ORANGE
Evtponlîon C*ajK.rHioii Rntr Evipor. Eftpor. Rm>«
de l'ciu. de Pluie, de Teeu do l'eeu. de Pluie. di-Ieeu
te terre. météorique. Ut terre. roétéoriq.
Janvier.... 4,S1S K.GIO B3.463 -f 17,833 «7,3 13,3 40,1 + 33,8
Février.... 4,963 37,396 111,065 4-94,567 88,9 «6,0 «9,7 — 4,3
M,irs 40,019 3Ji,Gi3 10,376 — 94,306 1S9,0 77,0 41,4 — 36,8
Avril 136,339 33,33« 9,349 — 15,986 186,7 49,0 «7,0 — 8,6
Mai 109,108 31,807 93,08;i — 8,133 937,7 08,0 0I,K — «,«
Juin 116,17S 06,096 97,330 + 31,150 397,3 5.3,0 47,1 — 58,4
Juillft 147,531 «8,301 79,181 4- *0,980 .578,:; 31,7 98,1 + 6,8
Aoûl 919,718 47,379 49,860 — 4,:il:i 306,1 17,7 49,9 4" 39,S
Seitlembre. 163,848 53,381 40,831 + 7,448 180,7 35,4 106,0 4- 69.C
OcluljrC.... 191,745 33,410 95,493 -f- 60,006 181,9 76,0 101,8 -f- 9.8,S
Novembre. 63,590 90,314 49,860 4- Ï*.'’4S 103,5 4«,9 83,0 4- 37,4
Décembre. 6,993 17,881 40,090 4- **.*«>9 H«,4 36,0 49,3 13,3
Total. 1310,984 409,986 643, «15 +3S9,«0 9381,3 579,5 731,9 +134,3
Ainsi, à Genève, l’évaporation de la terre cnIevaK les 0,B1 de la pluie tombée, et elle était le tiers de l’évaporation de l’eau ; à Orange, l’évaporation de la terre était les 0,80 de la quantité de pkiie, et un peu moins du tiers de l’évaporation de l’eau. Dans l’une et l’autre localité, la pluie laisse donc un excédant d’humidité dans la terre après avoir fourni à son évaporation, k Genève, les 0,386 de la totalité, à Orange, les 0,17 ou un peu plus du sixième. Celte dilTérence vient de ce que les jours de pluie sont plus isolés les uns des autres à Orange, et qu’ainsi l’eau qui est tombée est immédiatement reprise par l’évaporation avant d’avoir le temps de parvenir dans la profondeur. Si l’on considère en outre que la température e.st plus élevée dans ce pays, on s’expliquera la dilVérence.
(1) liihl. britnnn. tie Genève, wiences pl arts, t. I.
DE l’eau ATMOSPHÉaiQUE.
Ce n’est pas seulement la température de l’air ambiant qui détermine la tension de la vapeur dans l’évaporation do la terre, mais bien celle de l’air qui repose sur la surface du sol qui réfléchit et absorbe les rayons du soleil ; or, nous avons vu à quel point la température de la terre varie selon la latitude, la nébulosité de l’air, la couleur et la consistance du sol. Ces considérations font assez prévoir qu’il n’est pas possible de donner des formules approximatives pour déterminer l’évaporation de la terre, comme nous l’avons fait pour celle d’une surface aqueuse, et qu’il ne reste que' l’observation directe, ou la constatation fréquente de l’état d’humidité du sol, pour s’en rendre raison dans chaque lieu.
Section IV. — De la rosée et de la gelée blanche.
Nous avons expliqué plus haut ce que l’on entendait par le point de rosée. C’est celui où la température s’abaisse dans un air saturé, de manière à ce qu’une partie de la vapeur ne pouvant plus être dissoute, reprend la forme liquide. Un exemple achèvera de dissiper toutes les difficultés. L’air ayant une température de 25**, la .tension de la vapeur est à saturation de 23,090 ; mais supposons que l’air ne soit pas saturé, et que if nous trouvions une tension de 1 8 seulement, si la température baisse de et tombe à 20**, la tension de saturation à cette nouvelle température n’est plus que de 17,314, il se précipite donc sur-le-champ un excédant représenté par la différence de tension de 18 à 17,314.
