CHAPITRE VIII
De la pceanteur de l'alr»
L'air pèse sur la terre avec une force qui est mesurée par le baromètre. Nos lecteurs connaissent déjà la manière de se servir de cet instrument * .
Il a été un des moyens les plus puissants d’étudier la constitution de l’atmosphère; la perfection apportée dans sa construction, dans les méthodes d’observation, dans les corrections qu’il exige, lui a donné un degré de précision mathématique que sont loin d’avoir les autres instruments météorologiques, et qu’il ne partage jusqu’ici qu’avec le thermomètre placé dans de certaines conditions. Aussi, les observations du baromètre forment-elles le fonds de nos connaissances sur les climats; d’ailleurs le dédain des physiciens pour toutes les recherches qui ne pouvaient offrir encore que des résultats approximatifs, même quand ces résultats auraient suffi pour la pratique, s’ils n’apportaient pas des éléments irréprochables à la physique du glohe, a condamné à l’oubli une masse précieuse d’observations accumulées depuis un siècle, qui, selon eux, doivent être regardées comme non avenues. Ces observations, en effet, no pourront pas servir en météorologie pure à constituer des lois et à établir des formules; mais le degré d'approximation pouvant être assigné le plus souvent, elles deviennent un auxiliaire sufGsant pour résoudre les problèmes de climatologie. Aujourd’hui, sans doute, il n’est plus permis d’observer le baromètre d’une manière imparfaite ; nous ne conseillerons pas à ceux qui auront
(I) Kaemtz, p. 238etsuiv., pourvoir tous les résultats de l’observation du baromètre, et Ramond, Mémoire sur le baromètre et sur la manière de s’wi servir.
DE LA PESANTEÜR DE l’aIE.
la constance de noter leurs observations, do se servir de mauvais instruments et de mauvaises méthodes ; nous avons voulu seulement dire qu’il était encore possible de lire une foule de phénomènes dans les anciennes annotations, parce que, si elles n’oITrent pas des résultats absolus , elles en présentent de relatifs, qui suffisent dans bien des cas.
Les effets de la pesanteur de l’air sur la végétation sont peu marqués. Il est au moins bien difficile de les déinéler de ceux produits par la température. La plupart de nos plantes cultivées s’élèvent sur les montagnes à des limites d’altitude qui semblent fixées par la température qu’elles y trouvent ; le blé, l’olivier, réussissent sur les plateaux du Mexique et ceux de l’Amérique du sud, comme dans nos plaines de la zone tempérée. Il est vrai que les plantes alpines ne se cultivent pas avec autant do facilité quand on les transporte près du niveau de la mer ; mais c’est que la saison à redouter sur les hauteurs pour les plantes de la plaine est aussi celle du sommeil de la végétation, tandis que c’est pendant leur végétation que l’été apporte les chaleurs fatales aux plantes alpines ; or, nos moyens sont bien faibles pour procurer à ces plantes une fraîche température, sans les priver d’air et de lumière. Cette cause peut agir beaucoup plus que celle de la pression atmosphérique; nous ne connaissons au moins aucune expérience dans laquelle on ait cherché à les séparer et à assigner à chacune le degré d’importance qui lui appartient.
Mais si les effets directs de la pesanteur de l’air sur l’agriculture nous semblent peu considérables, nous reconnaîtrons que le baromètre est un des meilleurs indicateurs de ce qui se passe dans les hautes régions de l’air, des changements qui s’y préparent et c’est en météorognosie que nous traiterons de ses principaux usages sous ce point de vue essentiel pour nous.
Le baromètre nous servira encore à déterminer l’altitude des lieux que nous visiterons, à juger ainsi de sa température re-
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lativcment aux lieux envirounants où elle est connue, et par suite, de la possibilité d’) établir telle ou telle culture. Pour y parvenir, il faut avoir deux observations de baromètre et de thennoinétre, une à la station inférieure, et l’autre à la station supérieure, faites aux mêmes jours et aux mêmes heures; il faut autant que possible chercher un jour où le baromètre soit près de sa hauteur moyenne et l’air calme, et s’environner do toutes les précautions recommandées par Ramond. On calcule ensuite ces observations par la formule de Laplace, ou au moyen des tables d'Oltamans insérées dans l’Annuaire du Bureau des longitudes.
En comparant entre elles les observations d’une grande partie de l’Europe, on s’aperçoit que les mouvements du baromètre s’étendent à une grande distance, et si l’on trace des courbes qui représentent sa marche diurne dans les différents lieux, un les trouve sinon parallèles, au moins semblables dans toute l’Europe occidenlale; en marchant vers l'Orient, de Pétersbourg en Sibérie, les mouvements retardent de plus en plus, tout en restant dans le même sens. Le maximum d’élévation observé à Pétersbourg ne se fera sentir que 2 ou 3 jours après à Catherincbuurg et à Baruaoul. On peut donc, quand on veut calculer l'altitude d'un lieu, se servir des observations de lieux qui en sont distants de 10 et de 20 myriamètres, sans commettre d erreur bien sensible.