent généralement bien. C'était en été. En novembre de la même année, l'ipéca faisait plus de mal que de bien. Le moyen est cependant rationnellement indiqué quand il existe un état saburral, surtout au début et alors que les phénomènes inflammatoires du bas-ventre ne sont pas encore bien prononcés. On préfère aujourd'hui dans ce cas administrer 120 centigr. d'ipéca en 2 doses et les donner à court intervalle.

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Tartrate de potasse, huile de tartre par défaillance (oleum tartri per deliquium). Tissot, Van Stichel, de Brujxelles , puis Van Dael, Van Solingen (1827) et Leroy à la maternité de Louvain, ont employé beaucoup ce moyen et Font vanté. L'huile de tartre se donne à la dose de 3 à 4 grammes dans une infusion de camomille romaine, avec addition de sirop de pavot blanc. Elle produit une bonne diaphorèse. Baudelocque dit que c'est perdre son temps que d'y recourir. Nous croyons au contraire, que le moyen peut être très-utile lorsque la maladie n'est encore qu'à l'état de menace, comme après un refroidissement, ou bien encore lorsque la maladie tend à se résoudre par une transpiration. Quo vergit natura..., eô ducenda.

Merciiriaiix . Les Anglais les premiers ont eu recours aux mercuriaux dans les maladies aiguës. Dans une épidémie qui régna à Anvers en 1808 et 1809, et dans laquelle la péritonite prédominait, Vandenzande, après avoir essayé sans succès diverses médications, y compris les antiphlogistiques, se trouva bien des mercuriaux et finit par formuler, comme suit, un traitement qui porte son nom..

1 . Il ne saignait pas, parce qu'il avait observé que les femmes qui avaient perdu le plus de sang pendant l'accouchement, étaient les plus gravement atteintes et parce que, dans une épidémie les saignées lui avaient mal réussi.

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