Or, le rayonnement nocturne produit aisément un pared abaissement de ôo dans la température, surtout sur les corps isolés, sans communication avec la terre, et qui ne peuvent pas y reprendre, à mesure de leur refroidissement, la chaleur ' qu’ils perdent par le rayonnement. C’est ainsi que les plantes, les parties vertes des végétaux surtout, se couvrent de rosée,
M^éOBOLOGI£ AGRICOLE.
quoique la surface de la terre ait encore une température trop élevée pour déterminer sa précipitation.
Si l’on interpose un obstacle entre le ciel et l’objet, un toit, par exemple, la rosée ne se produit pas. Les nuages préviennent aussi la chute de la rosée par leur interposition entre les espaces planétaires et la surface de la terre, outre qu'ils ont une température bien plus élevée que le firmament. En général, tout obstacle qui tend à dérober à un objet, la vue de la totalité ou d’une partie du ciel, tend aussi à prévenir ou modérer l’abaissement de sa température, et à le préserver de la rosée.
Si la température est assez froide pour que le rayonnement nocturne abaisse la température au-dessous de zéro du thermomètre, la vapeur d’eau se condense en glace, et l’on a de la gelée blanche au lieu de rosée. Les Indiens se procurent de la glace, en faisant un lit de paille peu tassée et y plaçant des jattes peu profondes remplies d’eau. Quand le ciel est très clair, le rayonnement suffit pour la faire congeler. Cet exemplemontre à quel degré le rayonnement peut refroidir les corps isolés, car il suppose un abaissement d’au moins 17 degrés dans l’Inde. Dans nos climats, le thermomètre peut descendre de 8 degrés. On a donc encore le risque d’une gelée blanche quand, par un temps clair, le thermomètre à l’abri du rayonnement n’est qu’à 7 ou 8 degrés au-dessus de zéro. Mais, en général, c’est à des températures plus basses qu’elle se produit, et surtout quand la température de l’air est à 3 ou 4 degrés. Selon Garciltasso de Véga, les Indiens connaissaient bien ces effets du rayonnement nocturne, car ils faisaient des tas de fumier au bout de leurs champs, et y mettaient le feu quand la température était basse et le temps clair, pour produire au moyen de la fumée des nuages artiliciels qui s’interposaient entre le ciel et les plantes.
On n’a pas une idée très précise de la quantité d’eau qui peut tomber sous forme de rosée-, si l’on fait attention cepen-
BB l’eAC ATM08t>HéRlQint> 119
dant qu’elle ne se produit que dans l’air très légèrement agité, et près du sol, qu’ainsi elle ne peut provenir que de la condensation d’une partie de la vapeur contenue dans une couche d’air assez peu épaisse, on jugera que cette quantité ne peut être très considérable. Ainsi, l’air de la nuit étant à 17 degrés comme dans l’Inde, il contiendrait environ 16 grammes d’eau par mètre cube; s’il descend à —2, il en contiendra encore 5. Il faudrait donc que toute l'humidité contenue jusqu’é 10 mètres de hauteur se précipitât pour obtenir seulement 1 millimètre de rosée ; mais l’air reste encore fort humide après cette précipitation ; ce qui prouve qu’il est loin d’ètre dépouillé de toute son humidité. Il reste tellement humide que, pendant la chute de la rosée, on voit l’hygromètre à 10 mètres de hauteur accuser encore une humidité extrême. Ces faits prouvent que ce n’est qu’une très faible couche d’eau qui se précipite sous la forme de rosée. Il était important de s’en assurer directement.
