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DES TROUPES DE L'ADMINISTRATION

Tout service créé pour Tannée, et dont les agents d'exécution doivent oonséquemment la suivre partout où elle est appelée, soit pour combattre les ennemis du dehors, soit pour maintenir au dedans l'ordre public, doit avoir une organisation militaire, et puiser dans l'armée elle-même tous ses éléments. Une telle organisation est incontestablement la seule qui, par l'autorité du commandement, par la punition immédiate des négligences ou autres fautes plus graves , domine les volontés, leur donne une vive et uniforme impulsion, et maintienne les hommes dans le devoir, aussi bien sur le champ de bataille qu'à la caserne ou dans le service d'une garnison.

(1) Voir au Journal militaire :

L'ordonnance royale du 29 janvier 1823, 1er sem., p. 8;

— — du 5 février 1823, 1er sem., p. 80 ;

— — du 24 février 1830, 1er seul., p. 78 ;

— — du 8 septembre 1841 , 2e sem., p. 373 ;

— — du 11 janvier 1842, 1er sem., p. 9; Le décret présidentiel du 29 février 1832, 1er sem., p. 179 ; Le décret impérial du 11 juin 1853, 1er sem., p. 892;

« du 4 juillet 1853, 2e sem., p. 13;

du 14 août 1834, 2e sem., p. 203 ; La décision ministérielle dû 30 septembre 1854, 2e sem., p. 493, Le décret impérial du 23 avril 1859, l*'sem., p. 175.

La création du train et artillerie (13 nivôse an vin et 16 thermidor an ix) fut une première et heureuse application de ce principe, plus tard et successivement étendu aux équipages des vivres et des hôpitaux, puis aux infirmiers militaires, et enfin aux ouvriers de l'administration, qui furent ainsi relevés de la déconsidération qu'ils n'avaient jusqu'alors que trop méritée.

La garde impériale , si fortement constituée , comprenait des ouvriers d'administration qui, sous la direction de son habile ordonnateur en chef, le baron Du four, lui rendirent, grâce à leur organisation toute militaire, de signalés services.

A partir de 1823 (il y aurait peu d'utilité à remonter plus haut) , on voit des compagnies d'infirmiers prendre ou plutôt reprendre une forme militaire régulière ; on voit naître un bataillon provisoire d'ouvriers d'administration, qui devient, en 1830, un corps permanent; on voit ces ouvriers et les équipages militaires prendre , en 1841 , une place en quelque sorte définitive dans l'organisation générale de l'armée, place que leur confirment, en complétant leur organisation particulière, les décrets impériaux du H juin 1853 et du 14 août 1854 (1).

(i) Cette nouvelle organisation mérite une très-sérieuse attention de la part des fonctionnaires du corps de l'intendance. Elle est importante, principalement en ce qu'elle régularise, fortifie et complète l'action de l'administration sur une troupe créée pour elle, et dont il était nécessaire de la rendre plus dépendante.

En conférant aux officiers d'administration comptables le commandement des sections d'ouvriers d'administration, sous l'autorité de l'inten-

Aujourd'hui, les corps de troupe de l'administration se composent de :

15 sections d'ouvriers d'administration; 5 escadrons du train des équipages militaires; 4 compagnies d'ouvriers constructeurs des équipages militaires (1).

24 corps.

Les 14 premières sections d'ouvriers d'administration comprennent :

1* Les ouvriers d'art (maçons, fumistes, menuisiers, charpentiers, tourneurs, charrons, serruriers, mécaniciens et forgerons) j

2° Les ouvriers d'exploitation, exerçant Tune des professions qui se rattachent à l'exécution des diverses branches du service des subsistances militaires (meuniers, boulangers, bouchers, tonneliers, botteleurs, commis aux écritures).

Chaque section a pour centre une place, siège d'une des principales gestions du service des subsistances.

Les officiers d'administration comptables, dans chaque place centre de section, indépendamment du commandement direct qu'ils exercent sur les ouvriers militaires présents sur les lieux, centralisent l'administration de la section tout entière , à l'instar de ce que

dance, le décret du 14 août 1854 a fort judicieusement supprimé le rouage inutile, coûteux et souvent incommode des officiers qui commandaient les compagnies.

(1) Le nombre de ces compagnies a été porté de trois à quatre par un décret impérial du 1er mars 1854 {Journal militaire, l"sem., p. 209).

font les officiers commandant les corps organisés sous le titre de compagnies.

Dans les autres places, les comptables ont sous leurs ordres les détachements affectés à leur établissement.

Les ouvriers d'art sont réunis dans une section distincte, dite section des ouvriers d'art des subsistances. Ils sont spécialement employés aux travaux démontage etde démontage des fours portatifs, ainsi qu'à la construction des fours permanents ou de campagne.

