XLII AVERTISSEMENT
veut atteindre, et des titres quelconques qui excusent, s'ils ne la justifient, son entreprise.
Ma raison a été, en 1829 comme en 1847 et comme aujourd'hui, que l'administration militaire constitue un grand service public, une science même dont on ne peut trop faciliter et encourager l'étude, étude h laquelle l'esprit le plus intelligent et le plus appliqué ne peut se livrer avec fruit, faute de principes généraux nettement formulés , et d'un corps de doctrines où tous les détails du système viennent se rattacher dans un ordre méthodique.
Mon but a été et est encore d'aider à combler ces regrettables lacunes, tout en ne me servant que des matériaux offerts par la législation elle-même.
Mes titres, je les ai puisés dans une longue vie consacrée tout entière au service de mon pays, en grande partie aux armées, dans l'exercice de hauts emplois obtenus en passant par tous les degrés de l'échelle administrative, et dans les distinctions qui ont récompensé mes travaux et mon zèle.
Après y avoir longtemps et très-attentivement regardé, je n'ai rien découvert qui me conseillât, soit de changer le plan de l'ouvrage, soit d'abandonner les doctrines qui y sont professées. Je remets donc avec confiance sous les yeux de mes lecteurs Y avant-propos du l'édition de 1829, et Y avertissement h la suite duquel je le reproduisis en 1847. Ce sont les fils conduc-
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teurs les plus sûrs et les plus commodes que je puisse mettre dans leurs mains. Ils relient le présent au passé, mieux que n'aurait pu faire une composition nouvelle.
Quant aux actes nouveaux, lois, décrets et instructions ou décisions ministérielles, dont j'avais à tenir compte, leur place s'est trouvée naturellement et régulièrement marquée dans les divisions et subdivisions établies.
Peut-être ai-je trop multiplié les citations et les notes; mais, écrivant bien moins pour les personnes qui savent que pour celles qui ont le besoin ou le désir d'apprendre, je ne me suis point arrêté devant la crainte d'un pareil reproche, dominé que j'étais par la pensée, toujours présente à mon esprit, d'épargner ou de faciliter des recherches fastidieuses et souvent pénibles. J'ai même voulu qu'en beaucoup de cas, on pût remonter à l'origine des choses , afin de mieux apprécier ce qu'elles sont aujourd'hui.
Dans mes précédentes éditions, je m'étais borné à parler de la justice administrative à l'occasion des marchés de fournitures, bien que, intéressant tous les services publics au même degré, elle eût droit à une plus large place. Je lui ai ouvert, en conséquence (volume Ier, livre III, Administration générale), un titre spécial suffisamment développé, je le crois, pour faire comprendre le rôle important qu'elle joue dans son application au département de la guerre.