Flaugergues recueillait la rosée au moyen d’un plateau de fer-blanc peint à l’huile, isolé à 1 mètre du sol. H avait apprécié par des expériences exactes la quantité d’eau qui restait attachée à la couleur ; voici quels ont été ses résultats ;
Janvier
Nombr* de roiin.
tliuteur delà irauche d’eau dèpotéei
luillim-
Février
Avril
Mai
Juin
Juillet
Août
Septembre ....
Octobre
Novembre
Décembre
Quantité moyenne par jour de rosée. , • .
MKrKOBULUiat: AGRICOLE. •
Ainsi , à peu près Aq de niiilimètre , voilà la quantité ■ moyenne de rosée déposée dans le climat du midi de la France, et la plus forte ne parvient pas à de millimètre.
A Florence, Raddi en 1800 et 1801, puis Nacca en 1808et 1809, observèrent la rosée. Elle tombait sur les toits métalliques de l’observatoire : le nombre moyen des rosées fut de 87 -, le résultat moyen annuel fut d'un peu plus de 6 millimètre; M. Flaugergucs avait trouvé 6""''',430*.
Nous avons fait des observations analogues à Orange : nous recevions la rosée sur un cadre de verre de 1"‘, 1 1 carrés de surface, placé à 0"‘,15 du sol. L’eau était recueillie au bas d’une gouttière, et mesurée dans un tube de verre divisé qui nous donnait aisément des centièmes de millimètres. Notre résultat, s dont nous n’osons pas donner les détails à cause de fréquentes interruptions, était un peu plus fort que celui de Flaugergues, mais ne s’en écartait pas assez pour nous faire douter du sient Nous tenons du générai Bellonct qu’en 1840, quand on cherchait en Algérie à incendier les récoltes des Arabes, on ne pouvait y parvenir avant huit heures du matin, tellement les blés étaient mouillés par la rosée. Il n’est pas douteux que dans les pays où l’air est humide et l’atmosphère claire, les rosées ne soient beaucoup plus abondantes; mais si l’on considère l’étendue des surfaces que présente une plante de blé en comparaison de son volume, on comprendra qu’il ne faille pas beaucoup d’eau pour la réduire à ne pouvoir pas prendre feu facilement ; une lige de blé verte pèse sans l’épi 1S'',95; quand elle est sèche, 03'',45 ; en lui supposant un mètre de hauteur, elle pré- •sente une surface de 2“,700 carrés ; dépouillée seulement de la moitié de son humidité, elle brûlerait mal ; cette naoitié serait de 0*'',225. Ainsi, la paille si difhcile à enflammer pour-
osr 225
rait n’avoir reçu par millimètre qu’une couche de — ou
(1) AHualidelolservalorio^diFireine, 1. 1.
DE l’eAG ATMOSPIléRIQUE.
Qiniu. 007 . (j’ggt à peu près ce que nous avons trouvé d’après les observations de Flaugcrgucs et les nôtres pour les fortes rosées du midi de la France.
Mais si cette quantité absolue est petite, on sent, en raison même de l'étendue des surfaces absorbantes, quel excellent effet doit exercer sur la végétation un météore capable, quand elle est altérée par une longue sécheresse, de lui restituer, en si |>6U de temps, une grande partie de son eau normale; relevée à moitié par le bienfait de la rosée, quoiqu’elle ne tarde pas à se courber de nouveau sous l’impression du soleil qui la dessèche, il n’est pas douteux qu’elle ne conserve encore dans ses organes intérieurs une partie de l’humidité qu’elle a absorbée. Ainsi, sans attribuer h la rosée des effets aussi grands que l’imaginent quelques personnes qui n’ont pas vécu dans les contrées méridionales ; sans prétendre qu’elle puisse suppléer aux pluies dans ces climats, nous admettons néanmoins que si ' elle ne peut ranimer les gazons flétris, elle concourt à prolonger l’existence des plantes dont les organes ont conservé dans la saison chaude la faculté d’absorber l’humidité, et qui ne l’ont pas reçue passivement, comme fait un chaume déjà desséché.
Le vent s’oppose au dépôt de la rosée comme de la gelée blanche, par la raison qu’en mêlant les différentes couches d’air, il ne permet pas à la température de celle qui est en contact avec le sol de descendre au-dessous de la température du reste de l’atmosphère.