Les sections d'ouvriers d'exploitation exécutent, tant dans les magasins militaires de l'intérieur qu'aux armées, les travaux de réception, de conservation, de fabrication , de manutention et de distribution , ainsi que les travaux d'écriture et de comptabilité.

La 1 5e section est particulièrement affectée au service de l'habillement et du campement; elle est commandée par un officier d'administration comptable de ce service, et se recrute parmi les ouvriers drapiers, tisseurs, teinturiers, emballeurs, peintres en bâtiment, tailleurs d'habits, bottiers, cordonniers, bourreliers, selliers et voiliers.

Le nombre des titulaires de chaque grade est renfermé dans les limites suivantes :

Sergent-major, un par section ; Sergent, un par dix hommes ;

Caporal, un par cinq hommes.

La moitié des sergents, des caporaux et des soldats sont de première classe.

Les sections d'ouvriers militaires d'administration dépendent exclusivement, pour leur service, de l'auto-

rite administrative ; elles relèvent seulement de l'autorité militaire sous le rapport de Tordre public et de la discipline générale.

L'intendant militaire de la division où il existe une place, centre de section d'ouvriers d'administration, fait toutes les nominations :

A la première classe ;

Aux grades de caporal, de sergent et de sergent-major;

A tous les emplois dans les grades de caporal et de sergent;

à la condition de se renfermer, pour le nombre des grades et des emplois, dans les limites fixées par le Ministre, comme aussi de se conformer aux dispositions de l'ordonnance du 16 mars 1838, sur l'avancement dans l'armée.

Chaque escadron du train des équipages militaires comporte, en temps de paix :

Un état-major; Un peloton hors rang ; Trois compagnies actives ; Une compagnie de dépôt.

La force de chaque escadron, en temps de guerre, peut être portée à huit compagnies, dont une de dépôt, au moyen du dédoublement des cadres existants.

Il y a des compagnies montées et des compagnies non montées. Le Ministre détermine, selon les besoins du service, le nombre des unes et des autres.

Les compagnies montées sont affectées à la conduite des voitures.

Les compagnies non montées, que l'on nomme cornpagmes légères, sont spécialement chargées de la con-

duite des mulets de bât, qui, avec les cacolets, litières et cantines qu'ils portent, font un service parfaitement approprié aux nécessités de l'Afrique et des armées actives.

Le service attribué au train des équipages militaires exige l'entretien de parcs de construction et de réparation, auxquels les compagnies d'ouvriers constructeurs sont spécialement affectées (1).

Les troupes de l'administration sont employées, pour la plus grande partie, aux armées; c'est là en effet leur principale raison d'être.

Chaque escadron du train et chaque compagnie d'ouvriers constructeurs forment un corps de troupe qui s'administre lui-même.

Il en est de même pour chaque section d'ouvriers d'administration.

Les uns et les autres ont pour destination spéciale et devoir essentiel, savoir :

\ • Les ouvriers d'administration :

En temps de guerre , le montage et le démontage des fours

(1) Voir, pour l'organisation de ces parcs, volume II, titre VIII du livre IV, et volume III, titre III, chapitre vi du livre VI. Voir au Journal militaire :

1° Le décret impérial du 1er mars 1854, 1er sem., p. 208, qui rétablit l'état-inajor des parcs de construction des équipages militaires; 2° Le décret impérial du 3 mars 1854 , 1er sem., p. 209 , qui crée un emploi de colonel dans les escadrons du train des équipages

militaires.

Le souvenir du passé nous fait regretter cette création, dont il nous

est impossible de comprendre l'utilité.

portatifs, la construction des fours en terre, la manutention et la distribution de toutes les denrées du service des subsistances militaires, comprenant les fourrages, le chauffage et l'éclairage, la distribution des effets de l'habillement et du campement ;

En temps de paix, les travaux de toute nature dans Tintérieur des divers établissements de l'administration militaire, magasins, manutentions et autres.

1* Le train des équipages militaires :

En temps de guerre :

L'enlèvement sur le champ de bataille, pendant et après le combat, et le transport aux ambulances, des blessés et des malades hors d'état de marcher;

Le transport du matériel des ambulances à la suite des divisions actives;

Le transport du matériel des subsistances, des hôpitaux, de l'habillement et du campement, à la suite des quartiers généraux;

Le transport du matériel de la trésorerie et des postes;

Le transport des archives des états-majors (celles de l'artillerie et du génie exceptées), et des archives de l'intendance militaire ;

En temps de paix et en temps de guerre, le transport du pain ainsi que des denrées nécessaires à la nourriture et aux besoins divers des hommes et des chevaux, lorsque les troupes ne peuvent les aller prendre aux lieux de distribution.

Pour l'exécution de ces services, tels qu'ils viennent d'être spécifiés, et qui constituent, à l'égard de chacune de ces deux troupes, son service normal, les fonctionnaires du corps de l'intendance militaire exercent l'autorité du commandement sur les militaires de tout grade compris dans leur organisation.

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