LIVRE IV
TITRE m.
DU SERVICE DES SUBSISTANCES (i).
NOTIONS PRÉLIMINAIRES
Le service des subsistances militaires est chargé de pourvoir à toutes les prestations en nature servant à la nourriture des militaires en santé ^ dans les grades et po-
(i) Le service de subsistances n'est considéré ici, qwxnt aux délaili de Vexéeutiony qu'an point de vue de Vélat de paiœ, dans l'intérieur de l'Empire. On trouvera dans le volume III les dispositions spéciales à l'elaf de guerre.
Voir au Journal miUtaire le règlement du 1*' septembre 1827, 2* sem.,
sitions qui en comportent rallocation, et à celle des chevaux de l'armée.
Ce service est partagé en trois branches principales dont chacune constitue un service particulier, savoir :
Les vivres;
Les fourrages ;
Les approvisionnements de siège.
\ 1* Le service des vivres procure :
Le pain ;
Les vivres de campagne ;
Les liquides.
On distingue trois sortes de pain :
Le pain ordinaire, dit pain de munition;
!aa quart biscuité ; \ à demi biscuité ; \ {\) totalement biscuité; )
Le biscuit.
p. 119, et les actes cités dans les parties de ce titre auxquels ils se rapportent spécialement.
I Consulter aussi au Journal militaire, de 1854 à 1860, les circulaires
I qui contiennent des explications et solutions diverses concernant le ser-
vice des subsistances militaires.
Le règlement de 1827 régit encore le service des subsistances; mais les modifications qu'il a subies depuis tant d'années écoulées, Tout affecté dans plusieurs de ses parties essentielles, pour lesquelles on est obligé de cbercber ailleurs sa règle de conduite. Comme le fond en est bon et le plan parfaitement conçu , nous pensons qu'il suffirait d'une révision attentive et intelligente pour lui rendre toute son utilité. Un service comme celui des subsistances ne doit pas rester plus longtemps livré à la mobilité de décisions et de circulaires non coordonnées avec le corps principal de sa législation.
(1) Le pat» biscuité est un pain plus cuit que le pain ordinaire. L'opération a pour but et pour eff^et de lui donner un degré supérieur de siccité
On comprend sous la dénomination de vivres de campagne, outre le pain qui en est inséparable :
La viande ;
Le sel ;
Le riz ou les légumes secs.
Les liquides sont :
Le vin ; L'eau-de-vie.
2* Le service des fourrages procure :
Le foin ; La paille ; L'avoine; Le vert.
On rattache au service des fourrages la fourniture de la paille de couchage et de baraquement, aux troupes qui ne sont ni casernées, ni logées chez l'habitant.
3* Le service des approvisionnements de siège est chargé de procurer, dans les places fortes assiégées ou investies, et à défaut de toute autre ressource, les denrées nécessaires pour la nourriture des hommes, des chevaux et des bestiaux, ainsi que pour les besoins particuliers du service des hôpitaux ; il comprend, en outre, le chauffage et l'éclairage.
Ces approvisionnements, formés seulement en cas de guerre ou de prévision de guerre, ou dans des cir-
qui le rend conservable plus longtemps, fin campagne, il y a de fréquentes occasions de l'employer milement.
fi
constances extraordinaires, sont indépendants de ceux du service courant, et ne servent que lorsque ces derniers ont été consommés et ne peuvent plus être renouvelés.
En certains cas, on substitue aux denrées habituellement distribuées aux troupes d'autres denrées analogues, savoir :
Au pain I
Au riz.
ÂQ vin.
A la viande fraîche \
Aa foin (1).
A l'avoine (f ). . . •
e pain biscuité ;
e biscuit.
es légumes secs;
es pâtes ;
e gruau.
a bière ;
e cidre;
'eau-de-vie.
e lard ;
e bœuf salé.
e sainfoin:
a paille (et réciproquement le foin
à la paille) ; a 1 uzerne (première coupe et regain) .
orge;
a farine d'orge ; e son; 'épeautre ; e maïs; es fèves, etc.
Lorsqu'il y a pénurie de foin et de paille, on a recours au trèfle et au sainfoin, en les mélangeant avec les produits des prairies naturelles.
(i) D'après une décision du 7 août 1846, reproduite dans les cahiers des chai'ges relatifs aux adjudications annuelles des fournitures de four-
Le trèfle et la luzerne peuvent être aussi substitués au foin, pour la nourriture des bestiaux, mais seulement à défaut de toute autre denrée.
Toutes les denrées destinées à la nourriture des hommes et des animaux sont disposées et distribuées en rations, dont la composition ainsi que le poids ou la mesure varient suivant les espèces, et sont tarifées en raison des besoins auxquels elles doivent satisfaire (1).
Le service des subsistances est administré concurremment par la voie économiqite^ et par celle de V entreprise^ selon que la nature des denrées à fournir et les
rages (voir celui da 24 août 1853), voici les proportioos réglées pour ces substitutions :
Foin,
Sainfoin, ) poids Luzerne, ) pour poids.
Paille» double du poids.
Avoine^ moitié du poids.
Paille.
Foin, moitié du poids.
Avoine, quart du poids.
Avoine.
Foin, double du poids.
Paille, quatre ibis le poids.
Son, moitié en sus.
Farine d'orge, un huitième du poids.
40 kilogrammes de fourrages verts à l'écurie, ou une journée de cheval à la prairie, représentent 12 kilogrammes de foin.
Dispositions maintenues lors de la dernière adjudication de fourrages passée au mois de septembre 1860.
(I) Voir au Journal miliiaire :
Le tableau annexé au règlement du i'' septembre 1827, p. 298 et 299;
Le tarif du 7 août 1846, 2* sem., p. 173. larif maintenu par la circulaire ministérielle du 7 mars 1859 (Journal miliiaire, p. 64);
Le tarif du 17 octobre 1846, 2* sem.. p. 549 ,
Ces deux tarifs modifient celui de 1827.
localités à pourvoir, conseillent d adopter Tun ou l'autre mode (1).
Dans le système de la voie économique, les achats sont toujours distincts de la manutention.
Cette distinction n'existe pas pour les entreprise^ de fournitures à la ration.