Dans les lieux les mieux abrités des vents, la rosée est plus fréquente, et la gelée blanche sévit en raison de la sérénité de leur ciel.
Ainsi, nous avons à Orange et à Rome le nombre moyen suivant de ces deux météores :
MérÉOROLOGIK AGRICOLBr
ORANGE. ROMR
• la campagii*. à U tUI«>
1817*W. 178Î-». iêW14.
ro«è«.
geU« blaoehe.
|cl«0 blaoebc.
g*Uc bUocb«>
Janvier. . .
Février. . .
Mars ....
Avril ....
Mai
Juin. ....
Juillet. . . .
Août ....
Septembre .
Octobre. . .
Novembre. .
Décembre. .
Nous avons donné ces exemples pour que l’on pût bien discerner l’inlluence des lieux sur la production de ce phénomène. A Orange, pays où le vent du nord souille souvent , et où la température moyenne est inférieure à celle de Rome, on n’a à la campagne que 17^76 jours de gelée blanche en moyenne. A Rome, dans l’intérieur de la ville, où la température est toujours plus élevée que hors des murs , par l’eilet des nombreuses émanations calorifiques d’une population concentrée, on n’a observé que 35,1 gelées blanches, nombre plus grand cependant qu’à Orange, parce que l’atmosphère y rat moins agitée; dans la campagne de Rome on en trouve 63,8, et la gelée blanche se montre jusque dans l’été, en juin et en août. Ces résultats doivent faire comprendre qu’il ne faut pas se 6er aux faveurs des climats méridionaux ; qu’en raison deleur l)eau ciel même et do la précocité de la végétation , Ira gelées printanières y sont quelquefois plus redoutables que dans des climats où les plantes se développent plus tard, quand la température moyenne s’est élevée au point de rendre difficiles un abaissement capable de produire de la gelée, et où le ciel plus brumeux s'oppose au rayonnement excessif du soi.
DE l'kad atmosphébiqde.
fsâ
Section V. — Formation det nuage$.
La vapeur d’eau n’est pas toujours transparente ; si on observe celle qui sort d’une bouilloire, placée entre soi et le jour, on voit que le brouillard qui s'en élève parait formé d’une multitude de petites sphères qui se meuvent en tous sens. Ces sphères ont pris le nom de vésicules, et l’état de la vapeur, qui a cessé d’ètre translucide, s’appelle état vésiculaire. Les physiciens ne sont pas parfaitement d’accord sur la nature de ces vésicules. Les uns n’y voient que des gouttelettes d’eau soutenues par la résistance de l’air et par leur extrême ténuité; d’autres, au contraire, admettent que la vapeur changeant d’état, forme des petites sphères enveloppées d’une mince couche d’eau et vides d’air, ou pleines seulement de vapeur d’eau; mais comme dans l'un et dans l’antre cas, l’eau est toujours plus pesante que l’air, et qu’il faut expliquer la suspension de la vapeur vésiculaire dans l’atmosphère où elle forme les nuages, M. Fresnel a pensé que l’air libre et les fluides incolores laissaient passer le calorique sans s’échauiTer sensiblement, tandis que les nuages, étant formés de corps moins transparents, dont l’intérieur est rempli d’air, cet air emprisonné se trouvait réchauffé par les rayons du soleil qui frappent sur la partie supérieure du nuage et qu’il devenait plus léger que l’air environnant. La pesanteur spécifique de l’air et de l’eau, formant le nuage, devenant ainsi moindre que celle de l’air dans lequel il flotte, il doit ainsi s’élever jusqu’à ce qu’il parvienne à une hauteur où il se trouvera en équilibre de pesanteur avec l’air.
M. Pcilier* admet une autre cause qui agit concurremment avec celle-ci en modifiant son action, c’est l’état électrique du courant d'air tropical qui règne dans le haut de l’atmosphère, étatconlraire à celui du sol. Si la tension résineuse du courant
(ly Des trombes.
