CHAP. IV. — SERVICE DE L'HABILLEMENT
des dégradations reconnues provenir de la négligence des hommes, ou des officiers auxquels appartenait le soin de les surveiller, pour la bonne conservation des effets mis en service.
Il est opéré, le cas échéant, d'une manière analogue à celle pratiquée pour les pertes et dégradations d'effets ou de casernement (voir le tarif du 13 novembre 1831, Journal militaire^ V semestre, pages 288 à 290, pour les imputations qu'il peut y avoir lieu d'opérer).
On doit, au surplus, considérer qu'en pleine campagne, beaucoup d'accidents peuvent survenir, qui amènent des pertes et des dégradations dont les militaires ne pourraient être équitablement rendus responsables. Il appartient aux chefs de corps et aux officiers sans troupe de faire constater ces accidents par des procès-verbaux qui permettent d'en accepter les conséquences à la charge de l'État.
§ IL — Dispositions spéciales au baraquement (1).
Le baraquement est, au point de vue administratif, une annexe du campement, par la raison toute simple qu'exception faite des tentes, des manteaux et des fais-
(1) Voir les articles 32 à 49 de l'ordonnance royale du S mai 1832, sur le service des armées en campagne. (JiAKmal militaire, i*' sem., livraison à part.)
Voir aussi les trois planches placées à la suite de cette ordonnance.
Consulter également l'instruction provisoire pour l'exécution du service du campement, imprimée par l'Imprimerie impériale en juillet 4858.
ceaux d'armes, il comporte l'emploi des effets dits de campement.
Cependant, malgré les exemples et les souvenirs des camps de Boulogne^ de Saint-Omer, de Montreuil et de Bruges^ créés en 1803, dans la pensée réelle ou apparente d'une descente en Angleterre, ^t qui formèrent cette belle et grande armée des côtes de l'Océan, se couvrant deux ans plus tard d'une gloire immortelle dans les champs à'Avsterlitz; cependant, disons-nous, la législation n'a rien consacré de ce qui fut fait alors pour le baraquement de ces camps.
Toutes les troupes furent en effet baraquées, et les soldats construisirent eux-mêmes les baraques au moyen des bois {perches^ gaules et harts) que l'administration militaire mit à la disposition des corps. Il fallut désigner les forêts où les couper auraient lieu, former des compagnies d'ouvriers civils qui les exécutassent, déterminer les dimensions des espèces de bois et en régler le nombre par baraque, organiser des convois qui se succédassent journellement, pour éviter toute inter^ ruption, à l'adresse des corps, suivant Tordre fixé par l'état-major général. L'administration dut joindre à ces envois la paille nécessaire pour la couverture des baraques et pour le couchage des hommes , et , rindustrie et le zèle du soldat aidant, chaque camp se trouva établi comme par enchantement, voire même embelli par des feuillages et des jardins artistement disposés.
Tout cela est si loin de nous et la mémoire si peu