MÉTÉOROLOGIE AGRICOLE
se trouve supérieure à la tension vitrée de la terre, le nuage placé dans l’espace intermédiaire est électrisé par influence, et attiré par l’électricité supérieure , il tend à s'éloigner du sol ; si au contraire la tension vitrée de la terre est supérieure, le nuage est repoussé vers le sol, et dans l’un et l’autre cas, jusqu’au point d’équilibre qui lui est assigné par le rapport d’énergie des deux électricités et par sa pesanteur spécifique.
Ces deux causes peuvent contribuer puissamment à modifier l’élévation des nuages, mais pour expliquer leur suspension dans l'air, il suffît sans doute de remarquer la légèreté extrême des vésicules et la résistance qu’oITrirait l’air à leur iffîute. Kaemtz calcule que les vésicules ne tomberaient qu’avec une vitesse de 3 décimètres par seconde; or, les courants ascendants ont une vitesse plus considérable, surtout pendant le jour, époque où les nuages sont ordinairement plus élevés que pendant la nuit. Qui ne sait d’ailleurs que l’air transporte au loin des corps beaucoup plus pesants, les cendres d^ volcans, les sables, etc.? Kien ne doit donc moins étonner que la suspension de légères vésicules d’eau dans l’air C
Luke Howard ^ a proposé une classification des nuages d’après leurs formes et leurs apparences , qui a été généralement adoptée des météorologistes. Il est essentiel de la connaître pour ne pas être étranger à leur langue, et parce qu’elle sera d’un grand usage à ceux qui voudront faire de nouvelles observations.
Voici les noms qu’il a donnés aux nuages et la définitionqu'il y a jointe.
t" Cirrus, nuage en fibres parallèles, ondoyantes ou divergentes, très fixe, susceptible de s'étendre dans toutes les directions. Comme c’est au milieu des cirrus que se forment les halos et les parbélies, et que ces phénomènes sont dus à la réfraction
(() K;iemtz, p. 121.
(2) The modificaliont of cîourf. ,
BE t’EAU ATMOSPHÉRIOOE. 1 2‘)
delà lumière par des particules déglacé, M. Kaemtzen conclut qu’ils se composent de flocons de neige qui flottent à une grande hauteur. 2° Cumulus (balle de colon), monceaux convexes ou coniques, entassés quelquefois les uns au-dessus des autres, et s’élevant sur une base horizontale. 3® Stratus, couche très étendue, continue, horizontale, formant une espèce de voile qui couvre le ciel ou une partie du ciel. 4“ Cirrostratus, petites bandes de stratus séparées les unes des autres et ayant ainsi la forme des cirrus, mais étant plus épaisses que ceux-ci. Au zénith, ils ont l’apparence d’un grand nombre de nuages déliés qui coupent le ciel par tranches; à l’horizon, où l’on n’en voit que la projection, ils forment des bandes longues * et étroites, b* Cirro-cumulus , petites masses arrondies, bien terminées, en ordre serré et horizontal ; c’est ce qui produit ce que l’on nomme un ciel pommelé. 6^ Cumulo stratus, c’est un stratus formé de la réunion d’un grand nombre de cumulus. 7° Nimbus, nuage à pluie, teinte uniforme grisâtre, au-dessus de laquelle entrent souvent d’autres couches de cumulus.
M. Pellier a ajouté à ces notions celles qu’il a tirées de ses nombreuses observations électriques, et (jui lui ont prouvé que les nuages électrisés résineusement par rapport à la terre étaient toujours de couleur bleu-plombé sombre, même quand ils étaient éclairés par les ray'ons du soleil, tandis que ceux qui possédaient l’électricité vitrée étaient blancs ou argentés, dorés ou rougeâtres.
On a cherché à se rendre compte de la hauteur à laquelle se forment, se maintiennent ou s’élèvent les nuages. Dans le Cuinberland, M. Asthweih n’en a pas vu se former au-dessou.s de 823 mètres, ni au-dessus de 960 mètres ; à Berlin, Lambert en a observé à la hauteur de 2,700 mètres; à Pondichéry, Le Gentil en a vu à 3,400 mètres. Les nuages se forment fréquemment à Genève au-dessous de Salève, dont la hauteur n’excède guère 900 mètres. A cos observations isolées , nous devons joindre-
196 M^I^OROLOGIR AGRICOLE,
celles que M. Kaemtz a faites avec plus de soin ; à Halle, il a mesuré la hauteur de nuages qui se trouvaient à 6,500 mètres d’élévation; sur le Finsteraarhorn, il n’a jamais vu de ctrru» au-dessus de la sommité du la montagne qui a 4,900 mètres. M. Pellier a trouvé dans les Pyrénées que le plan inférieur des nuages était élevé de 450 à 9,500 métrés, et le plan supérieur de 900 à 3,000 mètres. Il a trouvé des nuages de 450 à 850 mètres d’épaisseur.
Les nuages, comme les avant-coureurs et les réservoirs de la pluie, comme produisant les brouillards quand ils se forment à terre, exercent une grande influence directe sur les végétaux; ils en ont encore une indirecte qui n’est pas moins importante :
en empêchant le rayonnement de la terre vers l’espace, et tendant ainsi à lui conserver sa chaleur acquise; 9*’ en lui transmettant une partie de leur chaleur propre, acquise par l’action du soleil sur leur partie supérieure ; 3° inter|)osés entre le soleil et la terre, ils empêchent la chaleur solaire de frapper celle-ci, et abaissent en conséquence la chaleur des jours. Les pays nébuleux ont donc nécessairement une température uniforme, qui varie peu d’un jour à l’autre, et du jour à la nuit. 11 serait d’un grand intérêt de pouvoir exprimer par des chiffres la nébulosité des climats.
Il y a trois manières de faire cette recherche : l*) en observant la quantité de lumière qui parvient à la terre ; 9° en observant la chaleur solaire transmise au sol ; 3° en observant les nuages eux-mèmes. Nous avons parlé des deux premières méthodes en traitant de la lumière ; il nous reste à dire ce que l’on a fait pour la dernière.
Lesindicationsvaguesquel’onjointpartout aux tableaux météorologiques ne peuvent donner une idée ni do l’étendue ni de l’épaisseur des nuages, et indiquent tout au plus leur forme. M. Cacciatore a cherché à faire un pas de plus et à tenir compte de leur musse. En évaluant de ü à 10 les degrés d’é-
DE l’eAD ATVOSraÉRlQOE-
paisseur que peuvent présenter les nuages, depuis le simple voile (ctrro ttratm) jusqu'au nuage orageux (mmius), qui amène une obscurité presque complète, il a pu construire une table graduée des épaisseurs. Pour juger de l'étendue, il suppose l’hémisphère céleste divisé en 100 parties égales ; il divise pour cela un cercle par dix rayons menés du centre à la circonférence, et par dix cercles concentriques renfermant des surfaces égales. On a ainsi des segments égaux compris entre les parties de cercle et les rayons qui les coupent. Si l’on n’a pas sous les yeux une telle représentation, on ne se fait pas une juste idée de grandeur exacte des parties situées près de la circonférence extérieure, parties minces et allongées, et de celles placées près du centre; et l’on estime toujours trop bas les nuages qui sont près de l’horizon, et trop haut ceux qui sont au zénith. Le produit de l’étendue par l’épaisseur donne la masse. Ainsi, le tiers du ciel étant couvert de nuages de l’épaisseur du 4’ degré, nous aurons 33X0,4=13,2.
Mais cette méthode même, qui l’emporte tant sur mentions abrégées usitées jusqu’ici, ne nous donne encore qu’une idée incomplète de la quantité de lumière et de calorique solaire répandue dans l’atmosphère, car la masse des nuages a beau être considérable, si elle occupe une partie du ciel opposé au soleil, elle n’en tempère pas les rayons ; elle parait même quelquefois en augmenter l’action.
Nous avons déjà essayé de comparer les masses des nuages aux effets calorifiques du soleil * ; noos pouvons le faire aujourd’hui avec une plus longue série d’observations.
(1) JtfémoirM d’agriculture, t. III, p. 296. ' '
Ml^TÉOROtOGIC A6RICOLH.
Tafileau des moyennes mensuelles des nébulosités observées chaque jour à 2 heures, à Orange, pendant 4 ans (1839-1843).
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teoijjéralura soUtre ^our chaque degré 1
de elurlé.
Janvier . . .
Février . . .
Mars
KHU
Avril
Mai
Juin
Juillet ....
Août
Sep.lembre. .
Octobre . . .
Novembre. .
Décembre. .
Moyenne.
Quoiqu’il no soit déduit que de quatre années d'observation, ce tableau nous paraît avoir un grand intérêt. La première colonne montre qu'en moyenne, dans l’ensemble de l’année, le ciel à Orange n’est pas à moitié couvert de nuages à deux heures après midi ; que les mois de l’année qui en présentent le plus, sont ceux de février, avril, novembre et décembre ; que les mois d’été au contraire (juin, juillet, août) ont à peine le quart de leur ciel couvert. La deuxième colonne nous indique que les nuages moyens de l’année ne sont que du 3” degré, c'està-dire peu épais; c’est en avril, septembre et décembre qu’ils ont le plus d’épaisseur, approchant alors en mojenno du 4® degré. La troisième colonne nous montre enfin les mois qui ont In plus grande masse de nuages : ce sont avril, février, décembre, septembre et novembre. La quatrième colonne, qui se compose des compléments arithmétiques des nébulosités, indique les degrés de clarté du ciel pour tous les mois. On voit qu’il
DE l’EAÜ ATMOSPHltftlorE.
ne s’en manque que de 0,15 en moyenne, pour que le ciel soit complètement clair. Les mois pendant lesquels le ciel est le moins nébuleux sont les trois mois d’été. La cinquième colonne indique la chaleur solaire observée à deux heures à l'abri d’un mur, et qui résulte de la diiïérence qui se trouve entre , les thermomètres observés à l’ombre et au soleil L Enfin la 6° colonne contient les quotients de la 5^ par la 4°, et montre ce que chaque degré de clarté admet de degrés de chaleur solaire pour chaque mois de l’année; nous y voyons que ce ne sont pas les mois les moins nébuleux qui présentent l’atmosphère la plus claire, la plus dégagée de vapeurs. Ainsi, le soleil pouvait lancer plus librement ses rayons en mars et en octobre ; tandis qu’en novembre, décembre et janvier, ceux-ci traversaient une atmosphère moins pure. Au moyen de ce tableau, on pourrait trouver la chaleur solaire, en multipliant le complément de la nébulosité par 0, 1 45 pour l’année, dans le climat que nous considérons en ce moment ; mais il ne représente qu’une certaine moyenne dans laquelle sont confondus les jours clairs, les jours couverts et les jours mixtes ; ceux-ci sont de beaucoup les plus nombreux. L’intensité calorifique des rayons solaires varie, nonseulement avec la plus ou moins grande transparence de l’atmosphère, mais encore avec l’élévation plus ou moins considérable du soleil au-dessus de l’horizon. Ces rayons ont en effet à traverser des couches d’épaisseur très différente selon que le soleil est à l’horizon ou au zénith. La quantité de chaleur arrivant à la terre varie donc aussi selon les heures où l’atmosphère est claire. C'est pourquoi il est curieux d’examiner ce qui se passe aussi dans les jours entièrement clairs et entièrement couverts, ainsi que nous l’avons fait dans le tableau suivant ;
(1) C’est par erreur que, dans le Recueil de nos mémoires (t. III, p. 187), on a dit que le tableau indiquait cette différence. On y avait porté la chaleur solaire; c’est ce qui a amené d’autres résultats qui sont nécessairement fautils.